L'Atelier d'AngelMJ


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Angoulême 2015 : L’Ombre de Charlie

Fin Janvier a eu lieu (comme à chaque fois à la fin Janvier) le 42e Festival de la BD d’Angoulême. Et depuis 4 ans maintenant, je me rends à ce festival afin de découvrir de nouveaux auteurs, voir des expos, suivre des conférences, et passer de bons moments avec des amis avec lesquels ce rassemblement est devenu une occasion immanquable de se revoir. Cette année fut toutefois un peu particulière en terme d’ambiance, bien que j’en retire plus de positif que de négatif.

Je me demandais l’impact qu’allait avoir les événements du début du mois sur le Festival, et le constat fut assez proche de ce à quoi je m’attendais : des policiers à chaque coin de rue, des affiches de Charlie Hebdo collées partout sur les murs (ce qui m’a permis de me rappeler pourquoi je n’adhère pas des masses à la ligne éditoriale de ce journal ^^’), du « Je suis Charlie » jusqu’à l’overdose et surtout des contrôles à l’entrée de chaque pavillon ou exposition. De plus, et c’était le plus flagrant, il y avait beaucoup moins de monde que les années précédentes (on pouvait déambuler dans les pavillons plus aisément que d’habitude, même le Samedi) et certains éditeurs étaient aux abonnés absents (comme Ankama). Cela n’a pas empêché les fils d’attentes d’être toujours présentes, les contrôles ralentissant fortement les flux d’entrées (heureusement, j’avais un coupe fil, merci le badge Pro!).
Bref, l’ombre des attentats planée sur le Festival. Pas oppressante certes, mais présente tout de même. Mais cela ne m’a pas du tout empêché d’apprécier mon week-end, bien qu’il fut plus court que d’habitude (d’ordinaire, j’essaie d’être là 3 jours).

Commençons par les expositions. De nombreux auteurs et personnages étaient à l’honneur cette année et dans tous les registres. Que ce soit en BD avec Calvin & Hobbes, en comics avec Jack KIRBY (à qui ont doit beaucoup de super héros) ou encore en manga avec Jirô TANIGUCHI (qui été présent au festival), il y en avait pour tous les goûts et tous les styles. Il est d’ailleurs appréciable de voir que le festival commence peu à peu à trouver un équilibre au niveau des genres, le manga et le comics ne semblant plus être considérés comme les bêtes curieuses du 8e Art (bien que le manga reste toujours le grand absent sur les stands des éditeurs, comme chez GLENAT où le coin manga faisait peine à voir…).

Quant aux conférences, celles que j’ai pu suivre se sont révélées vraiment intéressantes. J’ai pu participer à celle des éditeurs CASTERMAN et KANA où il était question de l’adaptation des mangas en France (avec deux écoles d’adaptions qui s’affrontent). Puis j’ai suivi une nouvelle conférence sur le thème de la censure dans les comics, mais cette fois en France (l’année dernière, c’était aux Etat-Unis). J’avoue avoir bien rigolé à cette dernière lorsque l’on voit jusqu’où la censure pouvait aller (genre virer les masques des super-héros car c’est « un incitation au mensonge »…) et c’est là que tu te rends compte qu’à l’heure d’aujourd’hui, on est quand même moins coincé du cul. Puis j’ai clôturé avec une conférence sur Rumiko TAKAHASHI, la mangaka à qui l’on doit les séries comme Lamu, Juliette Je T’aime (Maison Ikkoku) ou Ranma 1/2.
Alors certes, j’aurai voulu assister à plus mais il est toujours compliqué de maximiser son temps sur seulement un week-end, surtout lorsque les conférences sont dispatchées aux quatre coins de la ville. J’espère que je pourrais revenir à une formule de 3 jours d’ici l’année prochaine.

Enfin niveau achats, j’ai été beaucoup plus sage que l’année dernière. Très peu de nouveautés ont attiré mon attention, donc j’ai surtout profité de l’occasion pour compléter mes collections en cours, et aussi fait quelques affaires (genre 11 tomes de Fullmetal Alchemist à 30€ °^°). Bien que la baisse de fréquentation permettait d’y voir un peu plus clair dans les rayons, j’ai trouvé dommage que les éditeurs continuent à mettre continuellement les mêmes titres en avant. Du coup niveau dédicace, c’était pas non plus la fête du slip, le seul auteur que j’aurais souhaité voir étant celui de The Walking Dead. Mais c’était juste le Vendredi. Donc tant pis…

En bref, un festival très riche et très diversifié cette année. Malgré l’ambiance un peu à part, cela ne m’a pas empêché de déambuler dans les rues de la petite ville d’Angoulême et de repartir avec des souvenirs pleins la tête. Je vous laisse avec une petite anecdote qui m’a beaucoup amusé : deux amies qui m’accompagnaient ont absolument tenu à avoir une dédicace de Junji ITÔ, un mangaka qui s’illustre principalement dans le registre de l’horreur. Leur demande fut donc pour le coup assez paradoxal… ^^’

JunjiITO

 

PS : Si vous voulez un article encore plus complet, mes confrères du site Anime-Kun, avec qui j’ai fait le festival, ont rédigé un papier que vous pouvez lire ici.


