L'Atelier d'AngelMJ


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Seul sur Mars : Tout est sous contrôle

On m’a récemment reproché de ne faire que des critiques cinéma négatives. Et quand je jette un oeil sur mes 3 derniers articles, je me rends compte qu’effectivement, je n’ai pas été des plus tendres avec le 7e Art ces derniers temps. Donc plutôt que de tirer sur une ambulance en feu (coucou Les Nouvelles Aventures d’Aladin), je vais vous parler d’une production que j’ai vraiment aimé, à savoir Seul sur Mars.
C’était clairement un des films que j’attendais le plus cette année. Déjà parce que l’histoire avait l’air sympa, que le casting sentait bon et que j’espérais enfin revoir Ridley SCOTT sortir un truc potable (parce que ça commençait à se faire rare mine de rien…). Le résultat sous vos yeux.

Je pense qu’il est important de situer un peu le film, ainsi que ses tenants et aboutissants. Pour commencer, cette production a plus des airs de docu-fiction que de film de science-fiction pur et dur. Là où Gravity tablait sur le spectaculaire alors qu’Interstellar jouait la carte de l’anticipation scientifique, Seul sur Mars se veut plus terre-à-terre dans sa manière d’appréhender son sujet.
Est ce que c’est un défaut ? Bien sûr que non, surtout dans le cas présent où c’est très bien fait et très bien rythmé. En effet, la traduction française du titre est assez trompeuse. Car si effectivement le personnage joué par un Matt DAMON est bloqué sur la planète rouge, le film ne cessera de naviguer entre ses activités martiennes et celles de la NASA qui tente par tous les moyens de récupérer son astronaute égaré.

Le film se veut ainsi plutôt réaliste dans son traitement et bien que l’on reste dans de la SF d’anticipation, on part quand même moins dans les délires d’un Interstellar et on sent une volonté de rester au plus près des découvertes récentes. En l’occurence, le film risque de surprendre les spectateurs qui s’attendaient à quelque chose de plus spectaculaire ou dramatique, car cette volonté de faire dans le réalisme évite les situations à la Gravity où l’univers semble s’être lié contre notre protagoniste.
Car bien qu’il rencontre quelques soucis au cours du film, aucune tension n’est crée quant à la sécurité de l’astronaute (hormis dans le dernier acte). Ici, on observe plutôt son quotidien, les moyens qu’il utilise pour survivre en attendant les secours, ce qu’il essaie de retirer de cette expérience, etc. Finalement la tension se trouve bien plus du côté de la NASA qui s’agite comme une fourmilière pour trouver des solutions rapides.

Mais alors, s’il n’y a aucune tension et que le héros n’est jamais vraiment en danger, qu’est ce qui rend le film si intéressant ? Et bien, tout le reste. Déjà, les décors sont absolument magnifiques et on croirait vraiment que Matt DAMON se balade sur Mars. C’est beau et crédible, on y croit et on est dedans. Ensuite, le film possède un vrai rythme et une écriture soignée. Avec son casting d’acteurs talentueux et ses quelques répliques humoristiques, le script ne se compose d’aucune fausse note et joue sa partition à la perfection.
Le film se déroule donc de lui même, on apprécie réellement ce qui nous est proposé à l’écran car c’est relativement crédible. Oui, je dis relativement car certains pourront peut être reprocher au film d’être un peu trop optimiste et positif sur son sujet et que, comme dit plus haut, à aucun instant on ne se sent en danger pour les personnages.

En tout cas, me concernant, j’ai passé un très bon moment devant Seul sur Mars. Pas spectaculaire pour un sou mais faisant très bien son travail, le dernier bébé de Ridley SCOTT ne sera peut être pas un monument du genre SF, mais il a au moins le mérite de proposer un portrait intéressant et accessible de la conquête spatiale, mêlant ainsi documentaire et fiction avec brio. Donc n’hésitez pas à aller y jeter un oeil, le voyage vaut largement le détour.

AngelMars


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Le Labyrinthe : La Terre brûlée et le scénario avec elle

Bon. J’ai la réputation d’être quelqu’un de relativement gentil et d’ouvert. Je ne suis pas du genre à critiquer gratuitement et en matière de cinéma, je suis de nature à laisser sa chance à toutes les productions (je vais sans doute aller voir Aladin, c’est vous dire mon niveau de « Bonne Poiritude »). Mais à un moment, faut arrêter de prendre les gens pour des imbéciles. Parce que quand je vois qu’en 2015, on est capable de sortir des étrons cinématographiques à l’image de ce Labyrinthe : La Terre Brûlée, je me dis qu’il est temps d’arrêter de mettre des gants et de dire les choses telles qu’elles sont.

J’avais très brièvement parlé du premier film ici. Il ne prétendait pas marquer l’industrie du cinéma mais il avait au moins le mérite de divertir et de se laisser regarder (malgré une histoire et des personnages complètement idiots). Avec cette suite attendue (en même temps, avec les adaptations de romans jeunesses, c’est devenu systématique…), les producteurs se sont dits que c’était une bonne idée de reprendre tous les défauts du premier et d’en rajouter des nouveaux, histoire de creuser encore plus loin dans la bêtise et le non-sens.

Parce que je vais mettre le doigt direct sur ce qui pour moi rend ce Labyrinthe 2 complètement risible: ce film est mal écrit. Je trouve ça désespérant et limite insultant de proposer une histoire aussi creuse et convenue à notre époque. Je sais qu’il est difficile de se renouveler mais il n’y a ici pas l’ombre d’un effort. Déjà que le premier film était confus (je comprends toujours pas à quoi ont servi les labyrinthes), là c’est le festival du n’importe quoi. La trame est déjà-vu, prévisible et complètement téléphonée. Les personnages vont d’un point A à un point B sans transition, créant de grosses incohérences et/ou raccourcis scénaristiques. Et le pire, c’est qu’ils ont cru bon d’ajouter des zombies (non mais SERIEUSEMENT ???) accompagnés de tous les poncifs du genre, à la limite de la caricature (ils nous ont sorti le coup de l’attaque dans un centre commercial, non mais les mecs vous êtes sérieux ?!).

