L'Atelier d'AngelMJ


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Pixels : PEGI 3 et moins

Les vacances approchant et la charge de travail commençant à s’alléger, je m’aventure beaucoup plus dans les salles obscures depuis quelques jours. Les sorties n’étant pas très nombreuses en cette période estivale, je peux me permettre d’aller quasiment tout voir. Et alors que je m’apprête à faire un petit marathon pour fêter le début des vacances (genre 4 films dans la journée, ça fait longtemps que je ne l’ai pas fait), j’ai commencé à alléger la liste des projections en allant voir Pixels, dernière comédie en date de Chris COLUMBUS (le mec qui a pondu Madame Doubtfire ou encore les 2 premiers Harry Potter, juste histoire de vous situer…). Car je dois bien avouer que le synopsis avait attisé ma curiosité de vieux joueur vidéoludique.

Toutefois, ne m’étant pas trop renseigné sur le film (je ne regarde plus les bandes-annonces), j’ai été un peu refroidi par la présence d’Adams SANDLER au casting, ainsi qu’à la production. Oui, j’avoue, je ne peux pas me voir cet acteur. Car à l’image de beaucoup de comédiens américains, il joue constamment le même genre de personnage jusqu’à l’overdose. Et malheureusement pour moi, le film aurait pu s’appeler Adams Sandler’s Pixels que cela ne m’aurait pas choqué. L’acteur est clairement placé au centre du film et ne rate pas une occasion pour faire son… ben son Adams SANDLER…
Mais bon, je ne suis pas non plus du genre à basher un film pour ce type de détail, donc entrons dans le vif du sujet. Pixels nous propose de suivre toute une bande de personnages (dont un espèce de geek absolument insupportable) en proie à une invasion extraterrestre. Et histoire de changer un peu, à la place des vaisseaux futuristes et autres aliens dégueulasses, ici on combat avec des figures emblématiques du jeu d’arcade des années 80. Ok… Pourquoi pas.

Seulement voilà, très rapidement on comprend que tout le scénario n’est qu’un prétexte à deux sous. Car Pixels est en fin de compte une comédie américaine tout ce qu’il y a de plus convenu. Nous avons donc une trame narrative avec ses actes classiques (dont une scène « romantique » insérée avec la finesse d’un hippopotame sous extasie), ses personnages caricaturaux (je vous ai dit qu’il y avait un geek absolument insupportable?) et son histoire cousue de fil blanc. En gros, l’emballage diffère mais on est en terrain ultra connu.
Après, c’est relativement bien fait si l’on est pas trop regardant sur les incohérences du scénario et qu’on se laisse prendre au jeu. Le film demeure très joli (j’aime beaucoup le début) et bien rythmé. On ne s’ennuie pas, quelques blagues font rire (même si c’est tellement tout public que les personnages ont des réactions très immatures) et il est toujours amusant de voir comment le réalisateur a inséré les grandes icônes de l’arcade (PacMan, Donkey Kong, Centipede, etc.) dans son scénario.

D’ailleurs, le film semble vouloir traiter la culture geek avec beaucoup de tendresse, bien que, comme dit plus haut, c’est beaucoup trop lisse et gentillet pour que le public cible se sente concerné par le message du film. D’ailleurs, quelques passages sont assez horripilants (« Bon sang, les jeux d’aujourd’hui sont bien violents »… SÉRIEUSEMENT LES MECS ?) et il est agaçant de voir le jargon du jeu vidéo utilisé à tord et à travers (le mot patern est un mot fourre-tout dans ce film, c’est complètement ridicule). Notons au passage que le personnage de la licence Q.bert se fait littéralement violer moralement parlant, vu l’utilisation qui en est faite dans le film.

On me reproche souvent de ne pas donner clairement mon avis à la fin de mes chroniques. Donc histoire qu’il n’y ait pas d’ambiguité, Pixels n’est pas pour moi un mauvais film et cela ne m’a pas du tout dérangé de le voir. C’est une comédie américaine grand public qui remplit parfaitement son cahier des charges et qui permet de passer un beau moment. Mais une question demeure : jusqu’à quand allons-nous tolérer ce genre de production? Sommes-nous devenu à ce point des consommateurs pour aller voir et revoir constamment le même type de contenu avec seulement l’emballage qui varie de temps en temps? Perso, je ne peux m’empêcher d’être las de voir encore et toujours les mêmes trames, les mêmes situations, les mêmes personnages agaçants (le geek toussa.. non mais j’ai vraiment haï ce personnage…).

Donc cher Cinéma Américain, soit cool avec moi, essaie de me surprendre de temps en temps, ça me permettra de retrouver la foi en ta capacité à proposer autre chose que du divertissement fast-food. Cordialement, bisous.

AngelQbert


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Ant-Man : Le petit Marvel

Il fut un temps où aller voir un film de la licence Marvel au cinéma était un évènement en soi. C’était neuf, c’était beau, il y avait de l’originalité et on savait que ce serait forcément bon. Puis les années ont passé. Et, film après film, mon engouement profond et sincère pour le genre super héros s’est essoufflé. Car bien que bon public, je me suis lassé de cette surenchère d’effets spéciaux et d’action, de situations convenues, de trame sans originalité et de personnages souvent unilatéraux. Et bien que je continue à aller voir ces films (presque par principe), il y a longtemps que plus aucun d’entre eux ne me file de claque comme ont pu le faire à l’époque X-Men 2 ou le premier Avengers.
Alors débarque de nulle part Ant-Man, héros Marvel peu connu et qui arrive comme un cheveu sur la soupe après un Avengers 2 super bien gaulé, mais comme ses récents confrères, toujours aussi creux. Censé clôturer le deuxième arc de la licence Marvel Studio, je suis allé le voir sans aucune envie particulière, presque de manière automatique. Et je dois bien admettre que malgré des défauts plutôt imposants, j’ai passé un relatif bon moment.

