L'Atelier d'AngelMJ


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X-men Apocalypse : La relève ?

Deadpool, Batman v Superman, Civil War… On peut dire que c’est le défilé des adaptations de comics cette année. Et je trouve cela assez fascinant à observer. Car il est amusant de constater les écarts d’avis sur ces productions, vu que chacune tente de laisser son empreinte à sa façon. Et le dernier X-men risque d’apporter encore plus d’eau au moulin.
Il faut dire que le genre super-héros a gagné au fil des années ses lettres de noblesse et chaque sortie semble devoir répondre à des attentes de plus en plus grandes. Or, je pense que vous connaissez mon avis sur le sujet si vous êtes familiers de mes chroniques.

Pour rappel, je fais partie de cette catégorie de spectateurs complètement lassés par ces adaptations. Je n’y trouve plus le plaisir des premières fois et comme indiqué dans ma critique de Civil War, j’ai décidé d’aller voir ces films sans me prendre la tête. Au moins je ne suis plus déçu, je ne porte plus d’attentes et au mieux, je passe au bon moment dans les salles obscures.
Du coup, je préfère être honnête d’emblée : mon appréciation de ce X-men Apocalypse est très influencée par ma nouvelle manière de penser. Car pour moi le film est bourré de (gros) défauts mais je ne peux pas nier le fait d’avoir pris un plaisir non dissimulé à le regarder. En sachant cela, voyons un peu de quoi il en retourne.

Je vais aborder d’office le gros souci du film : son écriture. Franchement, c’est écrit avec les pieds. J’avoue avoir beaucoup ri durant la projection, mais je ne pense pas que c’était le but recherché. Le scénario est ultra classique, convenu, voir impersonnel, et ne cherche même pas à cacher les faiblesses du script. Il en ressort un manque évident de tension (alors qu’on est face à un antagoniste quasi divin) et les scènes sensées être poignantes sont souvent ridicules (coucou Magnéto).
Cela donne sans conteste au film un côté assez nanardesque. En fait, on sent clairement que les efforts n’ont pas été concentrés sur l’histoire. Mais il est certain que cet aspect risque de déstabiliser une partie du public, surtout après Days of Future Past qui avait essayé d’apporter un peu de profondeur à une histoire dont les bases sont de plus en plus branlantes.

D’ailleurs niveau cohérence avec les autres films, on est complètement dans les choux. On a l’impression que Brian SINGER n’a pas voulu se prendre la tête pour respecter une quelconque logique avec les productions précédentes. Mais bon, la timeline des X-men au cinéma est tellement un bordel sans nom que même si cette solution sonne comme une facilité, je ne trouve pas le choix si gênant.
Enfin dernier point qui fera sans doute débat, le film semble clairement venir d’un autre époque et se rapproche de la construction des 2 premiers épisodes, sortis respectivement en 2000 et 2003 (merci le cinéma de me rappeler que je vieillis…). Certains y verront une nouvelle faiblesse d’écriture du réalisateur, d’autres ils verront, comme moi, une manière sympathique d’essayer de revenir aux sources de la saga. Saga qui a quand même pris cher dans les canines depuis ses débuts…

Vous vous dites que ça commence à faire beaucoup. Effectivement, il y a vraiment matière à tirer à boulet rouge sur Apocalypse. Et pourtant, figurez-vous que malgré tout, le film m’a plu. Beaucoup plu même. Je pense qu’inconsciemment il a titillé de vieilles sensations en moi et j’y ai été sensible. C’est là que je me rends compte que l’appréciation d’un film se joue parfois à pas grand chose.

Pour commencer, fait assez rare pour être soulevé, le fan service a très bien marché sur moi. Pas toujours très convaincu par son utilisation, ici je me suis laissé prendre au jeu. Il y a plein de références aux précédents films, que ce soit niveau dialogues (la pique sur le 3e film) et certaines scènes (la découverte des pouvoirs de Scott, le combat dans la cage, le passage avec Quicksilver, etc.). Il y a aussi beaucoup de mutants dans cet opus, et je ne cache pas mon plaisir d’avoir revu mes petits favoris tels que Diablo ou Jean Grey.
Je pense que j’ai accepté cet état de fait car je l’ai trouvé bien géré. Le scénario arrive malgré tout à justifier son utilisation et même l’apparition surprise de certains mutants est plutôt bien amené.