Et ils ont gardé les pires éléments du premier film: les dialogues et les personnages. Dans le premier cas, c’est toujours écrit avec les pieds. On a l’impression que les personnages ne s’écoutent pas et se contentent de sortir des répliques toutes faites. Et comme pour dans le premier opus, le script croit maintenir une forme de suspense en ne répondant pas aux questions que se posent les protagonistes (quand ils ont l’intelligence d’en poser). Et donc, vu qu’on y est, achevons le tout en parlant des personnages.
D’expérience, je n’ai pas souvenir d’avoir vu autant de bêtise réunie en si peu d’intervenants. Que ce soit par leurs répliques, les agissements, les réactions ou choix, aucun des protagonistes du film ne parvient à tirer le film vers le haut. Cela en devient presque gênant. Tout ceci appuie le fait que l’univers du film est soit bancal, soit mal torché car pour en arriver à un tel niveau de je m’en foutisme, il faut vraiment en vouloir.

« Oui mais le film il est joli non ? ». Ben oui le film est joli, mais qu’est ce que ça change ? Ce n’est pas parce que la direction artistique arrive à rester cohérente avec elle-même que cela fait un bon film. Et encore, je m’efforce de trouver quelques points positifs car pour un univers post-apocalyptique on a rarement fait plus convenu que les villes en ruine en plein milieu de terres désertiques…

Peut être que certains arriveront à trouver le visionnage de ce Labyrinthe 2 agréable et j’ai envie de dire tant mieux pour eux (ils auront moins l’impression d’avoir perdu leur temps que moi). Mais honnêtement, je trouve que c’est se contenter de peu. Je ne sais pas s’il s’agit d’une adaptation fidèle ou si, à l’image de Divergente 2, le réalisateur a préféré remanier l’histoire à sa sauce. De toute façon, dans un cas comme dans l’autre, c’est pour moi très mauvais.
Et à dire vrai, je suis las. Las de devoir supporter et tolérer ce type de production mainstream formatée et pré-mâchée, censée contenter un public jeune et/ou peu exigeant (ce que je trouve très insultant pour le dit jeune public). Mais l’illusion n’a que trop duré. Une bonne histoire bien écrite et bien mise en scène ce n’est pas ça, c’est tout le contraire de ça. Donc, je pense faire une croix définitive sur les films adaptés de littérature jeunesse (je me fais le dernier Hunger Games et basta). Car comme dit, j’aime laisser sa chance à toutes les productions, mais on a ici atteint pour moi le point de non-retour. Sur ce, je vais aller voir le reste des films à l’affiche, histoire de m’assurer que l’on ne peut pas faire pire.

Et le premier qui me sort l’argument : « Oui mais dans le livre… », je lui laisse un avant goût de ce qui l’attend avec le strip ci dessous…

AngelLaby2

 


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Pixels : PEGI 3 et moins

Les vacances approchant et la charge de travail commençant à s’alléger, je m’aventure beaucoup plus dans les salles obscures depuis quelques jours. Les sorties n’étant pas très nombreuses en cette période estivale, je peux me permettre d’aller quasiment tout voir. Et alors que je m’apprête à faire un petit marathon pour fêter le début des vacances (genre 4 films dans la journée, ça fait longtemps que je ne l’ai pas fait), j’ai commencé à alléger la liste des projections en allant voir Pixels, dernière comédie en date de Chris COLUMBUS (le mec qui a pondu Madame Doubtfire ou encore les 2 premiers Harry Potter, juste histoire de vous situer…). Car je dois bien avouer que le synopsis avait attisé ma curiosité de vieux joueur vidéoludique.

Toutefois, ne m’étant pas trop renseigné sur le film (je ne regarde plus les bandes-annonces), j’ai été un peu refroidi par la présence d’Adams SANDLER au casting, ainsi qu’à la production. Oui, j’avoue, je ne peux pas me voir cet acteur. Car à l’image de beaucoup de comédiens américains, il joue constamment le même genre de personnage jusqu’à l’overdose. Et malheureusement pour moi, le film aurait pu s’appeler Adams Sandler’s Pixels que cela ne m’aurait pas choqué. L’acteur est clairement placé au centre du film et ne rate pas une occasion pour faire son… ben son Adams SANDLER…
Mais bon, je ne suis pas non plus du genre à basher un film pour ce type de détail, donc entrons dans le vif du sujet. Pixels nous propose de suivre toute une bande de personnages (dont un espèce de geek absolument insupportable) en proie à une invasion extraterrestre. Et histoire de changer un peu, à la place des vaisseaux futuristes et autres aliens dégueulasses, ici on combat avec des figures emblématiques du jeu d’arcade des années 80. Ok… Pourquoi pas.

Seulement voilà, très rapidement on comprend que tout le scénario n’est qu’un prétexte à deux sous. Car Pixels est en fin de compte une comédie américaine tout ce qu’il y a de plus convenu. Nous avons donc une trame narrative avec ses actes classiques (dont une scène « romantique » insérée avec la finesse d’un hippopotame sous extasie), ses personnages caricaturaux (je vous ai dit qu’il y avait un geek absolument insupportable?) et son histoire cousue de fil blanc. En gros, l’emballage diffère mais on est en terrain ultra connu.
Après, c’est relativement bien fait si l’on est pas trop regardant sur les incohérences du scénario et qu’on se laisse prendre au jeu. Le film demeure très joli (j’aime beaucoup le début) et bien rythmé. On ne s’ennuie pas, quelques blagues font rire (même si c’est tellement tout public que les personnages ont des réactions très immatures) et il est toujours amusant de voir comment le réalisateur a inséré les grandes icônes de l’arcade (PacMan, Donkey Kong, Centipede, etc.) dans son scénario.

D’ailleurs, le film semble vouloir traiter la culture geek avec beaucoup de tendresse, bien que, comme dit plus haut, c’est beaucoup trop lisse et gentillet pour que le public cible se sente concerné par le message du film. D’ailleurs, quelques passages sont assez horripilants (« Bon sang, les jeux d’aujourd’hui sont bien violents »… SÉRIEUSEMENT LES MECS ?) et il est agaçant de voir le jargon du jeu vidéo utilisé à tord et à travers (le mot patern est un mot fourre-tout dans ce film, c’est complètement ridicule). Notons au passage que le personnage de la licence Q.bert se fait littéralement violer moralement parlant, vu l’utilisation qui en est faite dans le film.

On me reproche souvent de ne pas donner clairement mon avis à la fin de mes chroniques. Donc histoire qu’il n’y ait pas d’ambiguité, Pixels n’est pas pour moi un mauvais film et cela ne m’a pas du tout dérangé de le voir. C’est une comédie américaine grand public qui remplit parfaitement son cahier des charges et qui permet de passer un beau moment. Mais une question demeure : jusqu’à quand allons-nous tolérer ce genre de production? Sommes-nous devenu à ce point des consommateurs pour aller voir et revoir constamment le même type de contenu avec seulement l’emballage qui varie de temps en temps? Perso, je ne peux m’empêcher d’être las de voir encore et toujours les mêmes trames, les mêmes situations, les mêmes personnages agaçants (le geek toussa.. non mais j’ai vraiment haï ce personnage…).

