L'Atelier d'AngelMJ


3 Commentaires

Jeune et Jolie : et un peu Nympho aussi

Allez voir un film français, c’est décidément comme jouer à la roulette russe : tu ne sais jamais si tu vas y survivre. Malgré toute l’affection que j’ai pour mon pays, j’ai encore du mal à me divertir devant les productions françaises, à de rares exceptions (souvent des comédies, c’est dire…). Je suis allé voir Jeune et Jolie avec un objectif bien particulier, celui de l’espoir que le film ne se limite à ce qui était montré dans sa bande-annonce, c’est-à-dire du cul  et… du cul. Pour le coup, le film n’est effectivement pas que ça (on sent bien la bande-annonce faite pour attirer le chaland…), et avec le recul, je me rends compte que tout n’est clairement pas à jeter dans la dernière production de François OZON.

Ce qui m’a d’abord frappé en sortant de Jeune et Jolie, c’est cette impression d’un film assez superficiel. L’histoire se tient, mais on se dit finalement que ça ne valait peut être pas la peine d’en faire un film d’1h30. Dans les grandes lignes : Isabelle, une adolescente à l’aube de ses 17 ans, va commencer à mener une double-vie en se prostituant. Pourquoi cela? Le film n’aura pas la décence de nous le dire. Et c’est là le point qui me gêne le plus dans cette production. C’est en effet l’élément qui m’a laissé extrêmement perplexe : la raison du choix d’Isabelle d’en venir à vendre son corps. La jeune fille semble visiblement aimée, avec une mère et un beau-père attentionnés, un frère complice (à la limite du sister complex…), le tout habitant visiblement sur la rive gauche de Paris. Donc ce ne sont ni l’argent, ni le manque d’affection qui semble motiver l’adolescente. Alors quoi? Simple crise d’ado? Libido démesurée? Curiosité? On en sait rien et aucune piste ne sera proposée au spectateur qui restera sur le carreau, à l’image de la mère d’Isabelle qui elle non plus n’obtiendra pas la moindre réponse.

Cela mis de côté, il y a cependant un élément plutôt intéressant dans ce film qui est sa narration et le déroulement du scénario. L’histoire est découpée en saison (automne, hiver, etc.) et nous allons suivre l’évolution d’Isabelle au fil de ces dernières. Là où le réalisateur crée la surprise c’est en amenant une violente rupture en plein milieu du film, stoppant le petit commerce d’Isabelle de manière assez brutale. Mais du coup, me direz-vous, que raconte la seconde partie? Et bien il nous est proposé de voir comment Isabelle et son entourage apprennent à vivre avec cette découverte, à défaut d’y trouver des explications.
Ainsi hommes et femmes vont gérer la situation différemment, les uns évitant le sujet tant que possible et les autres voyant en Isabelle un prédateur prêt à bondir sur le conjoint. Cette partie soulève d’ailleurs des sujets de débats intéressants autour de la prostitution et de la séduction. C’est alors qu’arrive rapidement la fin du film, plutôt bien trouvée et assez originale, bien que j’ai eu peur qu’à un moment, ça parte un peu en sucette. Mais l’honneur est sauf et le film se conclue correctement, voir même, apporte indirectement un élément de réponse aux agissements de l’adolescente.

Je pense avoir dit l’essentiel. A noter toutefois que je ne comprends pas trop ce que la presse trouve à Marine VACTH, l’actrice qui interprète Isabelle. Beaucoup disent qu’elle joue bien et qu’elle de l’avenir dans le cinéma. Donc mesdemoiselles, avoir de l’avenir dans le cinéma français, c’est se balader la moitié du film les nichons à l’air et faisant des petits gémissements. Parce que le reste du temps, Marine VACTH parle de manière monocorde et est aussi expressive que Kristen STEWART. Alors certes, elle joue une adolescente renfermée mais je pense que ce n’est clairement avec ce genre de rôle que tu révèles ton talent d’artiste. Après je ne suis qu’un provincial, je n’ai peut être pas la culture nécessaire pour comprendre la qualité de son interprétation (ça, c’était le troll bien gratuit… :p).

Cette critique devait être à la base bien plus négative. Mais à force de repenser au film et à chercher à l’analyser, j’ai bien été obligé d’admettre qu’il y a, malgré tout, des choses intéressantes dans Jeune et Jolie; assez en tout cas pour ne pas trop regretter d’y avoir accorder du temps. Certes la première partie manque clairement de finesse avec ses scènes de cul en veux-tu en voilà (bien que l’on évite de tomber dans le glauque), mais j’ai trouvé la seconde partie vraiment surprenante et pour le coup plutôt bien écrite et transcrite. Finalement, le principal défaut aura été de choisir de ne pas donner de raisons claires aux agissements d’Isabelle. C’était sans doute la volonté du réalisateur, mais cela donne à son film un côté assez racoleur et, comme dit en introduction, de relativement superficiel.

