L'Atelier d'AngelMJ


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Sailor Moon : le shôjo multigenre ?

Nos goûts changent. C’est un fait indéniable que je constate jour après jour et année après année. C’est pour cela que j’essaie toujours de revoir mon jugement sur certaines choses, qui plus est quand le dit jugement n’était pas positif.

Il y a quelques années (durant mon BTS plus exactement), j’avais en classe une amie avec qui j’échangeais régulièrement des mangas. Je lui prêtais mes shônens, elle me prêtait ses shôjos. C’est grâce à elle que j’ai découvert Card Captor Sakura mais aussi Sailor Moon. Certes je connaissais la série TV des années 90 (j’en ai parlé rapidement ici), mais je n’avais encore jamais touché à l’œuvre d’origine. Et je n’ai pas aimé. Mais pas du tout du tout. Il faut dire que la traduction était très moyenne, l’impression de qualité discutable et l’histoire m’avait paru insipide au possible. Bref je suis resté sur une mauvaise impression et ne me gênait pas pour le dire à toute occasion. Mais comme dit, nos goûts changent (en même temps vu l’intro, vous voyiez le truc venir).

Très récemment, le manga m’est retombée dans les mains. Nouvel éditeur, nouvelle traduction et nouvelle impression, on sent que le travail avait été pris très au sérieux pour fêter dignement les 20 ans de la série. Qu’à cela ne tienne, je me suis dit que c’était l’occasion de peut-être revoir mon jugement et me suis replongé dans l’œuvre culte de Naoko TAKEUCHI. Voici donc mon nouveau ressenti, plus de 10 ans après.

Pour commencer, cette nouvelle édition fait enfin honneur au trait de la mangaka. On est dans quelque chose de très doux et aérien. Il faut bien sûr tolérer la sur-utilisation de trames en tout genre mais il n’empêche que TAKEUCHI a un coup de crayon plaisant et identifiable. La mise en scène se veut efficace, bien que parfois confuse (surtout au niveau des combats). L’action n’est clairement pas le point fort du récit, mais avec du recul je me dis que ce n’est pas forcément le cœur du manga.

En parallèle, la mangaka nous propose une histoire en 5 arcs scénaristiques. Les 2 premiers restent assez énigmatiques pour moi et il m’a fallu faire preuve de persévérance pour en venir à bout. Mais concernant la suite, j’ai enchaîné les tomes avec facilité et plaisir. Le récit gagne en force à mesure qu’il gagne en noirceur et je ne vous cache pas mon affection les 3e et 5e arc (bien que ce dernier m’est semblé quelque peu expédié sur la fin).
À dire vrai, l’intérêt de Sailor Moon en tant qu’œuvre est cette manière particulière de mélanger de la romance avec des enjeux beaucoup plus graves. La légèreté du trait de la dessinatrice et la candeur de ses personnages centraux n’enlèvent en rien à l’intensité que l’on peut ressentir durant certains affrontements. Alors certes il faut quand même rentrer dans le délire, car mine de rien c’est très fantaisiste et un peu mièvre par moment. Mais étrangement une alchimie opère au fil des pages, et on se prend d’affection pour notre héroïne et tous ses compagnons.

D’ailleurs, je pense que les personnages sont la grande force du manga. Usagi/Sailor Moon propose une évolution très intéressante et m’a paru beaucoup moins niaise que dans la série TV des années 90. Elle s’avère être une héroïne forte et déterminée donc le leadership sera rarement remis en question. Même Chibi Usa (dont je gardais un souvenir très désagréable) m’a laissé une bien meilleure impression au travers des arcs 3 (surtout) et 4 (un peu).
Mais j’ai surtout un gros coup de cœur pour les dernières Sailors introduites, à savoir Uranus, Neptune, Pluto et Saturne. Elles apportent énormément de nuance au propos et m’ont semblé bien plus travaillées que les 4 Sailors d’origine. À l’inverse, je trouve que le coche a été complètement raté pour les Sailors Starlight, qui souffrent d’un sous-développement assez visible malgré un fort potentiel (mais je trouve qu’il y a un problème général avec le dernier arc).

En conclusion, je ressors de cette deuxième expérience avec un avis bien plus positif. Si la série a du mal à démarrer, la lecture est bien plus agréable une fois immergé dans l’univers de la mangaka. Sailor Moon est ainsi un shôjo très original, presque avant-gardiste sur certains aspects et qui m’a surpris par son inventivité, surtout pour un genre aussi codifié que le magical-girl (même si je trouve que la série est plus proche du sentai par moment). Bref, pas déçu de lui avoir donné une seconde chance et bravo à l’éditeur Pika pour cette réédition d’excellente qualité.