Donc cher Cinéma Américain, soit cool avec moi, essaie de me surprendre de temps en temps, ça me permettra de retrouver la foi en ta capacité à proposer autre chose que du divertissement fast-food. Cordialement, bisous.

AngelQbert


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Ant-Man : Le petit Marvel

Il fut un temps où aller voir un film de la licence Marvel au cinéma était un évènement en soi. C’était neuf, c’était beau, il y avait de l’originalité et on savait que ce serait forcément bon. Puis les années ont passé. Et, film après film, mon engouement profond et sincère pour le genre super héros s’est essoufflé. Car bien que bon public, je me suis lassé de cette surenchère d’effets spéciaux et d’action, de situations convenues, de trame sans originalité et de personnages souvent unilatéraux. Et bien que je continue à aller voir ces films (presque par principe), il y a longtemps que plus aucun d’entre eux ne me file de claque comme ont pu le faire à l’époque X-Men 2 ou le premier Avengers.
Alors débarque de nulle part Ant-Man, héros Marvel peu connu et qui arrive comme un cheveu sur la soupe après un Avengers 2 super bien gaulé, mais comme ses récents confrères, toujours aussi creux. Censé clôturer le deuxième arc de la licence Marvel Studio, je suis allé le voir sans aucune envie particulière, presque de manière automatique. Et je dois bien admettre que malgré des défauts plutôt imposants, j’ai passé un relatif bon moment.

Ant-Man dénote pas mal par rapport aux autres licences que l’on a pu voir ses dix dernières années. Cela autant en bien qu’en mal. Pour l’aspect négatif, j’ai personnellement eu beaucoup de difficulté à prendre le film au sérieux. Que ce soit à cause de ses enjeux anecdotiques, les explications abracadabrantes autour du costume qui rétrécit (à ce stade, un « ta gueule, c’est magique » serait presque conseillé) ou le fait que le héros commande des armées de fourmis par la pensée (heu… what?), on atteint un niveau de crédibilité proche de zéro. J’ignore comment cela passera si notre héros miniature rejoint la troupe des Avengers, mais il risque de faire un peu tâche.
Pour autant, dès lors que l’on prend le film pour ce qu’il est, sans le lier à la globalité de l’univers Marvel (oui, j’en suis arrivé à ce stade…), il n’est pas si désagréable que ça. Ce n’est certes pas très passionnant et l’histoire n’arrive pas à créer la moindre tension ni crainte quant aux actions des différents protagonistes. Cependant, la trame est simple à suivre, ça détend, et les quelques pitreries du héros permettent de faire naître de léger sourire sur les visages grincheux.
À noter que le casting n’est pas trop dégueulasse, cela fait toujours plaisir de revoir Michael DOUGLAS et Evangeline LILLY (malgré son effroyable coupe de cheveux). La seule erreur reste Corey STOLL qui joue l’antagoniste : je n’ai jamais vu un méchant de Marvel aussi lisse et impersonnel.

Si je n’ai rien à reprocher à l’aspect technique, j’ai par contre trouvé le montage assez particulier. J’ai souvent eu l’impression que les plans étaient trop courts ou qu’ils démarraient en retard. Ainsi, il n’était pas rare que dans une conversation, certaines actions ou expressions se fassent avec des raccords étranges, où que les personnages se déplacent relativement vite d’un plan à l’autre. Cela n’est pas gênant outre mesure, mais dès que je m’en suis aperçu, je ne voyais que ça…

Un peu à part dans l’univers Marvel, mais sans arriver à être aussi original que Les Gardiens de la Galaxie, Ant-Man est à voir de manière décomplexée, sans rien en attendre et en n’étant pas trop regardant sur ses défauts de fond et forme assez flagrants. Certes, cela demande de faire pas mal de concessions et peut être que le film ne le mérite tout simplement pas. Cependant, quitte à perdre quelques heures de sa vie devant un film, autant se donner les moyens de passer un bon moment.

AntManAngelMJ


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Chappie : Conte d’anticipation

Un film où l’on suit un robot qui se découvre des sentiments? Voilà un sujet déjà maintes fois traité dans le monde de la science-fiction. On pense souvent en avoir fait le tour, mais bon nombre de films continuent de sortir avec cette thématique, comme autant de réalisateurs ayant l’intention d’apporter leur point de vue sur ce vaste sujet. Je reste personnellement très intéressé par cette thématique. La notion d’intelligence artificielle, ainsi que toutes les problématiques sur l’âme et l’identité que cela peut soulever, me plaisent en effet beaucoup. Je suis donc allé voir Chappie dès le jour de sa sortie en salle, quitte à me faire une séance tardive en VO. J’étais à la fois confiant, mais aussi sur la réserve, lorsque j’ai su que le réalisateur n’était autre que Neill BLOMKAMP, à qui on doit récemment District 9 (que je n’ai pas vu) et Elysium (qui m’avait laissé un sentiment supra bof). Verdict?

Et bien je ne vous cacherais pas que le film me laisse, tout comme la précédente production du réalisateur, assez mitigé. Je n’ai en effet pas réussi à rentrer complètement dedans, principalement à cause de la manière dont a été construite l’histoire. Mais j’y reviendrai.

Chappie est un film bien foutu. Les effets spéciaux sont de très bonne facture, les robots sont insérés de manière réaliste et animés avec beaucoup de brio. C’est bien filmé et bien mis en scène, l’ensemble se veut très accessible et bien que les personnages ne brillent pas par leur originalité (on est face aux stéréotypes habituels, avec mention spéciale à Hugh JACKMAN et son horrible coupe de cheveux pour le rôle du méchant « parce que je suis méchant »), on arrive à s’intéresser à leurs déboires. Car le film, bien qu’essentiellement concentré sur le robot Chappie, permet surtout de confronter différents protagonistes face à leurs enjeux et envies personnels, qui pourraient être comblés par le fameux robot doté de sentiments.
Ainsi le film est clairement construit sur le thème de la confrontation. Elle sera d’abord purement verbale, puis deviendra de plus en plus physique, voir carrément violente dans le dernier quart, où bon nombre de personnages passeront l’arme à gauche dans un affrontement final qui sort un peu de nulle part, mais qui permet au réalisateur de mettre en avant sa vision sur la notion d’Intelligence Artificielle.