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Imitation Game : Casse-tête de guerre

Décidément, le cinéma de Janvier 2015 est à placer sous le signe du Biopic. Après Invincible (que j’ai pas vu), The Theory of Everything et Foxcatcher (que j’ai vu et qui est… bof), voici que débarque Imitation Game, qui va tenter de nous intéresser au personnage d’Alan TURING, le mathématicien anglais à qui l’on doit le premier « ordinateur ». Autant vous dire que même si j’ai tendance à aller voir les biopics en traînant un peu les pieds, là j’ai littéralement foncé à l’avant-première VO. Il faut dire que le film avait tout pour attirer mon attention, principalement pour sa thématique et son casting très à mon goût (Benedict CUMBERBATCH, Keira KNIGHTLAY, Charles DANCE…). Réel premier film de 2015 que j’attendais avec impatience, quel en est le résultat final?

La première qualité du film est clairement son rythme. Faisant presque deux heures, l’histoire est vraiment bien écrite, dans le sens où on ne s’ennuie pas et qu’aucune scène ne semble être là pour combler les trous. Alors que le scénario est construit sur 3 lignes de temps différentes qui s’entremêlent, on sait toujours où l’on en est et les informations concernant les personnages et le déroulement de l’histoire sont divulguées de manière à donner à l’ensemble une identité homogène et solide. Ainsi, je me suis surpris à ne regarder ma montre à aucun moment, tant le film semble se dérouler de manière logique et cohérente.
Il faut ajouter à cela que l’écriture se veut vraiment fluide et les dialogues sont dans l’ensemble très bien écrits. L’humour est très présent dans ces derniers et permet d’entrer dans le film avec facilité et de s’attacher très rapidement aux personnages. C’est d’ailleurs assez surprenant vu le contexte historique (Seconde Guerre mondiale) mais plutôt bien amené lorsque l’on voit le caractère des différents protagonistes.

A ce niveau également, on peut dire que le casting ne démérite pas à sa bonne réputation. Benedict CUMBERBATCH, comme à son habitude, joue très bien son personnage de génie associable et on se prend rapidement d’affection pour lui, malgré son comportement quelque peu maladroit. Keira KNIGHTLAY est quant à elle toujours aussi rayonnante (mais j’ai perdu tout objectivité vis-à-vis de cette actrice depuis Pirates des Caraïbes °^°) et sa présence au sein d’un casting à 95% masculin est une vraie plus-value. Enfin les rôles secondaires (Charles DANCE, aka Tywin LANNISTER dans Game of Thrones, Mark STRONG qui pour une fois n’est pas un méchant!) assurent tout autant, et contribuent à l’immersion et la crédibilité d’Imitation Game. C’est vraiment un sans faute à ce niveau pour moi.

On peut donc dire que le film a tout ce qu’il faut pour plaire à un large public. S’il fallait vraiment lui trouver quelques défauts, je dirais que la bande son n’a rien de particulier et la manière de filmer se révèle très classique. Mais honnêtement, ces détails sont insignifiants pour moi, et n’empêchent absolument pas de profiter du film du début à la fin.

Donc je vous conseille vivement Imitation Game. L’histoire est intéressante, les acteurs jouent très bien et le rythme est pour moi sa plus grande qualité. En tout cas, il m’a été plaisant de visionner un biopic sans être constamment entrain d’espérer un dénouement qui se fait attendre (oui Foxcatcher, c’est de toi que je parle…). Clairement la bonne pioche de cette fin de mois.

IGError404


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La chaîne de Ginger Force : Ou l’art de s’adapter

Parler de chaînes YouTube. Cela me trottait dans le crâne depuis un moment, et c’est en ce début d’année 2015 que je décide enfin de le faire au travers d’une nouvelle rubrique des Chroniques Illustrées. En effet, j’ai constaté qu’hormis passer du temps dans les salles obscures ou devant ma console (et accessoirement ma tablette à dessin :p), c’est principalement devant les vidéos de la célèbre plate-forme de partage que mon attention se porte de plus en plus. Les mois passant (voir même les années pour certains), j’ai commencé à éprouver beaucoup de sympathie pour le travail de nombreux créateurs, dont certains que je suis désormais régulièrement et avec beaucoup d’intérêt.
Qu’ils soient connus ou plus anonymes, traitant de sujets divers et variés chacun à leur manière, j’avais très envie de vous parler de ceux qui attirent toute mon attention et dont j’attends souvent les nouvelles vidéos avec impatience. Donc à la manière d’une chronique Cinéma, vous serez peut être amenés à découvrir de nouvelles chaînes, ou tout simplement connaître mon avis sur certaines d’entre elles. Bref, une nouvelle façon d’échanger ensemble sur un des domaines qui m’émerveille et me passionne de plus en plus. Et comme je suis galant, on commence par les dames avec la chaîne de Ginger Force.

Comme très souvent, j’ai découvert cette chaîne complètement par hasard dans les suggestions YouTube. Regardant pas mal d’émissions traitant du cinéma, une des vidéos de Ginger m’était proposée et, connaissant le film en question (il s’agissait du Noël de Mickey), j’ai cliqué sur la vignette incriminée. En faisant abstraction des quelques soucis techniques dans les première vidéos, j’ai tout de suite accroché au style de Ginger et à sa manière d’aborder son sujet. Pourtant, je serai honnête en vous disant que j’avais peur de ne pas adhérer au concept.
En effet, la ligne directive des vidéos se concentre exclusivement sur des productions cinématographiques étant des adaptations (que ce soit un roman, un livre d’illustration, un BD ou autre), et de les comparer à leur support d’origine. Or, je fais partie de ces personnes qui pensent qu’un film se trouvant être une adaptation doit se suffire à lui-même, et doit exister sans que l’on est besoin de se pencher sur l’oeuvre originel afin d’en comprendre le sens ou les subtilités. Sinon, c’est qu’il y a un problème d’écriture.

