L'Atelier d'AngelMJ


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Le Hobbit – la Bataille des Cinq Armées : Trilogie boursouflé

Avant d’entrer pleinement dans le cru Cinéma 2015, je ne peux m’empêcher de revenir sur un des derniers films que j’ai vu au cours du précédent mois de Décembre, à savoir Le Hobbit : la Bataille des Cinq Armées. Chapitre final d’une trilogie démarrée en 2012 et prequel de la fabuleuse épopée Le Seigneur des Anneaux, c’est le gros blockbuster qui a dû bien jouer des coudes pour faire le maximum d’entrées durant la période de Noël. À l’heure où j’écris ces lignes, je pense que bon nombre d’entre vous ont déjà vu le film donc un avis supplémentaire et si tardif doit paraître un peu inutile. Pourtant, je me devais d’en parler, car ce 3e Hobbit représente pour moi ce que je souhaiterais ne plus voir au cinéma en 2015.

Le soucis principal que j’ai avec ce film n’est pas du tout un problème de forme, mais bien un problème de fond. Car techniquement parlant, je pense que ce serait vraiment faire preuve de mauvaise foi que de lui faire le moindre reproche à ce niveau. Que ce soit les décors, les costumes, les effets spéciaux, le bestiaire, etc. l’univers de Tolkien est toujours magnifiquement représenté. On y croit, on est dedans, tout paraît très crédible et à aucun moment nous ne sommes sortis du récit suite à un aspect technique mal foutu. Par contre, on ne manque pas d’en être violemment expulsé face aux nombreuses situations complètement téléphonées que le film enchaîne avec un culot presque trollesque.
Car toute cette imagerie numérique ne peut cacher les faiblesses d’un scénario tellement restreint que les producteurs se sont sentis obligés de combler les 20 premières minutes avec un passage qui aurait, selon moi, dû avoir sa place à la fin du deuxième film. En effet, ce troisième opus n’est qu’une scène de bataille de 2 heures, durant laquelle le spectateur va être assailli de situations d’une convenance absolument terrifiante. En faire la liste serait à la fois fastidieux et inintéressant (et d’autres l’ont déjà fait avant moi), mais comprenez que je trouve assez problématique d’avoir vu le film une seule fois et de réussir à me souvenir de toutes ses erreurs avec tant de facilité.

Comprenez bien que je ne suis pourtant pas allé voir le film pour le casser, bien au contraire. J’aime énormément la première trilogie et même si je n’ai pas trop accroché aux deux premiers films du Hobbit (surtout le deuxième), j’espérais au moins passer un bon moment devant ce dernier épisode. Mais comment parvenir à passer un bon moment quand une production de ce niveau ne cherche même pas à me surprendre et qui même le culot d’être tellement convenue que cela en devient presque insultant? Oui, je trouve insultant en 2014 de proposer un film d’héroïc-fantasy (et encore, je n’ai pas osé voir Le Septième Fils…) avec son lot de raccourcis scénaristiques (je parie qu’ils en gardent un peu pour la version longue…), ses personnages caricaturaux aux dialogues insipides, son histoire d’amour téléphoné (bon sang, mais sérieux quoi!), ses incohérences de temps et d’espace (les personnages se déplacent étrangement vite d’un point A à un point B)… Plein d’éléments qui, mis bout à bout, rende le film particulièrement disgracieux et on hésite à en rire ou à en pleurer (personnellement j’ai choisi la première option). A ce stade, même voir Legolas se la jouer Super Mario ne me surprend même plus.
Et le tout s’achève avec le Deus ex Machina officiel de La Terre du Milieu (les aigles, encore et toujours…) qui en deviendrait presque un running-gag. D’ailleurs, la conclusion est tellement expédiée qu’on se demande si Peter JACKSON n’en avait pas lui aussi un peu marre de son histoire…

Ainsi, Le Hobbit : la Bataille des Cinq Armées est pour moi le résultat d’un cinéma de divertissement qui ne cherche même plus à surprendre ou à proposer de la nouveauté (un peu à l’image du jeu vidéo actuel, mais c’est un autre sujet…). En gros, il se contente simplement d’appliquer les codes de son genre et de son média, à la limite du cliché et de la caricature, en misant principalement sur son aspect technique et visuel. Ce qui devait donc être une nouvelle trilogie épique et marquante n’est finalement pour moi qu’un produit marketing bien joli et bien orchestré, mais qui n’apporte finalement rien à son genre, ni à l’univers dont il est l’introduction. En bref, c’est loin d’être mauvais mais c’est tristement dispensable et qui y a t’il de pire pour une production que d’être dispensable?

AfficheAigles


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Night Call : Encore une victoire de connard


Bien qu’il ne soit pas encore l’heure des bilans (mais promis, j’en ferai un), l’année 2014 en terme de cinéma n’a pas été des plus intéressantes. Si pas mal de films m’ont plu, très peu ont réussi à vraiment me fasciner ou me captiver. Il est donc toujours agréable, surtout quand la fin d’année approche, qu’une production que l’on est allé voir plus par principe que par réelle motivation arrive à vous surprendre. Et cette production, c’est Night Call (ou Nightcrawler pour ceux qui comme moi préfère la VO).

