L'Atelier d'AngelMJ


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Life is Strange : Paradoxe du cœur

Parmi les jeux du catalogue 2015, un titre a particulièrement fait parler de lui : Life is Strange. Ce jeu d’aventure graphique, sorti en 5 épisodes tout au long de l’année, semble en effet déchaîner les passions. Certains crient au génie, d’autres à la sombre merde. Face à tant d’avis contraires (et vu que je n’aime pas construire mon opinion sur des aprioris), j’ai profité de sa sortie en version boite pour me pencher sur cette production du studio Dontnod, à qui on devait déjà le jeu Remember Me (qui visiblement n’a pas beaucoup plu, moi perso je l’avais trouvé sympa). Mon verdict donc.

Comme dit plus haut, Life is Strange est un jeu d’aventure graphique à la 3e personne. Nous incarnons Max, une jeune adolescente qui étudie la photographie. Suite à des évènements tragiques, elle va découvrir qu’elle a le pouvoir de remonter le temps sur une courte durée. Elle va donc tenter de maîtriser son pouvoir afin d’élucider les mystères de sa ville, et plus particulièrement la disparition de Rachel, une élève de son lycée.
Au fil des dialogues et des découvertes, le joueur sera amené à faire des choix qui auront une incidence plus ou moins importante sur la trame principale. Libre à vous donc d’user du pouvoir de Max pour tenter toutes les approches possibles, et d’en subir ou non les conséquences.

Maintenant que j’ai bouclé le jeu, je comprends très bien les points qui font débat. Au niveau de la direction artistique, il faut admettre qu’elle est assez particulière. Les personnages en 3D donnent l’impression d’être peints à l’acrylique et les différents éléments du décor sont souvent représentés de manière très abstraite. Difficile de savoir s’il s’agit d’un choix volontaire ou d’une manière subtile de masquer les limites techniques du titre (perso j’ai joué à la version PS4 mais pour moi c’est du niveau de la génération précédente). Toujours est-il qu’il faut y adhérer si on veut un minimum se plonger dans l’histoire.
Cette dernière est d’ailleurs facilement critiquable elle aussi. Les personnages que l’on croise sont assez caricaturaux, voir irritants (coucou Chloé). On a droit aux personnages classiques d’une intrigue se déroulant dans un lycée (la pimbêche, la victime, le geek, le gosse de riche, etc.) et l’utilisation du voyage dans le temps se révèle assez bancale par moment. Quant au scénario, il n’a pas pour ambition de renouveler le genre et si vous vous intéressez un minimum aux univers de SF usant des voyages spatio-temporelles, vous serez en terrain connu. Ajoutez à cela que le jeu fait très souvent référence à la pop-culture en citant moultes références, parfois un peu insérées à la truelle.

Là vous vous dites que vu la description que je fais du jeu, je fais donc partie du groupe qui ne comprend pas l’engouement autour de ce titre. Et bien détrompez-vous. J’ai aimé ce jeu. Je l’ai même adoré.

Car s’il est une chose de voir les défauts d’une production, il en est une autre que d’en tenir compte quant à notre ressenti final. Oui, Life is Strange possède une direction artistique particulière, mais personnellement je l’ai beaucoup aimé. J’ai aimé ce mélange réalité/art qui lui donne un cachet visuel identifiable. J’ai aimé son ambiance crépusculaire générale et cette sensation de fin du monde palpable tout au long de l’aventure. J’ai aimé sa bande-son folk qui colle à merveille à l’ambiance et qui était selon moi le meilleur des choix vu les contextes et les personnages.

Et pour ce qui est des protagonistes et du scénario, je ne nie absolument pas leurs aspects classiques et les défauts d’écriture. Mais sur ce point, j’ai littéralement joué le jeu. J’ai choisi de laisser mes sentiments prendre le dessus face aux aventures de Max et Chloé et de me laisser porter par l’histoire. Ainsi, malgré une petite baisse de rythme à mi-parcours, je me suis vraiment attaché aux héroïnes et me suis beaucoup identifié à Max dans ses attitudes et dans ses choix (qui finalement se révèlent être les miens). Et même si la trame pourra paraître niaise pour certains, elle m’a personnellement touché à cause de sa sincérité. Oui, c’est exactement ça : Life is Strange est un jeu sincère dans ses intentions et c’est ce qui fait que je l’ai aimé.

Je ne peux donc que vous recommander chaudement ce titre. S’il n’est pas irréprochable autant en termes de fond et de forme, c’est pour moi un jeu d’aventure graphique qui se laisse agréablement découvrir, dès lors que l’on parvient à être sensible à son ambiance et au message que les développeurs ont cherché à nous faire passer. Et personnellement, je suis clairement demandeur de ce genre de production. Une production qui n’est peut être pas à la hauteur de ses ambitions, mais qui malgré tout tente de proposer au joueur une expérience sincère. Et ça, j’y suis particulièrement sensible.