Cependant, j’étais curieux de voir ce que cela pouvait donner et pour le coup, j’admets que Ginger s’en sort très bien. En réalité, elle ne cherche pas à savoir si l’adaptation est bonne ou mauvaise, mais dépeint plutôt les différences et les similitudes entre les différentes versions, le tout à coup de références, anecdotes et non sans un certain humour, parsemé avec modération dans ses textes ou directement à l’écran. Ainsi, ses vidéos Adaptation sont plus un prétexte pour découvrir des œuvres littéraires ou cinématographiques, de les conseiller si elles sont bonnes ou d’en rire si elles sont mauvaises.
Résultat des courses, depuis que je regarde Adaptation, ma wishlist de films (et même de livres, bien que je ne sois pas un lecteur assidu) n’a fait que gonfler et je ne peux que remercier Ginger de m’avoir incité à me pencher sur certaines œuvres qui m’était complètement inconnues ou à côté desquelles j’étais lamentablement passé (genre Ernest et Célestine qui est juste excellent!). C’est donc toujours avec beaucoup de plaisir que je regarde chaque nouvelle vidéo, d’autant que Ginger s’améliore de plus en plus en terme de textes, de montage et d’humour, le tout en étant très agréable à suivre.

Je pourrais m’arrêter là mais ce serait passer sous silence un des autres aspects de la chaîne. En effet, depuis Mai 2014, une nouvelle rubrique est apparue portant le nom de Un Pavé dans la Mare. Dans ces vidéos, Ginger aborde le sujet du féminisme, ainsi que des thématiques un peu plus large gravitant autour (je vous conseille sa dernière sur l’humour qui est pour moi sa meilleure jusqu’à présent). J’avoue avoir été un peu surpris par l’arrivée de cette chronique, ne voyant pas trop le lien avec le reste de ses productions. Toutefois, force est d’admettre que cela a au moins eu le mérite de m’interpeller sur le sujet, vu que je n’aurais sans doute pas consulter des vidéos de ce type de ma propre initiative.
Et là encore, on peut dire que Ginger marque des points. Toutes les qualités présentes dans les épisodes d’Adaptation se retrouve également ici, à savoir des sujets bien traités, un humour présent par petite touche et toujours des textes de qualité. Les sujets étant relativement casse-gueule par moment et générant de débats parfois passionnés (il suffit de jeter un œil dans les commentaires), je reste très admiratif de la manière dont Ginger présente les choses. C’est argumenté, jamais moralisateur et très pédagogue. On sent une réelle volonté d’ouvrir le dialogue sur des sujets que l’on évite généralement d’aborder (surtout à un repas de famille un peu trop arrosé). En tout cas, je suis personnellement très intéressé par ses vidéos et bien que je ne partage pas l’intégralité des propos de Ginger, cela a au moins le mérite de m’interpeller et de voir les choses sous un autre regard.

Bien qu’elle ait annoncé réduire le rythme de sortie de ses vidéos en 2015 pour des raison professionnelles, je ne peux que vous conseiller la chaîne de Ginger si vous voulez découvrir une bonne émission parlant de cinéma et de littérature (voir plus si vous accrochez au concept de Un Pavé dans La Mare). Je suis en tout cas très content de connaître cette chaîne depuis ses débuts et de la voir évoluer de manière aussi agréable. Je lui souhaite en tout cas bonne chance pour la suite et attend avec plaisir ses prochaines chroniques, histoire de découvrir ou redécouvrir de nouveaux films!

GingerForce


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Une Merveilleuse Histoire du Temps : Biopic romantique

Ceux qui me suivent depuis longtemps savent que les films type Biopic et moi, on est pas trop copains. Alors que je trouve ces films longs et parfois ennuyeux, je vais pourtant voir assidument presque chacun d’entre eux, quelques soit la personnalité traitée. J’avoue que cela reste un mystère, même pour moi. Toujours est-il, je me suis rendu rapidement en salle voir le dernier en date, Une merveilleuse histoire du Temps (bon sang que ce titre est vilain…), qui s’inspire de la vie du célèbre physicien Stephen HAWKING, à qui l’on doit de nombreux travaux sur les trous noirs principalement. Ne connaissant le chercheur que de nom (oui la physique c’est trop mon truc, j’avoue), je ne savais pas du tout à quoi m’attendre et suis allé voir le film plus par devoir de cinéphile qu’autre chose. Sans attentes et sans idées toutes faites, que vaut donc cette production de 2 heures?

En terme de Biopic, s’il y a quelque chose que je peux difficilement reprocher à cette catégorie, ce sont en règle générale les efforts fait en terme de reconstitution historique et de jeu d’acteurs. Sur ces deux points, The Theory of Everything (oui, je vais utiliser le titre anglais, il est plus classe °^°) n’a vraiment pas à rougir car on est face à une immersion dans l’Angleterre des années 60 du plus bel effet. La mise en scène est relativement académique, bien que proposant par moment quelques visuels intéressants (principalement autour de la symbolique des trous noirs et des cycles) et une photographie qui séduit immanquablement la rétine. La musique est quant à elle de bonne qualité, certes pas très originale (beaucoup de violons), mais appuie suffisamment les moments forts du film pour nous immerger dans les émotions des personnages.
En parlant des personnages, j’ai trouvé les deux acteurs principaux très convaincants. Comme dit plus haut, je ne connais pas du tout le caractère de Stephen HAWKING, et encore moins celui de sa femme, donc difficile de juger de la véracité de leur prestation. Toujours est-il que l’on nous présente un couple particulièrement crédible et touchant, dont l’alchimie fonctionne à merveille et se révèle être le pivot de film. Que ce soit Eddie REDMAYNE (que j’avais vu dans Les Misérables… brrr…) ou Felicity JONES (que je n’avais… jamais vu), les deux acteurs sont réellement investis dans leur rôle respectif, et cela permet au spectateur de suivre les hauts et les bas de leur vie de couple avec intérêt.