JeuneJolie


5 Commentaires

Les Schtroumpfs 2 : Ca pourrait marcher… Mais non

Pour le redémarrage du blog après ma période de vacances, j’aimerais m’attarder sur une des productions toujours à l’affiche : Les Schtroumpfs 2. Et là, je vois déjà une partie de l’assemblée se lever et huer. Comment? Tu oses aller voir ce truc? Tu n’as pas honte? Bon alors déjà, je pense qu’avant de critiquer, il faut prendre la peine de s’intéresser au sujet de la discorde (nombreux sont ceux à cracher sur ce film et alors qu’ils ne l’ont pas vu, ni même vu le premier film!). Certes, moi le premier, j’avoue ne pas trouver cette production reluisante, mais j’ai quand même envie de mettre un peu d’eau dans mon vin et de vous faire étalage de ce qui marche, et de ce qui ne marche pas dans cette deuxième aventure des lutins bleus au cinéma.

Bon, commençons par l’évidence : les Schtroumpfs sont moches. On est d’accord. C’était le cas dans le premier, c’est toujours le cas ici. Avec leur yeux globuleux et le torse trop détaillé (oui, les Schtroumpfs ont des seins!!), on ne peut pas dire que les créatures de PEYO soient très sympathiques. Je reste toujours très interrogatif quant au choix de design de ce film, c’est une réelle faute de goût pour moi. Ceci étant fait, penchons nous d’un peu plus près sur ce qui, selon moi, empêche cette production de vraiment briller dans sa catégorie.

Le film en lui-même n’est pas mauvais en soit. Tout d’abord, le rythme est plutôt bon. On ne s’ennuie pas, les enchaînements de scènes sont cohérents et l’histoire tient la route. D’ailleurs, parlons en de l’histoire. Elle n’est pas si mal que ça lorsque l’on prend un peu de recul puisqu’elle met en avant un élément très peu exploité dans les BD d’origine : la « filiation » entre Gargamel, l’éternel ennemi des Schtroumpfs, et la Schtroumpfette, sa créature… son enfant même! Car à travers ce personnage, le film va aborder de manière intéressante le thème de la famille recomposée. Ainsi, la Schtroumpfette va être amenée à se poser des questions sur ses origines et sur sa place. Qu’elle est t’elle? Est ce avec les Schtroumpfs et le Grand Schtroumpf qui l’ont « adoptée »? Ou bien auprès de Gargamel et des Canailles, les dernières créatures créées par le sorcier et qui sont magicalement parlant le frère et la soeur de la Schtroumpfette? L’idée est bigrement intéressante et plutôt d’actualité. J’ai été d’ailleurs agréablement surpris par ce choix de ligne scénaristique qui pourrait très bien être une histoire officielle dans l’univers de la BD. Seulement voilà, l’ensemble est gâché pour deux raisons.

La première, c’est que, comme dans le premier film, l’histoire se déroule dans notre monde et pas dans le monde des Schtroumpfs. Après New York, nous voici propulsés à Paris. Et honnêtement, je ne vois toujours pas l’intérêt. L’action aurait très bien pe se dérouler dans la forêt imaginaire car cela n’aurait rien changer. Je trouve donc ce choix d’environnement très discutable, et met en avant l’autre gros problème du film : le couple Patrick et Grace, interprétés par Neil Patrick HARRIS et Jayma MAYS. Ici, on sent que c’est plus un problème de cahier des charges qu’autre chose. En effet les WINSLOW ne servent à rien dans ce film, pire ils l’alourdissent. Car pour justifier leur présence, les scénaristes ont intégré le personnage du beau-père de Patrick, gaffeur et envahissant, afin de soulever la relation tendue entre lui et son beau-fils. Gros problème : cette intrigue fait complètement double emploi avec celle de la Schtroumpfette et Gargamel, puisqu’elle aborde elle aussi la thématique de la famille recomposée! C’est donc lourdingue et sans finesse, comme si le spectateur n’avait pas l’intelligence pour comprendre le message au travers de la Schtroumpfette…

Et deuxième point, fortement lié au premier, il y a un vrai problème avec les acteurs. Enfin… tous sauf Hank AZARIA, qui interprète Gargamel. Pourquoi? Parce qu’il est le seul à être crédible dans cet univers et à croire en son personnage. Le constat est simple : bien que n’ayant quasiment aucune ligne de dialogues avec des acteurs humains, on croit à tous ses échanges avec les personnages en images de synthèse. Que ce soit avec Azrael, les Canailles ou les Schtroumpfs, la prestation d’Hank AZARIA est telle que l’illusion passe complètement. Du coup, j’ai complètement revu mon jugement sur cet acteur qui m’avait fait beaucoup de peine dans le premier film. Ici, j’ai bien été obligé d’admettre que malgré son rôle ingrat, il propose un Gargamel crédible et qui croit en ce qu’il fait.
Tous le contraire des autres personnages qui n’assurent que le strict minimum. Comme dit plus haut, déjà que leur présence est sujet à débat, Neil Patrick HARRIS et Jayma MAYS ne croient pas en ce qu’ils font. Leurs dialogues sonnent faux, ainsi que leur implication émotionnelle. Toutes les interactions avec les Schtroumpfs sont ainsi sans âme et on voit très bien qu’ils parlent dans le vide, à l’inverse d’Hank AZARIA qui parvient à créer l’illusion. Je m’abstiendrais de parler du beau-père de Patrick, joué par Brendan GLEESON, qui en plus de ne rien apporter à l’histoire, est tout simplement insupportable de par son texte, sa gestuelle et sa prestation générale. Clairement l’ajout de trop dont le film n’avait pas besoin!