Le speech de départ est tout bête : on suit le quotidien de Lou, un « Nightcrawler » dont l’activité est de réussir à récupérer le plus rapidement possible des visuels chocs (accidents, agressions, etc.) pour les vendre aux émissions de TV matinales, ces dernières étant prêtes à payer le prix fort pour avoir le sujet le plus marquant/choquant, et ainsi la meilleure audience. L’histoire va donc se concentrer exclusivement sur Lou, sur son rapport aux autres, la manière dont il voit son travail et les moyens qui comptent mettre en place pour atteindre la gloire. Et le moins que l’on puisse dire c’est que l’on est face à un bel enfoiré.

En effet, le personnage incarné par un Jake GYLLENHAAL squelettique est ce que l’on peut appeler un connard de première : ambitieux, calculateur, manipulateur, mais surtout dénué de la moindre humanité et prêt aux actions les plus impardonnables et les plus lugubres afin d’obtenir la vidéo la plus trash et la plus vendeuse possible (genre déplacer un corps sur un scène d’accident de voitures avant l’arrivée de la police pour avoir un meilleure cadre… ambiance). Un personnage détestable au possible que pourtant l’on suit pendant tout le film, sans arriver pour autant à le détester. Il faut dire que ce dernier sert particulièrement le propos et les ambitions du réalisateur.
Car le ton du film, ainsi que les dialogues, sont à l’image du personnage principal. Les thèmes sont abordés avec énormément de cynisme et non sans une acidité assez jubilatoire. C’est vraiment bien écrit et bien joué, on baigne dans une ambiance assez nauséabonde, voir carrément glauque, tout en étant fasciné par les situations et les échanges entre les personnages. Le talent du réalisateur est ainsi d’arriver à rendre captivant l’ascension sociale de personnages détestables, sans pour autant leur donner une légitimité ou une justification. Le film pourrait largement se résumer à « La fin justifie les moyens », et croyez-moi que dans le cas de Night Call, cela n’a jamais été aussi vrai.

Ainsi le film captive autant par son histoire que par la manière dont elle est présentée. L’ambiance est réellement travaillée, avec presque uniquement des scènes de nuit, dans un Los Angeles nocturne qui ne manque pas de charme. C’est filmé avec talent, dans une ambiance assez froide, à l’image de la personnalité du protagoniste principal. L’ambiance sonore ne m’a pas plus marquée que cela par contre et je serai incapable de reconnaître une piste de la bande originale. C’est un petit détail qui n’entache en rien le plaisir du spectateur, plus occupé à chercher à détester Lou, sans jamais vraiment réussir à y parvenir.

Vous l’aurez compris, j’ai été complètement séduit par ce Night Call. Avec son ambiance nocturne, son personnage central aussi méprisable qu’intéressant, la froideur et le cynisme avec lesquels les thèmes des médias et du monde du travail sont abordés… Le tout crée une production cohérente et maîtrisée, face à laquelle on est à la fois choqué et fasciné. Une excellente surprise à laquelle je ne m’attendais pas du tout et que je conseille à tout ceux qui aiment les critiques bien acides et les histoires où les bons ne sont pas toujours les grands gagnants. Un peu comme dans la vraie vie quoi…

OscarNightCall


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Astérix – Le Domaine des Dieux : Redorer le blason

Il ne fait pas bon vivre au royaume des adaptations cinématographiques de bandes-dessinées. Nombreux sont les réalisateurs à avoir tenté l’expérience mais peu ont réussi à proposer quelque chose de tout juste correct. Prenons le cas d’Astérix : sur les quinze dernières années, un seul film a réussi à faire parler de lui en bien (Mission Cléopâtre), les autres ayant, comme beaucoup d’adaptations, gagnés le triste statut de « navet » ou de « bouse ». J’avais moi-même tenté de défendre un de ces films, mais force est d’admettre qu’aujourd’hui, je suis conscient de la faiblesse de mon argumentaire et du peu d’envie de le revoir ou le conseiller. Donc forcément, quand une nouvelle adaptation pointe le bout de son nez à l’approche des fêtes de fin d’année, c’est avec une certaine crainte que je me suis rendu dans mon cinéma grenoblois pour découvrir si, une fois de plus, cette série de mon enfance allait être écorchée. Mais, magie de Noël (ou talent des réalisateurs), cela ne s’est pas produit, bien au contraire.

Je suis donc très heureux de le dire haut et fort : Astérix – Le Domaine des Dieux est à la fois une bonne adaptation de la BD, mais également un très bon film d’animation. Il est en effet très agréable de voir un film français en image de synthèse de cette qualité. Les personnages sont très bien modélisés, l’animation est top, il y a une utilisation intelligente de la caméra… Bref, belle fierté que de voir que même par chez nous, on peut proposer des productions au même niveau que ce qui se fait outre-atlantique. J’en viendrais presque à souhaiter que les producteurs oublient les films en prise de vues réelles (non… en fait je le souhaite vraiment!). Même la 3D est utilisée à bon escient, c’est dire!

