L'Atelier d'AngelMJ


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Undertale : Fier de ses choix

Je pense qu’il n’y a pas de mal à être fan de quelque chose. Les fans sont souvent des passionnés qui profitent de chaque occasion pour partager ladite passion. Mais parfois, certains d’entre eux vous donnent juste envie de fuir loin de l’objet de leur admiration, tant ils peuvent être virulents, voir carrément sectaires dans leur propos.
Et comme beaucoup, j’ai tendance à me tenir éloigné de ce type de fanbase, ainsi que de l’objet de leur culte. J’ai ainsi failli passer à côté d’Undertale, un jeu indépendant sorti l’année dernière, et qui a déchaîné les foules. De nombreux aspects m’attiraient vers ce jeu, mais la hype autour m’a refroidi et les éloges me semblaient trop nombreuses pour être honnêtes. Malgré tout, j’ai décidé d’en avoir le cœur net et ai fait l’acquisition de cette production à l’occasion d’une solde sur la plateforme Steam. Voici donc mon humble avis après 25h de jeu et plusieurs parties dans les pattes.

Undertale est un jeu indépendant dans la pure tradition des J-RPG. L’histoire nous raconte le périple d’un jeune humain (son sexe est volontairement indéfini pour une meilleure identification par le joueur), tombé par mégarde dans le monde des monstres et qui tente de rentrer chez lui. Le titre possède une particularité assez unique : vous n’êtes pas obligés d’affronter vos ennemis et avez la possibilité de les épargner, dès lors que vous effectuez les bonnes manipulations. Et c’est avec ce principe tout simple que le jeu va prendre une dimension bien plus grande et beaucoup moins classique qu’il n’y parait.

Je vais très rapidement parler des défauts du titre. Le principal, selon moi, est que les graphismes laissent souvent à désirer. Si on sent une intention derrière la direction artistique, on ne me fera pas croire que certains éléments n’ont pas été bâclés. Je pense surtout au mapping de certaines cartes où, parfois, on ne parvient pas à faire la différence entre le sol et le plafond. Cela est d’autant plus critiquable que le jeu contient par moment des décors sublimes, dans la pure tradition pixel-art.
Dernier défaut : le jeu est entièrement en anglais. Et il va sans dire que vu l’importance des dialogues dans la progression du joueur, cela risque d’être un gros frein pour ceux ne maitrisant pas un minimum la langue. Je peux comprendre qu’une traduction serait un exercice laborieux, vu la quantité de textes que contient le titre, mais je pense qu’il est important de le préciser.

Et ça s’arrête là. Oui, je ne vois pas d’autres points à reprocher au jeu. Le reste témoigne d’une véritable maîtrise du média vidéoludique, mais également de l’écriture et de la manière dont on peut raconter un histoire via le jeu vidéo. C’est pour moi la plus grosse force du titre : parvenir, au travers du gameplay et des choix du joueur, à lui faire vivre un aventure riche et intéressante.

Tout l’intérêt du jeu réside dans la manière dont vous choisirez de vous comporter : soit en jouant « normalement » et en tuant tous ennemis et boss se mettant sur votre chemin, soit en ne faisant aucune victime. Si cela peut paraître basique, il n’en est rien une fois la partie lancée. Car comme dit plus haut, le jeu utilise les mécaniques et les codes du J-RPG pour mieux les détourner ou les mettre au service de son histoire. Ainsi, des actions aussi évidentes que faire du leveling (rester dans une zone pour tuer des ennemis en boucle et monter de niveau) ou fuir les combats, auront de vraies conséquences et certains de ces actes basiques seront perçus d’une toute autre manière.

Ainsi, Untertale parvient à surprendre le joueur en le questionnant sur ses choix et sur sa manière de jouer (l’intérêt étant de tester toutes les possibilités). J’ai été personnellement très sensible à ma partie « Pacifiste », dans laquelle je suis parvenu à ne tuer personne. Déjà parce que cela correspond à ma manière d’être et à mon caractère, mais j’ai apprécié que le jeu me « récompense » pour cela. Du coup, j’avoue avoir été ému lors de cette partie et très sensible à la narration et aux dialogues proposés.
J’ai d’ailleurs mis un peu de temps avant de tenter une partie « Génocide » (tuer tout le monde). En effet, je m’étais tellement attaché aux personnages que je me voyais mal relancer une partie pour tous les exterminer. Finalement, elle m’a semblé plus classique dans son déroulement (qui se veut plus « naturel » pour un joueur lambda). Mais encore une fois, le jeu surprend en nous mettant face à nos actions et j’ai été agréablement surpris par le dénouement de cette partie. Donc les deux voies sont à emprunter, ne serait-ce que pour avoir le fin mot de l’histoire.