Vous l’aurez compris, Les Schtroumpfs 2 aligne un nombre incalculable de défauts qui font malheureusement oublier ses quelques qualités, mais surtout les qualités qui l’auraient pu avoir avec un peu plus de maîtrise. Rien que de faire dérouler l’histoire dans la forêt imaginaire, quitte à supprimer complètement le couple WINSLOW, aurait rendu l’ensemble plus digeste et distrayant. Ainsi, on retiendra uniquement la performance d’Hank AZARIA qui assure le spectacle (ainsi qu’Azrael qui, perso, m’a beaucoup fait rire) et une idée de scénario plutôt bonne mais qui est avorté dans l’oeuf. En clair, le réalisateur a manqué d’audace et on sent vraiment le pur produit américain fait pour un public américain jeune et pas trop exigeant… C’est vraiment dommage car il y avait du potentiel. Mais non…

Schtroumpf2H


5 Commentaires

Moi, Moche et Méchant 2 : Viens mon Minion

Dans la jungle des films d’animation, Moi, Moche et Méchant premier du nom avait su se démarquer grâce un système sournois mais fortement efficace : le mélange d’humour et de mignon. Oui, ce film possède tellement des trucs affreusement mignons que n’importe qui ferait une overdose. Mais associés aux situations comiques, une véritable alchimie se crée et le spectateur est comme happé dans cet univers loufoque. Que ce soit Gru, les filles ou les fameuses créatures jeunes les Minions (nom pas du tout choisi au hasard…), le film s’avérait être un divertissement de très bonne qualité et particulièrement touchant. Qu’attendre alors de cette suite?

Et bien au final, pas grand chose de plus. Car on ne s’y trompe pas : ce deuxième épisode continue dans sa lancée en multipliant les situations comiques/mignonnes pour le plus grand plaisir du spectateur en mal de divertissement. Les scènes s’enchaînent à une vitesse frénétique : Gru déguisé en fée, les Minions, attaque de poulet enragé, les Minions, Gru en rendez-vous galant, les Minions, les filles, etc. On se retrouve donc à alterner les rires et les « hooo c’est mignon » pendant plus d’une heure trente. Un stratagème plutôt réussi qui arrive presque à nous faire oublier que le film ne possède aucun scénario, ni de ligne directive vraiment claire. En fait, le but est surtout de créer moult situations permettant de mettre à profit les personnages principaux et le savant mélange dont je vous parle depuis quelques lignes maintenant.

Le film n’est pas sans défaut, c’est évident. Comme dit le scénario est sa grosse lacune, car il est inconsistant et sans souffle. Les nouveaux personnages manquent d’intérêt et ne sont pas assez développés pour qu’on s’y attache. Et certains risquent de crier à l’excès de Minions car les bestioles sont plus présentes que jamais. C’est donc à l’appréciation du spectateur de soit se braquer sur ces différents aspects, ou de choisir de volontairement les éluder. Et je ne peux que vous conseiller de le faire. Il ne s’agit de les nier mais plutôt d’apprécier le film pour ceux qu’il est, à savoir un bon divertissement. Et ce peu importe si le scénario n’est pas sa force.
A noter aussi que l’aspect technique reste dans la lignée du premier épisode. A savoir des décors colorés au design rondouillard, un charadesign permettant des postures et des faciès soit drôles, soit touchantes, et des doublages de très bonne qualité en français (Gad ELMALEH double toujours aussi bien Gru).

Je crois que Moi, Moche et Méchant 2 est un des rares films à qui j’arrive à excuser les lacunes scénaristiques évidentes (alors que je suis plutôt exigent sur ce point en général). Car la mise en scène, les blagues, les personnages attachants et les situations invraisemblables, suffisent à donner à cette production un charme primaire, faisant immédiatement mouche, et délivrant un sentiment agréable et enivrant. Bref, je pardonne pour cette fois, certains scènes sont vraiment trop kawaï!

C040-Minions2


7 Commentaires

Man of Steel : Mister Coktaïl

Les films Superman ont souvent mauvaises réputations. Donc forcément, quand une nouvelle production autour de cette licence pointe le bout de son nez et que c’est Zack SNYDER aux commandes (avec M. NOLAN pour faire « bankable »…), le petit monde du cinéma est en ébullition. Est ce que M. SNYDER a réussi là où tant d’autres ont échoué? Mon avis sur la question (et pour le titre de l’article… vous comprendrez en cours de route :p).
Man of Steel est donc un énième reboot de la saga Superman. Je connais très peu ce personnage, car à part la série TV Lois et Clark (rigolez pas, tout le monde regardait à l’époque!!), je n’ai jamais lu de comics, ni vu aucun des autres films. Du coup, on peut dire que je n’y allais pas avec des attentes particulières, si ce n’est celles que peut avoir tout admirateur du travail de Zack SNYDER (oui, j’ai kiffé Sucker Punch) et de Christopher NOLAN (Batooooou!). Et je ne sais pas si c’est une histoire d’attente ou pas, mais le film me laisse un avis très mitigé. Essayons de procéder par ordre…