Ant-Man dénote pas mal par rapport aux autres licences que l’on a pu voir ses dix dernières années. Cela autant en bien qu’en mal. Pour l’aspect négatif, j’ai personnellement eu beaucoup de difficulté à prendre le film au sérieux. Que ce soit à cause de ses enjeux anecdotiques, les explications abracadabrantes autour du costume qui rétrécit (à ce stade, un « ta gueule, c’est magique » serait presque conseillé) ou le fait que le héros commande des armées de fourmis par la pensée (heu… what?), on atteint un niveau de crédibilité proche de zéro. J’ignore comment cela passera si notre héros miniature rejoint la troupe des Avengers, mais il risque de faire un peu tâche.
Pour autant, dès lors que l’on prend le film pour ce qu’il est, sans le lier à la globalité de l’univers Marvel (oui, j’en suis arrivé à ce stade…), il n’est pas si désagréable que ça. Ce n’est certes pas très passionnant et l’histoire n’arrive pas à créer la moindre tension ni crainte quant aux actions des différents protagonistes. Cependant, la trame est simple à suivre, ça détend, et les quelques pitreries du héros permettent de faire naître de léger sourire sur les visages grincheux.
À noter que le casting n’est pas trop dégueulasse, cela fait toujours plaisir de revoir Michael DOUGLAS et Evangeline LILLY (malgré son effroyable coupe de cheveux). La seule erreur reste Corey STOLL qui joue l’antagoniste : je n’ai jamais vu un méchant de Marvel aussi lisse et impersonnel.

Si je n’ai rien à reprocher à l’aspect technique, j’ai par contre trouvé le montage assez particulier. J’ai souvent eu l’impression que les plans étaient trop courts ou qu’ils démarraient en retard. Ainsi, il n’était pas rare que dans une conversation, certaines actions ou expressions se fassent avec des raccords étranges, où que les personnages se déplacent relativement vite d’un plan à l’autre. Cela n’est pas gênant outre mesure, mais dès que je m’en suis aperçu, je ne voyais que ça…

Un peu à part dans l’univers Marvel, mais sans arriver à être aussi original que Les Gardiens de la Galaxie, Ant-Man est à voir de manière décomplexée, sans rien en attendre et en n’étant pas trop regardant sur ses défauts de fond et forme assez flagrants. Certes, cela demande de faire pas mal de concessions et peut être que le film ne le mérite tout simplement pas. Cependant, quitte à perdre quelques heures de sa vie devant un film, autant se donner les moyens de passer un bon moment.

AntManAngelMJ


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Vice-Versa : Boules d’émotions

Haaaaa. Quel plaisir de pouvoir enfin retourner au cinéma. Entre le fanmade et la préparation du stand de Japan Expo, on peut dire que mes soirées furent bien occupées ces derniers mois. J’ai donc pris un peu de temps pour moi (avec un peu de chance, j’en trouverai encore pour rallumer ma console…) et suis retourné me perdre dans les salles obscures. Et histoire de redémarrer les chroniques illustrées dans la joie et la bonne humeur, j’ai choisi de vous parler du dernier Pixar en date, à savoir Vice-Versa (Inside Out).
Ca faisait un petit moment que Pixar n’avait pas réussi à émoustiller mon fanboyisme pour leurs productions d’animation. Faut dire que capitaliser sur la licence Cars et Planes était loin d’être une bonne idée. Mais avec Vice-Versa, on est face à une véritable retour aux sources, et quel retour !

J’ai littéralement adoré ce film. Enfin Pixar revient à ses fondamentaux en proposant une histoire riche avec un univers et des thématiques intéressantes. Car oui, parlons directement de la force du film : Vice-Versa est un film intelligent. Intelligent dans le sens où il parvient, grâce à beaucoup d’imagination et d’inventivité, à nous plonger dans une histoire qui semble banale, mais qui prend une dimension presque épique. Nous allons découvrir ce qui se passe dans la tête d’une adolescente de 11 ans, Riley, alors qu’elle est confrontée à de grands changements dans sa vie. Et il s’en passe des choses dans la tête de la jeune fille.

Citer toutes les bonnes idées de Vice-Versa serait difficile et honnêtement, je préfère vous laisser la surprise de tout découvrir par vous-mêmes. La manière dont les producteurs ont représenté le fonctionnement des émotions, du cerveau et de la mémoire tient presque du génie. J’ai été émerveillé par tant de créativité et j’avais, pendant tout le film, un sourire bien niais sur le visage. C’était presque fascinant de voir autant de bonnes idées dans un seul et même film. Il y a un propos vraiment intelligent, voir même émouvant, dans la manière où chaque chose est symbolisée ou représentée. C’est cohérent, drôle et touchant, ça fonctionne à merveille et on redemande encore et encore.