Ensuite, j’aime énormément l’esthétique général du film. J’ai retrouvé quelques fulgurances de mise en scène des 2 premiers opus (qui restent mes préférés). Il y a quelque chose de très théâtral, voir d’un peu surjoué dans l’utilisation des effets spéciaux. Et alors que j’avais pesté à ce sujet sur le 2e Avengers par exemple, ici je trouve que ça passe crème. Est ce une histoire de contexte ? Est ce parce que nous sommes face à des mutants disposant de pouvoirs n’ayant plus grand chose à voir avec la génétique ? Je l’ignore mais j’ai trouvé ça plaisant à regarder.
Le tout est mis au service de nombreux combats bien foutus et agréable à suivre. Moi qui avait regretté leur absence dans Days of Future Past, SINGER semble chercher à se rattraper. L’acte final possède ainsi quelques moments forts sympathiques dans sa façon de représenter les affrontements. Il en résulte ainsi un rythme maîtrisé qui fait que l’on ne voit pas du tout le temps passer.

Vient l’heure du bilan et de faire preuve d’honnêteté. Oui, X-men Apocalypse a de gros défauts, j’en suis conscient et je ne les nie aucunement. Mais je mentirais en disant que je n’ai pas trouvé son visionnage agréable. Car ce fut indéniablement le cas. Est ce à cause du fan service qui a titillé ma nostalgie des premiers films ? Est ce à cause de l’apparition de mes mutants préférés et d’acteurs que j’apprécie ? Est ce à cause de son esthétique pas toujours subtile mais qui donne au film un certain cachet ? Peut être un peu de chaque point finalement.
Face à cet état de fait, je le case donc sans honte dans ma catégorie « plaisir coupable » de 2016 que je reverrai avec plaisir, juste pour le fun.

SansaJG

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Money Monster : Pas touche à mes sous

On ne va pas se mentir : cette moitié d’année 2016 en termes de cinéma n’a pas été des plus fofolles. Bien qu’il y ait eu quelques fulgurances grâce aux sorties rapprochées de Batman v Superman et du dernier Captain America, on ne peut pas dire que je me sois beaucoup aventuré dans mon cinéma ces dernières semaines.
Du coup, j’avoue qu’il s’agit d’une des rares années où l’ouverture du festival de Cannes m’a un tant soit peu intéressé, car les films présentés en compétition se révèlent assez variés et potentiellement intéressants. Je vais donc tenter de voir toutes les productions qui voudront bien être projetées dans ma ville, et on commence avec Money Monster, film réalisé par Jodie FOSTER avec George CLOONEY et Julia ROBERTS (coucou, ça faisait longtemps que je ne t’avais vue toi…) en tête d’affiche.

Je suis surtout allé voir le film car le casting avait de la gueule, j’avoue (la bande annonce était pas très engageante). Le thème ne m’intéressait pas plus que ça, surtout que ma dernière expérience avec un film du genre boursier, à savoir The Big Short, ne s’était pas révélée très euphorisante (en gros, je m’étais ennuyé). Mais Money Monster n’a vraiment rien à voir et son speech de départ n’est qu’un prétexte pour brasser des thématiques bien plus nombreuses qu’il n’y parait, tout en restant accessible.

Et je dirais que c’est l’un des points qui fait la force du film : n’importe qui peut le voir et l’apprécier. Si l’univers de Wall Street n’est pas toujours des plus abordables, le fait que le sujet soit traité par le biais d’un présentateur télé rend le tout beaucoup plus simple et cela fait d’ailleurs partie intégrante des problématiques soulevés par le film. J’entends par là qu’au delà de la critique faite envers le système boursier, Money Monster se révèle surtout être une critique des médias, de le banalisation de l’information, ainsi que de la passivité de ses spectateurs.
Du coup, certaines scènes ont un vrai impact et j’ai été surpris par le cynisme général qui se dégage du film. Difficile de trop en dire sans spoiler car mon but est de vous encourager à aller voir cette production (oui je spoile un peu la conclusion de l’article), mais disons qu’il y a des passages vraiment bien fichus qui nous rappellent à quel point les médias (autant la télé qu’Internet) nous ont rendu insensibles à certaines situations.