Ce film surfe outrageusement sur le succès de la trigolie The Dark Night, c’est inutile de le nier. L’image est très froide, il y a peu d’humour, la musique de Hans ZIMMER (qui a composé celle de la trilogie suscitée) est toujours présente, à la fois magistrale et assourdissante. De ce point de vue, le film fait plus NOLAN que SNYDER… Après, de mon point de vue, ce n’est pas spécialement un défaut car je trouve que cette esthétique va plutôt bien au film, rendant le personnage de Superman et son histoire assez classe malgré un costume toujours aussi ridicule (mais ça on y peut rien).
Le scénario est assez classique dans son déroulement mais pose les bases essentielles d’une éventuelle nouvelle trilogie : on y découvre les origines de Superman, son enfance par les flashbacks, sa découverte de ses origines, l’affrontement avec le méchant de service et son début de romance avec la journaliste Loïs Lane. Donc rien de bien nouveau sous le soleil, un schéma typique de film de super héros, mais quand c’est bien fait on ne s’en plaindra pas.

Vous vous dites alors : « Ben il est où le problème alors? ». Et bien c’est que Man of Steel manque selon moi d’un peu de personnalité car à de nombreuses reprises, j’ai eu de drôles d’impressions de déjà-vu. Et là vient mon fameux titre d’article : on trouve dans ce film tout ce que l’on voit depuis 10 ans dans le genre. Prenez un peu du Dark Night pour le côté sombre, du Thor pour les combats au corps à corps d’êtres quasi-divins, une bonne dose de Transformers (caca!!) pour les immeubles qui explosent de partout pendant de longues minutes, une pincée d’Avengers pour la scène finale, un soupçon de Green Lantern pour le côté aliens, vous mélangez le tout et vous obtenez Man of Steel! Hum…
Vous l’aurez compris, le film me pose un problème. Il n’est pas mauvais car, je le répète, le scénario est classique mais tient la route, les acteurs jouent tous très bien (ça fait plaisir voir de Henry CAVILL dans un rôle correct…) et l’ensemble se suit bien sans aucun temps mort. Mais comme dit plus haut, cette production n’est qu’un mélange gracieux d’autres licences, qui même si elles souvent excellentes elles aussi, rendent Man of Steel quelque peu opportuniste. Car le film ne cherche à aucun moment à se démarquer et me donne l’impression d’une partition musicale parfaite sur le papier, mais qui une fois jouée semble dépourvue d’âme.
Certes, cela peut paraître un peu dure mais c’est vraiment le ressenti que j’ai eu durant toute la projection. Ajoutez aussi que quelques détails peuvent aussi distraire par leur côté incongru, comme Loïs qui apparaît toujours au bon/mauvais endroit au bon/mauvais moment où les personnages secondaires du Daily Planet complètement en retrait, ainsi que les méchants quelques peu binaires. Ha! Et j’espère que vous n’êtes pas allergique aux métaphores christiques car le film en est rempli (Le nom de famille kryptonien de Superman est « El », qui veut dire « espoir », mais ça veut surtout dire « Dieu » en hébreu… Et Superman a 33 ans dans le film… coïncidence? Enfin vous voyez le truc…).

Vient donc le moment de vous rendre mon verdict. Hum… Pas facile. Je suis vraiment partagé car le film a toute les qualités qu’il faut pour figurer parmi les meilleurs. Mais si comme moi vous ne ratez aucun film de super héros, vous serez forcément confrontés à cette désagréable sensation de déjà-vu devant Man of Steel. Malgré tout, je reste convaincu que ce film marque un bon démarrage pour la licence et j’espère que Zack SNYDER osera plus de choses pour le prochain épisode.

C039-ManofSteel


10 Commentaires

Very Bad Trip 3 : Bonjour les dégâts

Beaucoup de films prétendent à des trilogies. Si certains s’en tire avec brio, ce n’est pas le cas de toutes les productions, qui feraient parfois mieux d’en rester à deux essais, voir carrément de se contenter d’un seul! Et je pense que Very Bad Trip (The Hangover) en est le parfait exemple.

Sorti en 2011, Very Bad Trip premier du nom était une comédie politiquement incorrecte mais plutôt originale et joliment amenée. Bien que je ne sois pas particulièrement réceptif à ce genre d’humour, je dois bien admettre que le film m’avait amusé (surtout en VO). Puis est apparu un second film deux ans plus tard. Et c’est selon moi la plus grosse arnaque cinématographique qui m’ait été donnée de voir depuis longtemps. Le film est un bête copier/coller du premier épisode. On prend les mêmes, on change juste de ville, on rajoute des blagues encore plus dégueulasses (histoire de « choquer » encore plus), et on recommence. Je me souviens être sorti de ma séance complètement estomaqué devant une telle mascarade et je prends plaisir, encore aujourd’hui, à cracher sur cette production qui est pour moi un gros foutage de gueule.