D’ailleurs, c’est finalement le seul reproche que je ferai au film : avoir un univers d’une telle richesse qu’il est complètement impossible d’en faire le tour en 1h30. Je ne dirai pas que j’ai été frustré en sortant du film, mais le concept m’a tellement fasciné que j’aurais souhaité que cela dure plus longtemps. Plus l’histoire se rapprochait de son dénouement, et plus je sentais qu’il allait être difficile d’accepter l’apparition du générique de fin. Ainsi, un seul sentiment subsiste depuis mon visionnage : je veux le revoir et je veux une suite.

Donc ne passez surtout pas à côté de ce film, ce serait un crime vis-à-vis du travail qui a été réalisé pour donner vie à cet univers. Certains y trouveront peut être des défauts (comme des choix esthétiques douteux ou des personnages secondaires un peu anecdotiques), mais honnêtement, ce serait passer complètement à côté du potentiel et de l’inventivité que cache Vice-Versa. Donc foncez sans aucune hésitation, vous ne serez pas déçus !

AngelFeels

 


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Chappie : Conte d’anticipation

Un film où l’on suit un robot qui se découvre des sentiments? Voilà un sujet déjà maintes fois traité dans le monde de la science-fiction. On pense souvent en avoir fait le tour, mais bon nombre de films continuent de sortir avec cette thématique, comme autant de réalisateurs ayant l’intention d’apporter leur point de vue sur ce vaste sujet. Je reste personnellement très intéressé par cette thématique. La notion d’intelligence artificielle, ainsi que toutes les problématiques sur l’âme et l’identité que cela peut soulever, me plaisent en effet beaucoup. Je suis donc allé voir Chappie dès le jour de sa sortie en salle, quitte à me faire une séance tardive en VO. J’étais à la fois confiant, mais aussi sur la réserve, lorsque j’ai su que le réalisateur n’était autre que Neill BLOMKAMP, à qui on doit récemment District 9 (que je n’ai pas vu) et Elysium (qui m’avait laissé un sentiment supra bof). Verdict?

Et bien je ne vous cacherais pas que le film me laisse, tout comme la précédente production du réalisateur, assez mitigé. Je n’ai en effet pas réussi à rentrer complètement dedans, principalement à cause de la manière dont a été construite l’histoire. Mais j’y reviendrai.

Chappie est un film bien foutu. Les effets spéciaux sont de très bonne facture, les robots sont insérés de manière réaliste et animés avec beaucoup de brio. C’est bien filmé et bien mis en scène, l’ensemble se veut très accessible et bien que les personnages ne brillent pas par leur originalité (on est face aux stéréotypes habituels, avec mention spéciale à Hugh JACKMAN et son horrible coupe de cheveux pour le rôle du méchant « parce que je suis méchant »), on arrive à s’intéresser à leurs déboires. Car le film, bien qu’essentiellement concentré sur le robot Chappie, permet surtout de confronter différents protagonistes face à leurs enjeux et envies personnels, qui pourraient être comblés par le fameux robot doté de sentiments.
Ainsi le film est clairement construit sur le thème de la confrontation. Elle sera d’abord purement verbale, puis deviendra de plus en plus physique, voir carrément violente dans le dernier quart, où bon nombre de personnages passeront l’arme à gauche dans un affrontement final qui sort un peu de nulle part, mais qui permet au réalisateur de mettre en avant sa vision sur la notion d’Intelligence Artificielle.

Et je dirais que c’est principalement sur ce point que le film montre pour moi des lacunes. Si je parviens à fermer les yeux sur le fait que Chappie se comporte comme un gangster de cité (ce qui est particulièrement horripilant) et sur les placements de produits insérés avec la finesse d’un éléphanteau alcoolisé, j’ai eu du mal à adhérer à la finalité du film et à ses différentes conclusions.
Là où je trouve que Chappie pèche, c’est dans sa manière hyper simpliste d’aborder ses thématiques. Tout est trop vague, trop infantile. Si la relation Deon/Chappie m’a paru intéressante, la conclusion m’a laissé assez perplexe dans le fait que de nombreux aspects encore aujourd’hui sujets à interprétation, comme la notion de programme ou d’âme, sont ici traités de manière naïve et, pour ma part, peu crédible. La symbolique est là, mais elle se fait au détriment de la vraisemblance, transformant le film en conte futuriste. Oui, c’est ça en fait, Chappie est un conte. Cela reste bien sûr un point de vue défendable, et je sais qu’il s’agit là d’une remarque purement subjective. Ce n’est d’ailleurs pas négatif comme remarque, mais disons que je ne m’attendais pas à ça.

Chappie n’est pas un mauvais film, vraiment pas. Seulement, la manière dont il traite son propos est trop simpliste et on le prend difficilement au sérieux. Ainsi, alors que le film aurait pu apporter un vrai plus dans l’univers de la science-fiction d’anticipation, il le fait de manière assez naïve et maladroite, le tout avec des raccourcis scénaristiques et des explications évasives (voir pas d’explication du tout), ce qui risque de faire froncer les sourcils des plus septiques sur le sujet. Je vous conseille donc de vous faire votre propre avis, car comme dit, le film est loin d’être désagréable à voir et la gestion du rythme joue en sa faveur. Mais me concernant, je reste un peu déçu devant la direction prise par le réalisateur.