En fait, je pense que l’appréciation globale du jeu dépend de la manière dont vous y jouerez : avec votre tête ou avec votre cœur. Quel sera votre choix ?

CompoMax


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Projet Blogs BD : Rencontrer son soi du futur

Cela faisait un petit moment que nous n’avions pas fait un projet commun entre blogs de BD, il fallait remédier à ça ! Nous voici donc de nouveau réunis autour d’un thème commun qui est : « Et si vous rencontriez votre vous du futur? ». Voilà ce que ça donne de mon côté :

AngelFutur

Et oui, je suis quelqu’un qui n’aime pas trop se projeter (sans doute parce que cela me stresse). Je préfère prendre le temps pour chaque chose, et même si je suis du genre à aimer tout planifier à l’avance, j’évite de regarder trop loin dans l’avenir afin de me concentrer au maximum sur les moments présents. Et puis je n’aime pas que l’on me spoile, surtout sur ma propre vie ! Mais je suis sûr que mon « moi » du futur comprendrait bien cela.

N’hésitez pas jeter un oeil aux autres blogs qui participent au projet :

La Belle Bleue – Rosenblum – Le blog de Quentin Lefebvre  Monsieur le Psy – imaygine – A frog’s life  – What’s up in my happy days – Dank – Calomiel – Trentenaire et geek – Mikachu – Louleloup – AD_e – Sériba – Elanor – Nini


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X Men Days of Future Past : Vers un avenir meilleur?

Dans la vie, rien n’est immuable. Grand fan des adaptations de comics au cinéma, je constate aujourd’hui à quel point mes goûts ont changé vis-à-vis de ces productions (ou alors ce sont ces dernières qui ont changé, allez savoir…). Rien ne m’a vraiment émoustillé depuis un petit moment dans ce registre, et je vous avoue que je misais beaucoup sur le nouveau X Men, étant un grand admirateur de la première trilogie (oui, même du troisième, parce que… Famke JANSSEN quoi!). Les critiques étant extrêmement mitigées au sujet de la dernière production de Bryan SINGER, je suis donc allé voir Days of the Future Past avec un peu d’appréhension. Et il faut croire que cela a joué en ma faveur car je n’ai pas trouvé le spectacle si mauvais que certains l’ont décrit, bien que rien ne soit parfait dans le monde de Marvel.

Pour commencer, Days of Future Past a la lourde tâche de raccorder la première trilogie avec les évènements du préquel First Class et les différents spin-off mettant en scène Wolverine. Et à l’image du format d’origine, force est de constater que la timeline commence à vraiment partir dans tous les sens, et il ne manquerait plus qu’ils nous relient tout ça avec Avengers et Spiderman pour que ça devienne un joyeux bordel! Mais je m’égare. Dans ce nouvel opus, Wolverine est envoyé dans le passé grâce aux pouvoirs de Shadowcat (celle qui traverse les murs… cherchez pas le rapport, je comprends vraiment pas comment fonctionne la notion de mutation dans X Men…) pour empêcher un évènement particulier et ainsi mettre fin à la guerre meurtrière qui a lieu dans le présent. Ainsi, notre héros poilu à la griffure facile va devoir convaincre les Charles-Xavier et Magneto du passé de s’allier à lui pour mener à bien sa mission.

Utilisez la thématique du voyage dans le temps est toujours super casse-gueule. Mais dans un univers aussi farfelu que celui d’X men, j’avoue que son utilisation ne m’a pas plus choqué que ça. Je ne rejoindrai donc pas la league de ceux qui aiment trouver toutes les incohérences liées à son utilisation, moi tant que ça ne me fait pas sortir du film, je m’en tamponne. Ceci étant dit, c’est toujours un plaisir de revoir des personnages avec lesquels ont s’est attaché au fil des années, le tout interprété par une belle brochette d’acteurs (Haaaa… Jennifer LAWRENCE…).
Au niveau de l’histoire, elle est plutôt bien faite et ne commet comme seule erreur que d’être un chouilla prévisible et un peu téléphonée à certains moments. Pour le reste, on ne s’ennuie pas une seconde et la trame déroule ses deux heures douze d’effets spéciaux sans encombre. Toutefois, si je devais lui faire un reproche très personnel, ce serait que cela manque cruellement de scènes d’actions. Pour moi, un film mettant en scène des personnages disposant de pouvoirs divers et variés se doit de les mettre en scène dans des combats dantesques. Et sur ce coup, Days of Future Past joue vraiment les petites frappes car malgré une première scène fort sympathique et les passages avec Vif-Argent, la majeure partie du scénario se concentre sur les dialogues et la psychologie des personnages. Attention! Ce n’est pas un reproche, mais c’est juste que, quitte à envoyer Wolverine dans le passé, autant qu’il se castagne un peu. Parce que là, c’est un peu la loose à ce niveau, à se demander si c’était vraiment utile de l’envoyer lui et pas un autre…