Mais là où ce film brille le plus, c’est par la qualité de son scénario et de ses textes. Signée par Louis CLICHY (qui a bossé sur Là-Haut et Wall-E, quand même) et Alexandre ASTIER, cette adaptation du Domaine des Dieux garde la saveur de la BD d’origine (bien que mes souvenirs sur cette dernière sont assez lointains…) tout en s’imprégnant du ton et de l’humour à la Kaamelott. Le film est très verbeux et l’humour se trouve majoritairement dans les dialogues plutôt que dans les situations. Mais on sent une vraie maîtrise à ce niveau, ce qui n’est pas pour déplaire entant que spectateur trentenaire. Voir un héros de mon enfance traité avec autant de modernité sans dénaturé le matériau d’origine est réellement délectable, le tout au service d’un scénario plus profond qu’on ne pourrait le croire, soulevant des thématiques et des problématiques encore d’actualité.
Après, cette qualité pourra peut être desservir le film auprès du jeune public. Je me demande en effet si un enfant de moins de 8 ans comprendra toutes les subtilités des dialogues, ainsi que le message véhiculé. Certes, il rira sans doute face aux pitreries d’Obélix ou les scènes de bagarres, mais cette production me donne l’impression de s’adresser plus à un public ayant grandi avec les BD d’origine plutôt à la jeune génération actuelle. Mais je ne lui en tiendrai personnellement pas rigueur. Je trouve justement agréable de voir que certains réalisateurs ont compris qu’un film d’animation ne s’adresse pas prioritairement aux enfants. Rien que pour ça, j’ai envie de remercier Louis CLICHY et Alexandre ASTIER pour ce film!

Alors certes, le traitement n’est pas parfait et on regrettera peut être que certains sujets soient tout juste survolés (il faut dire qu’il y a beaucoup). De plus, je ne sais pas si c’est un problème de mon cinéma, mais j’ai trouvé le mixage son assez inégal, la musique passant souvent au dessus des dialogues. Mais honnêtement, cela ne m’a pas empêché d’apprécier le film, de rire face à la qualité des dialogues, et de saluer le scénario maîtrisé et bien dans son temps. Astérix – Le Domaine des Dieux est donc un très bon film de fin d’année, qui je pense plaira autant aux fans de la BD qu’aux spectateurs friands de bons films d’animation. C’est en tout cas un bien beau cadeau de Noël offert au petit gaulois, celui-ci n’ayant pas été gâté ces dernières années…

AngelAsterixD


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Horns : Radcliffe cocu?

Si vous me suivez depuis un moment, vous savez que je suis du genre bon public. Pour moi, il y a très peu de raisons de ne pas aimer un film : soit je le trouve chiant (coucou les biopics…), soit je trouve qu’il ne fait rien de son propos et est donc décevant (le cas Sex Tape récemment…). Horns, dernière production d’Alexandre AJA (dont je ne connais aucun autre film, l’horreur n’étant pas mon registre de prédilection), n’entre pas dans la première catégorie. Par contre, il saut à pieds joints dans la deuxième avec tellement d’insolence qu’il m’est difficile d’en parler en gardant toute mon objectivité. Mais on va faire ce que l’on peut.
Si j’ai tenté Horns, c’est principalement parce que je trouvais le synopsis intéressant et disposant d’un certain potentiel : un jeune homme en deuil se retrouve doter de mystérieuses cornes qui obligent les gens qu’ils croisent à dire leurs plus sombres vérités. Il décide donc de se servir de ce pouvoir pour élucider le mystérieux et sanglant meurtre de sa petite amie. Si les motivations semblent classiques, le principe de l’élément fantastique pouvant amener une critique de la société et du puritanisme de façade m’a beaucoup interpellé et je me demandais ce que le réalisateur allait en faire. Et là est ma première grosse déception : il n’en fait rien.

Le problème que j’ai avec Horns, c’est que je le considère, à juste titre ou non, comme un teenage movie. C’est-à-dire que l’on sent un film destiné avant tout à un public adolescent. Et là où le bât blesse, c’est que le pouvoir des cornes va donner lieu à des confessions souvent puériles et relativement primaires, à savoir que dans 80% des cas, les gens diront qu’ils ont envie de baiser avec un tel ou un tel. C’est drôle au début, mais n’y avait-il pas moyen de retirer quelque chose de plus… intelligent? Ainsi, hormis les confessions des parents à notre héros (qui elles, pour le coup, sont vraiment intéressantes), le pouvoir de ce dernier sera toujours utilisé bien en dessous de son potentiel. Et pourtant, aux vues des situations, il y avait quand même matière (la scène dans la salle d’attente…).
Du coup, j’ai eu beaucoup de mal à prendre le film au sérieux, surtout que les à-cotés n’aident vraiment pas. Entre l’enquête sans intérêt dont on devine rapidement le coupable (en même temps, la liste de suspects est assez restreinte…), la romance cul-cul la praline qui s’étale sur des minutes interminables de flashback et l’aspect fantastique et mystique traité à l’arrache, la projection s’est déroulée en brisant à chaque seconde tout espoir de sauvetage.

Le pire c’est que le film n’est pas pénible à voir, c’est juste qu’il fait tellement d’erreurs à tous les niveaux qu’il m’a été impossible de rentrer dans le délire du réalisateur. Déjà pour le pouvoir des cornes que je trouve sous exploité, mais surtout par la présence du fantastique qui est, selon moi, très mal utilisée. Je ne sais pas si vous connaissez le principe de Suspension consentie de l’incrédulité, mais dans le cas présent c’est un échec total. Si je pouvais accepter l’existence des cornes sans trop chercher la petite bête, la suite des évènements est si aléatoire et si grossière que j’ai fini par ne plus y croire du tout, arrivé au dernier quart du film (voir même bien avant). A l’image de la scène finale complètement ridicule (j’ai lâché des « non mais sérieux? » presque à voix haute tellement c’est mauvais) et assez hors de propos par rapport au reste du récit (et bourrée d’incohérences en plus), le réalisateur n’arrive pas donner une crédibilité à son univers et utilise l’imagerie religieuse et ésotérique n’importe comment, quitte à ce que l’on arrive plus à en comprendre la signification dans le contexte. Le résultat est que cela donne quelque chose de très disgracieux et de relativement puéril… à l’image du scénario quoi.