ChappieAngel

 


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Saint Seiya – Legend of Sanctuary : Avorté dans l’oeuf

Parmi les séries japonaises phares des années 90, Saint-Seiya (ou Les Chevaliers du Zodiaque dans sa traduction boiteuse) fait partie des pionniers du genre. Bien que l’ayant découverte sur le tard (je rappelle que je n’avais pas droit au Club Do à l’époque), c’est une série avec un capital sympathie élevé qui, bien qu’assez encrée dans son époque, reste toujours très sympa à regarder et à découvrir. Elle continue ainsi à être mise en avant par une communauté de fans assidus (pour ne pas dire hardcores), ainsi que par l’intermédiaire de nombreuses séries alternatives, preuve du réel engouement généré par la série de Masami KURUMADA. C’est alors que débarque en salle Les Chevaliers du Zodiaque : La Légende du Sanctuaire (qu’on appellera St-Seiya Le Film pour faire court), qui se veut une réécriture de l’arc de l’Arc du Sanctuaire, le passage du manga le plus aimé et le plus plébiscité, par le production du dernier film d’Albator sorti l’année dernière.
J’étais assez curieux de voir ce film, principalement à cause des retours très négatifs que j’ai lu dessus à sa sortie. Nombreux sont les fans à l’avoir descendu en flèche, lui reprochant principalement un non respect de l’oeuvre originale et des choix de ré-interprétation douteux. Est-ce donc vrai ou est-on face à l’habituel symptôme du « c’était mieux avant » si cher aux fans peu disposés au changement?

J’aime bien St-Seiya mais je ne suis pas non plus ce que l’on peut appeler un fan de la licence. Je pense qu’il est important de le préciser pour sans doute justifier le fait que les libertés prises vis-à-vis du récit original ne m’ont ni choqué, ni bouleversé. De plus, je trouve l’exercice de reboot ou de réécriture intéressant, dans le sens où cela permet parfois de donner un second souffle à des vieilles histoires (on est quand même face à du gros shônen des années 90…).

Pour commencer, je trouve le film très beau. Les décors sont très sympas, particulièrement les maisons des Chevaliers d’Or qui ont le mérite d’être variées visuellement, ainsi que la manière dont le Sanctuaire a été remanié. Perso, je suis assez fan. Au niveau du charadesign, on reconnait le style original avec une touche de modernité, et les armures sont dans la grosse majorité classes et bien faites!
Ensuite, l’animation est plutôt maîtrisée. Les combats sont dynamiques, les attaques en mettent pleins les mirettes, et les personnages se déplacent de manière assez réalistes (à part dans les moments comiques, mais ça donne un côté décalé amusant). La musique se veut assez épique et colle bien à l’ambiance (on reconnait quelques anciens thèmes), mais je regrette de ne pas avoir pu le voir en VO car la VF, comme trop souvent, est complètement à côté de la plaque et fait qu’on a du mal à prendre les personnages au sérieux dès lors qu’ils ouvrent la bouche.

Mais alors où est le problème me direz-vous? Et bien le problème… C’est tout le reste. On va mettre le doigt dessus sans trainer : qui a pensé qu’adapter l’Arc du Sanctuaire en 1h30 était une bonne idée? C’est pour moi LE gros soucis du film : l’histoire dont il s’inspire comprend trop d’éléments à la base pour être adaptée à ce format sans dommages collatéraux. Alors que le film prend le temps de bien installer son intrigue et ses personnages durant les 30 premières minutes, la suite donne l’impression d’être accélérée à outrance, comme si les producteurs s’étaient eux-mêmes pris la flèche d’Athéna en plein poitrine et que leurs heures étaient comptées.
Du coup, on se retrouve avec une intrigue aux objectifs flous et à la fin expédiée (ayant un arrière-goût de jeu Final Fantasy), mais surtout avec beaucoup trop de personnages à développer. Et là c’est le grand festival du n’importe quoi dans le sens où un spectateur ne connaissant pas la série originelle va se retrouver complètement perdu, alors que le fan va hurler face à l’utilisation incongrue de certains personnages (pauvre Aphrodite…). C’est là que l’on voit que St-Seiya est à l’origine un manga shônen dont la structure narrative est favorable à une adaptation en série TV, mais pas en film (et bon sang, pourquoi ne pas avoir ajouté une heure de plus?).

Pour finir, quelques mots sur le remaniement de l’histoire. Honnêtement, il faut être un fan hyper fermé pour jouer les Shaka effarouchés. A part Masque de Mort qui est LE moment gênant du film (et je l’ai vu en français, double peine donc…), les libertés prises avec la série d’origine ne m’ont pas paru si affreuses que ça, je dirais même que certaines sont plutôt amusantes (Milo en femme, why not). Je comprends qu’il puisse y avoir débat là dessus (ça l’est déjà pour certaines séries TV), mais je préfère qu’un producteur prenne des libertés, quitte à ne pas faire un bête copier/coller et proposer sa vision de l’oeuvre d’origine, aussi farfelue soit-elle. Et dans le cas de ce film, il n’y a vraiment que la manière dont le récit est condensé qui pose problème, et qui du coup porte un gros préjudice sur la majorité des personnages.

