L'Atelier d'AngelMJ


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Sex Tape : C’est la faute au Cloud!

Alors que le mois d’Août nous a abreuvé de films grand spectacle, histoire de voir qui avait la plus grosse, le mois de Septembre commence timidement avec des sorties sporadiques. Et comme j’ai profité des vacances pour quasiment voir tout ce qui était à l’affiche (ouais, même des trucs tout naze comme Hercule ou tout chelou comme Enemy…), on peut dire que je me suis contenté de ce qu’il y avait de nouveau la semaine dernière pour égayer mon week-end de rentrée. Mon choix s’est donc porté sur Les Recettes du Bonheur et Sex Tape. Et comme j’ai vraiment rien à dire sur le premier, il ne me reste qu’à vous parler de la dernière comédie dont nous gratifie nos chers américains.
J’aime bien les comédies américaines. Vraiment. Mais depuis quelques temps, elles souffrent des mêmes symptômes que j’ai déjà dénoncé dans les films de super-héros : si le postulat de départ varie d’un film à l’autre, la trame, elle, suit un schéma invariable. J’ai été au regret de le constater il y a quelques mois avec Triple Alliance, et Sex Tape ne fait que confirmer ma théorie. Mais bon… allons-y.

Qui n’a jamais eu peur que son intimité soit dévoilée à la face du monde (n’est-ce pas Jennifer LAWRENCE… :p), ou pire à celle de son entourage? Annie et Jay, respectivement interprétés par Cameron DIAZ et Jason SEGEL, vont en faire la triste expérience en diffusant par inadvertance une vidéo épique de leurs ébats (3 heures la vidéo quand même!). Notre couple, s’étant laissé rattraper par la routine de la vie, voulaient marquer le coup… Et on peut dire qu’ils ont réussi! Le film va donc se focaliser sur leur course folle pour retirer la vidéo des périphériques de leurs amis (tous reliés au même compte ICloud car Jay a la fâcheuse tendance à distribuer les Ipad comme un Japonais ses paquets de mouchoirs dans les rues de Tokyo…), voir même d’Internet! Si l’histoire se veut donc assez osée et parfaitement encrée dans notre actualité, on ne peut pas dire que les scénaristes en font grand chose.

Pour commencer, le film souffre d’un gros problème de rythme. Le prologue est beaucoup trop long et il faut bien attendre 20-25 minutes pour que nos deux tourtereaux soulèvent l’idée de faire la fameuse vidéo. Ce passage est clairement le plus drôle du film, avec des scènes et des dialogues d’une sacrée cocasserie. Et ce sera bien le seul moment de grâce du film, qui va ensuite s’enliser dans une course contre-la-montre mollassonne et, il faut l’admettre, pas toujours très amusante. Le problème majeur est que les « actes » sont trop longs (la visite chez le patron d’Annie, le cambriolage des bureaux de YouPorn) et les situations pas assez variées. Ainsi le film se traine péniblement (alors qu’il faut tout juste 1h35!) et le tout débouche sur une fin convenue et bien trop sage pour le sujet soulevé.
Et c’est là que je trouve que les réalisateurs ont complètement raté le coche. Alors que l’histoire pourrait amener sur des réflexions intelligentes sur le sexe ou les nouvelles technologies, on patauge dans des réflexions convenues sur la famille et sur le vraie sens de l’amour. On a l’impression que le film n’assume pas son délire et on en arrive presque à oublier le pourquoi du comment, passé la moitié de la projection. Alors que bizarrement le film est assez cru au niveau des dialogues (certains les trouveront même vulgaires, mais pour moi la limite n’est jamais dépassée) et dans certaines situations, on oscille entre le trash et le politiquement correct sans trouver un équilibre. A la fois trop sale et trop sage, Sex Tape se prend les pieds dans le tapis et n’arrive donc pas à faire adhérer à son histoire.