Pourtant tout n’était pas à jeter. Daniel RADCLIFFE offre une performance tout à fait honorable (il est quand même bien classe par moment, sauf à la fin bien sûr!) et j’ai trouvé Juno TEMPLE véritablement rayonnante. Il y a aussi la scène de badtrip plutôt bien faite mais qui ne rattrape pas la catastrophe visuelle qu’est la scène finale. La musique non plus n’est pas mal, mais elle aussi très mal utilisée tout au long du film.

Je n’avais pas d’attentes particulières sur Horns, mais je me dis qu’il y avait vraiment matière à faire beaucoup mieux. Objectivement, ce n’est pas une bouse et je pense que le public visé y trouvera largement son compte. Mais me concernant, c’est un très mauvais film qui accumulent les erreurs et a surtout le gros défaut de ne pas avoir réussi à me faire rentrer dans son univers et à le prendre au sérieux.

AngelVSRadcliffe


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Sex Tape : C’est la faute au Cloud!

Alors que le mois d’Août nous a abreuvé de films grand spectacle, histoire de voir qui avait la plus grosse, le mois de Septembre commence timidement avec des sorties sporadiques. Et comme j’ai profité des vacances pour quasiment voir tout ce qui était à l’affiche (ouais, même des trucs tout naze comme Hercule ou tout chelou comme Enemy…), on peut dire que je me suis contenté de ce qu’il y avait de nouveau la semaine dernière pour égayer mon week-end de rentrée. Mon choix s’est donc porté sur Les Recettes du Bonheur et Sex Tape. Et comme j’ai vraiment rien à dire sur le premier, il ne me reste qu’à vous parler de la dernière comédie dont nous gratifie nos chers américains.
J’aime bien les comédies américaines. Vraiment. Mais depuis quelques temps, elles souffrent des mêmes symptômes que j’ai déjà dénoncé dans les films de super-héros : si le postulat de départ varie d’un film à l’autre, la trame, elle, suit un schéma invariable. J’ai été au regret de le constater il y a quelques mois avec Triple Alliance, et Sex Tape ne fait que confirmer ma théorie. Mais bon… allons-y.

Qui n’a jamais eu peur que son intimité soit dévoilée à la face du monde (n’est-ce pas Jennifer LAWRENCE… :p), ou pire à celle de son entourage? Annie et Jay, respectivement interprétés par Cameron DIAZ et Jason SEGEL, vont en faire la triste expérience en diffusant par inadvertance une vidéo épique de leurs ébats (3 heures la vidéo quand même!). Notre couple, s’étant laissé rattraper par la routine de la vie, voulaient marquer le coup… Et on peut dire qu’ils ont réussi! Le film va donc se focaliser sur leur course folle pour retirer la vidéo des périphériques de leurs amis (tous reliés au même compte ICloud car Jay a la fâcheuse tendance à distribuer les Ipad comme un Japonais ses paquets de mouchoirs dans les rues de Tokyo…), voir même d’Internet! Si l’histoire se veut donc assez osée et parfaitement encrée dans notre actualité, on ne peut pas dire que les scénaristes en font grand chose.

Pour commencer, le film souffre d’un gros problème de rythme. Le prologue est beaucoup trop long et il faut bien attendre 20-25 minutes pour que nos deux tourtereaux soulèvent l’idée de faire la fameuse vidéo. Ce passage est clairement le plus drôle du film, avec des scènes et des dialogues d’une sacrée cocasserie. Et ce sera bien le seul moment de grâce du film, qui va ensuite s’enliser dans une course contre-la-montre mollassonne et, il faut l’admettre, pas toujours très amusante. Le problème majeur est que les « actes » sont trop longs (la visite chez le patron d’Annie, le cambriolage des bureaux de YouPorn) et les situations pas assez variées. Ainsi le film se traine péniblement (alors qu’il faut tout juste 1h35!) et le tout débouche sur une fin convenue et bien trop sage pour le sujet soulevé.
Et c’est là que je trouve que les réalisateurs ont complètement raté le coche. Alors que l’histoire pourrait amener sur des réflexions intelligentes sur le sexe ou les nouvelles technologies, on patauge dans des réflexions convenues sur la famille et sur le vraie sens de l’amour. On a l’impression que le film n’assume pas son délire et on en arrive presque à oublier le pourquoi du comment, passé la moitié de la projection. Alors que bizarrement le film est assez cru au niveau des dialogues (certains les trouveront même vulgaires, mais pour moi la limite n’est jamais dépassée) et dans certaines situations, on oscille entre le trash et le politiquement correct sans trouver un équilibre. A la fois trop sale et trop sage, Sex Tape se prend les pieds dans le tapis et n’arrive donc pas à faire adhérer à son histoire.

Et c’est d’autant plus dommage que les acteurs principaux sont loin d’être mauvais. Le couple formé par Cameron DIAZ et Jason SEGEL est très crédible et on se prend vraiment d’affection pour ces personnages qui enchaînent les problèmes et les occasions manquées. En plus, nos deux interprètes y mettent vraiment du leur en se montrant à de nombreuses occasions dans leur plus simple appareil (enfin… pas l’ombre d’un nichon en vue, désolé messieurs…) et dans des situations pour le moins incongrues. Malheureusement, à eux seuls, ils ne peuvent pas sauver le film de la noyade, surtout que le reste du casting n’est vraiment pas convaincant, voir pas du tout crédible (je pense notamment aux enfants qui ont des réactions très étranges par moment…).