Et je dirais que c’est principalement sur ce point que le film montre pour moi des lacunes. Si je parviens à fermer les yeux sur le fait que Chappie se comporte comme un gangster de cité (ce qui est particulièrement horripilant) et sur les placements de produits insérés avec la finesse d’un éléphanteau alcoolisé, j’ai eu du mal à adhérer à la finalité du film et à ses différentes conclusions.
Là où je trouve que Chappie pèche, c’est dans sa manière hyper simpliste d’aborder ses thématiques. Tout est trop vague, trop infantile. Si la relation Deon/Chappie m’a paru intéressante, la conclusion m’a laissé assez perplexe dans le fait que de nombreux aspects encore aujourd’hui sujets à interprétation, comme la notion de programme ou d’âme, sont ici traités de manière naïve et, pour ma part, peu crédible. La symbolique est là, mais elle se fait au détriment de la vraisemblance, transformant le film en conte futuriste. Oui, c’est ça en fait, Chappie est un conte. Cela reste bien sûr un point de vue défendable, et je sais qu’il s’agit là d’une remarque purement subjective. Ce n’est d’ailleurs pas négatif comme remarque, mais disons que je ne m’attendais pas à ça.

Chappie n’est pas un mauvais film, vraiment pas. Seulement, la manière dont il traite son propos est trop simpliste et on le prend difficilement au sérieux. Ainsi, alors que le film aurait pu apporter un vrai plus dans l’univers de la science-fiction d’anticipation, il le fait de manière assez naïve et maladroite, le tout avec des raccourcis scénaristiques et des explications évasives (voir pas d’explication du tout), ce qui risque de faire froncer les sourcils des plus septiques sur le sujet. Je vous conseille donc de vous faire votre propre avis, car comme dit, le film est loin d’être désagréable à voir et la gestion du rythme joue en sa faveur. Mais me concernant, je reste un peu déçu devant la direction prise par le réalisateur.

ChappieAngel

 


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Saint Seiya – Legend of Sanctuary : Avorté dans l’oeuf

Parmi les séries japonaises phares des années 90, Saint-Seiya (ou Les Chevaliers du Zodiaque dans sa traduction boiteuse) fait partie des pionniers du genre. Bien que l’ayant découverte sur le tard (je rappelle que je n’avais pas droit au Club Do à l’époque), c’est une série avec un capital sympathie élevé qui, bien qu’assez encrée dans son époque, reste toujours très sympa à regarder et à découvrir. Elle continue ainsi à être mise en avant par une communauté de fans assidus (pour ne pas dire hardcores), ainsi que par l’intermédiaire de nombreuses séries alternatives, preuve du réel engouement généré par la série de Masami KURUMADA. C’est alors que débarque en salle Les Chevaliers du Zodiaque : La Légende du Sanctuaire (qu’on appellera St-Seiya Le Film pour faire court), qui se veut une réécriture de l’arc de l’Arc du Sanctuaire, le passage du manga le plus aimé et le plus plébiscité, par le production du dernier film d’Albator sorti l’année dernière.
J’étais assez curieux de voir ce film, principalement à cause des retours très négatifs que j’ai lu dessus à sa sortie. Nombreux sont les fans à l’avoir descendu en flèche, lui reprochant principalement un non respect de l’oeuvre originale et des choix de ré-interprétation douteux. Est-ce donc vrai ou est-on face à l’habituel symptôme du « c’était mieux avant » si cher aux fans peu disposés au changement?

J’aime bien St-Seiya mais je ne suis pas non plus ce que l’on peut appeler un fan de la licence. Je pense qu’il est important de le préciser pour sans doute justifier le fait que les libertés prises vis-à-vis du récit original ne m’ont ni choqué, ni bouleversé. De plus, je trouve l’exercice de reboot ou de réécriture intéressant, dans le sens où cela permet parfois de donner un second souffle à des vieilles histoires (on est quand même face à du gros shônen des années 90…).

Pour commencer, je trouve le film très beau. Les décors sont très sympas, particulièrement les maisons des Chevaliers d’Or qui ont le mérite d’être variées visuellement, ainsi que la manière dont le Sanctuaire a été remanié. Perso, je suis assez fan. Au niveau du charadesign, on reconnait le style original avec une touche de modernité, et les armures sont dans la grosse majorité classes et bien faites!
Ensuite, l’animation est plutôt maîtrisée. Les combats sont dynamiques, les attaques en mettent pleins les mirettes, et les personnages se déplacent de manière assez réalistes (à part dans les moments comiques, mais ça donne un côté décalé amusant). La musique se veut assez épique et colle bien à l’ambiance (on reconnait quelques anciens thèmes), mais je regrette de ne pas avoir pu le voir en VO car la VF, comme trop souvent, est complètement à côté de la plaque et fait qu’on a du mal à prendre les personnages au sérieux dès lors qu’ils ouvrent la bouche.

Mais alors où est le problème me direz-vous? Et bien le problème… C’est tout le reste. On va mettre le doigt dessus sans trainer : qui a pensé qu’adapter l’Arc du Sanctuaire en 1h30 était une bonne idée? C’est pour moi LE gros soucis du film : l’histoire dont il s’inspire comprend trop d’éléments à la base pour être adaptée à ce format sans dommages collatéraux. Alors que le film prend le temps de bien installer son intrigue et ses personnages durant les 30 premières minutes, la suite donne l’impression d’être accélérée à outrance, comme si les producteurs s’étaient eux-mêmes pris la flèche d’Athéna en plein poitrine et que leurs heures étaient comptées.
Du coup, on se retrouve avec une intrigue aux objectifs flous et à la fin expédiée (ayant un arrière-goût de jeu Final Fantasy), mais surtout avec beaucoup trop de personnages à développer. Et là c’est le grand festival du n’importe quoi dans le sens où un spectateur ne connaissant pas la série originelle va se retrouver complètement perdu, alors que le fan va hurler face à l’utilisation incongrue de certains personnages (pauvre Aphrodite…). C’est là que l’on voit que St-Seiya est à l’origine un manga shônen dont la structure narrative est favorable à une adaptation en série TV, mais pas en film (et bon sang, pourquoi ne pas avoir ajouté une heure de plus?).

Pour finir, quelques mots sur le remaniement de l’histoire. Honnêtement, il faut être un fan hyper fermé pour jouer les Shaka effarouchés. A part Masque de Mort qui est LE moment gênant du film (et je l’ai vu en français, double peine donc…), les libertés prises avec la série d’origine ne m’ont pas paru si affreuses que ça, je dirais même que certaines sont plutôt amusantes (Milo en femme, why not). Je comprends qu’il puisse y avoir débat là dessus (ça l’est déjà pour certaines séries TV), mais je préfère qu’un producteur prenne des libertés, quitte à ne pas faire un bête copier/coller et proposer sa vision de l’oeuvre d’origine, aussi farfelue soit-elle. Et dans le cas de ce film, il n’y a vraiment que la manière dont le récit est condensé qui pose problème, et qui du coup porte un gros préjudice sur la majorité des personnages.

