L'Atelier d'AngelMJ


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Bilan Cinéma 2014 : L’heure du changement?

Hello les gens!

Mon année cinéma 2014 s’est achevée hier avec Exodus (qui était… mega bof) et je vous présente donc mon fameux bilan, à savoir les 10 films que j’ai préféré et ceux qui, au contraire, m’ont presque fait regretté d’être allé les voir, malgré mon abonnement.
2014 n’aura pas été une année très bonne pour moi en terme de cinéma. J’ai vu beaucoup moins de films que l’année dernière (80 contre 105 en 2013) et je dois bien admettre que très peu m’ont marqué, que ce soit en bien ou en mal. S’il n’a pas été trop difficile de placer les premières et dernières places, ce fut très délicat de classer le reste des productions. Exercice quelque peu laborieux donc, mais toujours intéressant pour moi afin de voir comment mes goûts et mes attentes évoluent. Car 2014 semble marquer un petit tournant dans ma manière de percevoir le 7e Art.

Je constate en effet le début d’un certain désintérêt pour les grosses productions Hollywoodienne, que je trouve de plus en plus convenues et sans génie. Les films d’animation, mes petits plaisirs coupables, n’ont pas non plus beaucoup brillé cette année et un seul parvient à se glisser dans mon Top 10. Je constate en revanche avoir pris beaucoup de plaisir devant de nombreuses productions françaises, et si une seule d’entre elles parvient à se faire une place dans les hautes sphères, 7 font parties des films que j’ai aimé (qui sont au nombre de 37). En revanche, il y en a toujours pas mal en bas du classement, preuve qu’il y en encore du chemin à faire mais que tout n’est pas perdu pour autant! Mais je vais m’arrêter là que je sens que certains commencent déjà à dérouler l’article, impatients de découvrir les films qui ont su trouvé ma faveur, mais aussi ma défaveur.

A la différence de l’année dernière, je vais commencer par mon Flop 10 :

Flop2014

On démarre par la comédie américaine Sex Tape qui n’a pas du tout réussi à me convaincre, malgré ses acteurs principaux qui font ce qu’ils peuvent pour nous intéresser à une histoire complètement insipide. Dommage quand on voit le peu de comédies outre-atlantique sorties cette année.
Ensuite se trouve Avis de Mistral. Ce qui est très amusant avec ce film, c’est que j’ai presque du mal à m’en rappeler tellement je l’ai trouvé vide de sens. On est face aux classiques « Campagne contre Ville » et « Vieux contre Jeunes », avec les clichés habituels, des personnages peu originaux dont les relations évoluent d’un coup et sans raison apparente, le tout finissant sur une conclusion tellement évidente que je me demande encore le but de ce genre de production.
D’ailleurs, en parlant de but, je cherche encore celui de Les Gazelles, qui se place 8e dans mon Flop. Car moi, à part voir une production qui semble dire qu’être une femme célibataire à Paris c’est être dans la merde jusqu’au cou, j’ai pas saisi le message du film. Sans doute qu’entant qu’homme vivant en province, je passe peut être à côté de certains aspects de cette comédie, toujours est-il que j’ai trouvé ça particulièrement mauvais.
En 7e position arrive Equalizer. Ce film sort avec bien 20 ans de retard. Avec son rythme poussif, son personnage principal invincible et pas attachant pour un sou, on regarde se dérouler le film sans qu’à aucun moment on éprouve le moindre intérêt pour son histoire convenue et prévisible. Dans le même genre, John Wick avait au moins le mérite d’être fun.
Ho! Mais voilà qu’arrive la bonne blague de 2014 : 300 : La Naissance d’un Empire. Dans le genre suite opportuniste dénuée de sens, on est dans le haut du panier. Cherchant tout du long à se rapprocher du premier opus sans jamais y parvenir, on assiste à un spectacle boursoufflé de partout et sans identité propre, qui ne parvient même pas à nous faire susciter de l’intérêt pour les personnages (ce que le premier film faisait relativement bien). A noter aussi que ce film contient la scène de cul la plus ridicule qui m’ait été donné de voir en 2014, rien que pour ça c’est collector.

