L'Atelier d'AngelMJ

Le Conte de la Princesse Kaguya : Touchante estampe

18 Commentaires

En cette année 2014, les amoureux de films d’animation japonais (dont je fais évidement partie) sont fortement gâtés. En effet, nous avons la chance d’avoir droit à deux films du fameux studio Ghibli à quelques mois d’intervalles. Après Le Vent se Lève, lettre d’adieu d’Hayao MIYAZAKI, c’est au tour d’Isao TAKAHATA (autre grand nom du studio à qui on doit Le Tombeau des Lucioles ou Pompoko) de nous proposer sa dernière production, Le Conte de la Princesse Kaguya.
Autant vous dire que j’étais fortement émoustillé lors de l’annonce du film et j’ai sauté sur la première séance en VO de mon cinéma pour aller découvrir le dernier bébé de M. TAKAHATA. Et j’ai beaucoup de bien à dire de ce film, même si cette estampe animée n’échappe pas à quelques coups de pinceaux malencontreux…

Adapté d’un conte populaire japonais, Le Conte de la Princesse Kaguya nous raconte la vie d’une jeune fille apparue dans une pousse de bambou et recueillie par un vieux couple ne possédant pas d’enfant. Persuadés qu’il s’agit d’une princesse envoyée par les dieux, ses nouveaux parents vont tenter de lui offrir une vie digne de ce nom. Mais est-ce la vraie raison de la venue de la jeune fille sur terre? Qui est-elle vraiment? Et qu’est ce qu’une vie digne pour les humains? Le film nous invite ainsi à découvrir la vie de la Princesse Kaguya, ses premiers pas, ses premières rencontres, son entrée dans la haute caste, jusqu’à un final à la fois sublime et douloureux.

Commençons par aborder le point qui séduit immédiatement dès les premières minutes du film : la direction artistique. Les visuels sont de véritables estampes en mouvement, savant mélange de pastels, fusain et autres aquarelles. Certaines scènes sont tout simplement sublimes et des émotions fortes arrivent à être véhiculées en quelques coups de crayon. Entre les plans fixes de toute beauté ou certaines scènes animées fortes (la fuite de la Princesse, la scène du cerisier en fleurs…), le film est quasiment irréprochable dans son esthétique et permet de donner beaucoup de force à l’histoire qui nous est contée.
Le tout est bien sûr sublimé par une bande originale en parfaite résonance avec les scènes qu’elle accompagne. Entre les chansons touchantes, les nombreuses mélodies au Koto et l’ensemble des musiques réalisées avec des instruments traditionnelles, on se retrouve littéralement projeté dans le Japon médiéval pour notre plus grand plaisir. Quant aux doublages, ils sont, comme souvent avec les productions japonaises, complètement maîtrisés et donnent aux personnages beaucoup de force et de personnalité (la VO, il y a que ça de vrai :p).

Maintenant, parlons un peu de l’histoire. C’est en effet sur ce point que l’on peut trouver quelques éléments à redire. Le film est relativement long (plus de deux heures), et si je ne suis pas contre le fait de suivre les différentes étapes de vie de la Princesse, force est d’admettre qu’une sorte de fil conducteur manque à l’appel pour que le spectateur arrive à garder son attention de bout en bout. Ainsi, même si le tout se suit relativement bien, il y a un côté contemplatif qui risque d’ennuyer un public habitué à plus d’action. De plus, les révélations sur les origines de la Princesse arrivent beaucoup trop tard, entrainant le film vers un final beau et maîtrisé, mais qui aurait mérité à être décimé bien en amont, pour moins donné l’impression d’arriver tel un cheveu sur la soupe.
De plus, il y a parfois des incidents malheureux en terme d’ambiance et de ton. L’équilibre entre les scènes humoristiques et tragiques est plutôt bien gérés, mais il y a cependant quelques moments où on ne sait pas trop comment réagir. Pour vous donner un exemple concret : il y a, à un passage, une scène a fait rire la salle (moi inclus). Or ce n’était pas du tout dans le but d’être drôle, vu qu’elle donne lieu ensuite à une scène tragique. Bref, je me suis senti gêné d’avoir rigolé à un moment où il ne fallait pas le faire.