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Super Mario Odyssey : Objectif Lune

Pour les gens de ma génération qui ont démarré les jeux vidéos tôt, il y avait deux grandes écoles : celle de Nintendo et celle de Sega. C’est souvent par elles que nos premières expériences se forgeaient et qui ont eu tendance, sur le long terme, à définir notre identité en tant que joueur.
Me concernant, j’ai reçu l’éducation Nintendo via la NES et n’ai donc pas pu passer à côté de la série Super Mario Bros. Si je garde de très bons souvenirs des épisodes 2D, c’est un opus 3D qui m’a particulièrement chamboulé, à savoir le grand Super Mario 64. Je ne compte plus le nombre de fois que j’ai pu faire et refaire ce jeu tant il a été une énorme claque dans ma face d’adolescent boutonneux. Dès lors, je n’ai cessé de lui chercher un successeur digne de ce nom.

Par la suite, Nintendo sortira d’autres Mario 3D emblématiques : Super Mario Sunshine (qu’en toute honnêteté je n’aime pas plus que ça), Super Mario Galaxy 1 et 2 (j’adore le premier, pas super fan du deuxième) et Super Mario 3D World (que je n’ai jamais fini par manque de motivation…). Bien que Galaxy 1 m’est réellement enchanté, je n’ai pas réussi à retrouver ce plaisir si particulier que j’avais éprouvé en jouant à 64. Les années passants, j’ai commencé à me dire que ce dernier était sans doute un de ces jeux marquants auquel on ne joue qu’une fois dans sa vie et que je ne retrouverai jamais d’équivalent.
Puis Nintendo annonça Super Mario Odyssey sur Switch. Et comment dire… j’y ai cru. Mais genre à fond. Tellement à fond que j’ai acheté la console juste pour y jouer. Je ne saurais dire ce qui m’a plu dans les trailers et mis en confiance aussi aveuglément. Toujours est-il que le 27 Octobre le jeu a débarqué chez moi, et j’ai sans vergogne abandonné mes trophées en cours sur PlayStation 4 (c’est dire) pour voir ce que ce nouvel opus 3D avait dans le ventre.

Je ne vais pas m’attarder sur tous les aspects techniques du jeu, mais plutôt essayer de vous expliquer ce que j’ai ressenti en y jouant. Beaucoup de choses ont déjà été dites (en bien et en mal) donc je ne me vois pas en rajouter une couche. Notez seulement que l’avis qui va suivre est principalement construit sur mon expérience et est de ce fait très personnel (en même temps l’objectivité dans les avis/critiques, va falloir comprendre un jour que c’est une utopie). Bref !

Pour commencer, j’aimerais le dire d’office : Super Mario Odyssey est un très bon jeu. Il est joli, fluide, maniable avec une durée de vie très correcte. Il propose des idées de gameplay variées et c’est un vrai plaisir que de parcourir le jeu une première fois. En effet, j’ai enchainé les niveaux avec facilité et amusement. Bien que je laissais sur mon parcours bon nombre de bonus (pièces violettes et autres lunes), je savais que le plus gros serait à faire après le générique de fin et me suis contenté de profiter de mon voyage à travers le monde.
Seulement voilà… Le dit générique passé, lorsqu’il m’a fallu retourner dans les mondes pour les compléter à 100%, ma motivation a subitement chuté. La principale raison vient du nombre de niveaux et de leur taille. Alors que je me suis beaucoup amusé dans les niveaux de taille moyenne (Pays du Lac, Pays des Chapeaux, etc.), je n’ai pas été très motivé à fouiller de fond en comble les plus gros niveaux comme le Pays des Sables ou celui de la Nourriture. J’ai trouvé que le jeu manquait d’équilibre. Ce dernier contient énormément de lunes à ramasser pour tout avoir. Mais autant en chercher une cinquantaine dans un niveau est amusant, autant en chercher une centaine demande bien plus d’investissement.

En fait, je reproche un peu à Nintendo d’avoir privilégié la quantité à la qualité. Bien que les niveaux soient majoritairement bons (gros coup de cœur pour le Pays des Gratte-ciel), le fait de devoir y passer plusieurs heures juste pour trouver des lunes plus ou moins bien cachées n’est pas une mission très prenante. J’aurais sans doute préféré plus de pays différents, quitte a ne mettre qu’une trentaine de lunes dans chacun.
Le truc c’est que je sais que cette construction du jeu est due au modèle économique de la console qui se veut à la fois portable et de salon. Ainsi il est très facile de décrocher quelques lunes le temps d’un trajet en métro et le jeu se complète ainsi au fil des micro-parties. Et en soit je n’ai rien contre cette manière de faire, je constate seulement qu’elle ne m’a pas plus correspondu que cela.