Ainsi, St-Seiya Le Film se retrouve avec un statut super bâtard : d’un côté il ne plaira pas aux fans car il prend trop de liberté avec la série de base (et ça, le fan hardcore, il n’aime pas), de l’autre il ne plaira pas aux spectateurs lambdas car l’histoire est tellement rushée qu’elle rend les objectifs insignifiants et les personnages terriblement creux. Et moi dans tout ça? Ben je suis un peu entre les deux, partagé entre ma sympathie pour la série d’origine, et les grosses lacunes du film entant que tel.
Mon verdict est donc que ce projet était mort dès le départ, et je pense que les producteurs devraient enfin se rendre compte que certains récits ne s’adaptent pas à tous les formats de médias. Je ne déteste pas pour autant le film (ça se regarde) et je ne rejoindrai pas le club des lapideurs des Chevaliers de Bronze (je pense qu’ils se prennent déjà suffisamment de cailloux dans la série!). Finalement ce film est une coquille vide. Une belle coquille… mais vide.

AngelAphro


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Big Hero 6 : Disney dans l’ère du temps

Certains associent souvent Disney aux contes de fées et autres mièvreries (et comment ne pas leur donner raison quand on voit la bande-annonce de la version live de Cendrillon…). Pourtant, ce serait passer sous silence les efforts du studio pour proposer des productions tablant sur d’autres registres, et surtout de le faire bien. Alors que beaucoup adulent (à juste titre) Raiponce et La Reine des Neiges, j’avais été personnellement bluffé par Les Mondes de Ralph qui, à la différence des deux films cités précédemment, osait proposer un univers plus contemporain (celui des jeux vidéos) et plus audacieux (dire que le film a bidé… je suis tristesse). Donc forcément, quand j’ai vu débarquer Big Hero 6 (soit Les Nouveaux Héros en français, mais je ne cautionne pas ce titre moisi) avec ses robots, sa ville hybride mi-américaine mi-japonaise, ses costumes à la Marvel et son méchant badass (oui le méchant est badass), j’étais un peu tout excité, y voyant une relève évidente aux aventures de Ralph, un peu comme l’on était Elsa et Ana pour Raiponce.

Donc que vaut ce dernier Disney? Et bien on est face à une production de très bonne qualité qui, bien que non sans défaut, a vraiment de nombreux atouts. Parlons technique d’abord. C’est vraiment très beau, l’univers proposé par le film est juste hallucinant d’inventivité. Le charadesign et le mechadesign sont agréables et amusants, avec en tête de liste Baymax, le robot marshmallow que tout le monde rêve désormais de posséder (moi le premier). L’animation est excellente et l’équipe du film rivalise d’imaginaton pour proposer des scènes d’actions bien rythmées et bien chorégraphiées. Quant à la musique, c’est encore une excellente surprise avec des morceaux qui restent en tête, me poussant à fortement m’intéresser à l’intégralité de la BO du film.
C’est donc une réussite visuelle à tous les niveaux. Peut être que certains n’adhéreront pas à tout (je pense par exemple au costume d’un personnage en particulier qui est une référence aux monstres japonais) mais c’est globalement très cohérent et très immersif. Ce qui causera selon moi un des défauts du film, mais j’y reviendrai.

Et que nous propose-t-on aux niveaux des personnages et de l’histoire? Rien de bien nouveau certes, mais il y a une vraie maîtrise de l’écriture et on s’attache rapidement aux différents protagonistes. Chacun remplit bien son rôle (même le comique de service qui pourrait être chiant, mais finalement ça passe) et on se rend compte qu’il y a eu un vrai effort de fait sur le héros et son antagoniste (qui pour le coup est un vrai antagoniste et pas un simple méchant). Mais le personnage le plus attachant reste sans aucun doute Baymax qui, par sa naïveté et sa candeur, attire forcément la sympathie et l’attachement immédiat.
Quand à l’histoire, c’est assez classique, voir très prévisible par moment (un adulte devinera rapidement le déroulement du scénario). Cependant le film garde un rythme soutenu et parvient à aborder des thématiques intéressantes (principalement celle du deuil) avec ce qu’il faut d’émotion, sans tomber dans le larmoyant. Sur ce point, on sent une vraie maîtrise et on ne voit pas du tout le temps passer alors que le film fait presque 2 heures. Et c’est là où arrive le principal défaut du film : c’est trop court.

Oui, je le dis, Big Hero 6 est un film d’animation de 2 heures trop court. On aimerait en savoir plus sur l’univers. Ce dernier est d’une richesse irréfutable, mais l’histoire ne permet pas de le développer outre mesure. Idem pour les personnages, on souhaiterait les voir plus, en savoir plus, les voir être développés un minimum. Ils sont ainsi trop nombreux et survolés alors qu’il y avait vraiment matière. Cela n’empêche pas le film d’être excellent, mais je trouve dommage que l’on reste autant en surface alors que l’univers décrit aurait mérité un traitement plus poussé et plus profond.

Toujours est-il que même si je n’ai pas eu un coup de coeur comme ce fut le cas avec Les Mondes de Raph, Big Hero 6 est une belle découverte qui mérite toute votre attention. Bien réalisé, bien écrit et avec un rythme qui ne laisse pas le temps de respirer, c’est pour moi la preuve que les équipes de Disney peuvent écrire autre chose que des films de princesses et proposer des productions bien dans leur temps, agréables autant pour les adultes que pour les enfants. A noter au passage qu’il n’y a aucune chanson dedans, donc pourquoi se priver? Et puis Baymax quoi, faut le voir pour Baymax!

AngelBaymax


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Jupiter Ascending : Le cul assis entre deux planètes

Bon… Parler de ce film va être compliqué pour moi. Vraiment compliqué. Parce que mon coeur de cinéphile, mais aussi de geek assumé, est partagé dans ses sentiments après avoir vu Jupiter Ascending, la dernière production des WACHOWSKI (les réalisateurs de Matrix et de Cloud Atlas). Pourquoi? Parce que c’est un film bourré de défauts, mais j’ai l’impression qu’une partie de moi n’arrive pas à complètement le rejeter. Bref, petite explication sur qui s’apparente à du « je t’aime moi non plus! ».
Jupiter Ascending semble ne pas trouver faveur auprès du public, si j’en crois les quelques avis et critiques que j’ai pu lire depuis sa sortie. Et j’avoue que je les comprends un peu. Le film ne brille pas par son originalité, ni la qualité de son scénario. C’est assez simpliste, voir relativement niais. C’est devenu la proie facile du moment (un peu comme Lucy et Tortues Ninjas l’année dernière), celle sur qui on aime jeter des briques alors qu’elle a déjà de quoi se construire une muraille. Du coup, j’ai encore une fois envie de jouer les avocats du diable.