On arrive aux 5 lauréats de ce Flop avec Un Été à Osage County. Si vous êtes intéressés à l’idée de voir toute une famille se mettre sur la gueule (et sérieusement en plus) pendant 2h, peut être y trouverez-vous chaussure à votre pied. Mais me concernant, j’ai trouvé le spectacle affligeant et limite malsain, et ce malgré un casting qui a de la gueule.
Pas loin derrière se place Horns qui, à défaut d’aligner les maladresses et les fautes de goût, a au moins eu le mérite de me faire rire, même si je doute que c’était dans les intentions du réalisateur. Un film fantastique pour ado creux et mal foutu, avec la scène finale la plus ridicule que j’ai pu voir cette année.
On arrive sur le podium avec, à mon grand regret, 3 films français. Tout d’abord Jamais le Premier Soir qui, un peu à l’image de Les Gazelles, n’a pas été fichu de m’arracher le moindre sourire, ni me faire approuver la moindre empathie pour ses personnages. Le « Attention, ce film rend heureux » sur l’affiche me fait ainsi rire bien jaune…
La médaille d’argent de la honte revient quant à elle à Papa was not a Rolling Stone. Honnêtement, je ne savais pas où placer ce film tellement il ne m’inspire rien. C’est typiquement le genre de production que tu regardes en pensant à autre chose, ou rien n’arrive à t’intéresser au propos ni au destin des personnages. Le film dispensable par excellence que n’a même pas envie de détester, juste faire comme s’il n’était pas là. Pourtant le sujet aurait pu être intéressant.
Et au sommet du podium trône fièrement (ou pas) Les 3 Frères le Retour. Je ne comprends pas cette envie de chercher absolument à reproduire des exploits passés. Il faut apprendre à tourner la page et à vivre avec son temps. Cette suite à la célèbre comédie des Inconnus (que personnellement j’aime beaucoup) est un étron cinématographique. Le scénario ne mène nulle part, ça n’est jamais drôle, juste bête et méchant, les personnages sont détestables et le film passe son temps à faire des clins d’oeil au premier opus dans l’espoir de faire appel à notre nostalgie et, dans le cas présent, à notre pitié. C’est une vraie catastrophe, et le seul film où je suis parti 10 minutes avant la fin tellement je n’en pouvais plus (et parce que j’avais une autre séance qui allait démarrer…). Et ça me rend triste de constater que c’est vraiment le film qui j’ai le moins aimé cette année (en fait je l’ai mis dernier d’office en faisant mon classement), tant Les Inconnus sont une part importante de mon adolescence. En bref, encore une fois, je vais faire comme s’il n’existait pas pour éviter de m’en rappeler.

Ceci étant fait, place maintenant aux productions qui ont elles, pour des raisons diverses et variées, réussit à charmer mon coeur de cinéphile durant cette année 2014 un peu morose :

Top2014

American Bluff ouvre le bal. Si j’admets sans honte que le casting très à mon goût joue certainement sur mon appréciation, le film reste une belle réussite dans son genre. Bien rythmé, drôle et aux personnages attachants par leurs imperfections et disposant d’une direction artistique brillante, j’ai clairement passé un excellent moment devant cette comédie que j’espère revoir très bientôt.
En 9e place se trouve le seul film d’animation du Top 10 (diantre, serais-je entrain de vieillir?) : La Grande Aventure LEGO. Quand je pense à ce film, je ne peux m’empêcher d’avoir un sourire niais qui se dessine sur mon visage. C’est à la fois drôle et touchant, inventif, avec un scénario loufoque mais dont la conclusion surprend par sa maturité, ainsi qu’une animation originale (faux stop motion) et qui honore à la franchise des bonhommes jaunes avec lesquels j’ai passé toute mon enfance.
Nous avons ensuite le très touchant Mommy. Très certainement le plus beau film que j’ai vu cette année (autant au niveau du fond que de la forme), avec des personnages touchants et une manière de les filmer pleine de tendresse. Un petit coup de coeur qui méritait bien sa place dans ce Top 10.
Débarque à la 7e place avec perte et fracas le non moins sympathique Edge of Tomorrow. De tous les films à gros budgets de cette année, c’est vraiment le seul à avoir réussi à me surprendre et à me captiver. Avec son histoire originale et ses scènes actions très bien orchestrées, c’est clairement le blockbuster le plus intéressant que j’ai pu voir en 2014. Je vous conseille vivement (et lisez le manga aussi, il est top!).
Dans un tout autre registre, Philomena remporte la 6e place avec les honneurs. J’ai beaucoup aimé ce film, il m’a réellement touché. L’histoire est bouleversante sans jamais tomber dans les clichés ou la mièvrerie. Les acteurs sont magistraux et s’imposent comme la réelle plus-value de ce drame réalisé avec finesse et pudeur.