Donc autant vous dire que j’attendais le 3e et dernier (j’espère…) épisode au tournant! D’ailleurs, force est de constater que le réalisateur aussi, vu qu’il a fait le choix de proposer quelque chose de différent. Mais est-ce que cette nouvelle vision de la franchise est pour autant une réussite? Et bien non, et cela mène à un constat des plus paradoxal.

The Hangover 3 démarrait pourtant bien : Phil, Stu et Doug décident enfin d’amener Alan dans un centre psychiatrique . Oui enfin! ENFIN! Vous comprendrez devant mon enthousiasme que je déteste, que dis-je, je HAIS profondément le personnage d’Alan. Malheureusement pour moi, ma joie ne durera pas longtemps vu que le personnage va devenir bon gré mal gré le personnage central de l’histoire, avec l’hystérique Chow bien entendu. Car ici, pas de mariage, ni d’enterrement de vie de garçon.  Juste une sorte de road movie où la « meute » va poursuivre Chow sous la menace d’un mafioso caricatural. Et… c’est tout.
Car oui M. Todd PHILLIPS, j’ai bien gentil d’essayer de sortir votre licence de son schéma habituel, mais si c’est pour en faire un film sans âme ni aucune identité, cela ne valait peut être pas trop le coup. Ainsi Very Bad Trip 3 ne ressemble à rien, on a du mal à définir à quel genre il cherche à se rattacher. C’est trop mou pour une film d’action, ni assez drôle pour prétendre à une comédie classique, bref on ne sait pas quel traitement on doit lui accorder.

Malgré la sympathie que je peux avoir pour Bradley COOPER, et par extension Ed HELMS, impossible d’arriver à m’intéresser à leurs mésaventures. D’ailleurs, leurs personnages passent vraiment pour les faire valoirs d’Alan pendant tout le film, ce qui est bien entendu insupportable. Enfin, l’humour ne parvient à aucun moment d’attirer nos faveurs. Tout semble forcé, chaque scène tente de nous arracher un sourire sans jamais y arriver… Le rythme et les dialogues paraissent ainsi lourds, sans saveur ni naturels. Non vraiment, ce n’est même plus affligeant à ce stade, cela devient triste.

C’était louable de vouloir changer la formule. Mais encore fallait-il bien le faire. Si je garderais un souvenir du premier et du deuxième épisode (pour de bonnes ou mauvaises raisons), j’ai juste envie d’oublier celui-ci. Pour moi le film n’est même pas mauvais, il est juste complètement dispensable, car n’apporte rien à son propre genre, ni à son univers originel qui aurait dû s’achever au bout du premier volet. En gros, plus cruel que le haïr, je préfère tout simplement l’ignorer.

HangoverColor

 


4 Commentaires

The Call : Quelle est votre urgence?

Après la déferlante du mois de Mai (15 films vus, nouveau record!!), les sorties cinéma se font plus rares. Avec seulement 2 nouveaux films la semaine dernière, on peut dire que ma soirée hebdomadaire dans les salles obscures a été brève. J’ai donc pu découvrir The Call et Very Bad Trip 3, seuls nouveaux arrivants dans mon cinéma. Si je parlerais peut être du dernier (il y a des choses à en dire, et pas que des bonnes…), je vais d’abord m’attarder sur The Call, avec Halle BERRY en tête d’affiche.

Ce film me pose un vrai problème, un problème d’appréciation. Et m’amène à me poser une question légitime, mais qui trouve malheureusement une réponse évidente : peut on apprécier un film dont les dernières minutes sont un bordel monstrueux? Car là est toute la problématique que The Call.
Il s’agit d’un film agréable à suivre durant la première heure. C’est de l’action/thriller assez classique certes, mais l’environnement original (les locaux du 911, équivalent américain du 17 chez nous), la présence d’Halle BERRY (qui a toujours ce « je ne sais quoi » d’attachant) et la tension créée par le kidnapping d’une adolescente (bien mise en avant par le prologue) rende le tout particulièrement palpitant et prenant. Le film fait beaucoup penser à Cellular qui suit un peu le même schéma de la victime tentant d’être sauvée uniquement par le biais d’un téléphone.

Et c’est là que l’on arrive vers la dernière demi heure de film. Soudain, le scénario prend une direction étrange, en total désaccord avec l’heure qui a précédé. Alors que la tension est à son comble, le tout s’écroule comme un château de cartes et la suite des événements devient tout d’un coup invraisemblable et irréaliste. Car si le réalisateur a tenté tant bien que mal d’ancrer son récit dans la réalité, les choix scénaristiques menant à la conclusion de The Call surprennent par leur manque profond de cohérence avec les événements qui se sont déroulés quelques minutes plus tôt.
Ainsi le film passe de bon film d’action à série TV bas de gamme, changeant presque de registre et laissant le spectateur avec un scepticisme inattendu lorsque la conclusion, brève et violente, arrive enfin.