Car en effet, et c’est peut être sur ce point que le film pourra peut être diviser, l’histoire va se concentrer quasi exclusivement sur la vie de famille de Stephen HAWKING. Si vous pensiez découvrir quelques anecdotes sur les travaux du chercheur ou en savoir plus sur sa maladie, vous risquez d’être déçus car ces éléments ne sont finalement qu’un background assez discret, le film préférant illustrer les conséquences de ce dernier sur la vie personnel de M. HAWKING. C’est un choix de réalisation et je ne pense pas que cela joue en défaveur du film. Mais c’est à se demander si les personnalités célèbres qui ont droit à ce genre d’hommage au cinéma ont toutes des vies sentimentales aussi mouvementées…
Je pense qu’il faut être bien conscient de cet aspect du film qui se retrouve être plus une romance (la femme d’HAWKING étant traité avec autant d’importance que son mari) qu’autre chose. Après, ce n’est pas particulièrement un reproche que je fais au réalisateur. Le film, malgré ses 2 heures, passent plutôt bien et je me suis supris à ne regarder ma montre qu’une seule fois. De plus, l’histoire ne tombe jamais dans le mélodrame et trouve toujours un équilibre dans le ton, afin de nous faire ressentir ce que vivent les personnages. Ajoutez à cela que j’ai trouvé le traitement de la maladie de Stephen HAWKING très pudique.

En y repensant, je dois bien admettre que je n’ai pas passé un mauvais moment devant The Theory of Everything et que pour une romance déguisée en Biopic, c’est loin d’être mauvais. On est face à une production cinématographique qui ne cherche pas à faire dans l’original mais qui maîtrise son genre et propose un résultat des plus honorables. Je ne déconseille donc pas le film qui reste en demeurant très agréable à regarder, bien qu’il ne marquera sans doute pas son époque. Cela reste malgré tout une belle histoire bien mise à l’écran.

AngelTitreTE


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Souvenirs de Marnie : Pardonner et grandir

Quoi de mieux pour commencer l’année cinéma 2015 que de le faire avec un film d’animation des studios Ghibli? Cette rentrée étant assez morose, que ce soit en terme de sorties ou due à l’ambiance un peu pesante des dernières semaines, j’espérais trouver avec Souvenirs de Marnie un moment de répit et de calme. Réalisé par Hiromasa YONEBAYASHI, à qui on doit déjà Arrietty (juste mon 3e Ghibli préféré), j’ai sauté sur la première séance VO disponible, et que dire à part que c’est exactement ce à quoi je m’attendais, pour mon plus grand plaisir!

Comme depuis un moment maintenant, ce n’est pas un Ghibli « majeur » mais on reste tout de même face à un film d’animation qui a clairement toutes les qualités pour briller parmi les grands noms du studio. Pour commencer, mais c’est une habitude maintenant, les décors sont tout simplement magnifiques. Chaque fois que je matte un Ghibli, je ne peux m’empêcher d’avoir des fourmillements qui me traversent tout le dos devant certains des paysages illustrés (et encore plus depuis que je suis allé au Japon). L’ambiance sonore est toujours d’une qualité irréprochable et la chanson finale est splendide. Si je devais toutefois chipoter (oui je suis un chieur, mais vous le savez maintenant), certains dessins souffrent de quelques problèmes de proportions, mais cela reste trop rare pour vraiment critiquer le film sur ce point.

Du coup, restait à voir si l’histoire valait le détour, et je dois admettre que je l’ai beaucoup aimée. Le rythme est assez lent, mais le scénario est suffisamment prenant pour que l’on ne s’ennuie pas. Tout baigne dans une ambiance mystérieuse et mélancolique, on ne sait jamais si on est dans la réalité ou dans le rêve, et le mystère autour du personnage de Marnie, ainsi que sa relation avec l’héroïne Anna (qui est un personnage très intéressant dans son évolution) tient réellement en haleine. C’est typiquement le genre de récit dont il ne faut surtout pas te raconter les détails, au risque de ne pas apprécier la force du message du film.
Car oui, ce qui m’a profondément marqué dans ce film, c’est le message qu’il cherche à faire passer et la façon dont il le fait. Plus les révélations tombent, et plus on est captivé par ce qui se passe à l’écran. C’est vraiment bien pensé, fait avec poésie et tendresse. Je ne cacherai pas que cela m’a fait quelque chose, et que lorsque le générique de fin a commencé à se dérouler, j’étais empli d’une certaine sérénité, vis-à-vis de la manière dont le réalisateur a su traité son sujet qui, mine de rien, n’est pas des plus joyeux.