En ça, le film se révèle être une vraie bonne surprise. D’autant plus qu’au niveau de la forme, il n’y a vraiment rien à lui reprocher. La manière dont filme Jodie FOSTER est plutôt efficace, le rythme de montage est très bon et j’ai particulièrement aimé la manière dont elle retranscrit les interactions entre les deux personnages principaux (alors qu’ils sont rarement réunis au même endroit).
En parlant d’eux d’ailleurs, George CLOONEY et Julia ROBERTS font très bien leur boulot (en même temps, qui cela pourrait surprendre ?). Ce ne sera sans doute pas LE film de leur carrière, mais j’ai apprécié l’alchimie palpable qu’il y avait entre eux et qui fonctionne très bien.

J’ignore l’accueil qui sera fait au film lors du festival de Cannes, mais à vrai dire je m’en fous un peu. Personnellement j’ai passé un très bon moment devant Money Monster et je vous encourage à aller le voir. C’est un film bien fichu, bien monté et bien joué, qui traite de thématiques d’actualité tout en restant accessible et qui a le mérite d’aller droit au but (le film fait 1h39, ce qui est devenu rare). Bref, niveau démarrage pour mon marathon, ça commence relativement bien.

AngelMM


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Captain America – Civil War : Choisir son camp

Dans la guerre des blockbusters cinématographiques, Marvel s’illustre depuis plusieurs années comme un candidat de choix. Avec son Marvel Cinematic Universe (MCU pour faire court), nous avons droit tous les ans à un nouveau film mettant en scène les super héros de comics, le tout avec plus ou moins de talent. Car comme vous le savez sûrement, je fais partie de ce public qui commence à être fortement lassé par toutes ces productions. Même si j’avais plutôt apprécié Ant-man, le dernier Avengers ne m’avait point convaincu avec son scénario pré-mâché et son dégueulis d’effets spéciaux. Du coup, je suis allé voir ce nouveau Captain America plus par automatisme que par plaisir. Mais bon, entre ce film et Batman V Superman, j’étais tout de même curieux de voir ce que cela pouvait donner dans le camp adverse. Et bien que mon avis global reste inchangé vis-à-vis du MCU, ce nouvel opus m’incite à mettre un peu d’eau dans mon vin.

Car même si j’ai des reproches à faire au film, je dois d’emblée admettre une chose : je n’ai pas passé un mauvais moment. En fait, j’ai même trouvé cet épisode plutôt bon. Déjà les scènes d’actions sont vraiment sympas. Que ce soit les combats au corps-à-corps bien chorégraphiés, les bonnes idées de mise en scène pour certains affrontements (la scène dans les escaliers par exemple) ou les scènes de poursuites, on ne s’ennuie pas et le tout se veut très esthétique.
Autre bon point, le casting est convaincant. On retrouve les têtes habituelles, mais surtout quelques petits nouveaux qui m’ont vraiment plu. Black Panther est très classe, Spiderman attachant et l’arrivée d’Ant-man apporte une petite touche de fraicheur au groupe. Les acteurs incarnent toujours aussi bien leur personnage et l’alchimie entre eux fait mouche (j’ai par exemple trouvé le raprochement entre Vision et Wanda fort sympathique).

En fait, c’est au niveau de la trame que ça commence sérieusement à se gâter. Que l’on soit clair : elle n’est en soit pas si mauvaise que j’ai pu le lire dans certaines critiques. Seulement, on est très (TRÈS) loin des enjeux sous-entendus dans les premières minutes de l’intrigue.

Alors que le film introduit un début de discorde entre Ironman et Captain America au sujet d’un projet de loi pour « contrôler » les super héros, leur véritable affrontement se fera finalement autour du Soldat de l’Hiver, ancien allié du Captain. Forcément, on perd un peu en impact et en implication. Car si le fameux Sokovia Accords soulève des problématiques intéressantes quant à la responsabilité des super héros lors de leurs affrontements, l’histoire élude assez rapidement cet élément pour se focaliser sur le personnage de Bucky.