Ainsi, St-Seiya Le Film se retrouve avec un statut super bâtard : d’un côté il ne plaira pas aux fans car il prend trop de liberté avec la série de base (et ça, le fan hardcore, il n’aime pas), de l’autre il ne plaira pas aux spectateurs lambdas car l’histoire est tellement rushée qu’elle rend les objectifs insignifiants et les personnages terriblement creux. Et moi dans tout ça? Ben je suis un peu entre les deux, partagé entre ma sympathie pour la série d’origine, et les grosses lacunes du film entant que tel.
Mon verdict est donc que ce projet était mort dès le départ, et je pense que les producteurs devraient enfin se rendre compte que certains récits ne s’adaptent pas à tous les formats de médias. Je ne déteste pas pour autant le film (ça se regarde) et je ne rejoindrai pas le club des lapideurs des Chevaliers de Bronze (je pense qu’ils se prennent déjà suffisamment de cailloux dans la série!). Finalement ce film est une coquille vide. Une belle coquille… mais vide.

AngelAphro


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Big Hero 6 : Disney dans l’ère du temps

Certains associent souvent Disney aux contes de fées et autres mièvreries (et comment ne pas leur donner raison quand on voit la bande-annonce de la version live de Cendrillon…). Pourtant, ce serait passer sous silence les efforts du studio pour proposer des productions tablant sur d’autres registres, et surtout de le faire bien. Alors que beaucoup adulent (à juste titre) Raiponce et La Reine des Neiges, j’avais été personnellement bluffé par Les Mondes de Ralph qui, à la différence des deux films cités précédemment, osait proposer un univers plus contemporain (celui des jeux vidéos) et plus audacieux (dire que le film a bidé… je suis tristesse). Donc forcément, quand j’ai vu débarquer Big Hero 6 (soit Les Nouveaux Héros en français, mais je ne cautionne pas ce titre moisi) avec ses robots, sa ville hybride mi-américaine mi-japonaise, ses costumes à la Marvel et son méchant badass (oui le méchant est badass), j’étais un peu tout excité, y voyant une relève évidente aux aventures de Ralph, un peu comme l’on était Elsa et Ana pour Raiponce.

Donc que vaut ce dernier Disney? Et bien on est face à une production de très bonne qualité qui, bien que non sans défaut, a vraiment de nombreux atouts. Parlons technique d’abord. C’est vraiment très beau, l’univers proposé par le film est juste hallucinant d’inventivité. Le charadesign et le mechadesign sont agréables et amusants, avec en tête de liste Baymax, le robot marshmallow que tout le monde rêve désormais de posséder (moi le premier). L’animation est excellente et l’équipe du film rivalise d’imaginaton pour proposer des scènes d’actions bien rythmées et bien chorégraphiées. Quant à la musique, c’est encore une excellente surprise avec des morceaux qui restent en tête, me poussant à fortement m’intéresser à l’intégralité de la BO du film.
C’est donc une réussite visuelle à tous les niveaux. Peut être que certains n’adhéreront pas à tout (je pense par exemple au costume d’un personnage en particulier qui est une référence aux monstres japonais) mais c’est globalement très cohérent et très immersif. Ce qui causera selon moi un des défauts du film, mais j’y reviendrai.

Et que nous propose-t-on aux niveaux des personnages et de l’histoire? Rien de bien nouveau certes, mais il y a une vraie maîtrise de l’écriture et on s’attache rapidement aux différents protagonistes. Chacun remplit bien son rôle (même le comique de service qui pourrait être chiant, mais finalement ça passe) et on se rend compte qu’il y a eu un vrai effort de fait sur le héros et son antagoniste (qui pour le coup est un vrai antagoniste et pas un simple méchant). Mais le personnage le plus attachant reste sans aucun doute Baymax qui, par sa naïveté et sa candeur, attire forcément la sympathie et l’attachement immédiat.
Quand à l’histoire, c’est assez classique, voir très prévisible par moment (un adulte devinera rapidement le déroulement du scénario). Cependant le film garde un rythme soutenu et parvient à aborder des thématiques intéressantes (principalement celle du deuil) avec ce qu’il faut d’émotion, sans tomber dans le larmoyant. Sur ce point, on sent une vraie maîtrise et on ne voit pas du tout le temps passer alors que le film fait presque 2 heures. Et c’est là où arrive le principal défaut du film : c’est trop court.

Oui, je le dis, Big Hero 6 est un film d’animation de 2 heures trop court. On aimerait en savoir plus sur l’univers. Ce dernier est d’une richesse irréfutable, mais l’histoire ne permet pas de le développer outre mesure. Idem pour les personnages, on souhaiterait les voir plus, en savoir plus, les voir être développés un minimum. Ils sont ainsi trop nombreux et survolés alors qu’il y avait vraiment matière. Cela n’empêche pas le film d’être excellent, mais je trouve dommage que l’on reste autant en surface alors que l’univers décrit aurait mérité un traitement plus poussé et plus profond.

Toujours est-il que même si je n’ai pas eu un coup de coeur comme ce fut le cas avec Les Mondes de Raph, Big Hero 6 est une belle découverte qui mérite toute votre attention. Bien réalisé, bien écrit et avec un rythme qui ne laisse pas le temps de respirer, c’est pour moi la preuve que les équipes de Disney peuvent écrire autre chose que des films de princesses et proposer des productions bien dans leur temps, agréables autant pour les adultes que pour les enfants. A noter au passage qu’il n’y a aucune chanson dedans, donc pourquoi se priver? Et puis Baymax quoi, faut le voir pour Baymax!