Donc je ne peux que vous conseiller ce film. C’est une histoire touchante, sans doute un peu larmoyante pour certains, mais qui réussit le pari d’aborder des thématiques fortes en faisant appel au notion du fantastique et du thriller. C’est donc pour moi un vrai coup de cœur, pas autant qu’a pu l’être Arrietty certes, mais j’ai vraiment plus accroché à ce film qu’aux deux derniers en dates (Le Vent se lève et Le Conte de la Princesse Kaguya). Donc allez-y et savourez! Perso, je pense retourner le voir en connaissant le dénouement final, histoire de repérer les détails laissés par le réalisateur. Et aussi un peu pour le plaisir de juste le revoir! °^°

MarnieBlue


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Project Diva F 2nd : Rechute inéluctable

Lorsque je regarde l’étagère sur laquelle j’expose fièrement ma collection de jeux vidéos, je suis toujours surpris par l’homogénéité de mes goûts dans ce milieu. Alors que ce Noël Skyrim s’est fait une place entre Red Dead Redemption et Sonic Generations (oui, je range mes jeux par ordre alphabétique, ne me regardez pas comme ça °^°), un autre jeu, arrivé quelques mois auparavant, est venu nonchalamment squatté à côté de Final Fantasy XIII (qu’il faudrait que je lance un jour…) : Hatsune Miku : Project Diva F 2nd. J’avais déjà parlé de mon addiction vis-à-vis de cette série ici, bien dissipée depuis le temps. Mais je ne m’attendais pas à replonger aussi vite et facilement avec ce deuxième opus sur PS3, quitte à sacrifier bon nombre de mes heures de vacances. Voici donc le rapport de ma rechute inévitable.
Bref rappel des faits : Project Diva est une série de jeu de rythme basée sur de la musique Vocaloid. A la fois accessible et technique, c’est un jeu réellement prenant du moment que vous aimez le genre. Je ne reviendrai pas sur tous les points déjà énumérés dans ma critique du premier opus, je vais donc me concentrer sur la nouvelle playlist et les quelques nouveautés et changements.

La série Project Diva en est à son 5e épisode sur console (si on fait abstraction des Dreamy Theater et de la version arcade) et n’a plus rien à prouver en terme de gameplay. C’est toujours aussi bien pensé, à la fois exigeant et efficace. Du coup, à chaque nouvelle sortie, c’est clairement sur la playlist que l’attention se porte. Dans le cas de ce F 2nd, je la trouve de très bonne qualité, voir relativement meilleure que celle du premier F qui contenait quelques beaux étrons musicaux. Alors certes, le jeu prend le parti-pris de proposer une playlist composée à moitié de nouveaux titres, et à moitié de titres déjà présents dans les versions PSP. Mais ces épisodes n’ayant jamais quitté le Japon, l’ensemble sera complètement inédit pour une bonne partie des joueurs.
J’ai personnellement joué aux versions portables, donc je connaissais déjà une bonne partie de la playlist. Et c’est d’ailleurs sur ce point que je ferai ma seule critique sur la sélection musicale du jeu. Autant j’adhère complètement aux nouvelles chansons (à l’exception de Love-Hate), autant j’ai de grosses réserves sur la sélection des anciennes pistes. Parce ce que se coltiner encore une fois PackagedClover Club ou The Singing Passion (bon sang cette chanson…), SEGA aurait pu s’abstenir. Dommage aussi que les chansons annoncées en DLC soient également du même acabit, à l’image de Look This Way Baby qu’on se tape depuis 3 épisodes maintenant…
Mais à part ça, c’est vraiment du bonheur. La playlist est très variée en terme de styles, en proposant à la fois des chansons agréables à entendre et à jouer. Il y en a pour tous les goûts et tous les niveaux. Je salue personnellement le retour des balades (Meteor, Sakura Rain) qui permettent de souffler entre deux pistes plus rock (Envy Catwalk, Two-Breaths Walking), ainsi qu’une sélection de chansons aux rythmes particuliers (Miracle Paint, Clockwork Clown) qui demandent un peu de pratique pour en comprendre les partitions.

D’ailleurs, point important concernant le jeu : c’est clairement l’épisode le plus difficile de la série. En effet, j’ai été surpris par la relative complexité de certaines partitions, même en mode Normal. Moi qui obtient d’ordinaire des Perfect très facilement, on peut dire que j’ai bien galéré pour le coup et certaines pistes me résistent encore. Alors certes, la courbe de difficulté est toujours aussi bien gérée et on sent que l’on progresse au fur et à mesure des parties. Mais cela risque peut être de frustrer les néophytes.

Pour le reste, pas de gros changements majeurs pour la série, mais il faut dire qu’elle est désormais bien rodée. Niveau gameplay, on note quelques ajouts de variétés sur les notes Etoiles, mais c’est surtout du côté des challenges items que l’on trouvera de belles nouveautés, ainsi que des items à débloquer selon certaines conditions (atteindre un score précis, jouer avec tel ou tel accessoire, etc.).
Le jeu est toujours aussi beau. Que ce soit les modules (costumes des personnages) ou les PV (vidéo des clips), on sent une vraie volonté de fournir une réalisation de qualité et pas mal de variété dans le montage et le déroulement des PV. Dommage par contre que, comme dans le premier F, certains clips soient trop chargés, ce qui gênent beaucoup à la lisibilité (2D Dream Fever, I’ll Make You Miku Miku). Quant aux Diva Room, toujours présentes, je vais faire comme si ça n’existait pas tellement c’est sans intérêt (en plus de te faire limite passer pour un lolicon).

Bref si le seul reproche que l’on peut faire à SEGA est de ne finalement pas prendre beaucoup de risques, Project Diva F 2nd reste dans la lignée de ses prédécesseurs, avec pour atout une playlist de très bonne qualité, un jeu globalement bien réalisé et une difficulté revue à la hausse qui pousse à la progression. Et même après 60 heures, je suis encore loin d’avoir vu le bout. Un excellent épisode qui continue de propulser la série dans les hautes sphères du jeu de rythme et il est plaisant de voir que nous pouvons en profiter sans passer par la case Import, le jeu ayant eu droit à une sortie européenne en boite! Merci SEGA!