Ainsi, Sex Tape aurait pu être une comédie un peu provocatrice et soulevant des sujets qui pourraient aboutir à des réflexions intéressantes. Mais encore une fois, on se retrouve face à une production convenue, à la trame classique, et dont la conclusion se veut trop sage, voir limite puritaine. De ce fait, le film aura clairement du mal à se trouver un public. Certains le trouveront trop vulgaire, les autres pas assez vu le thème… Bref, encore une comédie qui rate lamentablement son objectif : celui de faire rire en amenant une critique intelligente sur des sujets d’actualités.

AngelSTIpad


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La Planète des Singes – L’Affrontement : Convenance simiesque

Je dois bien admettre que plus les années passent, plus j’éprouve une certaine affection pour le genre SF. Bien que parfois difficile d’accès de part ses sujets et messages cachés (que je suis en général trop quiche pour comprendre sans aide), c’est toujours avec grand plaisir que je me rends dans les salles obscures pour découvrir les films appartenant à cette catégorie.
La Planète des Singes est de ce fait une saga qui attire mon attention. Si je cherche encore aujourd’hui l’opportunité de voir les 5 premiers films, je garde un excellent souvenir du premier reboot sorti en 2011 (et non je ne parlerais pas du film de BURTON, il n’existe pas…). Ainsi, à l’annonce d’une suite, il était clair que je me rendrai dès que possible dans mon cinéma pour découvrir la suite de l’histoire de César. C’est désormais chose faite, mais je suis au regret de vous annoncer que le film ne m’a pas convaincu.

Ce nouvel opus n’est pourtant pas sans qualité. Niveau technique les singes sont toujours aussi bluffants (voir même un chouilla trop parfois, mais ça passe), l’histoire et le contexte tiennent la route et j’ai trouvé une vraie marque de qualité dans la mise en scène (la scène du tank, arf!). Toutefois, je cherche encore le pourquoi du sous-titre français « L’Affrontement » car le film se révèle plus tourné vers les échanges verbaux que les échanges de balles (les traducteurs ont-ils vu le film??). Cela n’est toutefois pas un défaut, je trouve même assez intéressant qu’un film de type blockbuster décide de proposer si peu de scènes d’actions et se concentrer principalement sur le déroulement de son scénario (mais du coup, quel intérêt de l’avoir foutu en 3D…?).
Malheureusement c’est un peu là que le bât blesse, là où j’ai eu la très désagréable envie de quitter la salle en plein milieu de la projection. Cette production a un gros soucis et c’est au niveau de son déroulement : c’est convenu. Mon Dieu que c’est convenu!

Je trouve aberrant qu’un film disposant d’une si bonne idée de base et d’un contexte riche à de nombreuses possibilités de scénarios décide de finalement proposer une histoire presque cousu de fil blanc, ou l’on cerne si rapidement les personnages et les enjeux que l’on arrive à deviner les répliques et les situations 5 minutes avant qu’elles n’arrivent (voir plus! Le comportement de certains personnages est si prévisible que l’on se félicite à deviner leur parcours dès leur première apparition à l’écran).
Si j’ai été agréablement surpris par le rythme posé de l’histoire, tout ce qui en a découlé ne fut qu’un ramassis de convenances et de situations mille fois utilisées dans les productions du genre. Et c’est en cela que ce nouvel épisode de La Planète des Singes est une grosse déception pour moi. Je m’attendais à quelque chose de nouveau et d’un peu audacieux, je n’ai eu droit qu’à une énième histoire se déroulant dans un contexte propice à la guerre avec son lot de drames et de trahisons habituelles.

De ce fait, il est difficile pour moi de vivement vous conseiller ce film. Concrètement, ce n’est pas du tout une mauvaise production ni une mauvaise histoire, et je pense très sincèrement que l’on peut apprécier de le voir malgré tout. Mais me concernant, je m’attendais à autre chose et j’ai quitté ma séance avec un air boudeur. J’ignore si une suite est prévue mais j’espère qu’elle relèvera la niveau et proposant une expérience plus originale et moins conventionnelle.

KobaG


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Transformers 4 : L’âge de raison?

Les gens qui me connaissent personnellement le savent : je déteste la franchise Transformers. Enfin… Je déteste surtout le 2 et le 3, le premier ayant au moins eu la décence de me divertir convenablement. Pourtant, inlassablement, je vais à chaque fois voir le dernier film en date. Masochisme? Conscience professionnel de cinéphile? Doux utopiste? J’avoue ne pas à avoir la réponse. Mais qu’à cela ne tienne, j’ai laissé une nouvelle fois une chance à Michael BAY de me divertir avec sa licence de robots-aliens. Et je dois bien admettre que concernant ce nouvel opus, le contrat est globalement rempli, à ma grande surprise.

Je n’ai jamais vu en Transformers qu’une licence un peu beauf ayant pour but de divertir un public principalement masculin et vendre un maximum de produits dérivés. La première trilogie m’avait cependant laissé un goût très amer dans la bouche, celui de films d’action décérébrés, bouffis d’effets spéciaux et au scénario tellement mal foutu que je m’en lassais souvent au bout de trois quart d’heures de film (le 3 fut un supplice à voir pour moi…).
C’est pourquoi j’ai été assez surpris de voir que ce 4ème volet disposait d’un semblant de scénario et d’une structure plus posée et plus maîtrisée au niveau du rythme. L’introduction prend son temps sans altérer le plaisir du spectateur, les scènes d’actions sont dispersées avec parcimonie et le ton oscille habillement entre humour primaire et réflexions intelligentes sur certains avancements technologiques comme les nano-machines (qui donnent d’ailleurs naissance à de nouveaux Transformers aux transformations qui pètent la classe!).