Et c’est d’autant plus dommage que les acteurs principaux sont loin d’être mauvais. Le couple formé par Cameron DIAZ et Jason SEGEL est très crédible et on se prend vraiment d’affection pour ces personnages qui enchaînent les problèmes et les occasions manquées. En plus, nos deux interprètes y mettent vraiment du leur en se montrant à de nombreuses occasions dans leur plus simple appareil (enfin… pas l’ombre d’un nichon en vue, désolé messieurs…) et dans des situations pour le moins incongrues. Malheureusement, à eux seuls, ils ne peuvent pas sauver le film de la noyade, surtout que le reste du casting n’est vraiment pas convaincant, voir pas du tout crédible (je pense notamment aux enfants qui ont des réactions très étranges par moment…).

Ainsi, Sex Tape aurait pu être une comédie un peu provocatrice et soulevant des sujets qui pourraient aboutir à des réflexions intéressantes. Mais encore une fois, on se retrouve face à une production convenue, à la trame classique, et dont la conclusion se veut trop sage, voir limite puritaine. De ce fait, le film aura clairement du mal à se trouver un public. Certains le trouveront trop vulgaire, les autres pas assez vu le thème… Bref, encore une comédie qui rate lamentablement son objectif : celui de faire rire en amenant une critique intelligente sur des sujets d’actualités.

AngelSTIpad


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Ce qui vous attend si vous attendez un enfant : Poussez Mesdames!

Décidément, le mois de juin ne se passe pas du tout comme prévu. Plutôt occupé, je n’aurai sans doute pas le temps de changer la bannière du blog pour l’arrivée de l’été. Tant pis, je le ferai tranquillement début Juillet.

En attendant, un petit billet sur ma sortie cinéma hebdomadaire. Je m’abstiendrai de vous parler de The Dictator (dont le scénario a sans doute été écrit par un adolescent…) pour mettre sous les projecteurs l’autre film de ma soirée : Ce qui vous attend si vous attendez un enfant.
Il s’agit d’un film dit choral sur le thème de la grossesse.  On suit le parcours de plusieurs personnages de différents âges, classes sociales et caractères qui mène à l’arrivée d’un enfant dans le foyer.

En règle générale, j’aime bien les films chorals. Mais c’est toujours un peu quitte ou double. L’année dernière, j’avais adoré Crazy, Stupid, Love mais détesté Happy New Year. Dans le cas de Ce qui vous attend si vous attendait un bébé (non mais ce titre à rallonge…) on est un peu au milieu.
Le film est nickel en terme de visuel, de rythme et de dialogues. Une pure production hollywoodienne, bien propret, dont on ne se prive pas de temps en temps (surtout qu’elles sont assez rares cette année…). Reste le thème qui, beaucoup exploité, se doit de convaincre le spectateur.

Ce sera donc clairement sur le fond que votre avis sur le film va se forger. Pas de grandes surprises niveau choix de situations vu que l’on retrouve les classiques sur l’univers des bébés et de la grossesse : les contraintes physiques, la peur des pères, mais aussi l’adoption, les fausses couches, les choix de prénoms, etc.
On nage donc en terrain connu. Donc si vous êtes allergiques à la moindre vue d’un ventre rond ou des débats sans fin sur comment bien élevé son enfant, passez votre chemin! Si par contre vous êtes tentés de suivre le quotidien de personnages (plutôt attachants je dois dire) le temps de quelques mois de leur existence, je vous conseille tout de même ce film qui, même s’il reste sur les acquis du genre, vous permettra de passer un bon moment et qui sait de rire un bon coup.

De mon point de vue, le quota de divertissement est largement rempli. Je regrette juste que le concept du film choral soit finalement peu exploité ici et que le réalisateur n’est pas osé des situations moins convenues. Cela dit, je me demande si j’aurai autant apprécié le film quelques années auparavant. Décidément, notre vie a une réelle influence sur nos goûts!!