L'Atelier d'AngelMJ


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Only God Forgives : Ryan voit rouge

Quasiment tout le monde a vu Drive, le film du réalisateur Nicolas WINDING REFN, sorti en 2011 et qui enflammé la critique. Du coup, je pense que nombreux vont être ceux à se ruer en salle pour découvrir sa nouvelle production, Only God Forgives, dont il est question dans cet article. Personnellement, j’ai bien aimé Drive, même si c’est le genre de film que tu apprécies sur le moment mais que tu cherches pas forcément à revoir par la suite. Du coup, je n’avais pas d’attentes particulière vis à vis d’Only God Forgives et m’attendait juste à passer, à nouveau, un bon moment de cinéma. Le résultat m’a finalement laissé très perplexe et encore aujourd’hui, j’ai du mal à savoir si j’ai aimé ou détesté.

Tout d’abord, il faut savoir que le film se veut moins accessible que son prédécesseur, que ce soit en terme de graphisme ou de scénario. ici, il est plus face à un film d’auteur qu’à quelque chose visant un large public. Du coup, on peut rester assez dubitatif devant certains choix du réalisateur. J’ai été particulièrement surpris (voir un peu agacé) par le rythme extrêmement lent du film. Alors que ce dernier ne fait qu’une heure et demi (fait assez rare maintenant…), on trouve le temps long car tout semble allé au ralenti. Les acteurs ont des démarches extrêmement lentes, trainent pour chaque action, laissent planer de long silences déstabilisants avant de sortir de très courtes répliques… Bref, on a vraiment l’impression que tout est en slow motion et que le rythme sert de pansement pour cacher le côté assez creux du scénario.
Car oui, le scénario est étrangement simple et peu développé. Alors que l’on s’attend à voir un film sur la vengeance à la Kill Bill, on se retrouve finalement face à une sorte de tragédie grecque où se mélange violence primaire, amour tordue et sexualité dépravée. Le film est assez dérageant de part ces aspects et risquent de mettre mal à l’aise certains personnes. C’est vraiment violent, dans tous les sens du terme. Ce n’est pas gore mais les images sont crues, brutales, assez bestiales. Le sexe ajoute beaucoup de mal-être lui aussi car bien que l’on voit pas l’ombre d’un sein ou d’une paire de fesses, il est présent dans beaucoup de scènes et de dialogues, et toujours de manière tordue et dérangeante. On a du coup du mal à s’y retrouver, ne comprenant pas vraiment les tenants et aboutissants de cette sorte de mascarade.

Tout cette ambiance morbide est également entretenue par les personnages. Déjà, tous les acteurs du film ont dû passer du temps en compagnie de Kristen STEWART car on a droit à un festival de personnages mono faciaux, s’exprimant peu et du coup, pas vraiment attachants. Julian, interprété par Ryan GOSLING, pourtant en tête affiche, a un rôle très en retrait, complètement dévoré par une Kristen SCOTT THOMAS en mère castratrice et au vocabulaire fleuri. On se retrouve finalement à préférer suivre Chang, le flic à la retraite, lui aussi mono faciale et à l’allure de tortue, mais sorte de Deus ex machina apparaissant toujours de nul part et tuant tout ce qu’il considère comme mauvais.

Toutefois, il faut admettre que le film arrive à captiver malgré tout, surtout à cause de sa patte graphique et de sa musique. Alors certes, il faut aimer le rouge, les images surexposées et les longs travelings. Mais force est d’admettre qu’à ce niveau, la direction artistique a quelque chose de séduisant et permet de rester connecté au film malgré le scénario vraiment léger. La musique surprend par sa présence oppressante ou son absence troublante. C’est souvent dissonant, agressif, mais en total adéquation avec le visuel. Sans doute l’union le plus logique et le plus sain du film, son principal point fort…

N’allez donc pas voir Only God Forgives en vous attendant à un Drive 2, car ce n’est tout simplement pas le cas. C’est un film à l’esthétique très particulière et très personnelle, avec une histoire difficile à saisir et des personnages auxquels on n’arrive pas à s’intéresser. Le rythme et le montage donne vraiment l’impression d’une sorte de mauvais rêve, où tout les lieux se ressemblent, où personne ne semble vouloir vous aider et où le danger peut surgir à n’importe quel moment, vous condamnant quoi qu’il arrive. Bref, un film d’auteur qu’il faut savoir appréhender et qui peut s’avérer déroutant de part bien des aspects. Me concernant, je suis vraiment incapable de définir clairement mon ressenti sur la dernière production du réalisateur danois. Je pense avoir saisi la direction du film et plutôt accroché à son aspect technique. Mais l’histoire, trop torturée et trop lente, ne me permet pas d’apprécier pleinement le film et de le conseiller. Le genre de production qui déstabilise, assurément.

Julian

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Shank 2 : Trancher dans le vif

Shank 2 est un jeu que j’ai pu découvrir ce mois-ci grâce au PlayStation+. C’est typiquement le jeu qui te fait mettre ton cerveau sur off. Et de temps en temps… ben ça fait du bien!

Ici, on ne fait pas dans la finesse : Shank, notre héros tout musclé et tout énervé, va devoir traverser 8 niveaux bourrés de sous-fifres prêts à se faire trancher/déchiqueter/hacher/écraser/exploser (choix multiples possible) afin de… heu… de… pourquoi on fait tout ça déjà? Je crois que c’est pour sauver quelqu’un… ou peut être parce Shank est un espèce de fou furieux qui tranche tout ce qui se dresse sur son passage. Bref! On s’en fout clairement des motifs, le but ici étant de faire le meilleur score en réussissant un maximum de combos!

Le jeu est vraiment super fun et on prend facilement les commandes du personnage pour rentrer directement dans le vif du sujet. Disposant de 3 armes principales et avec la possibilité de récupérer celles des ennemis, on parcourt les niveaux non sans plaisir car le jeu est fluide et tout se passe de manière super naturelle. Attention tout le même, le jeu est assez corsé, surtout si on tente l’aventure en difficile et que l’on ose s’aventurer dans le mode Survie (qui porte bien son nom!). Là, il vaut mieux avoir un compagnon d’armes car les fameux sous-fifres, si faciles à dézinguer au début, vont ici se venger de tout ce que vous leur avait fait subir!

Au niveau visuel, c’est un vrai coup de coeur. C’est de la 2D traditionnel, qui donne vraiment l’impression de jouer à un dessin animé tellement les animations sont détaillées! Par contre, il ne faut pas être allergique à l’hémoglobine parce que ça gicle dans tous les sens à chaque coup de machette! On sent une grande influence des films de Tarantino, que ce soit au niveau des musiques, des personnages, du style, etc. D’ailleurs, un des personnages du mode Survie ressemble à s’y méprendre à Uma Thurman dans Kill Bill! Donc pas besoin d’être suspicieux, les références sont clairement assumées et revendiquées!!

En gros, un jeu bien bourrin et bien fun, parfait pour décompresser un peu après une dure journée! Et pour illustrer cet article bien viril, un dessin fait au crayon de couleur pour changer un peu. Comme Shank est toujours énervé, j’ai choisi de le dessiner avec un air un peu plus reposé, histoire de donner au personnage un côté plus… amical :p