Et c’est en ça que le film rate un peu le coche : alors que scénaristiquement il y avait moyen de rendre l’intrigue du MCU un peu plus sombre, l’histoire n’est finalement qu’une périphérie où les personnages ont plus l’air de se chamailler que de se battre. Toutefois, l’affrontement tant attendu est vraiment très agréable à regarder. C’est fun, les différents personnages ont chacun leur petit moment à eux, c’est clairement le passage cool du film.
Il est toutefois à double tranchant, vu qu’après ce dernier on se désintéresse complètement de l’acte final et du plan du méchant (oui il y a un méchant dans ce film, mais on s’en fout un peu). Et même si le Steve ROGERS et Tony STARK finissent bien par se mettre mutuellement sur la gueule, les enjeux sont déjà morts et le final n’est ni surprenant, ni très engageant pour la suite.

En bref, Marvel a selon moi clairement choisi son camp concernant le MCU : ce sera du divertissement et c’est tout. De bonne qualité certes, mais du divertissement avant tout. Sur ce point, on ne peut rien reprocher au film. Comme dit, tout est là pour que l’on passe un bon moment en compagnie des Avengers. C’est bien filmé, bien rythmé… On ne s’ennuie pas quoi. Mais niveau intrigue, c’est vraiment le strict minimum qui nous est proposé. Finalement rien ne bouge ni n’évolue, et toute la bande sera là pour le prochain épisode.
Face à ce constat, je m’avoue vaincu à chercher la moindre profondeur dans cet univers et me contenterai donc de voir les prochains films pour le fun. Car clairement, il ne faut visiblement rien en attendre de plus. Un peu dommage, mais c’est comme ça.

AngelCaptain


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Le Chasseur et La Reine des Glaces : Miroir de superficialité

Je suis de nature à ne jamais rester sur une première impression. J’aime laisser sa chance à chacun et c’est tout aussi vrai pour les productions cinématographiques. Quand une suite a été annoncée à Blanche-Neige et le Chasseur (que j’avais chroniqué à l’époque, dessin immonde à l’appui), je n’étais pas spécialement convaincu. Toutefois, j’étais conscient que l’univers instauré pouvait être développé et je me suis dit, qu’en essayant de corriger les défauts du premier opus, il y avait peut être matière. J’ai donc tenté ma chance. Mais je constate que certains réalisateurs s’obstinent à rester sur leur position.

Le Chasseur et La Reine des Glaces est donc une suite (alors que la bande annonce semblait plus vendre un préquel, mais on y reviendra) au premier film sorti il y a maintenant 4 ans. A l’exception de Kristen STEWART qui a été évincée (ironique quand on sait qu’elle avait le rôle principal…), tout l’ancien casting est présent avec en supplément Emily BLUNT dans le rôle de la Reine des Glaces et Jessica CHASTAIN dans le rôle de La Guerrière (en vrai elle a un prénom mais ça aussi on y reviendra). L’histoire peut se résumer en une ligne : le Chasseur est envoyé chercher le Miroir Magique de la Reine Maléfique qui a été « égaré » lors d’un convoi. Cette quête va le mettre face à son passé et il devra affronter la fameuse Reine des Glaces, à laquelle il était au service jadis et qui se trouve être la sœur de la fameuse Reine Maléfique (tu le sens le raccourci scénaristique?).

Je pense que vous sentez dans ces quelques lignes que le scénario m’a laissé sceptique. En réalité, je suis surtout frustré de voir que les erreurs du premier film se retrouvent dans cette suite. La trame est toujours aussi molle et manque cruellement de corps. On suit les péripéties du Chasseur d’un lieu à un autre, sans qu’à aucun moment on ne se sente vraiment impliqués dans sa quête. Ajoutez à cela que la trame est super convenue et sans génie. Mais je pense que ce qui m’a achevé c’est clairement le message général du film. Ressortir le sempiternel schéma de « l’amour c’est beau, ça rend fort, blablabla oops j’ai vomi » dans un film qui veut se la jouer sombre et torturé… Je me demande vraiment quels étaient les objectifs du réalisateur.

