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L’Ecume des Jours : La Vie est une garce

Houlà! Deux semaines sans article, ça commençait à faire un peu long! Pas de panique, je suis toujours là mais pas mal pris à droite à gauche et Whisper in the Dark me prend aussi pas mal de temps (vous aurez bientôt de nouvelles pages, promis). En attendant, je suis encore allé me perdre dans les couloirs de mon cinéma pour vous rapporter mon avis sur L’Ecume des Jours, l’adaptation de la nouvelle du même nom par Michel GONDRY.
Autant le dire tout de suite, je ne connais pas le récit d’origine ni aucun film de M. GONDRY (enfin si, the Green Hornet mais je pense qu’il vaut mieux pas en parler…). J’y suis donc allé avec pour seul commentaire celui d’une personne (je ne citerai pas de nom…) ayant lu la nouvelle et qui peut se résumer à ça : « C’est impossible de faire une bonne adaptation de cette nouvelle! ». Ok… C’est pas motivant mais bon, allons-y quand même…

Attardons-nous d’abord sur l’aspect visuel. On est face à une production assez atypique, il faut être honnête. Il paraît que c’est très symptomatique des productions de Michel GONDRY. Mais perso, j’ai beaucoup aimé : aucun des effets spéciaux du film n’est passés par le numérique, tout est fait « à l’ancienne ». Stop motion, projections, écrans, etc. Le côté artisanal est très marquant mais cela donne beaucoup de charme au récit et un côté très féerique. Alors certes, il y en a vraiment de partout et certains diront, un peu à raison, que le réalisateur en fait un peu trop et que l’on a pas le temps de tout apprécier. Toutefois, pour peu que l’on soit sensible à ce genre d’initiaves, la forme du film est pour moi un des excellents point de L’Ecume des Jours. J’ignore comment tout cela est décrit dans la nouvelle, mais ce film me donne sérieusement envie d’y jeter un oeil afin de connaître le matériau d’origine. Enfin… je dis ça mais je ne suis pas sûr d’avoir très envie de revivre les mésaventures de Colin et Chloé.

Car L’Ecume des Jours, c’est une de ses histoires qui te donne envie de te coucher sous un train lorsque le mot de la fin est donné (surtout comme dans mon cas où il pleut en sortant du cinéma…). C’est horriblement triste, désuet de tout optimiste. La première moitié du film ne sert qu’à placer les protagonistes dans un environnement utopique pour mieux les faire souffrir par la suite. Tout est critiqué de manière négative, que ce soit la politique, le travail, la religion, la philosophie… Même l’amour!  Finalement, le seul sentiment persistant à l’approche du générique, c’est que la Vie est une grosse garce qui n’hésitera pas à vous poignarder dans le dos. Ca vend du rêve.
Du coup, ce ressenti est finalement plus un reproche que je fais à l’oeuvre originale plutôt qu’à cette adaptation cinématographique. Car d’ailleurs, cette dernière illustre vraiment bien cette descente aux enfers. Les acteurs, fines fleurs du cinéma français de ces 5 dernières années, sont très convaincants dans leurs rôles respectifs et l’environnement du film, d’abord bucolique et coloré, devient au fur et à mesure étouffant et sombre (le film devient même en noir et blanc durant les dernières minutes du film).

Donc bizarrement, là où beaucoup semble d’accorder à dire que l’Ecume des Jours est une mauvaise adaptation (il suffit de jeter un oeil sur les critiques Allociné…), ce n’est selon mon point de vue de profane pas un mauvais film, surtout au niveau de la forme. L’aspect visuel est vraiment la force de cette production, s’accordant à merveille avec l’histoire racontée, bien que celle ci soit vraiment trop dépressive pour s’accorder mes faveurs. Du coup, j’ai envie de seulement conseiller ce film aux personnes aimant les expériences visuelles (et sonores) et/ou les histoire tristes. Les autres, vous risquez de ne vraiment pas aimer…

Chloe