Arrive en 5e position Un Illustre Inconnu. Alors là, j’avoue, je ne m’attendais absolument pas à aimer ce film à ce point. L’histoire m’a réellement captivé grâce à son personnage principal fascinant et le déroulement du scénario est vraiment maîtrisé. J’ai vu pas mal de films français qui m’ont plu cette année (Elle l’adore, Babysitting et dans une certaine mesure Lou!) mais celui ci se démarque par son originalité dans le propos et la manière dont il est raconté. Il faut vraiment voir ce film les gens, surtout si comme moi vous espérez encore voir de bons films français.
Un peu pour les mêmes raisons mais dans un autre contexte, Night Call atterrit au pied du podium. Ce fut la bonne surprise de fin d’année, qui a su s’attirer mes faveurs grâce à son ton acide et caustique. Avec son anti-héros merveilleusement interprété par Jake GYLLENHAAL (que j’ai aussi beaucoup aimé dans Enemy), j’ai pris un plaisir non dissimulé à suivre les actes inadmissibles de cet homme en quête de gloire et de célébrité.
A la troisième place, nous retrouvons le film qui a fait s’entretuer les critiques cinéma de tout Internet : Lucy. Clairement mon gros plaisir coupable de l’année, je ne pouvais malheureusement pas le placer plus haut dans mon classement car malgré le pied qu’il m’a fait prendre (je suis allé le voir 3 fois), je suis conscient de ses faiblesses et de sa relative superficialité (bien que je ne le trouve pas si creux que certains essaient de le faire croire). Mais ça reste clairement l’un des meilleurs films que j’ai vu cette année car il a au moins eu le mérite, lui, de me surprendre et de me divertir à un très haut niveau, et rien que pour ça je dis merci à Luc BESSON.
Il se fait néanmoins damer le pion par l’excellent Her. J’aime ce film comme ce n’est pas permis. Il a tout pour me plaire : un univers riche et bien amené, des personnages attachants, des thématiques fortes et bien traitées, et enfin une histoire touchante. C’est pour moi une véritable coup de coeur que je conseille à tout le monde.
Et enfin, premier de mon classement de 2014, Gone Girl. Pas bien difficile pour moi de le placer sur la plus haute marche du podium tant ce film m’a fasciné. Ecrit avec un certain génie et avec des acteurs très convaincants, j’ai été complètement happé par ce triller aux multiples rebondissements et la conclusion absolument savoureuse. C’est vraiment le cinéma que j’aime, celui qui m’émerveille et de captive. Sans aucune hésitation la meilleure production que j’ai vu cette année, alors que la bande-annonce ne m’inspirait pas plus que ça.

Et voilà! Ce sera tout pour 2014! Une année durant laquelle je me rends compte que mes goûts et attentes commencent à changer et, bien que restant très bon public (il y a quand même peu de films que je déteste), je commence à trouver de l’intérêt dans certains types de productions que je n’aurais pas soupçonner il y a quelques années, quitte à complètement me désintéresser de certaines autres (Avengers 2, tu as sérieusement du boulot me concernant…). En tout cas, j’ai hâte de voir ce que 2015 nous réserve, et je serai là pour vous en parler à la moindre occasion! A bientôt!


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Le Hobbit – la Bataille des Cinq Armées : Trilogie boursouflé

Avant d’entrer pleinement dans le cru Cinéma 2015, je ne peux m’empêcher de revenir sur un des derniers films que j’ai vu au cours du précédent mois de Décembre, à savoir Le Hobbit : la Bataille des Cinq Armées. Chapitre final d’une trilogie démarrée en 2012 et prequel de la fabuleuse épopée Le Seigneur des Anneaux, c’est le gros blockbuster qui a dû bien jouer des coudes pour faire le maximum d’entrées durant la période de Noël. À l’heure où j’écris ces lignes, je pense que bon nombre d’entre vous ont déjà vu le film donc un avis supplémentaire et si tardif doit paraître un peu inutile. Pourtant, je me devais d’en parler, car ce 3e Hobbit représente pour moi ce que je souhaiterais ne plus voir au cinéma en 2015.