Cela me fait d’autant plus râler quand on voit l’univers instauré et toutes les possibilités qu’il peut offrir. Comme pour le premier opus, il se dégage quelque chose du film au niveau de son ambiance. On sent l’envie d’instaurer un univers de Dark Fantasy crédible. Et il y a vraiment des éléments super bien trouvés, comme par exemple les trolls (ou les gobelins… je sais plus) qui ont un design très intéressants, le palais gelé de Freya qui pète la classe ou encore certains costumes qui sont absolument sublimes. De plus, il y a toujours de belles trouvailles en termes d’imagerie et de symbolique. L’exemple le plus flagrant étant la Reine Maléfique qui possède des tenues somptueuses mais qui semble composées de manière noire. Si l’allégorie manque peut être un peu de finesse, l’idée est là.

Mais comme je le dis souvent, un bel emballage ne fait pas tout. Et c’est là tout le problème de ce Chasseur et La Reine des Glaces : il est beau mais désespérément creux. Car en plus de son scénario basique, les personnages sont ramenés au rang de fonction et sont de ce fait peu attachants. Il y a tout de même des efforts faits pour la Reine des Glaces (qui devient le personnage central du récit), mais cette dernière se fait complètement voler la vedette par sa frangine Ravenna (la fameuse Reine Maléfique du premier film… oui j’ai dû aller sur Allô Ciné pour me rappeler de son prénom) qui apparait à quelques minutes du dénouement.

Je terminerais en poussant un petit coup de gueule. Je le dis souvent mais (dans la mesure du possible), je ne regarde pas les bandes-annonces. Or celle de ce film, je me la suis coltinée pendant des semaines avant chacune de mes séances. Et je crois que c’est une des pires que j’ai vu. En gros, elle ment outrageusement sur son contenu (elle vend un préquel alors qu’il s’agit d’une suite) et est en majeure partie composée des scènes du dernier arc ! Tout ça pour rappeler que Charlize THERON est toujours là, même si c’est pour quelques scènes au début et à la fin. Bref je n’aime pas du tout ce genre de manœuvre qui dupe le spectateur.

Au final, je suis ressorti du film avec exactement la même frustration que pour le premier. Une frustration qui trouve son essence dans le fait d’être face à un univers qui fonctionne et qui me plait. Mais l’histoire qui s’y déroule est sans intérêt, creuse et présentant des personnages peu attachants. En gros si vous avez aimé le premier opus, cette suite vous plaira car c’est exactement la même chose. Mais me concernant, je demeure déçu de voir autant de potentiel sacrifié sur l’autel de la convenance. Pour résumer, à nouveau un film à l’image de son antagoniste : magnifique à l’extérieur, beaucoup moins à l’intérieur…

AngelMiroir


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Le Livre de la Jungle : L’arbre qui cache la forêt

Depuis quelques temps, Disney semble bien décidé à adapter en version live ses classiques du dessin animé. Après AliceMaléfique, Cendrillon et bientôt Peter et Elliot le Dragon (qui sort vraiment de nulle part), voilà que débarque sur nos écrans Le Livre de la Jungle. La version animée a littéralement bercé mon enfance et je suis encore aujourd’hui capable de réciter le film à la réplique près. Donc forcément, j’ai saisi le premier temps mort dans mon planning quelque peu chargé pour aller voir cette nouvelle adaptation. Et ce fut un véritable surprise.

Car soyons clair dès le départ : un peu à l’image de Maléfique, ce film est une relecture complète de la version de 1967. Si tout le casting d’origine est présent, l’histoire est vraiment différente. Et pour moi c’est un bon point. Plutôt que de refaire à la scène près le dessin animé, les studios Disney ont choisi de proposer un nouveau récit qui est loin d’être idiot. Je dirais même plus : cette nouvelle version a du sens et le voyage initiatique de Mowgli prend une dimension symbolique assez intéressante.