Avant de conclure cette chronique, je tiens à ajouter que la bande son de ce jeu est sans doute une des meilleures que j’ai pu entendre ces dernières années. Certaines compositions sont réellement marquantes, autant dans le registre léger que celui du drame. La musique fait vraiment partie intégrante de l’expérience de jeu et c’est en cela que je la trouve excellente. Certaines pistes restent en tête et on se surprend à les fredonner tout en repensant aux bons moments passés dans le jeu.

Clairement, jouer à Undertale fut une expérience unique. Je pense que peu de jeux ont réussi à m’interpeler à ce point. Je me suis senti impliqué en tant que joueur grâce à une écriture maîtrisée, des personnages attachants et par le fait que mes choix aient de vraies conséquences sur le déroulement de l’aventure. Et surtout, j’ai aimé sa manière d’utiliser le média pour servir l’histoire, de se vouloir un peu méta mais de le faire bien et de manière cohérente. En bref, hype ou non, il s’agit d’un jeu à faire et je le conseille à n’importe quel joueur souhaitant vivre, lui aussi, cette expérience. Croyez-moi, ce sera criminel de passer à côté.

EDIT : Une traduction française serait en cours de réalisation. Très bonne nouvelle ! Ce sera l’occasion pour tout le monde de découvrir le jeu sans la barrière de la langue (et dans mon cas, ce sera une bonne raison d’y jouer à nouveau).

AngelPacifist

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Life is Strange : Paradoxe du cœur

Parmi les jeux du catalogue 2015, un titre a particulièrement fait parler de lui : Life is Strange. Ce jeu d’aventure graphique, sorti en 5 épisodes tout au long de l’année, semble en effet déchaîner les passions. Certains crient au génie, d’autres à la sombre merde. Face à tant d’avis contraires (et vu que je n’aime pas construire mon opinion sur des aprioris), j’ai profité de sa sortie en version boite pour me pencher sur cette production du studio Dontnod, à qui on devait déjà le jeu Remember Me (qui visiblement n’a pas beaucoup plu, moi perso je l’avais trouvé sympa). Mon verdict donc.

Comme dit plus haut, Life is Strange est un jeu d’aventure graphique à la 3e personne. Nous incarnons Max, une jeune adolescente qui étudie la photographie. Suite à des évènements tragiques, elle va découvrir qu’elle a le pouvoir de remonter le temps sur une courte durée. Elle va donc tenter de maîtriser son pouvoir afin d’élucider les mystères de sa ville, et plus particulièrement la disparition de Rachel, une élève de son lycée.
Au fil des dialogues et des découvertes, le joueur sera amené à faire des choix qui auront une incidence plus ou moins importante sur la trame principale. Libre à vous donc d’user du pouvoir de Max pour tenter toutes les approches possibles, et d’en subir ou non les conséquences.

Maintenant que j’ai bouclé le jeu, je comprends très bien les points qui font débat. Au niveau de la direction artistique, il faut admettre qu’elle est assez particulière. Les personnages en 3D donnent l’impression d’être peints à l’acrylique et les différents éléments du décor sont souvent représentés de manière très abstraite. Difficile de savoir s’il s’agit d’un choix volontaire ou d’une manière subtile de masquer les limites techniques du titre (perso j’ai joué à la version PS4 mais pour moi c’est du niveau de la génération précédente). Toujours est-il qu’il faut y adhérer si on veut un minimum se plonger dans l’histoire.
Cette dernière est d’ailleurs facilement critiquable elle aussi. Les personnages que l’on croise sont assez caricaturaux, voir irritants (coucou Chloé). On a droit aux personnages classiques d’une intrigue se déroulant dans un lycée (la pimbêche, la victime, le geek, le gosse de riche, etc.) et l’utilisation du voyage dans le temps se révèle assez bancale par moment. Quant au scénario, il n’a pas pour ambition de renouveler le genre et si vous vous intéressez un minimum aux univers de SF usant des voyages spatio-temporelles, vous serez en terrain connu. Ajoutez à cela que le jeu fait très souvent référence à la pop-culture en citant moultes références, parfois un peu insérées à la truelle.

Là vous vous dites que vu la description que je fais du jeu, je fais donc partie du groupe qui ne comprend pas l’engouement autour de ce titre. Et bien détrompez-vous. J’ai aimé ce jeu. Je l’ai même adoré.

Car s’il est une chose de voir les défauts d’une production, il en est une autre que d’en tenir compte quant à notre ressenti final. Oui, Life is Strange possède une direction artistique particulière, mais personnellement je l’ai beaucoup aimé. J’ai aimé ce mélange réalité/art qui lui donne un cachet visuel identifiable. J’ai aimé son ambiance crépusculaire générale et cette sensation de fin du monde palpable tout au long de l’aventure. J’ai aimé sa bande-son folk qui colle à merveille à l’ambiance et qui était selon moi le meilleur des choix vu les contextes et les personnages.