CompoDeco27


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Le Hobbit – la Bataille des Cinq Armées : Trilogie boursouflé

Avant d’entrer pleinement dans le cru Cinéma 2015, je ne peux m’empêcher de revenir sur un des derniers films que j’ai vu au cours du précédent mois de Décembre, à savoir Le Hobbit : la Bataille des Cinq Armées. Chapitre final d’une trilogie démarrée en 2012 et prequel de la fabuleuse épopée Le Seigneur des Anneaux, c’est le gros blockbuster qui a dû bien jouer des coudes pour faire le maximum d’entrées durant la période de Noël. À l’heure où j’écris ces lignes, je pense que bon nombre d’entre vous ont déjà vu le film donc un avis supplémentaire et si tardif doit paraître un peu inutile. Pourtant, je me devais d’en parler, car ce 3e Hobbit représente pour moi ce que je souhaiterais ne plus voir au cinéma en 2015.

Le soucis principal que j’ai avec ce film n’est pas du tout un problème de forme, mais bien un problème de fond. Car techniquement parlant, je pense que ce serait vraiment faire preuve de mauvaise foi que de lui faire le moindre reproche à ce niveau. Que ce soit les décors, les costumes, les effets spéciaux, le bestiaire, etc. l’univers de Tolkien est toujours magnifiquement représenté. On y croit, on est dedans, tout paraît très crédible et à aucun moment nous ne sommes sortis du récit suite à un aspect technique mal foutu. Par contre, on ne manque pas d’en être violemment expulsé face aux nombreuses situations complètement téléphonées que le film enchaîne avec un culot presque trollesque.
Car toute cette imagerie numérique ne peut cacher les faiblesses d’un scénario tellement restreint que les producteurs se sont sentis obligés de combler les 20 premières minutes avec un passage qui aurait, selon moi, dû avoir sa place à la fin du deuxième film. En effet, ce troisième opus n’est qu’une scène de bataille de 2 heures, durant laquelle le spectateur va être assailli de situations d’une convenance absolument terrifiante. En faire la liste serait à la fois fastidieux et inintéressant (et d’autres l’ont déjà fait avant moi), mais comprenez que je trouve assez problématique d’avoir vu le film une seule fois et de réussir à me souvenir de toutes ses erreurs avec tant de facilité.

Comprenez bien que je ne suis pourtant pas allé voir le film pour le casser, bien au contraire. J’aime énormément la première trilogie et même si je n’ai pas trop accroché aux deux premiers films du Hobbit (surtout le deuxième), j’espérais au moins passer un bon moment devant ce dernier épisode. Mais comment parvenir à passer un bon moment quand une production de ce niveau ne cherche même pas à me surprendre et qui même le culot d’être tellement convenue que cela en devient presque insultant? Oui, je trouve insultant en 2014 de proposer un film d’héroïc-fantasy (et encore, je n’ai pas osé voir Le Septième Fils…) avec son lot de raccourcis scénaristiques (je parie qu’ils en gardent un peu pour la version longue…), ses personnages caricaturaux aux dialogues insipides, son histoire d’amour téléphoné (bon sang, mais sérieux quoi!), ses incohérences de temps et d’espace (les personnages se déplacent étrangement vite d’un point A à un point B)… Plein d’éléments qui, mis bout à bout, rende le film particulièrement disgracieux et on hésite à en rire ou à en pleurer (personnellement j’ai choisi la première option). A ce stade, même voir Legolas se la jouer Super Mario ne me surprend même plus.
Et le tout s’achève avec le Deus ex Machina officiel de La Terre du Milieu (les aigles, encore et toujours…) qui en deviendrait presque un running-gag. D’ailleurs, la conclusion est tellement expédiée qu’on se demande si Peter JACKSON n’en avait pas lui aussi un peu marre de son histoire…

Ainsi, Le Hobbit : la Bataille des Cinq Armées est pour moi le résultat d’un cinéma de divertissement qui ne cherche même plus à surprendre ou à proposer de la nouveauté (un peu à l’image du jeu vidéo actuel, mais c’est un autre sujet…). En gros, il se contente simplement d’appliquer les codes de son genre et de son média, à la limite du cliché et de la caricature, en misant principalement sur son aspect technique et visuel. Ce qui devait donc être une nouvelle trilogie épique et marquante n’est finalement pour moi qu’un produit marketing bien joli et bien orchestré, mais qui n’apporte finalement rien à son genre, ni à l’univers dont il est l’introduction. En bref, c’est loin d’être mauvais mais c’est tristement dispensable et qui y a t’il de pire pour une production que d’être dispensable?

AfficheAigles


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Night Call : Encore une victoire de connard


Bien qu’il ne soit pas encore l’heure des bilans (mais promis, j’en ferai un), l’année 2014 en terme de cinéma n’a pas été des plus intéressantes. Si pas mal de films m’ont plu, très peu ont réussi à vraiment me fasciner ou me captiver. Il est donc toujours agréable, surtout quand la fin d’année approche, qu’une production que l’on est allé voir plus par principe que par réelle motivation arrive à vous surprendre. Et cette production, c’est Night Call (ou Nightcrawler pour ceux qui comme moi préfère la VO).