Toutefois, j’aimerais vous dire que c’est quelques remarques ne m’ont pas empêché pour autant d’apprécier le film et son histoire. Le message et les valeurs véhiculées m’ont pour la plupart touché et on s’attache très facilement à la Princesse, ainsi qu’à la majorité des personnages qui l’entourent (j’ai beaucoup aimé sa demoiselle de compagnie personnellement ^^). Et même si le final arrive de manière abrupte, j’avoue avoir eu un petit pincement au coeur quand le générique de fin est apparu.
De ce fait, je ne peux que vous conseillez de vous intéressez à cette production, ne serait-ce que pour sa direction artistique qui vaut largement le détour. Un grand moment de cinéma et d’animation comme j’aimerais en voir un peu plus souvent.

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18 réflexions sur “Le Conte de la Princesse Kaguya : Touchante estampe

  1. Oh bah, j’irais peut être le voir alors !
    Même si ça n’a quasiment rien à voir, je te conseille d’aller voir le film d’animation « Dragons 2 » qui est sorti il y a 3 jours.
    J’ai pris une grosse claque.

  2. Ton illustration est super jolie je tenais à dire :)

  3. La VO est en japonais ? Parce que mes langues à moi sont.. le français et ..le français :3 vive la VF ou une VOSTFR

  4. Je suis entièrement d’accord : ce dernier film d’Isao Takahata est une pure merveille ! :) je ne m’attendais pas tout à fait à ce style de dessin, qui rappelle fortement le dessin traditionnel japonais, mais le choix du fusain et des couleurs contribuent parfaitement au plaisir visuel (l’illustration avec l’arrière plan ‘grain de canson’, comme l’a dit Ragnagna, garde d’ailleurs bien cet esprit !) ! Les représentations de la nature sauvage sont un vrai bijou, qui me donnent d’ailleurs bien envie de me remettre à l’aquarelle, que je n’ai pas touchée depuis longtemps… ^^
    Bien évidemment, la musique de fin (aussi bien celle du générique que celle de la descente des Dieux sur Terre (qui a réussi d’ailleurs à créer chez moi un mélange de bonheur et de tristesse) rend le moment magique !
    Quant au peu d’action, il est vrai que ça pourrait rendre le film rédhibitoire pour certains mais le côté contemplatif du film m’a permis de faire une pause (2H hors du temps :3), mais c’est peut-être mon côté de petite vieille avant l’heure… ^^

    A propos de films lents et contemplatifs, je vous conseille aussi, si vous ne l’avez pas vu, un autre petit bébé (assez ancien tout de même, datant de 1991) de Takahata : Omoide Poroporo (qui ne se trouve qu’en VOSTFR, mais rien de vaut la langue japonaise :P)

    Je crois que je ne remercierais jamais assez le studio Ghibli pour tous ces moments de rêve (la musique de Laputa *-*) ça m’a d’ailleurs profondément touchée de savoir qu’il fermait ses portes, faute de repreneur… ToT Maintenant il n’y a plus qu’à attendre le tout dernier film du studio, Omoide no Marnie ! :D

    Voilà, voilà, j’ai fait un pavé, j’ai toujours un peu de mal à être concise ^^’

    • Je ne connais pas du tout le film dont tu me parles, je vais essayer de me le procurer :)

      • J’espère qu’il te plaira ! :) il n’y a pas vraiment de fil directeur, c’est un simple morceau de vie rempli de souvenirs, mais en tout cas, il fait rêver…

