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La Belle et la Bête : Christophe Gans retombe-t-il sur ses pattes?

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La Belle et la Bête est, sans aucun doute, le film dont on m’a le plus demandé mon avis au cours de ce mois de Février! J’ignore comment un tel engouement et intérêt ont pu naître autour de cette production française, mais toujours est-il que cela a suffit à me rendre dans les salles obscures pour me faire mon propre opinion sur la dernière production de Christophe GANS (bien que j’avais l’intention d’y aller de toute manière… mais disons que cela l’a placé dans mes priorités).
Et encore une fois, et c’est malheureusement trop souvent le cas avec les productions française, je ne suis pas pleinement convaincu, bien qu’il ne faille pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Il y a une vraie volonté de bien faire avec ce film, une envie de plaire au plus grand nombre et de mettre à l’écran un conte connu mais qui semble toujours autant fasciner.

Tout d’abord, je me demandais qu’elle serait le « ton » du film. Les récents contes que j’ai vu sur grand écran se voulaient être des relectures sombres et violentes de récits souvent infantilisés, bien que bourrés de messages cachés. Dans notre cas, il s’agit ni plus ni moins que d’un production familiale et tout public. Le film serait sorti directement de chez Disney que cela ne m’aurait pas surpris… Christophe GANS a donc choisi de raconter l’histoire de Belle et de la Bête de la manière la plus « basique » possible. C’est à la fois un bon et un mauvais point, car si cela rend le film très accessible, il ne lui donne aucune aura particulière, ni identité force. Et c’est fort dommage vu les moyens mis en place pour en faire quelque chose de marquant.
Car le principal atout du film est de disposer d’une mise en scène qui ravit les yeux à de nombreux moments. Si l’univers semble très classique pour une adaptation de conte, l’utilisation de l’imagerie numérique, ainsi que de nombreux plans de caméra et autres travelling rendent le film dynamique et particulièrement beau. Certaines scènes sont visuellement splendides (la scène sur la glace…!) et il y a une vraie recherche de cadrage et d’ambiance tout au long du film. Sur ce point, je donne toute mon approbation à Christophe GANS.

Seulement voilà, le film a beau tenté de nous séduire en proposant une esthétique alléchante, il pèche allègrement sur d’autres points, et particulièrement sur sa façon de raconter son histoire. La Belle et la Bête est, pour moi, avant tout une romance. Sauf qu’ici, le réalisateur ne semble pas très à l’aise avec son sujet. Du coup, il y a une sorte de maladresse dans la narration, ainsi que dans l’écriture des personnages. Vincent CASSEL et Léa SEYDOUX sont de bons acteurs, mais on a vraiment l’impression qu’ils ne savent pas trop ce qu’ils font là, ni comment rendre leur couple crédible.
Et là je mets le doigt sur le gros soucis du film : on ne croit pas une seule seconde à l’amour naissant être Belle et le Prince déchu! Si bien que lorsque la déclaration finale arrive, on est un peu surpris. Le film fait presque 2 heures mais nos deux tourtereaux doivent à peine partager une vingtaine de minutes communes durant tout le film! Donc forcément, on a vraiment du mal comprendre comment Belle finit par tomber amoureuse de son geôlier avec si peu d’interactions, ces dernières se finissant souvent sur une dispute. On a l’impression que le réalisateur a fait finir son histoire de cette manière parce qu’il le fallait! Pourquoi, au contraire, ne pas avoir osé une autre conclusion, ou une autre interprétation du conte d’origine? Ou alors, il fallait rajouter plus de scènes avec Belle et la Bête, quitte à réduire le nombre de flashbacks sur le passé du Prince (qui semble être là pour justifier l’apparition de Vincent CASSEL sans son masque numérique…).

Ainsi, La Belle et la Bête s’avère être une production que l’on a du mal à vraiment qualifier de bonne ou de mauvaise, bien que j’aurai tendance à lui trouver plus de qualités que de défauts. Mais ces derniers sont beaucoup trop présents et gâchent clairement un ensemble qui ne demande qu’à être aimé et apprécié. Ce n’est donc clairement pas un sans faute pour Christophe GANS, bien que le film reste, en demeurant, agréable à regarder grâce à son esthétique léchée et ses bonnes idées de mise en scène. A vous de voir si cela est suffisant pour lui laisser sa chance…

BelleNeige

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