Le speech de départ est tout bête : on suit le quotidien de Lou, un « Nightcrawler » dont l’activité est de réussir à récupérer le plus rapidement possible des visuels chocs (accidents, agressions, etc.) pour les vendre aux émissions de TV matinales, ces dernières étant prêtes à payer le prix fort pour avoir le sujet le plus marquant/choquant, et ainsi la meilleure audience. L’histoire va donc se concentrer exclusivement sur Lou, sur son rapport aux autres, la manière dont il voit son travail et les moyens qui comptent mettre en place pour atteindre la gloire. Et le moins que l’on puisse dire c’est que l’on est face à un bel enfoiré.

En effet, le personnage incarné par un Jake GYLLENHAAL squelettique est ce que l’on peut appeler un connard de première : ambitieux, calculateur, manipulateur, mais surtout dénué de la moindre humanité et prêt aux actions les plus impardonnables et les plus lugubres afin d’obtenir la vidéo la plus trash et la plus vendeuse possible (genre déplacer un corps sur un scène d’accident de voitures avant l’arrivée de la police pour avoir un meilleure cadre… ambiance). Un personnage détestable au possible que pourtant l’on suit pendant tout le film, sans arriver pour autant à le détester. Il faut dire que ce dernier sert particulièrement le propos et les ambitions du réalisateur.
Car le ton du film, ainsi que les dialogues, sont à l’image du personnage principal. Les thèmes sont abordés avec énormément de cynisme et non sans une acidité assez jubilatoire. C’est vraiment bien écrit et bien joué, on baigne dans une ambiance assez nauséabonde, voir carrément glauque, tout en étant fasciné par les situations et les échanges entre les personnages. Le talent du réalisateur est ainsi d’arriver à rendre captivant l’ascension sociale de personnages détestables, sans pour autant leur donner une légitimité ou une justification. Le film pourrait largement se résumer à « La fin justifie les moyens », et croyez-moi que dans le cas de Night Call, cela n’a jamais été aussi vrai.

Ainsi le film captive autant par son histoire que par la manière dont elle est présentée. L’ambiance est réellement travaillée, avec presque uniquement des scènes de nuit, dans un Los Angeles nocturne qui ne manque pas de charme. C’est filmé avec talent, dans une ambiance assez froide, à l’image de la personnalité du protagoniste principal. L’ambiance sonore ne m’a pas plus marquée que cela par contre et je serai incapable de reconnaître une piste de la bande originale. C’est un petit détail qui n’entache en rien le plaisir du spectateur, plus occupé à chercher à détester Lou, sans jamais vraiment réussir à y parvenir.

Vous l’aurez compris, j’ai été complètement séduit par ce Night Call. Avec son ambiance nocturne, son personnage central aussi méprisable qu’intéressant, la froideur et le cynisme avec lesquels les thèmes des médias et du monde du travail sont abordés… Le tout crée une production cohérente et maîtrisée, face à laquelle on est à la fois choqué et fasciné. Une excellente surprise à laquelle je ne m’attendais pas du tout et que je conseille à tout ceux qui aiment les critiques bien acides et les histoires où les bons ne sont pas toujours les grands gagnants. Un peu comme dans la vraie vie quoi…

OscarNightCall


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Astérix – Le Domaine des Dieux : Redorer le blason

Il ne fait pas bon vivre au royaume des adaptations cinématographiques de bandes-dessinées. Nombreux sont les réalisateurs à avoir tenté l’expérience mais peu ont réussi à proposer quelque chose de tout juste correct. Prenons le cas d’Astérix : sur les quinze dernières années, un seul film a réussi à faire parler de lui en bien (Mission Cléopâtre), les autres ayant, comme beaucoup d’adaptations, gagnés le triste statut de « navet » ou de « bouse ». J’avais moi-même tenté de défendre un de ces films, mais force est d’admettre qu’aujourd’hui, je suis conscient de la faiblesse de mon argumentaire et du peu d’envie de le revoir ou le conseiller. Donc forcément, quand une nouvelle adaptation pointe le bout de son nez à l’approche des fêtes de fin d’année, c’est avec une certaine crainte que je me suis rendu dans mon cinéma grenoblois pour découvrir si, une fois de plus, cette série de mon enfance allait être écorchée. Mais, magie de Noël (ou talent des réalisateurs), cela ne s’est pas produit, bien au contraire.

Je suis donc très heureux de le dire haut et fort : Astérix – Le Domaine des Dieux est à la fois une bonne adaptation de la BD, mais également un très bon film d’animation. Il est en effet très agréable de voir un film français en image de synthèse de cette qualité. Les personnages sont très bien modélisés, l’animation est top, il y a une utilisation intelligente de la caméra… Bref, belle fierté que de voir que même par chez nous, on peut proposer des productions au même niveau que ce qui se fait outre-atlantique. J’en viendrais presque à souhaiter que les producteurs oublient les films en prise de vues réelles (non… en fait je le souhaite vraiment!). Même la 3D est utilisée à bon escient, c’est dire!