Le soucis principal que j’ai avec ce film n’est pas du tout un problème de forme, mais bien un problème de fond. Car techniquement parlant, je pense que ce serait vraiment faire preuve de mauvaise foi que de lui faire le moindre reproche à ce niveau. Que ce soit les décors, les costumes, les effets spéciaux, le bestiaire, etc. l’univers de Tolkien est toujours magnifiquement représenté. On y croit, on est dedans, tout paraît très crédible et à aucun moment nous ne sommes sortis du récit suite à un aspect technique mal foutu. Par contre, on ne manque pas d’en être violemment expulsé face aux nombreuses situations complètement téléphonées que le film enchaîne avec un culot presque trollesque.
Car toute cette imagerie numérique ne peut cacher les faiblesses d’un scénario tellement restreint que les producteurs se sont sentis obligés de combler les 20 premières minutes avec un passage qui aurait, selon moi, dû avoir sa place à la fin du deuxième film. En effet, ce troisième opus n’est qu’une scène de bataille de 2 heures, durant laquelle le spectateur va être assailli de situations d’une convenance absolument terrifiante. En faire la liste serait à la fois fastidieux et inintéressant (et d’autres l’ont déjà fait avant moi), mais comprenez que je trouve assez problématique d’avoir vu le film une seule fois et de réussir à me souvenir de toutes ses erreurs avec tant de facilité.

Comprenez bien que je ne suis pourtant pas allé voir le film pour le casser, bien au contraire. J’aime énormément la première trilogie et même si je n’ai pas trop accroché aux deux premiers films du Hobbit (surtout le deuxième), j’espérais au moins passer un bon moment devant ce dernier épisode. Mais comment parvenir à passer un bon moment quand une production de ce niveau ne cherche même pas à me surprendre et qui même le culot d’être tellement convenue que cela en devient presque insultant? Oui, je trouve insultant en 2014 de proposer un film d’héroïc-fantasy (et encore, je n’ai pas osé voir Le Septième Fils…) avec son lot de raccourcis scénaristiques (je parie qu’ils en gardent un peu pour la version longue…), ses personnages caricaturaux aux dialogues insipides, son histoire d’amour téléphoné (bon sang, mais sérieux quoi!), ses incohérences de temps et d’espace (les personnages se déplacent étrangement vite d’un point A à un point B)… Plein d’éléments qui, mis bout à bout, rende le film particulièrement disgracieux et on hésite à en rire ou à en pleurer (personnellement j’ai choisi la première option). A ce stade, même voir Legolas se la jouer Super Mario ne me surprend même plus.
Et le tout s’achève avec le Deus ex Machina officiel de La Terre du Milieu (les aigles, encore et toujours…) qui en deviendrait presque un running-gag. D’ailleurs, la conclusion est tellement expédiée qu’on se demande si Peter JACKSON n’en avait pas lui aussi un peu marre de son histoire…

Ainsi, Le Hobbit : la Bataille des Cinq Armées est pour moi le résultat d’un cinéma de divertissement qui ne cherche même plus à surprendre ou à proposer de la nouveauté (un peu à l’image du jeu vidéo actuel, mais c’est un autre sujet…). En gros, il se contente simplement d’appliquer les codes de son genre et de son média, à la limite du cliché et de la caricature, en misant principalement sur son aspect technique et visuel. Ce qui devait donc être une nouvelle trilogie épique et marquante n’est finalement pour moi qu’un produit marketing bien joli et bien orchestré, mais qui n’apporte finalement rien à son genre, ni à l’univers dont il est l’introduction. En bref, c’est loin d’être mauvais mais c’est tristement dispensable et qui y a t’il de pire pour une production que d’être dispensable?

AfficheAigles


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Night Call : Encore une victoire de connard


Bien qu’il ne soit pas encore l’heure des bilans (mais promis, j’en ferai un), l’année 2014 en terme de cinéma n’a pas été des plus intéressantes. Si pas mal de films m’ont plu, très peu ont réussi à vraiment me fasciner ou me captiver. Il est donc toujours agréable, surtout quand la fin d’année approche, qu’une production que l’on est allé voir plus par principe que par réelle motivation arrive à vous surprendre. Et cette production, c’est Night Call (ou Nightcrawler pour ceux qui comme moi préfère la VO).

