L'Atelier d'AngelMJ


4 Commentaires

Imitation Game : Casse-tête de guerre

Décidément, le cinéma de Janvier 2015 est à placer sous le signe du Biopic. Après Invincible (que j’ai pas vu), The Theory of Everything et Foxcatcher (que j’ai vu et qui est… bof), voici que débarque Imitation Game, qui va tenter de nous intéresser au personnage d’Alan TURING, le mathématicien anglais à qui l’on doit le premier « ordinateur ». Autant vous dire que même si j’ai tendance à aller voir les biopics en traînant un peu les pieds, là j’ai littéralement foncé à l’avant-première VO. Il faut dire que le film avait tout pour attirer mon attention, principalement pour sa thématique et son casting très à mon goût (Benedict CUMBERBATCH, Keira KNIGHTLAY, Charles DANCE…). Réel premier film de 2015 que j’attendais avec impatience, quel en est le résultat final?

La première qualité du film est clairement son rythme. Faisant presque deux heures, l’histoire est vraiment bien écrite, dans le sens où on ne s’ennuie pas et qu’aucune scène ne semble être là pour combler les trous. Alors que le scénario est construit sur 3 lignes de temps différentes qui s’entremêlent, on sait toujours où l’on en est et les informations concernant les personnages et le déroulement de l’histoire sont divulguées de manière à donner à l’ensemble une identité homogène et solide. Ainsi, je me suis surpris à ne regarder ma montre à aucun moment, tant le film semble se dérouler de manière logique et cohérente.
Il faut ajouter à cela que l’écriture se veut vraiment fluide et les dialogues sont dans l’ensemble très bien écrits. L’humour est très présent dans ces derniers et permet d’entrer dans le film avec facilité et de s’attacher très rapidement aux personnages. C’est d’ailleurs assez surprenant vu le contexte historique (Seconde Guerre mondiale) mais plutôt bien amené lorsque l’on voit le caractère des différents protagonistes.

A ce niveau également, on peut dire que le casting ne démérite pas à sa bonne réputation. Benedict CUMBERBATCH, comme à son habitude, joue très bien son personnage de génie associable et on se prend rapidement d’affection pour lui, malgré son comportement quelque peu maladroit. Keira KNIGHTLAY est quant à elle toujours aussi rayonnante (mais j’ai perdu tout objectivité vis-à-vis de cette actrice depuis Pirates des Caraïbes °^°) et sa présence au sein d’un casting à 95% masculin est une vraie plus-value. Enfin les rôles secondaires (Charles DANCE, aka Tywin LANNISTER dans Game of Thrones, Mark STRONG qui pour une fois n’est pas un méchant!) assurent tout autant, et contribuent à l’immersion et la crédibilité d’Imitation Game. C’est vraiment un sans faute à ce niveau pour moi.

On peut donc dire que le film a tout ce qu’il faut pour plaire à un large public. S’il fallait vraiment lui trouver quelques défauts, je dirais que la bande son n’a rien de particulier et la manière de filmer se révèle très classique. Mais honnêtement, ces détails sont insignifiants pour moi, et n’empêchent absolument pas de profiter du film du début à la fin.

Donc je vous conseille vivement Imitation Game. L’histoire est intéressante, les acteurs jouent très bien et le rythme est pour moi sa plus grande qualité. En tout cas, il m’a été plaisant de visionner un biopic sans être constamment entrain d’espérer un dénouement qui se fait attendre (oui Foxcatcher, c’est de toi que je parle…). Clairement la bonne pioche de cette fin de mois.

IGError404


Poster un commentaire

Hitchcock : psychose d’un couple

Je ne suis pas spécialement fan des films qui se veulent « Biopic », c’est-à-dire qui raconte la vie d’une personne ayant réellement existé. En 2012, nombreux films ont tenté l’expérience avec plus ou moins de succès : J.Edgar, Cloclo, La Dame de Fer, My Week with Marilyn… Je suis allé voir tous ces films à leur sortie (alors que comme dit plus haut, je n’aime pas vraiment le genre… Oui j’ai un côté maso…) et j’ai remarqué qu’il valait mieux, pour ne pas lasser le spectateur, se concentrer sur un instant de vie (My Week with Marilyn), plutôt que de tenter de raconter toute la vie du personnage central (J.Edgar, La Dame de Fer). Hitchcock, sorti cette semaine, choisi la première option en mettant en avant le célèbre réalisateur durant le tournage du également célèbre Psychose.

A ma grande surprise, le film se suit sans trop de difficulté et le générique de fin débarque à point nommé avant toute lassitude. Ce biopic est-il cependant un bon film? J’avoue être très partagé… Car autant le film se laisse voir allègrement, autant je m’attendais à vraiment autre chose. En effet, la majeure partie de l’intrigue va tourner autour d’Hitchcock et de sa femme, dont la relation va être mise à mal à cause des enjeux financiers du film, de l’obsession du réalisateur pour les jeunes femmes blondes, et de sa femme qui se laisserait bien séduire par un scénariste beau parleur, histoire de sortir un peu l’ombre (imposante!) de son mari.
Ici donc très peu d’anecdotes sur la réalisation de Psychose, chose fort dommageable lorsque l’on voit les efforts faits en terme d’immersion. On se croirait presque en plein making of, tant les décors et les studios Paramount semblent encrés dans le réel. De plus, les acteurs du film (Hitchock) ressemble beaucoup à ceux du film d’origine (Psychose… oui il faut suivre…), plus particulièrement Jessica BIEL et James d’ARCY qui sont ici des quasi-sosies des modèles. Par contre, autant j’ai trouvé Anthony HOPKINS jouait bien, autant la ressemblance à Hitchock n’était pas transcendante. Mais l’acteur est tellement méconnaissable que cela passe…

Dans l’ensemble, le casting s’en sort plutôt bien. J’ai particulièrement apprécié la performance de Helen MIRREN qui interprète avec beaucoup de talent l’épouse du réalisateur. Non, ce n’est clairement pas à ce niveau que le film pèche. C’est clairement dans le fond. Quelques idées ici et là aurait été intéressante à développer (Hitch qui s’identifie et se confie intérieurement au tueur dont est inspiré le récit de Psychose) mais sont à peine effleurer et surtout n’a que peu d’influence sur le déroulement du scénario. Centrer plus des trois quarts du film sur le couple Hitchock/Reville n’était clairement pas l’idée la plus originale, ni la plus ingénieuse au vu du cadre dans lequel se déroule ce moment de vie. Du coup, l’ensemble ne dégage pas grand chose de sensationnelle.

Alors certes, le principe du Biopic est de raconter quelque chose qui s’est vraiment passé, et les problèmes de couple du réalisateur ont sans doute réellement eu lieu au cours du tournage de Psychose. Cependant, est ce que cela va le coup de faire un film uniquement là dessus? Au risque de me contredire, est ce qu’un film retraçant l’ensemble de l’oeuvre du maître du suspense (et s’achevant par exemple sur le fameux Psychose) n’aurait pas rendu le film un peu plus profond et un peu plus épais? Cela aurait permis de peut être mieux développer l’addiction de Hitchcock pour les actrices blondes et sa fascination pour les meurtres. Cela dit, comme précisé au tout début de mon article, le film se laisse voir sans difficulté, on va donc dire que les meubles sont saufs…

Hitchcock