L'Atelier d'AngelMJ

L’Ecume des Jours : La Vie est une garce

7 Commentaires

Houlà! Deux semaines sans article, ça commençait à faire un peu long! Pas de panique, je suis toujours là mais pas mal pris à droite à gauche et Whisper in the Dark me prend aussi pas mal de temps (vous aurez bientôt de nouvelles pages, promis). En attendant, je suis encore allé me perdre dans les couloirs de mon cinéma pour vous rapporter mon avis sur L’Ecume des Jours, l’adaptation de la nouvelle du même nom par Michel GONDRY.
Autant le dire tout de suite, je ne connais pas le récit d’origine ni aucun film de M. GONDRY (enfin si, the Green Hornet mais je pense qu’il vaut mieux pas en parler…). J’y suis donc allé avec pour seul commentaire celui d’une personne (je ne citerai pas de nom…) ayant lu la nouvelle et qui peut se résumer à ça : « C’est impossible de faire une bonne adaptation de cette nouvelle! ». Ok… C’est pas motivant mais bon, allons-y quand même…

Attardons-nous d’abord sur l’aspect visuel. On est face à une production assez atypique, il faut être honnête. Il paraît que c’est très symptomatique des productions de Michel GONDRY. Mais perso, j’ai beaucoup aimé : aucun des effets spéciaux du film n’est passés par le numérique, tout est fait « à l’ancienne ». Stop motion, projections, écrans, etc. Le côté artisanal est très marquant mais cela donne beaucoup de charme au récit et un côté très féerique. Alors certes, il y en a vraiment de partout et certains diront, un peu à raison, que le réalisateur en fait un peu trop et que l’on a pas le temps de tout apprécier. Toutefois, pour peu que l’on soit sensible à ce genre d’initiaves, la forme du film est pour moi un des excellents point de L’Ecume des Jours. J’ignore comment tout cela est décrit dans la nouvelle, mais ce film me donne sérieusement envie d’y jeter un oeil afin de connaître le matériau d’origine. Enfin… je dis ça mais je ne suis pas sûr d’avoir très envie de revivre les mésaventures de Colin et Chloé.

Car L’Ecume des Jours, c’est une de ses histoires qui te donne envie de te coucher sous un train lorsque le mot de la fin est donné (surtout comme dans mon cas où il pleut en sortant du cinéma…). C’est horriblement triste, désuet de tout optimiste. La première moitié du film ne sert qu’à placer les protagonistes dans un environnement utopique pour mieux les faire souffrir par la suite. Tout est critiqué de manière négative, que ce soit la politique, le travail, la religion, la philosophie… Même l’amour!  Finalement, le seul sentiment persistant à l’approche du générique, c’est que la Vie est une grosse garce qui n’hésitera pas à vous poignarder dans le dos. Ca vend du rêve.
Du coup, ce ressenti est finalement plus un reproche que je fais à l’oeuvre originale plutôt qu’à cette adaptation cinématographique. Car d’ailleurs, cette dernière illustre vraiment bien cette descente aux enfers. Les acteurs, fines fleurs du cinéma français de ces 5 dernières années, sont très convaincants dans leurs rôles respectifs et l’environnement du film, d’abord bucolique et coloré, devient au fur et à mesure étouffant et sombre (le film devient même en noir et blanc durant les dernières minutes du film).

Donc bizarrement, là où beaucoup semble d’accorder à dire que l’Ecume des Jours est une mauvaise adaptation (il suffit de jeter un oeil sur les critiques Allociné…), ce n’est selon mon point de vue de profane pas un mauvais film, surtout au niveau de la forme. L’aspect visuel est vraiment la force de cette production, s’accordant à merveille avec l’histoire racontée, bien que celle ci soit vraiment trop dépressive pour s’accorder mes faveurs. Du coup, j’ai envie de seulement conseiller ce film aux personnes aimant les expériences visuelles (et sonores) et/ou les histoire tristes. Les autres, vous risquez de ne vraiment pas aimer…

Chloe

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7 réflexions sur “L’Ecume des Jours : La Vie est une garce

  1. Bonsoir Angel, Je viens de lire L´écume des jours et d´aprés lire sa critique je comprends bien pourquoi le film ne plaît pas a beaucoup de gens. Dans votre description la drame de Colin et Chloé se paîrait beaucoup trés triste que dans le livre et a mon avis, ça s´explique pour la chose visuelle que nous n´avons pas avec la lecture du libre.Certes que nous avons l´ imagination mais une chose c´est construire les images dans la tète, l´autre c´est les voir devant nous, même s´ils sont dans l´ecran.du cinéma. J´ espere de me faire compris parce que je suis brésilienne et ne parle pas bien le français. Des toutes manières j´envie de voir ce film du Michel Gondry.

    • Je pense avoir compris l’essentiel de votre message. En fait oui, le cinéma nous « impose » une vision d’un imaginaire (si ce dernier est peu ou pas décrit dans le livre d’origine…) qui ne serait pas forcément celle à laquelle on s’était faite en lisant la nouvelle, ce qui je pense en a sans doute certains. Après, c’est le risque des adaptations littéraires, comme toujours…

  2. Et si l’on aime les expériences sonores/visuelles mais pas les histoires tristes ? :O
    Critique informative, en tous les cas, merci !

    • Ben tu te retrouveras dans le même état que moi ^^’

      Perso je pense que c’est quand même à voir mais ça peut attendre une sortie DVD…

  3. Hello ! Très sympa ton blog ! Bravo pour tes dessins et bonne continuation à toi :)

  4. Alors je commente l’article tard mais pour avoir lu le livre plusieurs fois, je peux apporter un élément de réponse sur certaines critiques: le livre est comme ça. On part d’un monde atypique où les personnages sont présentés comme heureux et vivants à l’abri de tout pour les faire déchanter et leur faire vivre des souffrances qu’on ne leur souhaitait pas. Boris Vian fait dans son roman plusieures critiques sur certains aspects de la société (religion, argent, regard des autres, la beauté, la maladie…) qui sont parfois difficiles à cerner dans le livre car elles sont toujours en retrait. L’histoire des différents personnages permet à l’auteur d’introduire ces critiques sous-entendues et cela est effectivement assez difficile à rendre dans un film et peut être extrêmement surprenante si on a pas décelé le message qui se cache derrière.

    Cependant, j’admire le film pour avoir réussi à retranscrire à l’écran l’univers fabuleux du livre. C’est une de ses grandes forces à mon sens.

    • Merci pour ton commentaire. Il faut savoir que j’ai lu le livre après avoir vu le film et j’ai eu beaucoup de mal à accrocher car je l’ai trouvé très abstrait. Du coup j’ai tendance à privilégier le film qui même s’il impose une certaine vision m’a semblé plus accessible. Après tout est question de goût et de feeling.

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