AngelBaymax


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Jupiter Ascending : Le cul assis entre deux planètes

Bon… Parler de ce film va être compliqué pour moi. Vraiment compliqué. Parce que mon coeur de cinéphile, mais aussi de geek assumé, est partagé dans ses sentiments après avoir vu Jupiter Ascending, la dernière production des WACHOWSKI (les réalisateurs de Matrix et de Cloud Atlas). Pourquoi? Parce que c’est un film bourré de défauts, mais j’ai l’impression qu’une partie de moi n’arrive pas à complètement le rejeter. Bref, petite explication sur qui s’apparente à du « je t’aime moi non plus! ».
Jupiter Ascending semble ne pas trouver faveur auprès du public, si j’en crois les quelques avis et critiques que j’ai pu lire depuis sa sortie. Et j’avoue que je les comprends un peu. Le film ne brille pas par son originalité, ni la qualité de son scénario. C’est assez simpliste, voir relativement niais. C’est devenu la proie facile du moment (un peu comme Lucy et Tortues Ninjas l’année dernière), celle sur qui on aime jeter des briques alors qu’elle a déjà de quoi se construire une muraille. Du coup, j’ai encore une fois envie de jouer les avocats du diable.

Pour commencer, je trouve le film beau et cohérent visuellement. Ça en jette grave, que ce soit au niveau des décors, du design des machines ou encore des costumes. Alors certes, il en fait un peu trop par moment (certaines scènes d’actions sont confuses car bourrées d’éléments visuels) et la 3D n’aide pas toujours à la compréhension. Mais la direction artistique, si elle ne plaira pas à tout le monde, a au moins le mérite de pousser son délire jusqu’au bout et de proposer un univers qui a un minimum de sens. De plus, je n’ai pas trouvé la musique trop dégueulasse et elle donne sens aux visuels qu’elle illustre.
L’histoire maintenant. Bon… Force est admettre que ça ne vole pas haut et la trame se révèle classique. Cependant, le film possède un très bon rythme, les 2 heures passent sans aucun problème et il y a un bon équilibre entre les scènes d’actions et celles qui développent le scénario. Par contre, le tout semble avoir été passé à la tronçonneuse tant on a l’impression que certaines scènes sont aux abonnées absentes.
On rencontre aussi des problèmes du côté des personnages. Les antagonistes ont un côté « Divinités Grecques » qui fonctionne plutôt bien dans la contexte de l’histoire, mais ils perdent tout intérêt du moment qu’ils ouvrent la bouche. Jupiter, l’héroïne jouée par Mila KUNIS, est candide à en devenir presque transparente et Caine, son protecteur interprété par Channing TATUM, remplit son rôle à la perfection sans non plus renouveler le genre. La seule originalité du film est finalement de faire jouer à Sean BEAN un personnage qui ne passe pas l’arme à gauche (désolé pour le spoil, mais c’est assez rare pour le préciser!).

Vous me direz que le film n’a finalement rien pour lui. Et c’est un peu le cas. Mais alors pourquoi suis-je partagé? Pourquoi je n’arrive pas à le détester et à le casser ouvertement? Pourquoi j’ai envie de le défendre? Et bien cela va vous paraître fou, mais si j’arrive à trouver de l’intérêt dans Jupiter Ascending, c’est parce qu’il utilise et fait appel à des codes qui me sont chers, à savoir ceux du jeu vidéo et du manga.
Je m’en suis rendu compte très rapidement au cours du visionnage, et c’est sans doute ce qui a fait que j’ai apprécié le film. Tout transpire les inspirations vidéoludiques et japonaises dans ce film. Que ce soit la trame qui ressemble à celle d’un jeu (progression permanente avec des « boss » en cours du route, jusqu’à l’affrontement final) ou certaines scènes qui rappellent les TPS de la dernière génération de console comme Uncharted ou Tomb Raider et les personnages qui pourraient être des héros de jeux OpenWorld (Caine a un côté très Cole de InFamous). Quant au côté manga, on le retrouve dans le design de certains objets et costumes, mais surtout au travers de Jupiter. Cette dernière est l’héroïne de Shônen par excellence : un personnage qui est dans une routine, qui se retrouve au centre d’un conflit gigantesque qui la dépasse et qui va s’entourer d’alliés pour triompher, tout en apprenant à grandir et mûrir.

En cela, je ne peux pas rejeter entièrement le film car il me parle dans une langue que je comprends et qui lui donne un sens. C’est très personnel pour le coup, et je suis bien conscient que mon appréciation atteint un niveau de subjectivité assez élevé. Ce n’est clairement pas un film qui finira dans mon Top 10, mais j’y ai malgré tout trouvé de l’intérêt et une certaine forme de satisfaction. Du coup, impossible de vous le conseiller ou non, je pense que cela dépend de trop de paramètres. Il faudra donc que vous vous fassiez votre propre avis et décidiez, si oui ou non, Jupiter Ascending est un film qui mérite tant d’animosité, ou si finalement c’est une production qui fait appel à des codes différents et qu’il faut donc appréhender différemment. Son destin est entre vos mains.

JupiterAngelMJ


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Imitation Game : Casse-tête de guerre

Décidément, le cinéma de Janvier 2015 est à placer sous le signe du Biopic. Après Invincible (que j’ai pas vu), The Theory of Everything et Foxcatcher (que j’ai vu et qui est… bof), voici que débarque Imitation Game, qui va tenter de nous intéresser au personnage d’Alan TURING, le mathématicien anglais à qui l’on doit le premier « ordinateur ». Autant vous dire que même si j’ai tendance à aller voir les biopics en traînant un peu les pieds, là j’ai littéralement foncé à l’avant-première VO. Il faut dire que le film avait tout pour attirer mon attention, principalement pour sa thématique et son casting très à mon goût (Benedict CUMBERBATCH, Keira KNIGHTLAY, Charles DANCE…). Réel premier film de 2015 que j’attendais avec impatience, quel en est le résultat final?