Puisqu’on en parle, saluons la prestation du jeune acteur Neel SETHI qui joue l’enfant sauvage. Il est vraiment crédible dans le rôle et il n’a pas du être facile pour lui de jouer « seul », tous les autres personnages étant en image de synthèse. Mais il propose un Mowgli bien plus débrouillard et moins tête à claque que celui de la version animée. Loin d’être idiot, il est le personnage fort du film et on s’y attache très facilement.
Du côté des animaux, tout le monde répond à l’appel. Histoire de ne pas tomber dans le fan service forcé ou le bête caméo, chacun aura un rôle bien défini au sein du récit mais saura s’éclipser au moment opportun (à l’image de Kaa qui apparaît brièvement mais qui aurait eu du mal à trouver sa place dans cette nouvelle version). Grosse nouveauté : les loups sont bien plus présents dans l’intrigue et la relecture de certains personnages comme Baloo ou Shere Khan les rendent un peu moins unilatéraux. Note spéciale aussi pour le Roi Louie qui dégage quelque chose de complètement différent. Mais Bagheera, comme à l’époque, reste mon personnage préféré avec sa flegme légendaire (en plus il a l’air fluffy!!).

Du coup, cette version live apporte une vraie plus value face au dessin animé, avec un propos qui se révèle moins primaire qu’on pourrait le croire. Ajoutez à cela que le film n’est pas vilain du tout. Même si certains animaux font vraiment fakes par moment (je dirais que c’est LE gros défaut du film), les décors sont immersifs, il y a des jeux de lumière et d’ambiance très intéressants, et la musique tombe toujours à point nommé pour accompagner les moments forts de la trame (dont certaines variantes de « Il en faut peu pour être heureux » vraiment pas mal).

En un mot comme en cent : j’ai passé un très bon moment devant Le Livre de la Jungle. Il n’y a pas grand chose à lui reprocher en fin de compte. J’ai en tout cas apprécié l’initiative du studio de proposer une nouvelle version de l’histoire, d’avoir fait de Mowgli un personnage plus attachant et rendre ses aventures plus fortes en termes de sens. Bref je vous le conseille, il y a de grandes chances pour que, vous aussi, vous passiez un bon moment dans la jungle.

AngelLdlJ


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Batman v Superman : Froide Justice

J’ai l’impression que donner son avis sur un blockbuster est devenu, de nos jours, aussi dangereux que de parler politique ou religion. Et avec Batman v Superman : L’Aube de la Justice, cette impression a pris une toute nouvelle ampleur. En effet, je n’ai jamais autant vu Internet se déchirer pour savoir ce qu’il faut penser de cette production Warner Bros. Mais il faut dire qu’avec sa campagne promotionnelle hyper agressive (moi qui ne regarde pas les BA, ça a été vraiment difficile d’y échapper), le film s’est fait remarqué. Suite à cela, beaucoup y voient, à raison ou à tort, une alternative aux productions Marvel (qui s’enlisent dans une conformité de forme et de fond assez effrayante). Alors ? Chef d’oeuvre ou tout l’inverse ? Honnêtement je n’en sais rien moi-même et je vais tenter de vous expliquer pourquoi.

On va jouer franc jeu d’office : je n’ai pas aimé le film. Je vais en lister les raisons, mais gardez toutefois cette information en tête : ce n’est pas parce que je ne l’ai pas aimé que je le considère comme un mauvais film. Je pense même que, d’un point de vue purement objectif, il est très bon.

Je suis quelqu’un qui fonctionne beaucoup au feeling. Du coup, en matière de cinéma j’aime m’investir dans les films que je regarde pour vraiment les apprécier. Et le principal problème que j’ai avec ce Batman v Superman, c’est qu’à aucun moment je ne suis rentré dans le film. La raison principale est que je n’ai pas du tout accroché à l’ambiance générale et qu’à aucun moment je ne me suis senti impliqué par l’histoire qui m’était projetée à l’écran.
Avec son visuel désaturé, son absence totale d’humour, ses personnages sombres et torturés, il est clair que le projet possède une vraie identité et on sent la volonté de proposer quelque chose de très différent de la concurrence. Mais de mon point de vue, tout est beaucoup trop exacerbé. A trop en faire l’ensemble en devient froid et austère. Du coup impossible pour moi d’éprouver la moindre empathie pour les personnages et leurs déboires. Ainsi je suis donc resté complètement extérieur au film.