  5. Je suis bien d’accord avec toi. Cette animation, une caresse des yeux. =)
    Pour ce qui est des longueur je trouve que c’est quasi une marque de Takahata. Je veut dire Pompoko, ce film est aussi long et lent par moment (oui « et » car un film peut être long sans être lent et vice versa). Idem le Tombeau des Lucioles (bien que pour celui là les moments de lenteur sont tellement des poche d’air et de calme qu’on le voit pas passer et on les apprécie). De mon point de vue se sont des longueurs/lenteur voulu où ça nous laisse le temps de contempler et savourer (et éventuellement digérer ce qu’on vient de voir). =3
    La fin abrupte c’est marrant que je ne l’avait pas perçu comme ça. Je trouvais que c’était dans la continuité des passage où l’on ne sait pu trop si c’est le rêve, la réalité, …

    Je conseil aussi de le voir dans des bonnes conditions, ne amie la vie la vue avec une dame qui c’est tapé : une grosse sieste + ronflement + haleine de l’enfer = n’est pas rentrée dans le film est c’est ennuyé …
    Bref perso j’ai adoré, je suis une grosse fan de film d’animation, celui ci est une perle. =) Et je compte retourné le voir si il est toujours diffusé près de chez moi. =3

    J’ai pu aussi voir Omoide Poroporo il y a quelque temps, j’avais eu du mal, il faudrait que je tente de nouveau de le regardé. ^^ (Au passage tu peut le trouver aussi sous le titre de Souvenirs Goutte à Goutte.)

    Ps : Au passage bravo. J’ai ton découvert ton travail via une de te vidéo sur SlG. J’aime beaucoup tes dessins, ils sont tout doux (oui oui pour moi des fois les dessins c’est doux ça donne envie de les toucher. ^^). Bref bref voilà, merci. ;)

    Ps 2 : Je trouve que certaine VF pour des films d’animation (je précise film, pour les series heu… c’est pas encore ça après avoir vu l’Attaque des Titans en VF sur France 4…), je disait donc pour certain film c’est acceptable et franchement pas degeu. =)

    Désolé pour le pavé! =X

    • Concernant les longueurs, elles ne m’ont pas gêné plus que ça mais je préférais en parler car je pense que cela peut éventuellement en gêner certains.

      Quant à la VO/FR, loin de moi l’idée de dire que toutes les VF sont mauvaises (celles des Ghibli sont d’ailleurs très bonnes en règle générale), mais je préfère regarder mes films en VO si c’est possible ^^

    • Ah, j’ai également une amie qui a eu du mal à accrocher à Souvenirs goutte à goutte de Takahata… Pourtant grande fan des productions du studio Ghibli, elle a trouvé le film trop lent, et trop peu construit et manquant fortement d’action.
      Il est vrai que le film est principalement constitué de monologues ainsi que de quelques dialogues, si bien qu’il y a énormément de plans fixes (avec de très beaux paysages de la campagne japonaise :3)… Mais pour ma part, le travail d’introspection de l’héroïne tout comme les échanges entre les personnages mettent de comprendre (ou découvrir) un petit peu les relations familiales (mon dieu ce patriarcat O.O) et affectives japonaises, la vie paysanne traditionnelle et la différence entre le Japon d’hier et d’aujourd’hui ! :)
      Bref, on se laisse bercer par l’ambiance particulière du film d’autant plus que l’héroïne enfant est particulièrement attachante ! Mais je conçois totalement que l’on puisse trouver le film un peu ennuyeux… Enfin, chacun a un jugement différent ! :D

  6. Vu hier ;-) Il est magnifique !

  7. Je suis aller le voir il y a peu de temps et il m’a vraiment laissé une drôle d’impression. Comme si je n’avais pas saisis le véritable sens de l’histoire. C’est un peu un film multi dimensionnel: chaque personne en fait sa propre interprétation.
    En tout cas, les graphismes sont sublimes.
    Seulement, par moment le film se perd un peu dans des longueurs qui aurait pu être évités. Et la fin fait un peu queue de poisson. Mais bon. On ne peut pas tout avoir.

    Voilà: bon film avec quelques petites fautes maladroites, mais qui ne gâche rien au plaisir de le voir.

  8. Pingback: Souvenirs de Marnie : Pardonner et grandir | L'Atelier d'AngelMJ

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