La première qualité du film est clairement son rythme. Faisant presque deux heures, l’histoire est vraiment bien écrite, dans le sens où on ne s’ennuie pas et qu’aucune scène ne semble être là pour combler les trous. Alors que le scénario est construit sur 3 lignes de temps différentes qui s’entremêlent, on sait toujours où l’on en est et les informations concernant les personnages et le déroulement de l’histoire sont divulguées de manière à donner à l’ensemble une identité homogène et solide. Ainsi, je me suis surpris à ne regarder ma montre à aucun moment, tant le film semble se dérouler de manière logique et cohérente.
Il faut ajouter à cela que l’écriture se veut vraiment fluide et les dialogues sont dans l’ensemble très bien écrits. L’humour est très présent dans ces derniers et permet d’entrer dans le film avec facilité et de s’attacher très rapidement aux personnages. C’est d’ailleurs assez surprenant vu le contexte historique (Seconde Guerre mondiale) mais plutôt bien amené lorsque l’on voit le caractère des différents protagonistes.

A ce niveau également, on peut dire que le casting ne démérite pas à sa bonne réputation. Benedict CUMBERBATCH, comme à son habitude, joue très bien son personnage de génie associable et on se prend rapidement d’affection pour lui, malgré son comportement quelque peu maladroit. Keira KNIGHTLAY est quant à elle toujours aussi rayonnante (mais j’ai perdu tout objectivité vis-à-vis de cette actrice depuis Pirates des Caraïbes °^°) et sa présence au sein d’un casting à 95% masculin est une vraie plus-value. Enfin les rôles secondaires (Charles DANCE, aka Tywin LANNISTER dans Game of Thrones, Mark STRONG qui pour une fois n’est pas un méchant!) assurent tout autant, et contribuent à l’immersion et la crédibilité d’Imitation Game. C’est vraiment un sans faute à ce niveau pour moi.

On peut donc dire que le film a tout ce qu’il faut pour plaire à un large public. S’il fallait vraiment lui trouver quelques défauts, je dirais que la bande son n’a rien de particulier et la manière de filmer se révèle très classique. Mais honnêtement, ces détails sont insignifiants pour moi, et n’empêchent absolument pas de profiter du film du début à la fin.

Donc je vous conseille vivement Imitation Game. L’histoire est intéressante, les acteurs jouent très bien et le rythme est pour moi sa plus grande qualité. En tout cas, il m’a été plaisant de visionner un biopic sans être constamment entrain d’espérer un dénouement qui se fait attendre (oui Foxcatcher, c’est de toi que je parle…). Clairement la bonne pioche de cette fin de mois.

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Une Merveilleuse Histoire du Temps : Biopic romantique

Ceux qui me suivent depuis longtemps savent que les films type Biopic et moi, on est pas trop copains. Alors que je trouve ces films longs et parfois ennuyeux, je vais pourtant voir assidument presque chacun d’entre eux, quelques soit la personnalité traitée. J’avoue que cela reste un mystère, même pour moi. Toujours est-il, je me suis rendu rapidement en salle voir le dernier en date, Une merveilleuse histoire du Temps (bon sang que ce titre est vilain…), qui s’inspire de la vie du célèbre physicien Stephen HAWKING, à qui l’on doit de nombreux travaux sur les trous noirs principalement. Ne connaissant le chercheur que de nom (oui la physique c’est trop mon truc, j’avoue), je ne savais pas du tout à quoi m’attendre et suis allé voir le film plus par devoir de cinéphile qu’autre chose. Sans attentes et sans idées toutes faites, que vaut donc cette production de 2 heures?

En terme de Biopic, s’il y a quelque chose que je peux difficilement reprocher à cette catégorie, ce sont en règle générale les efforts fait en terme de reconstitution historique et de jeu d’acteurs. Sur ces deux points, The Theory of Everything (oui, je vais utiliser le titre anglais, il est plus classe °^°) n’a vraiment pas à rougir car on est face à une immersion dans l’Angleterre des années 60 du plus bel effet. La mise en scène est relativement académique, bien que proposant par moment quelques visuels intéressants (principalement autour de la symbolique des trous noirs et des cycles) et une photographie qui séduit immanquablement la rétine. La musique est quant à elle de bonne qualité, certes pas très originale (beaucoup de violons), mais appuie suffisamment les moments forts du film pour nous immerger dans les émotions des personnages.
En parlant des personnages, j’ai trouvé les deux acteurs principaux très convaincants. Comme dit plus haut, je ne connais pas du tout le caractère de Stephen HAWKING, et encore moins celui de sa femme, donc difficile de juger de la véracité de leur prestation. Toujours est-il que l’on nous présente un couple particulièrement crédible et touchant, dont l’alchimie fonctionne à merveille et se révèle être le pivot de film. Que ce soit Eddie REDMAYNE (que j’avais vu dans Les Misérables… brrr…) ou Felicity JONES (que je n’avais… jamais vu), les deux acteurs sont réellement investis dans leur rôle respectif, et cela permet au spectateur de suivre les hauts et les bas de leur vie de couple avec intérêt.