Et pour ce qui est des protagonistes et du scénario, je ne nie absolument pas leurs aspects classiques et les défauts d’écriture. Mais sur ce point, j’ai littéralement joué le jeu. J’ai choisi de laisser mes sentiments prendre le dessus face aux aventures de Max et Chloé et de me laisser porter par l’histoire. Ainsi, malgré une petite baisse de rythme à mi-parcours, je me suis vraiment attaché aux héroïnes et me suis beaucoup identifié à Max dans ses attitudes et dans ses choix (qui finalement se révèlent être les miens). Et même si la trame pourra paraître niaise pour certains, elle m’a personnellement touché à cause de sa sincérité. Oui, c’est exactement ça : Life is Strange est un jeu sincère dans ses intentions et c’est ce qui fait que je l’ai aimé.

Je ne peux donc que vous recommander chaudement ce titre. S’il n’est pas irréprochable autant en termes de fond et de forme, c’est pour moi un jeu d’aventure graphique qui se laisse agréablement découvrir, dès lors que l’on parvient à être sensible à son ambiance et au message que les développeurs ont cherché à nous faire passer. Et personnellement, je suis clairement demandeur de ce genre de production. Une production qui n’est peut être pas à la hauteur de ses ambitions, mais qui malgré tout tente de proposer au joueur une expérience sincère. Et ça, j’y suis particulièrement sensible.

En fait, je pense que l’appréciation globale du jeu dépend de la manière dont vous y jouerez : avec votre tête ou avec votre cœur. Quel sera votre choix ?

CompoMax


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J’ai 30 ans : Bon… OK…

Hier, j’ai eu 30 ans. J’ai bien essayé de négocier pour rester à 29, mais le Temps est dur en affaire. Les âges de la famille des dizaines ont tendance à nous marquer plus que les autres. A raison? A tort? Honnêtement, je n’en sais moi-même trop rien. Il m’a traversé l’esprit de faire un petit article bilan, histoire de voir ce que j’ai retenu de ces trente années à côtoyer l’espèce humaine. Mais après moultes réflexions, j’ai décidé de voir les choses autrement.

En fait faire un bilan, je trouve ça chiant autant à rédiger qu’à lire. Donc histoire d’épargner votre temps et le mien, je vais plutôt jouer la carte de la spontanéité et de l’instant présent. Le temps passe vite, je m’en rends compte de plus en plus, et j’ai parfois l’impression que mon état d’esprit n’évolue pas au même rythme que mon âge (je suis resté mentalement bloqué à 25 ans, allez savoir pourquoi…). Du coup, je me dis que passer son temps à regarder dans le rétroviseur de sa vie n’est pas le meilleur moyen d’avancer. Surtout que je ne le cacherai pas, je préfère braquer mon regard sur cette année 2014 plutôt que sur toutes les autres, tellement c’est une année riche en rebondissements et en changement pour moi.

Si avoir 30 ans ne change finalement pas grand chose, je retiendrai surtout l’année où je les ai eu. Une année marquante, où j’ai pu enfin évoluer professionnellement, une année où mon travail a été mis en lumière et m’a permis de rencontrer des personnes formidables grâce à Internet, une année qui m’offre de nombreuses opportunités et de nombreux itinéraires de vie possible. Et ça les gens, c’est cool et ça vaut n’importe quel bilan à la noix!

Et comme le veut la tradition, qui dit article sur le blog, dit illustration. Là par contre, j’ai joué le nostalgique et est eu envie de dessiner tous les avatars que j’ai pu créer, et ce depuis que j’ai découvert que dessiner c’était orgasmique! J’en profite pour remercier chaleureusement Dunklayth pour ses conseils en colo, j’espère continuer à m’améliorer à ce niveau! A noter qu’à l’avenir, je vais me dessiner un peu plus « adulte » car à force de me faire en mode Chibi par soucis de facilité, on a cru que j’avais dix ans de moins (même si je n’ai jamais caché mon âge, suffit de lire les FAQ et les A propos ^^). Sur ce, passez tous une excellente semaine et restez en alerte, il y aura une petite annonce d’ici quelques jours… ;)

Angel30ans


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Les choix toujours les choix!

Dimanche dernier, il fallait choisir quoi mettre dans la petite enveloppe bleue. Et il faudra renouveler l’expérience dans 2 semaines… Mais moi les choix, c’est pas mon fort… Et ce dans beaucoup de domaine!

Alors oui, c’est une référence assez geek, mais croyez-moi on en est réduit à ça dans ce milieu aussi! ^^ »