Et c’est dommage car pas mal de choses rendent l’expérience intéressante, comme la complicité qui naît entre l’opératrice et la victime, ou la pathologie du tueur plutôt intéressante et qui est comprise sans être vraiment expliquée, augmentant le malaise vis-à-vis de ce dernier. Mais l’erreur a été de vouloir toujours mettre le personnage d’Halle BERRY au premier plan, et c’est ce qui, je pense, fait perdre beaucoup de crédibilité à l’histoire.

En bref, pour en revenir à ma question du début, je pense malheureux qu’une demi heure ratée prend le dessus sur une heure de qualité. Car c’est une sensation négatif qui demeure lorsque que l’on quitte la salle. La sensation que le film est complètement passé à côté de son histoire et que malgré de très bonnes idées, la mise en scène finale gâche absolument tout le travail élaboré en amont. Un beau gâchis ma foi, il y a avait vraiment matière à faire mieux!

C037-TheCall


2 Commentaires

Only God Forgives : Ryan voit rouge

Quasiment tout le monde a vu Drive, le film du réalisateur Nicolas WINDING REFN, sorti en 2011 et qui enflammé la critique. Du coup, je pense que nombreux vont être ceux à se ruer en salle pour découvrir sa nouvelle production, Only God Forgives, dont il est question dans cet article. Personnellement, j’ai bien aimé Drive, même si c’est le genre de film que tu apprécies sur le moment mais que tu cherches pas forcément à revoir par la suite. Du coup, je n’avais pas d’attentes particulière vis à vis d’Only God Forgives et m’attendait juste à passer, à nouveau, un bon moment de cinéma. Le résultat m’a finalement laissé très perplexe et encore aujourd’hui, j’ai du mal à savoir si j’ai aimé ou détesté.

Tout d’abord, il faut savoir que le film se veut moins accessible que son prédécesseur, que ce soit en terme de graphisme ou de scénario. ici, il est plus face à un film d’auteur qu’à quelque chose visant un large public. Du coup, on peut rester assez dubitatif devant certains choix du réalisateur. J’ai été particulièrement surpris (voir un peu agacé) par le rythme extrêmement lent du film. Alors que ce dernier ne fait qu’une heure et demi (fait assez rare maintenant…), on trouve le temps long car tout semble allé au ralenti. Les acteurs ont des démarches extrêmement lentes, trainent pour chaque action, laissent planer de long silences déstabilisants avant de sortir de très courtes répliques… Bref, on a vraiment l’impression que tout est en slow motion et que le rythme sert de pansement pour cacher le côté assez creux du scénario.
Car oui, le scénario est étrangement simple et peu développé. Alors que l’on s’attend à voir un film sur la vengeance à la Kill Bill, on se retrouve finalement face à une sorte de tragédie grecque où se mélange violence primaire, amour tordue et sexualité dépravée. Le film est assez dérageant de part ces aspects et risquent de mettre mal à l’aise certains personnes. C’est vraiment violent, dans tous les sens du terme. Ce n’est pas gore mais les images sont crues, brutales, assez bestiales. Le sexe ajoute beaucoup de mal-être lui aussi car bien que l’on voit pas l’ombre d’un sein ou d’une paire de fesses, il est présent dans beaucoup de scènes et de dialogues, et toujours de manière tordue et dérangeante. On a du coup du mal à s’y retrouver, ne comprenant pas vraiment les tenants et aboutissants de cette sorte de mascarade.

Tout cette ambiance morbide est également entretenue par les personnages. Déjà, tous les acteurs du film ont dû passer du temps en compagnie de Kristen STEWART car on a droit à un festival de personnages mono faciaux, s’exprimant peu et du coup, pas vraiment attachants. Julian, interprété par Ryan GOSLING, pourtant en tête affiche, a un rôle très en retrait, complètement dévoré par une Kristen SCOTT THOMAS en mère castratrice et au vocabulaire fleuri. On se retrouve finalement à préférer suivre Chang, le flic à la retraite, lui aussi mono faciale et à l’allure de tortue, mais sorte de Deus ex machina apparaissant toujours de nul part et tuant tout ce qu’il considère comme mauvais.

Toutefois, il faut admettre que le film arrive à captiver malgré tout, surtout à cause de sa patte graphique et de sa musique. Alors certes, il faut aimer le rouge, les images surexposées et les longs travelings. Mais force est d’admettre qu’à ce niveau, la direction artistique a quelque chose de séduisant et permet de rester connecté au film malgré le scénario vraiment léger. La musique surprend par sa présence oppressante ou son absence troublante. C’est souvent dissonant, agressif, mais en total adéquation avec le visuel. Sans doute l’union le plus logique et le plus sain du film, son principal point fort…

N’allez donc pas voir Only God Forgives en vous attendant à un Drive 2, car ce n’est tout simplement pas le cas. C’est un film à l’esthétique très particulière et très personnelle, avec une histoire difficile à saisir et des personnages auxquels on n’arrive pas à s’intéresser. Le rythme et le montage donne vraiment l’impression d’une sorte de mauvais rêve, où tout les lieux se ressemblent, où personne ne semble vouloir vous aider et où le danger peut surgir à n’importe quel moment, vous condamnant quoi qu’il arrive. Bref, un film d’auteur qu’il faut savoir appréhender et qui peut s’avérer déroutant de part bien des aspects. Me concernant, je suis vraiment incapable de définir clairement mon ressenti sur la dernière production du réalisateur danois. Je pense avoir saisi la direction du film et plutôt accroché à son aspect technique. Mais l’histoire, trop torturée et trop lente, ne me permet pas d’apprécier pleinement le film et de le conseiller. Le genre de production qui déstabilise, assurément.