Mais là où ce film brille le plus, c’est par la qualité de son scénario et de ses textes. Signée par Louis CLICHY (qui a bossé sur Là-Haut et Wall-E, quand même) et Alexandre ASTIER, cette adaptation du Domaine des Dieux garde la saveur de la BD d’origine (bien que mes souvenirs sur cette dernière sont assez lointains…) tout en s’imprégnant du ton et de l’humour à la Kaamelott. Le film est très verbeux et l’humour se trouve majoritairement dans les dialogues plutôt que dans les situations. Mais on sent une vraie maîtrise à ce niveau, ce qui n’est pas pour déplaire entant que spectateur trentenaire. Voir un héros de mon enfance traité avec autant de modernité sans dénaturé le matériau d’origine est réellement délectable, le tout au service d’un scénario plus profond qu’on ne pourrait le croire, soulevant des thématiques et des problématiques encore d’actualité.
Après, cette qualité pourra peut être desservir le film auprès du jeune public. Je me demande en effet si un enfant de moins de 8 ans comprendra toutes les subtilités des dialogues, ainsi que le message véhiculé. Certes, il rira sans doute face aux pitreries d’Obélix ou les scènes de bagarres, mais cette production me donne l’impression de s’adresser plus à un public ayant grandi avec les BD d’origine plutôt à la jeune génération actuelle. Mais je ne lui en tiendrai personnellement pas rigueur. Je trouve justement agréable de voir que certains réalisateurs ont compris qu’un film d’animation ne s’adresse pas prioritairement aux enfants. Rien que pour ça, j’ai envie de remercier Louis CLICHY et Alexandre ASTIER pour ce film!

Alors certes, le traitement n’est pas parfait et on regrettera peut être que certains sujets soient tout juste survolés (il faut dire qu’il y a beaucoup). De plus, je ne sais pas si c’est un problème de mon cinéma, mais j’ai trouvé le mixage son assez inégal, la musique passant souvent au dessus des dialogues. Mais honnêtement, cela ne m’a pas empêché d’apprécier le film, de rire face à la qualité des dialogues, et de saluer le scénario maîtrisé et bien dans son temps. Astérix – Le Domaine des Dieux est donc un très bon film de fin d’année, qui je pense plaira autant aux fans de la BD qu’aux spectateurs friands de bons films d’animation. C’est en tout cas un bien beau cadeau de Noël offert au petit gaulois, celui-ci n’ayant pas été gâté ces dernières années…

AngelAsterixD


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Interstellar : Le quart d’année de politesse

Les sorties cinéma n’étaient sont pas très nombreuses ni très intéressantes en ce début Novembre (bien que cela m’arrange, vu le travail que j’ai à côté…). Après avoir reposé mon cerveau en allant voir John Wick (headshot!), j’ai profité d’une séance pas trop tardive en VO pour aller découvrir le dernier bébé de Christopher NOLAN : Interstellar. J’aime bien les films de M. NOLAN. Ils sont bien faits, très agréable à suivre et souvent accompagnés par les musiques de Hans ZIMMER, aka « je mets tellement de basse dans mes morceaux que tout ton siège tremble ». Je n’avais pas d’attente particulière concernant cette nouvelle production (à la différence du reste du monde visiblement…), mais je savais que j’avais peu de chance d’être déçu. Alors? Verdict?

Pour ce coup ci, je ne vais pas faire trainer le suspense : Interstellar est un très bon film. « Bon » dans le sens où tout est mis en oeuvre pour que le spectateur passe un agréable moment de cinéma. Les acteurs sont très bons (même les plus jeunes) et incarnent très bien leurs personnages, c’est clairement pas dégueulasse à regarder (une version 3D aurait sans doute valu le coup), la musique est plutôt cool et le scénario tient merveilleusement la route. Je vais d’ailleurs m’attarder sur ce point car il est moi pour très significatif du travail de NOLAN. J’avais beaucoup aimé Inception car je trouvais le film très abordable malgré la relative complexité du sujet qu’il abordait. Et dans le cas d’Interstellar, c’est un peu le même constat : vous ne serez jamais vraiment perdu face aux différentes notions typiques de ce genre de récit SF et des théories autour de l’espace et de l’infini (toutes les notions autour du temps m’ont fasciné dans ce film). Certes, tout est sujet à interprétation et la dernière demi-heure fera sans doute lever quelques sourcils au plus sceptiques, mais me concernant j’ai adhéré aux idées véhiculées et à la manière dont le réalisateur propose de nous les présenter. Et que ce soit scientifiquement possible ou non ne rentre pas en ligne de compte pour moi, faut arrêter de chercher des problèmes là où il n’y en a pas.

Interstellar est également un film qui possède une ambiance toute particulière. Entre les scènes dans l’espace, le côté apocalyptique pas trop lourdingue des passages sur terre (gros point fort du film selon moi), ainsi que la découverte des nouvelles planètes… Tout est crédible et vraiment immersif. Ce qui s’en dégage est finalement très cohérent avec le message que le film cherche à faire passer. De plus, l’univers présenté m’a beaucoup plu. L’histoire se déroulant dans un futur proche (bien qu’aucun indice temporel ne nous soit donné), nous sommes face à une « modernité » relative. Cela se voit particulièrement dans le design des robots (que j’ai adoré) ou la manière dont sont équipés les différents vaisseaux (les capsules d’hyper-sommeils ressemblent à des baignoires entourées de faïences). Mais cela permet aussi une immersion plus rapide et plus simple, nous permettant de croire à l’histoire qui nous est proposée, pour y entrer rapidement.

Je ne peux donc que vous conseiller de vous attarder sur ce film, surtout si comme moi, l’espace vous fascine autant qu’il vous effraie. Le film ne possède pas de défaut majeur, si ce n’est sa relative longueur ainsi que son message final un peu trop positif à mon goût, voir un tantinet « niais ». Mais là je suis en mode gros chipoteur. J’ai personnellement passé un très bon moment devant, beaucoup de petits détails m’ont plu et l’histoire m’a captivé tout comme elle m’a même ému par moment. Donc pas d’excuses pour passer à côté, surtout que je pense que le film va rester longtemps à l’affiche. Après, si vous êtes en mission spatiale et que vous avez un peu de route à faire, on excusera les quelques années de retard… XD

AngelEspace