Ainsi, Transformers 4 parvient à proposer un divertissement à l’univers cohérent et aux enjeux beaucoup plus maîtrisés. De plus, le changement complet de casting apporte une réelle fraîcheur à l’ensemble. Bien que l’on conserve des personnages assez caricaturaux et unilatéraux (quoique… le personnage du businessman joué par Stanley TUCCI est plus nuancé que l’on pourrait le croire), on s’y attache malgré tout et on prend un vrai plaisir à suivre leurs aventures en compagnie d’Optimus Prime et ses compères.
D’ailleurs en parlant d’eux, la bande de Transformers présente dans ce nouveau film se veut assez décomplexée et principalement accès sur l’humour. Car hormis Optimus qui nous abreuve de ces éternelles tirades, le reste de la troupe est une joyeuse bande de déconneurs qui ne ratent pas une occasion pour sortir une vanne ou tenter de se mettre sur la tronche. A voir si vous accrochez mais ça reste léger et primaire, quoique un peu trop par moment…

De ce fait, je suis vraiment le premier étonné à avoir passer un bon moment devant ce film. Michael BAY aurait-il enfin trouver un équilibre pour sa franchise? Certes, il ne peut s’empêcher de tout faire péter à la fin, mais vu la qualité global du reste de la production, on peut bien l’excuser de se lâcher dans la dernière grosse demi-heure.
Alors certes ça reste du divertissement tout ce qu’il y a de plus primaire et vous ne vous sentirez pas enrichi culturellement après avoir vu ce film. Mais quitte à reposer son cerveau de temps et temps, autant que le spectacle tienne la route. Et c’est clairement le cas ici donc pourquoi s’en plaindre?

BayAuto


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Le Conte de la Princesse Kaguya : Touchante estampe

En cette année 2014, les amoureux de films d’animation japonais (dont je fais évidement partie) sont fortement gâtés. En effet, nous avons la chance d’avoir droit à deux films du fameux studio Ghibli à quelques mois d’intervalles. Après Le Vent se Lève, lettre d’adieu d’Hayao MIYAZAKI, c’est au tour d’Isao TAKAHATA (autre grand nom du studio à qui on doit Le Tombeau des Lucioles ou Pompoko) de nous proposer sa dernière production, Le Conte de la Princesse Kaguya.
Autant vous dire que j’étais fortement émoustillé lors de l’annonce du film et j’ai sauté sur la première séance en VO de mon cinéma pour aller découvrir le dernier bébé de M. TAKAHATA. Et j’ai beaucoup de bien à dire de ce film, même si cette estampe animée n’échappe pas à quelques coups de pinceaux malencontreux…

Adapté d’un conte populaire japonais, Le Conte de la Princesse Kaguya nous raconte la vie d’une jeune fille apparue dans une pousse de bambou et recueillie par un vieux couple ne possédant pas d’enfant. Persuadés qu’il s’agit d’une princesse envoyée par les dieux, ses nouveaux parents vont tenter de lui offrir une vie digne de ce nom. Mais est-ce la vraie raison de la venue de la jeune fille sur terre? Qui est-elle vraiment? Et qu’est ce qu’une vie digne pour les humains? Le film nous invite ainsi à découvrir la vie de la Princesse Kaguya, ses premiers pas, ses premières rencontres, son entrée dans la haute caste, jusqu’à un final à la fois sublime et douloureux.

Commençons par aborder le point qui séduit immédiatement dès les premières minutes du film : la direction artistique. Les visuels sont de véritables estampes en mouvement, savant mélange de pastels, fusain et autres aquarelles. Certaines scènes sont tout simplement sublimes et des émotions fortes arrivent à être véhiculées en quelques coups de crayon. Entre les plans fixes de toute beauté ou certaines scènes animées fortes (la fuite de la Princesse, la scène du cerisier en fleurs…), le film est quasiment irréprochable dans son esthétique et permet de donner beaucoup de force à l’histoire qui nous est contée.
Le tout est bien sûr sublimé par une bande originale en parfaite résonance avec les scènes qu’elle accompagne. Entre les chansons touchantes, les nombreuses mélodies au Koto et l’ensemble des musiques réalisées avec des instruments traditionnelles, on se retrouve littéralement projeté dans le Japon médiéval pour notre plus grand plaisir. Quant aux doublages, ils sont, comme souvent avec les productions japonaises, complètement maîtrisés et donnent aux personnages beaucoup de force et de personnalité (la VO, il y a que ça de vrai :p).