Pour commencer, je trouve le film beau et cohérent visuellement. Ça en jette grave, que ce soit au niveau des décors, du design des machines ou encore des costumes. Alors certes, il en fait un peu trop par moment (certaines scènes d’actions sont confuses car bourrées d’éléments visuels) et la 3D n’aide pas toujours à la compréhension. Mais la direction artistique, si elle ne plaira pas à tout le monde, a au moins le mérite de pousser son délire jusqu’au bout et de proposer un univers qui a un minimum de sens. De plus, je n’ai pas trouvé la musique trop dégueulasse et elle donne sens aux visuels qu’elle illustre.
L’histoire maintenant. Bon… Force est admettre que ça ne vole pas haut et la trame se révèle classique. Cependant, le film possède un très bon rythme, les 2 heures passent sans aucun problème et il y a un bon équilibre entre les scènes d’actions et celles qui développent le scénario. Par contre, le tout semble avoir été passé à la tronçonneuse tant on a l’impression que certaines scènes sont aux abonnées absentes.
On rencontre aussi des problèmes du côté des personnages. Les antagonistes ont un côté « Divinités Grecques » qui fonctionne plutôt bien dans la contexte de l’histoire, mais ils perdent tout intérêt du moment qu’ils ouvrent la bouche. Jupiter, l’héroïne jouée par Mila KUNIS, est candide à en devenir presque transparente et Caine, son protecteur interprété par Channing TATUM, remplit son rôle à la perfection sans non plus renouveler le genre. La seule originalité du film est finalement de faire jouer à Sean BEAN un personnage qui ne passe pas l’arme à gauche (désolé pour le spoil, mais c’est assez rare pour le préciser!).

Vous me direz que le film n’a finalement rien pour lui. Et c’est un peu le cas. Mais alors pourquoi suis-je partagé? Pourquoi je n’arrive pas à le détester et à le casser ouvertement? Pourquoi j’ai envie de le défendre? Et bien cela va vous paraître fou, mais si j’arrive à trouver de l’intérêt dans Jupiter Ascending, c’est parce qu’il utilise et fait appel à des codes qui me sont chers, à savoir ceux du jeu vidéo et du manga.
Je m’en suis rendu compte très rapidement au cours du visionnage, et c’est sans doute ce qui a fait que j’ai apprécié le film. Tout transpire les inspirations vidéoludiques et japonaises dans ce film. Que ce soit la trame qui ressemble à celle d’un jeu (progression permanente avec des « boss » en cours du route, jusqu’à l’affrontement final) ou certaines scènes qui rappellent les TPS de la dernière génération de console comme Uncharted ou Tomb Raider et les personnages qui pourraient être des héros de jeux OpenWorld (Caine a un côté très Cole de InFamous). Quant au côté manga, on le retrouve dans le design de certains objets et costumes, mais surtout au travers de Jupiter. Cette dernière est l’héroïne de Shônen par excellence : un personnage qui est dans une routine, qui se retrouve au centre d’un conflit gigantesque qui la dépasse et qui va s’entourer d’alliés pour triompher, tout en apprenant à grandir et mûrir.

En cela, je ne peux pas rejeter entièrement le film car il me parle dans une langue que je comprends et qui lui donne un sens. C’est très personnel pour le coup, et je suis bien conscient que mon appréciation atteint un niveau de subjectivité assez élevé. Ce n’est clairement pas un film qui finira dans mon Top 10, mais j’y ai malgré tout trouvé de l’intérêt et une certaine forme de satisfaction. Du coup, impossible de vous le conseiller ou non, je pense que cela dépend de trop de paramètres. Il faudra donc que vous vous fassiez votre propre avis et décidiez, si oui ou non, Jupiter Ascending est un film qui mérite tant d’animosité, ou si finalement c’est une production qui fait appel à des codes différents et qu’il faut donc appréhender différemment. Son destin est entre vos mains.

JupiterAngelMJ


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Souvenirs de Marnie : Pardonner et grandir

Quoi de mieux pour commencer l’année cinéma 2015 que de le faire avec un film d’animation des studios Ghibli? Cette rentrée étant assez morose, que ce soit en terme de sorties ou due à l’ambiance un peu pesante des dernières semaines, j’espérais trouver avec Souvenirs de Marnie un moment de répit et de calme. Réalisé par Hiromasa YONEBAYASHI, à qui on doit déjà Arrietty (juste mon 3e Ghibli préféré), j’ai sauté sur la première séance VO disponible, et que dire à part que c’est exactement ce à quoi je m’attendais, pour mon plus grand plaisir!

Comme depuis un moment maintenant, ce n’est pas un Ghibli « majeur » mais on reste tout de même face à un film d’animation qui a clairement toutes les qualités pour briller parmi les grands noms du studio. Pour commencer, mais c’est une habitude maintenant, les décors sont tout simplement magnifiques. Chaque fois que je matte un Ghibli, je ne peux m’empêcher d’avoir des fourmillements qui me traversent tout le dos devant certains des paysages illustrés (et encore plus depuis que je suis allé au Japon). L’ambiance sonore est toujours d’une qualité irréprochable et la chanson finale est splendide. Si je devais toutefois chipoter (oui je suis un chieur, mais vous le savez maintenant), certains dessins souffrent de quelques problèmes de proportions, mais cela reste trop rare pour vraiment critiquer le film sur ce point.

Du coup, restait à voir si l’histoire valait le détour, et je dois admettre que je l’ai beaucoup aimée. Le rythme est assez lent, mais le scénario est suffisamment prenant pour que l’on ne s’ennuie pas. Tout baigne dans une ambiance mystérieuse et mélancolique, on ne sait jamais si on est dans la réalité ou dans le rêve, et le mystère autour du personnage de Marnie, ainsi que sa relation avec l’héroïne Anna (qui est un personnage très intéressant dans son évolution) tient réellement en haleine. C’est typiquement le genre de récit dont il ne faut surtout pas te raconter les détails, au risque de ne pas apprécier la force du message du film.
Car oui, ce qui m’a profondément marqué dans ce film, c’est le message qu’il cherche à faire passer et la façon dont il le fait. Plus les révélations tombent, et plus on est captivé par ce qui se passe à l’écran. C’est vraiment bien pensé, fait avec poésie et tendresse. Je ne cacherai pas que cela m’a fait quelque chose, et que lorsque le générique de fin a commencé à se dérouler, j’étais empli d’une certaine sérénité, vis-à-vis de la manière dont le réalisateur a su traité son sujet qui, mine de rien, n’est pas des plus joyeux.