Car en effet, et c’est peut être sur ce point que le film pourra peut être diviser, l’histoire va se concentrer quasi exclusivement sur la vie de famille de Stephen HAWKING. Si vous pensiez découvrir quelques anecdotes sur les travaux du chercheur ou en savoir plus sur sa maladie, vous risquez d’être déçus car ces éléments ne sont finalement qu’un background assez discret, le film préférant illustrer les conséquences de ce dernier sur la vie personnel de M. HAWKING. C’est un choix de réalisation et je ne pense pas que cela joue en défaveur du film. Mais c’est à se demander si les personnalités célèbres qui ont droit à ce genre d’hommage au cinéma ont toutes des vies sentimentales aussi mouvementées…
Je pense qu’il faut être bien conscient de cet aspect du film qui se retrouve être plus une romance (la femme d’HAWKING étant traité avec autant d’importance que son mari) qu’autre chose. Après, ce n’est pas particulièrement un reproche que je fais au réalisateur. Le film, malgré ses 2 heures, passent plutôt bien et je me suis supris à ne regarder ma montre qu’une seule fois. De plus, l’histoire ne tombe jamais dans le mélodrame et trouve toujours un équilibre dans le ton, afin de nous faire ressentir ce que vivent les personnages. Ajoutez à cela que j’ai trouvé le traitement de la maladie de Stephen HAWKING très pudique.

En y repensant, je dois bien admettre que je n’ai pas passé un mauvais moment devant The Theory of Everything et que pour une romance déguisée en Biopic, c’est loin d’être mauvais. On est face à une production cinématographique qui ne cherche pas à faire dans l’original mais qui maîtrise son genre et propose un résultat des plus honorables. Je ne déconseille donc pas le film qui reste en demeurant très agréable à regarder, bien qu’il ne marquera sans doute pas son époque. Cela reste malgré tout une belle histoire bien mise à l’écran.

AngelTitreTE


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Souvenirs de Marnie : Pardonner et grandir

Quoi de mieux pour commencer l’année cinéma 2015 que de le faire avec un film d’animation des studios Ghibli? Cette rentrée étant assez morose, que ce soit en terme de sorties ou due à l’ambiance un peu pesante des dernières semaines, j’espérais trouver avec Souvenirs de Marnie un moment de répit et de calme. Réalisé par Hiromasa YONEBAYASHI, à qui on doit déjà Arrietty (juste mon 3e Ghibli préféré), j’ai sauté sur la première séance VO disponible, et que dire à part que c’est exactement ce à quoi je m’attendais, pour mon plus grand plaisir!

Comme depuis un moment maintenant, ce n’est pas un Ghibli « majeur » mais on reste tout de même face à un film d’animation qui a clairement toutes les qualités pour briller parmi les grands noms du studio. Pour commencer, mais c’est une habitude maintenant, les décors sont tout simplement magnifiques. Chaque fois que je matte un Ghibli, je ne peux m’empêcher d’avoir des fourmillements qui me traversent tout le dos devant certains des paysages illustrés (et encore plus depuis que je suis allé au Japon). L’ambiance sonore est toujours d’une qualité irréprochable et la chanson finale est splendide. Si je devais toutefois chipoter (oui je suis un chieur, mais vous le savez maintenant), certains dessins souffrent de quelques problèmes de proportions, mais cela reste trop rare pour vraiment critiquer le film sur ce point.

Du coup, restait à voir si l’histoire valait le détour, et je dois admettre que je l’ai beaucoup aimée. Le rythme est assez lent, mais le scénario est suffisamment prenant pour que l’on ne s’ennuie pas. Tout baigne dans une ambiance mystérieuse et mélancolique, on ne sait jamais si on est dans la réalité ou dans le rêve, et le mystère autour du personnage de Marnie, ainsi que sa relation avec l’héroïne Anna (qui est un personnage très intéressant dans son évolution) tient réellement en haleine. C’est typiquement le genre de récit dont il ne faut surtout pas te raconter les détails, au risque de ne pas apprécier la force du message du film.
Car oui, ce qui m’a profondément marqué dans ce film, c’est le message qu’il cherche à faire passer et la façon dont il le fait. Plus les révélations tombent, et plus on est captivé par ce qui se passe à l’écran. C’est vraiment bien pensé, fait avec poésie et tendresse. Je ne cacherai pas que cela m’a fait quelque chose, et que lorsque le générique de fin a commencé à se dérouler, j’étais empli d’une certaine sérénité, vis-à-vis de la manière dont le réalisateur a su traité son sujet qui, mine de rien, n’est pas des plus joyeux.

Donc je ne peux que vous conseiller ce film. C’est une histoire touchante, sans doute un peu larmoyante pour certains, mais qui réussit le pari d’aborder des thématiques fortes en faisant appel au notion du fantastique et du thriller. C’est donc pour moi un vrai coup de cœur, pas autant qu’a pu l’être Arrietty certes, mais j’ai vraiment plus accroché à ce film qu’aux deux derniers en dates (Le Vent se lève et Le Conte de la Princesse Kaguya). Donc allez-y et savourez! Perso, je pense retourner le voir en connaissant le dénouement final, histoire de repérer les détails laissés par le réalisateur. Et aussi un peu pour le plaisir de juste le revoir! °^°

MarnieBlue