Mais à dire vrai mon désengouement a eu lieu plus tôt, bien avant que je ne retourne dans les anciens pays pour trouver toutes les lunes. Après le combat final, nous sommes introduits à un niveau inédit : le Royaume Champignon. Énorme clin d’œil à l’épisode Nintendo 64, tout dans ce niveau m’a plu : les couleurs, les musiques, l’ambiance… Tout était là pour me caresser dans le sens du poil. Très vite un sentiment à germer dans ma tête : j’ai soudainement rêvé d’un remake de Super Mario 64 sur Switch.
J’ai alors compris qu’il me serait difficile de retrouver dans un Mario 3D les sensations que j’ai éprouvé à l’époque. Que finalement Odyssey n’était pas Mario 64 et que je devais l’accepter pour ce qu’il était et non pour ce que je voulais qu’il soit. Mais le mal était fait et mes parties n’ont plus eu la même saveur à partir de là.

Par cet article, j’aimerais mettre l’accent sur un point : l’appréciation que l’on a d’un jeu est toujours influencée par notre expérience personnel. Super Mario Odyssey est selon moi un très bon jeu pour tout joueur souhaitant découvrir la plate-forme 3D et une excellente vitrine pour la Switch. Mais personnellement il ne m’a pas entièrement satisfait. J’ai eu plaisir à le parcourir grâce à son univers attachant, son gameplay maîtrisé et sa volonté de proposer une aventure qui tient en haleine. Je n’ai cependant pas réussi à tenir la distance et me suis lassé de ces mondes trop grands et remplis à ras-bord de lunes.
Finalement Mario a échoué là où le dernier Zelda a réussi : me proposer une expérience nouvelle qui m’en ferait presque oublié mes expériences passées. La dite expérience était loin d’être mauvaise, mais elle ne fait clairement pas le point face à son héritage.


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Kubo et l’Armure magique : Vos papiers s’il vous plait

Les années ont beau passer et mes goûts varier au fil des découvertes, il est un genre cinématographique que j’affectionne toujours autant : le cinéma d’animation. Bien qu’ayant largement dépassé la trentaine, je prends toujours autant de plaisir à aller voir ce type de production. Et si le genre est encore trop souvent catalogué comme ciblant le jeune public, il y a fort heureusement des studios qui s’efforcent de proposer un contenu qui tente de combler n’importe quel spectateur. Et dans les sorties récentes, Kubo et l’Armure magique en est l’exemple parfait.

On va commencer pas l’évidence : ce film est un bonbon pour les yeux. Mélangeant habilement stop-motion et effets numériques, la dernière production du studio Laika est très plaisante à regarder. Au delà de l’aspect technique qui force le respect, la direction artistique émerveille et fascine. On sent que les personnes derrière le projet aiment le Japon et son folklore, et nous proposent un univers à la fois riche et vivant.
Ainsi que ce soit via les décors, le design des personnages ou encore la musique, les influences de l’univers de Kubo sont nombreuses et utilisées avec talent. Le spectateur est de ce fait complètement immergé dans le film, ce qui lui permet d’apprécier une production maîtrisée de bout en bout au niveau de la forme. Et comme si cela ne suffisait pas, Kubo et l’Armure magique est également réussi au niveau du fond.

Alors certes, il y a quelques petits détails que j’ai eu du mal à ne pas voir. Que ce soit des raccourcis scénaristiques ou certaines facilités d’écriture, le scénario n’est pas sans défaut et le spectateur exigeant fera peut être la fine bouche à ce niveau.
Cependant pour un film familial, c’est un mal bien minime comparé aux efforts qui ont été fait par les scénaristes pour sortir un peu des sentiers battus. Comprenez par là que même si l’histoire suit un cheminement très classique, le tout est globalement bien écrit et cohérent. C’est très bien rythmé, on ne s’ennuie pas une seule seconde et il y a un équilibre parfait entre les scènes d’action et les moments plus contemplatifs.

Car si Kubo emprunte son esthétique à la culture nippone, la philosophie du film en est imprégnée également. On se retrouve ainsi face une histoire forte, à la fois amusante et tragique. Les thématiques soulevées sont traitées avec pudeur et intelligence, et il est appréciable de voir une telle production parler des notions de famille ou de deuil sans tomber dans le pathos ou le sentimentalisme.

Vous l’aurez compris, je vous conseille plus que vivement d’aller voir Kubo et l’Armure magique car vous passerez sans aucun doute un bon moment. Non seulement le film est une prouesse visuelle, mais l’histoire qu’il raconte est à la fois bien écrite et suffisamment intéressante pour que n’importe quel spectateur puisse apprécier le voyage initiatique du jeune garçon. Donc si vous en avez l’occasion, surtout ne vous privez pas d’aller découvrir cette petite merveille. Le genre de film que l’on aimerait voir plus souvent au cinéma.

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