Tout ceci est bien dommage car je suis malgré tout très conscient des qualités de ce dernier. Pour commencer, je trouve le casting très bon. Henry CAVILL incarne toujours aussi bien le kryptonien en slip rouge, Amy ADAMS campe une Lois Lane loin d’être accessoire et j’ai bien aimé le Lex Luthor de Jesse EISENBERG. Quant à Ben AFFLECK (dont l’attribution du rôle du chevalier noir a beaucoup fait parler), je n’ai vraiment rien à reprocher à son interprétation qui colle très bien à l’univers. On est très loin du Batman incarné par Christian BALE certes, mais le bashing à son égard est pour moi purement gratuit et proche de la mauvaise foi.
Il y a aussi la musique. Même si je peux comprendre que l’on puisse se lasser du style d’Hans ZIMMER, j’ai trouvé l’ensemble en parfait harmonie avec le film et je retiendrai particulièrement les thèmes des protagonistes, avec en tête celui de Wonderwoman qui envoie bien du pâté (mais là encore, il parait qu’il y a débat sur le sujet…).

Du coup, si les défauts du film se résumaient à son esthétique glacial, je pense que j’aurai pu passer outre. Seulement, il faut ajouter à cela que le scénario ne m’a pas spécialement convaincu. Le problème selon moi c’est que l’histoire tient majoritairement sur des non-dits et des occultations d’éléments pour réussir à avancer. En effet, si les personnages prenaient un peu plus le temps de discuter plutôt que de s’enfermer dans le mutisme, il y aurait eu moins de bâtiments à reconstruire à la fin de l’histoire.
Ajoutez à cela Lois qui continue de respawner là où ça l’arrange, les grosses failles de scénario vis-à-vis des pouvoirs de Superman (il peut sauver Lois à tout moment, par contre les autres…) ou encore Batman qui lui fait la gueule tout le film et qui fait copain-copain en quelques secondes… Il s’agit de petits détails, certes, mais leur accumulation ne m’aide pas dans ma volonté d’appréciation.

Et encore une fois, quel dommage quand on voit les thématiques soulevées par le film. Celle de la justice est bien entendu centrale au travers de Batman, mais c’est surtout la thématique du divin incarnée par le personnage de Superman qui a attiré mon attention. Plus christique que boy-scout, le kryptonien symbolise toute la problématique de la présence d’un être « supérieur » parmi les mortels. Dans le sens où tout le long du film, on le critiquera dans ses actions (jugées comme trop individualistes ou unilatérales) comme dans ses non-actions. J’ai trouvé le parallèle vraiment intéressant et il permet de rendre le personnage de Superman plus profond qu’il n’en a l’air. De plus, cela donne une toute autre dimension à son combat contre l’homme chauve-souris (Homme vs Dieu) et crée une symbolique forte.

Vous l’aurez compris, mon âme de cinéphile est terriblement partagé. Bien que je nie pas les qualités du film ainsi que ses objectifs, je n’arrive pas à faire abstraction du sentiment désagréable que j’ai eu lors de son visionnage. Pourtant, j’aimerais l’aimer. Sincèrement. Car je veux croire en un renouveau des licences de comics au cinéma, et Batman v Superman possède des atouts convaincants pour m’aider à garder la foi. Mais à trop vouloir se la jouer sombre et torturé, le film peine à se laisser approcher et ses errances scénaristiques ne poussent pas à la persévérance.

Donc chef-d’oeuvre ou tout l’inverse ? Je vous laisse seul juge. Prenez le temps d’aller le voir pour vous faire votre propre avis et ne vous laissez pas influencer par les critiques trop élogieuses ou trop calomnieuses.