Maintenant, parlons un peu de l’histoire. C’est en effet sur ce point que l’on peut trouver quelques éléments à redire. Le film est relativement long (plus de deux heures), et si je ne suis pas contre le fait de suivre les différentes étapes de vie de la Princesse, force est d’admettre qu’une sorte de fil conducteur manque à l’appel pour que le spectateur arrive à garder son attention de bout en bout. Ainsi, même si le tout se suit relativement bien, il y a un côté contemplatif qui risque d’ennuyer un public habitué à plus d’action. De plus, les révélations sur les origines de la Princesse arrivent beaucoup trop tard, entrainant le film vers un final beau et maîtrisé, mais qui aurait mérité à être décimé bien en amont, pour moins donné l’impression d’arriver tel un cheveu sur la soupe.
De plus, il y a parfois des incidents malheureux en terme d’ambiance et de ton. L’équilibre entre les scènes humoristiques et tragiques est plutôt bien gérés, mais il y a cependant quelques moments où on ne sait pas trop comment réagir. Pour vous donner un exemple concret : il y a, à un passage, une scène a fait rire la salle (moi inclus). Or ce n’était pas du tout dans le but d’être drôle, vu qu’elle donne lieu ensuite à une scène tragique. Bref, je me suis senti gêné d’avoir rigolé à un moment où il ne fallait pas le faire.

Toutefois, j’aimerais vous dire que c’est quelques remarques ne m’ont pas empêché pour autant d’apprécier le film et son histoire. Le message et les valeurs véhiculées m’ont pour la plupart touché et on s’attache très facilement à la Princesse, ainsi qu’à la majorité des personnages qui l’entourent (j’ai beaucoup aimé sa demoiselle de compagnie personnellement ^^). Et même si le final arrive de manière abrupte, j’avoue avoir eu un petit pincement au coeur quand le générique de fin est apparu.
De ce fait, je ne peux que vous conseillez de vous intéressez à cette production, ne serait-ce que pour sa direction artistique qui vaut largement le détour. Un grand moment de cinéma et d’animation comme j’aimerais en voir un peu plus souvent.

TestKaguya2


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La Belle et la Bête : Christophe Gans retombe-t-il sur ses pattes?

La Belle et la Bête est, sans aucun doute, le film dont on m’a le plus demandé mon avis au cours de ce mois de Février! J’ignore comment un tel engouement et intérêt ont pu naître autour de cette production française, mais toujours est-il que cela a suffit à me rendre dans les salles obscures pour me faire mon propre opinion sur la dernière production de Christophe GANS (bien que j’avais l’intention d’y aller de toute manière… mais disons que cela l’a placé dans mes priorités).
Et encore une fois, et c’est malheureusement trop souvent le cas avec les productions française, je ne suis pas pleinement convaincu, bien qu’il ne faille pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Il y a une vraie volonté de bien faire avec ce film, une envie de plaire au plus grand nombre et de mettre à l’écran un conte connu mais qui semble toujours autant fasciner.

Tout d’abord, je me demandais qu’elle serait le « ton » du film. Les récents contes que j’ai vu sur grand écran se voulaient être des relectures sombres et violentes de récits souvent infantilisés, bien que bourrés de messages cachés. Dans notre cas, il s’agit ni plus ni moins que d’un production familiale et tout public. Le film serait sorti directement de chez Disney que cela ne m’aurait pas surpris… Christophe GANS a donc choisi de raconter l’histoire de Belle et de la Bête de la manière la plus « basique » possible. C’est à la fois un bon et un mauvais point, car si cela rend le film très accessible, il ne lui donne aucune aura particulière, ni identité force. Et c’est fort dommage vu les moyens mis en place pour en faire quelque chose de marquant.
Car le principal atout du film est de disposer d’une mise en scène qui ravit les yeux à de nombreux moments. Si l’univers semble très classique pour une adaptation de conte, l’utilisation de l’imagerie numérique, ainsi que de nombreux plans de caméra et autres travelling rendent le film dynamique et particulièrement beau. Certaines scènes sont visuellement splendides (la scène sur la glace…!) et il y a une vraie recherche de cadrage et d’ambiance tout au long du film. Sur ce point, je donne toute mon approbation à Christophe GANS.

Seulement voilà, le film a beau tenté de nous séduire en proposant une esthétique alléchante, il pèche allègrement sur d’autres points, et particulièrement sur sa façon de raconter son histoire. La Belle et la Bête est, pour moi, avant tout une romance. Sauf qu’ici, le réalisateur ne semble pas très à l’aise avec son sujet. Du coup, il y a une sorte de maladresse dans la narration, ainsi que dans l’écriture des personnages. Vincent CASSEL et Léa SEYDOUX sont de bons acteurs, mais on a vraiment l’impression qu’ils ne savent pas trop ce qu’ils font là, ni comment rendre leur couple crédible.
Et là je mets le doigt sur le gros soucis du film : on ne croit pas une seule seconde à l’amour naissant être Belle et le Prince déchu! Si bien que lorsque la déclaration finale arrive, on est un peu surpris. Le film fait presque 2 heures mais nos deux tourtereaux doivent à peine partager une vingtaine de minutes communes durant tout le film! Donc forcément, on a vraiment du mal comprendre comment Belle finit par tomber amoureuse de son geôlier avec si peu d’interactions, ces dernières se finissant souvent sur une dispute. On a l’impression que le réalisateur a fait finir son histoire de cette manière parce qu’il le fallait! Pourquoi, au contraire, ne pas avoir osé une autre conclusion, ou une autre interprétation du conte d’origine? Ou alors, il fallait rajouter plus de scènes avec Belle et la Bête, quitte à réduire le nombre de flashbacks sur le passé du Prince (qui semble être là pour justifier l’apparition de Vincent CASSEL sans son masque numérique…).