Julian


5 Commentaires

Le blog change de look : collection été 2013

Et oui! Malgré mes posts très espacés, je suis toujours là! Il faut dire que j’ai un peu la tête en vrac en ce moment, devant penser à pas mal de choses par rapport à mon avenir à moyen terme, du coup j’ai pas vraiment le temps de me poser devant mon écran, tablette en main!

Toutefois, j’ai profité de ce beau jour férié (offert par les patrons, cool!) pour relooker un peu le blog. J’avais l’intention de le faire pour son premier anniversaire, mais comme d’habitude, je me suis fait avoir par le temps. Je suis parti sur quelque chose d’un chouilla plus sombre et je vais peut être retoucher deux/trois bricoles (j’ai pas encore étudié ce nouveau thème à fond…), mais j’espère que cela vous plaira.

J’en profite pour vous dire que Whisper in the Dark avance bien sur le papier mais un peu moins au niveau encrage. Donc prenez patience, la prochaine fournée sera plus garnie que la dernière fois. Je suis aussi beaucoup allé au cinéma (12 fois à ce jour, vais-je battre mon record?) mais pas bien le temps de tout chroniquer… J’essaie de réfléchir à un moyen simple de vous partager mes impressions.

A bientôt les amis et bonne semaine à tous!

Angel2013


7 Commentaires

L’Ecume des Jours : La Vie est une garce

Houlà! Deux semaines sans article, ça commençait à faire un peu long! Pas de panique, je suis toujours là mais pas mal pris à droite à gauche et Whisper in the Dark me prend aussi pas mal de temps (vous aurez bientôt de nouvelles pages, promis). En attendant, je suis encore allé me perdre dans les couloirs de mon cinéma pour vous rapporter mon avis sur L’Ecume des Jours, l’adaptation de la nouvelle du même nom par Michel GONDRY.
Autant le dire tout de suite, je ne connais pas le récit d’origine ni aucun film de M. GONDRY (enfin si, the Green Hornet mais je pense qu’il vaut mieux pas en parler…). J’y suis donc allé avec pour seul commentaire celui d’une personne (je ne citerai pas de nom…) ayant lu la nouvelle et qui peut se résumer à ça : « C’est impossible de faire une bonne adaptation de cette nouvelle! ». Ok… C’est pas motivant mais bon, allons-y quand même…

Attardons-nous d’abord sur l’aspect visuel. On est face à une production assez atypique, il faut être honnête. Il paraît que c’est très symptomatique des productions de Michel GONDRY. Mais perso, j’ai beaucoup aimé : aucun des effets spéciaux du film n’est passés par le numérique, tout est fait « à l’ancienne ». Stop motion, projections, écrans, etc. Le côté artisanal est très marquant mais cela donne beaucoup de charme au récit et un côté très féerique. Alors certes, il y en a vraiment de partout et certains diront, un peu à raison, que le réalisateur en fait un peu trop et que l’on a pas le temps de tout apprécier. Toutefois, pour peu que l’on soit sensible à ce genre d’initiaves, la forme du film est pour moi un des excellents point de L’Ecume des Jours. J’ignore comment tout cela est décrit dans la nouvelle, mais ce film me donne sérieusement envie d’y jeter un oeil afin de connaître le matériau d’origine. Enfin… je dis ça mais je ne suis pas sûr d’avoir très envie de revivre les mésaventures de Colin et Chloé.

Car L’Ecume des Jours, c’est une de ses histoires qui te donne envie de te coucher sous un train lorsque le mot de la fin est donné (surtout comme dans mon cas où il pleut en sortant du cinéma…). C’est horriblement triste, désuet de tout optimiste. La première moitié du film ne sert qu’à placer les protagonistes dans un environnement utopique pour mieux les faire souffrir par la suite. Tout est critiqué de manière négative, que ce soit la politique, le travail, la religion, la philosophie… Même l’amour!  Finalement, le seul sentiment persistant à l’approche du générique, c’est que la Vie est une grosse garce qui n’hésitera pas à vous poignarder dans le dos. Ca vend du rêve.
Du coup, ce ressenti est finalement plus un reproche que je fais à l’oeuvre originale plutôt qu’à cette adaptation cinématographique. Car d’ailleurs, cette dernière illustre vraiment bien cette descente aux enfers. Les acteurs, fines fleurs du cinéma français de ces 5 dernières années, sont très convaincants dans leurs rôles respectifs et l’environnement du film, d’abord bucolique et coloré, devient au fur et à mesure étouffant et sombre (le film devient même en noir et blanc durant les dernières minutes du film).