MontageBlogBvS


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Deadpool : Craquage de slip

Comme à chaque fois en début d’année, l’actualité Cinéma n’est pas très passionnante. Hormis le dernier Tarantino, aucun film sorti depuis Janvier ne m’a donné envie de lever le nez de mon fanmade (qui arrive, promis) pour venir écrire une chronique sur le blog. Et puis Deadpool est arrivé et a posé ses couilles sur la table.

Avant de vous en dire plus (sur le film hein, pas sur les couilles de Deadpool…), sachez que je fais partie de ces personnes qui sont, à l’heure actuelle, complètement blasées par les productions cinématographiques adaptées de Comics. Et ce n’est malheureusement pas les films à venir qui risquent de me faire changer d’avis. Entre Captain America : Civil War (qui semble être sous-titré Friendship is Magic) et Batman v Superman (qui a tellement peur de se planter qui est déjà entrain de se mettre à poil), ma blasitude est à son paroxysme. Du coup, je n’attendais vraiment rien de notre cher Deadpool, même si la campagne promotionnelle laissait entendre un ton et une ambiance différente par rapport à ses comparses. Effectivement, ça n’a rien à voir avec les autres productions Marvel. Et j’ai envie de dire tant mieux !

J’avoue ne pas trop savoir comment aborder le bousin tellement il y a de choses à dire. C’est en fait le résultat d’un tout. Deadpool est une production parfaitement maîtrisée, qui sait très bien où elle va et comment elle doit y aller. Malgré un budget relativement bas pour une production Marvel, cet aspect ne se voit absolument pas à l’écran. C’est très bien filmé, bien rythmé, et les effets spéciaux sont suffisamment discrets pour que l’on ait pas l’impression qu’on nous les vomisse à la tronche (n’est-ce pas Avengers 2…). Le film se déroule avec beaucoup de fluidité et on littéralement plongés dans le quotidien de notre anti-héros en costume rouge.

Parlons en justement de notre cher Deadpool. Je ne connais pas du tout le personnage du Comics, mais ce que j’ai vu à l’écran m’a beaucoup plu. On est face à un personnage aux multiples facettes, qui cabotine à toute occasion et n’hésite pas à briser le 4e mur à de multiples reprises en s’adressant directement à la caméra. De plus, toutes les occasions sont bonnes pour faire des références aux autres films de super-héros (X-men, Green Lantern…) et même lâcher quelques boutades que les habitués saisiront sans mal pour rire de bon coeur (perso, Ryan REYNOLDS qui s’autoclashe sur son physique, je trouve ça très drôle).
D’ailleurs, s’il y a bien un point qui donne au film une place de choix dans mon coeur, c’est que cela faisait longtemps que je n’avais pas autant ri au cinéma, quitte à dégainer mon plus beau rire de baleine. Si l’humour ne plaira pas à tout le monde car assez graveleux et trashouille, j’ai personnellement été complètement séduit par le ton du film et par sa cohérence générale. Certaines punchlines sont à mourir de rire (d’ailleurs, je tiens à préciser que la VF est de très bonne qualité) et les situations sont à la fois absurdes et hilarantes.

Attention toutefois, le film n’a pas volé son « Interdit au moins de -12 ans » que je trouve même un peu juste. Entre le gore, les grossièretés et les quelques scènes de nu intégral, Deadpool n’est pas à aller voir avec son petit frère fan de Spiderman. Mais c’est aussi grâce à cela que le film sort vraiment du lot par rapport aux autres productions Marvel qui commencent à toutes se ressembler : il a sa gueule, son identité, son ton, sa propre « saveur ». Alors certes, cette dernière a des relents de flatulences par moment, mais je préfère ça à quelque chose de trop aseptisé.

En bref, je suis complètement dingue de ce film et c’est un peu le Marvel que je n’en pouvais plus d’attendre. Il est fun à suivre, l’humour fonctionne très bien pour moi, il y a de bonnes idées par ci par là, et l’ensemble est d’une cohérence à tout épreuve. Donc si vous aussi vous êtes lassés des films de super héros convenus et que vous voulez un peu de sang neuf, foncez voir Deadpool, ça vaut largement le fait d’y consacrer 2 heures de son temps libre.

ChibiDeadPool