Ainsi, La Belle et la Bête s’avère être une production que l’on a du mal à vraiment qualifier de bonne ou de mauvaise, bien que j’aurai tendance à lui trouver plus de qualités que de défauts. Mais ces derniers sont beaucoup trop présents et gâchent clairement un ensemble qui ne demande qu’à être aimé et apprécié. Ce n’est donc clairement pas un sans faute pour Christophe GANS, bien que le film reste, en demeurant, agréable à regarder grâce à son esthétique léchée et ses bonnes idées de mise en scène. A vous de voir si cela est suffisant pour lui laisser sa chance…

BelleNeige


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Philomena : Chemin de croix

Je ne sais pas pour vous, mais de mon côté la rentrée a été assez violente! A peine revenu des congés que le rythme effréné du travail a repris de plus bel, bon gré mal gré. Malgré tout, s’il y a bien une chose que je veux continuer à faire encore en 2014, c’est multiplié mes excursions au cinéma. C’est mon moment à part, mes instants de détente de la semaine. Et on peut dire que cette année démarre plutôt bien, car parmi les films que j’ai pu commencé à voir, il n’y a pas eu de déceptions particulières, bien au contraire. Et à ce propos, j’aimerais vous parler de mon petit coup de coeur de la semaine dernière : Philomena.

Inspiré d’un roman relatant des faits réels, Philomena raconte l’histoire d’une femme irlandaise qui va tenter de retrouver son fils, Anthony. Dis comme ça, cela semble assez banale, mais le contexte se révèle assez sombre. Nous sommes au début des années 50, Philomena tombe enceinte alors qu’elle est encore jeune. Elle est donc envoyée au couvent où elle devra travailler pour rembourser les frais de son accouchement, effectué par les nomes du dit couvent. C’est là qu’elle se verra retirer son fils, adopté par une autre famille, contre son gré bien entendu.
Le film se focalise donc sur la quête de cette femme, 50 ans plus tard, pour retrouver cet enfant qu’elle n’a jamais pu oublier. Ce drame est monté comme un thriller, où Philomena, accompagnée du journaliste Martin SIXMITH (qui a écrit le roman d’origine), va multiplier les recherches et les indices, afin de les mettre bout à bout et remonter la piste jusqu’à Anthony. Le récit est à ce niveau plutôt bien rythmé, cohérent, et l’on suit l’enquête avec intérêt et passion.

Il faut dire que la quête de la vieille dame sera l’occasion pour le film d’aborder de nombreux sujets qui, s’ils étaient mal traités, auraient pu tomber facilement dans le cliché et la critique. Mais forte heureusement, il y a une vraie justesse dans les dialogues et les personnages. Le duo que forme Philomena et Martin fonctionnent à merveille. Elle est croyante, naïve et cherche à voir le bon en tout. Lui est athée, aigri et voit le monde de manière très pragmatique. Ce grand écart de personnalité donnera ainsi lieu à des discussions savoureuses voir très drôles, où chacun confrontera ses opinions, ses points de vues, le tout se mêlant parfaitement à l’intrigue et sans jamais prendre partie. Il y a un vrai équilibre salutaire à ce niveau, le film laissant au spectateur le soin de choisir son « camp », sans jamais lui forcer la main.
Cela permet de contrebalancer avec la véritable tragédie qu’a vécu Philomena. Pour le coup, l’église catholique en prend vraiment pour son grade et certaines situations sont à la fois choquantes et bouleversantes. Il est d’ailleurs intéressant de voir que le film est pleinement conscient de cela au travers du personnage de Martin, qui encouragé par la directrice éditoriale, ne se gêne pas pour présenter les bonnes soeurs comme les méchantes de l’histoire. Car il faut trouver un coupable à tout ça, que ce soit « Dieu » ou ses représentantes. Et c’est pour moi tout le coeur du film, ainsi que sa grande force. Face à une situation injuste et inhumaine, il est intéressant de voir le cheminement de Philomena, qui voit dans la recherche de son fils perdu une forme de rédemption, de chemin de croix, chose qui énervera profondément Martin qui ne comprend pas qu’elle puisse se sentir coupable de quoi que ce soit. Tous ces aspects seront magnifiés par une confrontation finale absolument poignante, où chacun devra faire face à tous ces évènements et faire ses choix. Bons, mauvais… Le spectateur en demeurera seul juge, et pour le coup c’est très appréciable de ne pas avoir de point de vue imposé.

Mais tout cela n’aurait pas pu fonctionner sans des acteurs de qualité. Judi DENCH (qui sera toujours M des James Bond pour moi ^^) est absolument impeccable dans son rôle, d’une justesse et d’une cohérence à tomber par terre. C’est le véritable atout du film, sa plus grande force et la raison numéro une de se pencher sur ce film. Quant à son acolyte, interprété par Steve COOGAN, il est également excellent en journaliste désabusé qui se fait sermonner à la moindre occasion par ce petit bout de femme, créant une vraie alchimie entre les deux personnages à laquelle on ne peut que croire et adhérer.

Vous l’aurez compris, Philomena m’a conquis. Il est rare de voir de nos jours des drames qui arrivent à trouver un équilibre si parfait entre le tragique et le comique. On ne rit pas non plus à gorge déployée, mais tous ces petits moments d’insouciante permettent de rendre le film plus souple, plus digeste, et ainsi plus agréable à suivre et à regarder. Les acteurs sont tous excellents et les thèmes sont traités avec sagesse et retenu, laissant toujours au spectateur la liberté de se faire son propre avis. Bref, une vraie réussite dans sa catégorie que je vous conseille vivement.

PhilomenaShadow