Enfin concernant l’aspect visuel du film, c’est le genre d’univers avec lequel j’ai beaucoup d’affinités. J’ai aimé le design des sentinelles, la manière dont sont représentés certains pouvoirs (Vif-Argent… encore lui) et le film ne commet aucune erreur en terme de mise en scène et de cadrage. Je regrette toutefois, encore et toujours, que la 3D ne soit qu’un prétexte pour gonfler le billet d’entrée, tellement cette dernière passe complètement inaperçue…

Quel est donc mon verdict? Et bien pour faire simple, je trouve que Days of Future Past est un bon film Marvel, mais un X men à la qualité discutable.Le manque de scène d’action se fait clairement sentir et je regrette que les différents pouvoirs des personnages ne soient pas plus utilisés ou mis en avant. De plus, même si je trouve le scénario bien écrit, ça reste quand même un sacré désaveu de la première trilogie vu la manière dont il se termine. Après, le spectacle est tout de même assuré et les différents personnages sont assez bien écrits pour que l’on est envie de les suivre dans leurs aventures. Du coup, je me demande bien ce que va raconter le prochain épisode, Apocalypse (whoa! ce titre de ouf…), mais je garde espoir d’être surpris.
Alors si vous aimez les X men, Days of Future Past est loin d’être le mouton noir de la famille (on sait tous que c’est Wolverine Origins…), donc vous n’avez aucune raison de ne pas lui accorder un peu de votre temps. De mon côté, je vais chercher à comprendre le rapport entre le pouvoir de traverser les murs et faire voyager dans le temps…

AngelShadowcat


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Looper : La boucle est bouclée

Hier soir, comme tous les ans, je me suis réfugié dans mon cinéma pour échapper à la journée officielle du racket en bandes organisées (aka Halloween…). J’ai enfin pu voir Skyfall, le dernier James Bond, qui m’a beaucoup plu. Mais j’aimerais d’abord vous parler de l’autre film que j’ai vu juste avant : Looper.
Looper est un film dont je ne savais pas grand chose, hormis la bande-annonce aperçu une fois de temps en temps avant les films typés « action ». Pourtant, le synopsis et les acteurs présents avaient attirés mon attention et je me suis rendu en salle avec une certaine curiosité. Et le résultat est sans appel pour moi : c’est un vrai coup de coeur!

L’histoire se passe en 2044. On suit la vie de Joe (interprété par Joseph GORDON-LEVITT), un tueur particulier appelé « looper », qui a pour mission de tuer des hommes envoyés dans le passé par la mafia du futur. Tout se passe bien jusqu’à ce qu’une des cibles de Joe se révèle être lui avec 30 ans de plus (Bruce WILLIS)! Ce dernier s’échappe et Joe va devoir tout faire pour le retrouver et l’éliminer, au risque de voir ses employeurs se retourner contre lui.
Lorsque l’on découvre le synopsis ou la bande-annonce, on s’attend à voir un « bête » film d’action, un peu dans le style de Total Recall. Mais il n’en est rien! Looper, c’est bien plus que ça!

Déjà, il faut vraiment saluer la manière dont est construite l’histoire. Les premières minutes du film introduisent rapidement les codes de l’univers (les loopers, la télékinésie, la drogue du futur, etc.) afin de poser les bases solides du scénario. Cela va très vite sans non plus être bâclé. Puis vient la fameuse confrontation entre Joe et son futur lui et là on s’entend à n’avoir que de l’action pure. Et bien en fait… non. Oui il y a de l’action, mais l’intrigue ne se limitera pas à ça.
En milieu de film, le rythme ralentit fortement avec l’introduction du personnage de Sara (Emily BLUNT) et de son fils. Là, on se demande ce qui se passe et pourquoi le film semble complètement changé de style. Mais de révélations en révélations, l’histoire prend une toute autre tournure, les enjeux changent, les personnages aussi, bref on va de surprises en surprises jusqu’à un final bien maîtrisé et cohérent avec le reste de la narration.