Donc je ne peux que vous conseiller ce film. C’est une histoire touchante, sans doute un peu larmoyante pour certains, mais qui réussit le pari d’aborder des thématiques fortes en faisant appel au notion du fantastique et du thriller. C’est donc pour moi un vrai coup de cœur, pas autant qu’a pu l’être Arrietty certes, mais j’ai vraiment plus accroché à ce film qu’aux deux derniers en dates (Le Vent se lève et Le Conte de la Princesse Kaguya). Donc allez-y et savourez! Perso, je pense retourner le voir en connaissant le dénouement final, histoire de repérer les détails laissés par le réalisateur. Et aussi un peu pour le plaisir de juste le revoir! °^°

MarnieBlue


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Bilan Cinéma 2014 : L’heure du changement?

Hello les gens!

Mon année cinéma 2014 s’est achevée hier avec Exodus (qui était… mega bof) et je vous présente donc mon fameux bilan, à savoir les 10 films que j’ai préféré et ceux qui, au contraire, m’ont presque fait regretté d’être allé les voir, malgré mon abonnement.
2014 n’aura pas été une année très bonne pour moi en terme de cinéma. J’ai vu beaucoup moins de films que l’année dernière (80 contre 105 en 2013) et je dois bien admettre que très peu m’ont marqué, que ce soit en bien ou en mal. S’il n’a pas été trop difficile de placer les premières et dernières places, ce fut très délicat de classer le reste des productions. Exercice quelque peu laborieux donc, mais toujours intéressant pour moi afin de voir comment mes goûts et mes attentes évoluent. Car 2014 semble marquer un petit tournant dans ma manière de percevoir le 7e Art.

Je constate en effet le début d’un certain désintérêt pour les grosses productions Hollywoodienne, que je trouve de plus en plus convenues et sans génie. Les films d’animation, mes petits plaisirs coupables, n’ont pas non plus beaucoup brillé cette année et un seul parvient à se glisser dans mon Top 10. Je constate en revanche avoir pris beaucoup de plaisir devant de nombreuses productions françaises, et si une seule d’entre elles parvient à se faire une place dans les hautes sphères, 7 font parties des films que j’ai aimé (qui sont au nombre de 37). En revanche, il y en a toujours pas mal en bas du classement, preuve qu’il y en encore du chemin à faire mais que tout n’est pas perdu pour autant! Mais je vais m’arrêter là que je sens que certains commencent déjà à dérouler l’article, impatients de découvrir les films qui ont su trouvé ma faveur, mais aussi ma défaveur.

A la différence de l’année dernière, je vais commencer par mon Flop 10 :

Flop2014

On démarre par la comédie américaine Sex Tape qui n’a pas du tout réussi à me convaincre, malgré ses acteurs principaux qui font ce qu’ils peuvent pour nous intéresser à une histoire complètement insipide. Dommage quand on voit le peu de comédies outre-atlantique sorties cette année.
Ensuite se trouve Avis de Mistral. Ce qui est très amusant avec ce film, c’est que j’ai presque du mal à m’en rappeler tellement je l’ai trouvé vide de sens. On est face aux classiques « Campagne contre Ville » et « Vieux contre Jeunes », avec les clichés habituels, des personnages peu originaux dont les relations évoluent d’un coup et sans raison apparente, le tout finissant sur une conclusion tellement évidente que je me demande encore le but de ce genre de production.
D’ailleurs, en parlant de but, je cherche encore celui de Les Gazelles, qui se place 8e dans mon Flop. Car moi, à part voir une production qui semble dire qu’être une femme célibataire à Paris c’est être dans la merde jusqu’au cou, j’ai pas saisi le message du film. Sans doute qu’entant qu’homme vivant en province, je passe peut être à côté de certains aspects de cette comédie, toujours est-il que j’ai trouvé ça particulièrement mauvais.
En 7e position arrive Equalizer. Ce film sort avec bien 20 ans de retard. Avec son rythme poussif, son personnage principal invincible et pas attachant pour un sou, on regarde se dérouler le film sans qu’à aucun moment on éprouve le moindre intérêt pour son histoire convenue et prévisible. Dans le même genre, John Wick avait au moins le mérite d’être fun.
Ho! Mais voilà qu’arrive la bonne blague de 2014 : 300 : La Naissance d’un Empire. Dans le genre suite opportuniste dénuée de sens, on est dans le haut du panier. Cherchant tout du long à se rapprocher du premier opus sans jamais y parvenir, on assiste à un spectacle boursoufflé de partout et sans identité propre, qui ne parvient même pas à nous faire susciter de l’intérêt pour les personnages (ce que le premier film faisait relativement bien). A noter aussi que ce film contient la scène de cul la plus ridicule qui m’ait été donné de voir en 2014, rien que pour ça c’est collector.

On arrive aux 5 lauréats de ce Flop avec Un Été à Osage County. Si vous êtes intéressés à l’idée de voir toute une famille se mettre sur la gueule (et sérieusement en plus) pendant 2h, peut être y trouverez-vous chaussure à votre pied. Mais me concernant, j’ai trouvé le spectacle affligeant et limite malsain, et ce malgré un casting qui a de la gueule.
Pas loin derrière se place Horns qui, à défaut d’aligner les maladresses et les fautes de goût, a au moins eu le mérite de me faire rire, même si je doute que c’était dans les intentions du réalisateur. Un film fantastique pour ado creux et mal foutu, avec la scène finale la plus ridicule que j’ai pu voir cette année.
On arrive sur le podium avec, à mon grand regret, 3 films français. Tout d’abord Jamais le Premier Soir qui, un peu à l’image de Les Gazelles, n’a pas été fichu de m’arracher le moindre sourire, ni me faire approuver la moindre empathie pour ses personnages. Le « Attention, ce film rend heureux » sur l’affiche me fait ainsi rire bien jaune…
La médaille d’argent de la honte revient quant à elle à Papa was not a Rolling Stone. Honnêtement, je ne savais pas où placer ce film tellement il ne m’inspire rien. C’est typiquement le genre de production que tu regardes en pensant à autre chose, ou rien n’arrive à t’intéresser au propos ni au destin des personnages. Le film dispensable par excellence que n’a même pas envie de détester, juste faire comme s’il n’était pas là. Pourtant le sujet aurait pu être intéressant.
Et au sommet du podium trône fièrement (ou pas) Les 3 Frères le Retour. Je ne comprends pas cette envie de chercher absolument à reproduire des exploits passés. Il faut apprendre à tourner la page et à vivre avec son temps. Cette suite à la célèbre comédie des Inconnus (que personnellement j’aime beaucoup) est un étron cinématographique. Le scénario ne mène nulle part, ça n’est jamais drôle, juste bête et méchant, les personnages sont détestables et le film passe son temps à faire des clins d’oeil au premier opus dans l’espoir de faire appel à notre nostalgie et, dans le cas présent, à notre pitié. C’est une vraie catastrophe, et le seul film où je suis parti 10 minutes avant la fin tellement je n’en pouvais plus (et parce que j’avais une autre séance qui allait démarrer…). Et ça me rend triste de constater que c’est vraiment le film qui j’ai le moins aimé cette année (en fait je l’ai mis dernier d’office en faisant mon classement), tant Les Inconnus sont une part importante de mon adolescence. En bref, encore une fois, je vais faire comme s’il n’existait pas pour éviter de m’en rappeler.