Donc bizarrement, là où beaucoup semble d’accorder à dire que l’Ecume des Jours est une mauvaise adaptation (il suffit de jeter un oeil sur les critiques Allociné…), ce n’est selon mon point de vue de profane pas un mauvais film, surtout au niveau de la forme. L’aspect visuel est vraiment la force de cette production, s’accordant à merveille avec l’histoire racontée, bien que celle ci soit vraiment trop dépressive pour s’accorder mes faveurs. Du coup, j’ai envie de seulement conseiller ce film aux personnes aimant les expériences visuelles (et sonores) et/ou les histoire tristes. Les autres, vous risquez de ne vraiment pas aimer…

Chloe


10 Commentaires

Les Croods : Le début d’une ère nouvelle?

Plus les films passent et plus je dois me rendre à l’évidence : j’ai beau être fan des studios Pixar, il faut bien admettre que depuis quelques années, les studios Dreamworks ont tendance à proposer des productions toutes aussi bonnes, si ce n’est meilleures. Et ce n’est clairement pas avec Les Croods que la tendance va s’inverser… Bien au contraire!
Pourtant, je suis allé voir le film plus par principe que par envie. Il faut dire que la bande-annonce ne vend pas du rêve et j’ai été particulièrement rebuté par le charadesign assez vilain et le personnage du père qui, d’emblée, s’annonçait chiant et caricatural. Et bien je me suis pris une claque en pleine face, preuve encore qu’il ne faut définitivement jamais se fier à une bande-annonce!

Car je vous le dis sans hésitation : Les Croods est sans doute le meilleur film d’animation que Dreamworks a pu produire à ce jour, rien que ça! Pourquoi me direz-vous? Tout simplement parce que c’est un quasi sans faute sur tous les plans. Commencons par l’aspect visuel du film, un point qui me laissait très perflexe au départ. Certes le charadesign est particulier. Mais quand on voit ce que les créateurs ont réussi à en faire une fois animé, c’est juste hallucinant. La première scène du film en met littéralement plein la vue, et on découvre les premières bonnes idées et prouesses du studio. Elle est également une excellente introduction aux personnages et à leur univers.
Les Croods sont en effet une famille très attachante. Grug, le père que je pensais moralisateur, est finalement un personnage complet et complexe, et qui présente une vraie plus value pour le film. Vient ensuite sa fille, Eep, jeune éprise de liberté et de soif de découverte. Le personnage a un double emploi très équilibré : celui de symboliser la relation père/fille et la relation garçon/fille avec le personnage de Guy. Classique vous trouvez? Dans le fond oui, mais pas du tout dans la forme! Le message, rapidement compréhensible autant pour les adultes que les enfants (qui se reconnaitront soit dans le personnage de Grug, soit dans celui d’Eep), est illustré de manière originale et souvent cocasse, faisant passer la pilule comme du petit lait. Le reste de la famille assure également le spectacle avec différents sketchs faisant toujours mouche, le tout doublé par un casting de rêve (Nicolas CAGE, Ryan REYNOLDS, Emma STONE…).

Mais en plus des personnages, la force du film réside dans le déroulement de son histoire et son environnement. Les terres foulées par la famille préhistorique s’avèrent variées et colorées, à l’image de son bestiaire imaginaire à la fois adorable et effrayant. Sur ce point, les créateurs ont réalisé un travail colossal qui mettrait presque au tapis les créatures inventés dans l’Âge de Glace. Ajoutez que certaines idées d’objets ou de situations ont souvent fait fleurir un large sourire sur mon visage tellement je les ai trouvées géniales et bien trouvées.
Enfin vient le scénario. Et à ma grande surprise, ce dernier s’éloigne assez du « schéma-type » de ce qui se fait dans le domaine du film d’animation. En effet, point ici de quiproquos, de ruptures, de trahison, puis de réconciliation, comme c’est très (très!) souvent le cas. Le film choisit plutôt de calquer sa narration sur celle de roadmovie (ce qu’est finalement le film!) proposant ainsi diverses séquences durant lesquelles les personnages interagissent et évoluent. Au début très drôle et comique, l’histoire prend une tournure plus touchante à l’approche du clap de fin, quitte à multiplier les scènes émouvantes et tirer quelques larmes aux spectateurs se laissant prendre au jeu (je sais qu’au bout de trois scènes, j’ai craqué…). Certains trouveront cela forçé, mais c’est tellement bien géré que l’on se laisse volontairement prendre au jeu et savourer l’ensemble sans la moindre honte.

Vous l’aurez compris : Les Croods m’ont complètement charmé et j’ai passé un excellent moment devant ce film d’animation. Certains vous diront que les thèmes sont déjà vus et le déroulement toujours aussi classique. Mais lorsque c’est bien fait, comme c’est le cas avec cette production, ce serait criminel que de passer à côté. Je n’ai pas eu l’occasion de le voir en 3D mais je compte rattraper cela dès ce week-end! Bref, gros gros coup de coeur que ce film, que j’ai hâte de revoir et de savourer à nouveau. En même temps, quand j’ai appris que le mec derrière le projet était Chris SANDERS (le gars qui a « juste » pondu Mulan, Lilo & Stitch ou encore Dragons, son CV est juste hallucinant), mon appréciation sur ce film est devenu une évidence!

C034-Eep