J’essaie de ne pas trop vous en dire car le déroulement de l’histoire peut surprendre un peu, et ceux qui s’attendent à de l’action pure risque d’être très déçus. Mais j’y vois un vrai atout pour le film qui sort ainsi un peu du cadre imposé des films d’action pour proposer un film de science-fiction à l’univers maîtrisée et aux personnages loin de tout manichéisme. Bref, Looper est clairement l’un de mes coups de coeurs de cette fin d’année et j’ai pris énormément de plaisir à la regarder. Finalement si je devais faire un reproche, c’est d’essayer de nous faire croire que Joseph GORDON-LEVITT puisse devenir Bruce WILLIS en vieillissant (remarque, on a bien essayé de nous faire croire que Zack EFRON devenait Mathew PERRY!). Mais il valait mieux ça qu’un Joseph GORDON-LEVITT avec un postiche de vieux à la Prometheus!!!


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Camille Redouble : Bien… Mais peut mieux faire!

N’ayant pas pu aller au cinéma la semaine dernière, je vais vous parler d’un film que j’ai vu il y a déjà quelques semaines : Camille Redouble. Ce film français de Noémie LVOVSKY a visiblement beaucoup plu et de nombreuses critiques ont commencé à fleurir un peu partout sur la blogosphère. Je vais donc apporter ma pierre à l’édifice, en apportant cependant un peu plus de nuances que les critiques très enthousiastes que j’ai pu lire ici et là.

Le film nous propose de suivre Camille, une femme de 40 ans fraîchement divorcée (et alcoolique à ses heures perdues), qui se retrouve propulsée à l’âge de ses 16 ans. Comment? Aucune explication n’est donnée et honnêtement, on s’en fout complètement! Elle va donc redécouvrir ses copines aux physiques ingrats (soyons honnête…), ses parents et surtout son petit ami et futur ex-mari.
Avec un tel synopsis, Noémie LVOVSKY (qui tient aussi le rôle principal) avait le choix de plusieurs trames à suivre et elle a choisi celle de la fatalité. En effet, Camille va passer le clair de son temps à plus ou moins subir son passé. Elle tentera bien à un moment d’empêcher sa mère de mourir ou de fuir son futur mari, mais à part ces quelques exceptions, on assiste plutôt à une sorte de flashback où Camille va juste comprendre que le passé reste le passé et qu’il ne permet pas d’améliorer le futur. C’est un choix de trame comme un autre, mais je trouve dommage qu’il ait fallu 1h55 à la réalisatrice pour parvenir à cette conclusion.

En effet, le film est long et multiplie les intrigues plus ou moins utiles à l’avancement du scénario. Les scènes avec les copines demeurent sympathiques mais finalement peu intéressantes quant à l’évolution de la trame, l’intrigue amoureuse avec le prof de science est clairement de trop, et le chassé-croisé avec le futur ex-mari lassant et redondant. Demeurent les passages avec les parents de Camille que j’ai particulièrement appréciés et qui sont, selon moi, le moteur principal du film, bien avant celui du petit ami.
De mon point de vue, Noémie LVOVSKY aurait dû concentrer ses efforts sur cette partie de l’histoire, qui justifie à elle seule l’intérêt du voyage dans le temps. Car c’est le seul moment où Camille se comporte comme la femme de 40 ans retournée dans sa jeunesse, alors que son comportement durant le reste du film ressemble plus à celui d’une adolescente de 16 ans qui connaît son futur. La nuance est certes subtile mais c’est sur ce point que le film rate le coche et perd grandement en intérêt.

C »est dommage car il y a un vrai effort au niveau de la forme. L’ambiance années 80 est très bien restituée avec les fringues, les meubles, les accessoires, la musique… Les 30-40 ans risquent d’être nostalgiques devant Camille Redouble tellement le saut dans le temps est crédible et troublant.

Je ne pense pas que ce film soit mauvais, mais je trouve que la réalisatrice est restée trop sage et livre finalement une histoire parfois touchante, mais assez lisse et plutôt vide de sens selon moi! L’histoire d’amour m’a clairement pris le chou alors que l’intrigue autour des parents aurait mérité plus d’attention. Mais je regrette surtout que Camille n’use pas plus des intérêts de venir du futur pour tenter d’améliorer certaines choses (surtout qu’il s’agit bien d’un voyage dans le temps et que ses actes ont un impact sur le cours du temps!). Pour moi, c’est un rendez-vous manqué et le ton se révèle beaucoup trop fataliste à mon goût…
Finalement, je me suis assez ennuyé. Je ne nie pas les qualités de film, mais je me demande, avec du recul, si j’étais vraiment le public visé (la majeure partie des critiques positives sont rédigées par des femmes…). Ou alors j’ai une vision très différente concernant l’intérêt des voyages dans le temps, mais ça c’est un autre sujet…