Ceci étant fait, place maintenant aux productions qui ont elles, pour des raisons diverses et variées, réussit à charmer mon coeur de cinéphile durant cette année 2014 un peu morose :

Top2014

American Bluff ouvre le bal. Si j’admets sans honte que le casting très à mon goût joue certainement sur mon appréciation, le film reste une belle réussite dans son genre. Bien rythmé, drôle et aux personnages attachants par leurs imperfections et disposant d’une direction artistique brillante, j’ai clairement passé un excellent moment devant cette comédie que j’espère revoir très bientôt.
En 9e place se trouve le seul film d’animation du Top 10 (diantre, serais-je entrain de vieillir?) : La Grande Aventure LEGO. Quand je pense à ce film, je ne peux m’empêcher d’avoir un sourire niais qui se dessine sur mon visage. C’est à la fois drôle et touchant, inventif, avec un scénario loufoque mais dont la conclusion surprend par sa maturité, ainsi qu’une animation originale (faux stop motion) et qui honore à la franchise des bonhommes jaunes avec lesquels j’ai passé toute mon enfance.
Nous avons ensuite le très touchant Mommy. Très certainement le plus beau film que j’ai vu cette année (autant au niveau du fond que de la forme), avec des personnages touchants et une manière de les filmer pleine de tendresse. Un petit coup de coeur qui méritait bien sa place dans ce Top 10.
Débarque à la 7e place avec perte et fracas le non moins sympathique Edge of Tomorrow. De tous les films à gros budgets de cette année, c’est vraiment le seul à avoir réussi à me surprendre et à me captiver. Avec son histoire originale et ses scènes actions très bien orchestrées, c’est clairement le blockbuster le plus intéressant que j’ai pu voir en 2014. Je vous conseille vivement (et lisez le manga aussi, il est top!).
Dans un tout autre registre, Philomena remporte la 6e place avec les honneurs. J’ai beaucoup aimé ce film, il m’a réellement touché. L’histoire est bouleversante sans jamais tomber dans les clichés ou la mièvrerie. Les acteurs sont magistraux et s’imposent comme la réelle plus-value de ce drame réalisé avec finesse et pudeur.

Arrive en 5e position Un Illustre Inconnu. Alors là, j’avoue, je ne m’attendais absolument pas à aimer ce film à ce point. L’histoire m’a réellement captivé grâce à son personnage principal fascinant et le déroulement du scénario est vraiment maîtrisé. J’ai vu pas mal de films français qui m’ont plu cette année (Elle l’adore, Babysitting et dans une certaine mesure Lou!) mais celui ci se démarque par son originalité dans le propos et la manière dont il est raconté. Il faut vraiment voir ce film les gens, surtout si comme moi vous espérez encore voir de bons films français.
Un peu pour les mêmes raisons mais dans un autre contexte, Night Call atterrit au pied du podium. Ce fut la bonne surprise de fin d’année, qui a su s’attirer mes faveurs grâce à son ton acide et caustique. Avec son anti-héros merveilleusement interprété par Jake GYLLENHAAL (que j’ai aussi beaucoup aimé dans Enemy), j’ai pris un plaisir non dissimulé à suivre les actes inadmissibles de cet homme en quête de gloire et de célébrité.
A la troisième place, nous retrouvons le film qui a fait s’entretuer les critiques cinéma de tout Internet : Lucy. Clairement mon gros plaisir coupable de l’année, je ne pouvais malheureusement pas le placer plus haut dans mon classement car malgré le pied qu’il m’a fait prendre (je suis allé le voir 3 fois), je suis conscient de ses faiblesses et de sa relative superficialité (bien que je ne le trouve pas si creux que certains essaient de le faire croire). Mais ça reste clairement l’un des meilleurs films que j’ai vu cette année car il a au moins eu le mérite, lui, de me surprendre et de me divertir à un très haut niveau, et rien que pour ça je dis merci à Luc BESSON.
Il se fait néanmoins damer le pion par l’excellent Her. J’aime ce film comme ce n’est pas permis. Il a tout pour me plaire : un univers riche et bien amené, des personnages attachants, des thématiques fortes et bien traitées, et enfin une histoire touchante. C’est pour moi une véritable coup de coeur que je conseille à tout le monde.
Et enfin, premier de mon classement de 2014, Gone Girl. Pas bien difficile pour moi de le placer sur la plus haute marche du podium tant ce film m’a fasciné. Ecrit avec un certain génie et avec des acteurs très convaincants, j’ai été complètement happé par ce triller aux multiples rebondissements et la conclusion absolument savoureuse. C’est vraiment le cinéma que j’aime, celui qui m’émerveille et de captive. Sans aucune hésitation la meilleure production que j’ai vu cette année, alors que la bande-annonce ne m’inspirait pas plus que ça.

Et voilà! Ce sera tout pour 2014! Une année durant laquelle je me rends compte que mes goûts et attentes commencent à changer et, bien que restant très bon public (il y a quand même peu de films que je déteste), je commence à trouver de l’intérêt dans certains types de productions que je n’aurais pas soupçonner il y a quelques années, quitte à complètement me désintéresser de certaines autres (Avengers 2, tu as sérieusement du boulot me concernant…). En tout cas, j’ai hâte de voir ce que 2015 nous réserve, et je serai là pour vous en parler à la moindre occasion! A bientôt!