Le speech de départ est tout bête : on suit le quotidien de Lou, un « Nightcrawler » dont l’activité est de réussir à récupérer le plus rapidement possible des visuels chocs (accidents, agressions, etc.) pour les vendre aux émissions de TV matinales, ces dernières étant prêtes à payer le prix fort pour avoir le sujet le plus marquant/choquant, et ainsi la meilleure audience. L’histoire va donc se concentrer exclusivement sur Lou, sur son rapport aux autres, la manière dont il voit son travail et les moyens qui comptent mettre en place pour atteindre la gloire. Et le moins que l’on puisse dire c’est que l’on est face à un bel enfoiré.

En effet, le personnage incarné par un Jake GYLLENHAAL squelettique est ce que l’on peut appeler un connard de première : ambitieux, calculateur, manipulateur, mais surtout dénué de la moindre humanité et prêt aux actions les plus impardonnables et les plus lugubres afin d’obtenir la vidéo la plus trash et la plus vendeuse possible (genre déplacer un corps sur un scène d’accident de voitures avant l’arrivée de la police pour avoir un meilleure cadre… ambiance). Un personnage détestable au possible que pourtant l’on suit pendant tout le film, sans arriver pour autant à le détester. Il faut dire que ce dernier sert particulièrement le propos et les ambitions du réalisateur.
Car le ton du film, ainsi que les dialogues, sont à l’image du personnage principal. Les thèmes sont abordés avec énormément de cynisme et non sans une acidité assez jubilatoire. C’est vraiment bien écrit et bien joué, on baigne dans une ambiance assez nauséabonde, voir carrément glauque, tout en étant fasciné par les situations et les échanges entre les personnages. Le talent du réalisateur est ainsi d’arriver à rendre captivant l’ascension sociale de personnages détestables, sans pour autant leur donner une légitimité ou une justification. Le film pourrait largement se résumer à « La fin justifie les moyens », et croyez-moi que dans le cas de Night Call, cela n’a jamais été aussi vrai.

Ainsi le film captive autant par son histoire que par la manière dont elle est présentée. L’ambiance est réellement travaillée, avec presque uniquement des scènes de nuit, dans un Los Angeles nocturne qui ne manque pas de charme. C’est filmé avec talent, dans une ambiance assez froide, à l’image de la personnalité du protagoniste principal. L’ambiance sonore ne m’a pas plus marquée que cela par contre et je serai incapable de reconnaître une piste de la bande originale. C’est un petit détail qui n’entache en rien le plaisir du spectateur, plus occupé à chercher à détester Lou, sans jamais vraiment réussir à y parvenir.

Vous l’aurez compris, j’ai été complètement séduit par ce Night Call. Avec son ambiance nocturne, son personnage central aussi méprisable qu’intéressant, la froideur et le cynisme avec lesquels les thèmes des médias et du monde du travail sont abordés… Le tout crée une production cohérente et maîtrisée, face à laquelle on est à la fois choqué et fasciné. Une excellente surprise à laquelle je ne m’attendais pas du tout et que je conseille à tout ceux qui aiment les critiques bien acides et les histoires où les bons ne sont pas toujours les grands gagnants. Un peu comme dans la vraie vie quoi…

OscarNightCall


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Astérix – Le Domaine des Dieux : Redorer le blason

Il ne fait pas bon vivre au royaume des adaptations cinématographiques de bandes-dessinées. Nombreux sont les réalisateurs à avoir tenté l’expérience mais peu ont réussi à proposer quelque chose de tout juste correct. Prenons le cas d’Astérix : sur les quinze dernières années, un seul film a réussi à faire parler de lui en bien (Mission Cléopâtre), les autres ayant, comme beaucoup d’adaptations, gagnés le triste statut de « navet » ou de « bouse ». J’avais moi-même tenté de défendre un de ces films, mais force est d’admettre qu’aujourd’hui, je suis conscient de la faiblesse de mon argumentaire et du peu d’envie de le revoir ou le conseiller. Donc forcément, quand une nouvelle adaptation pointe le bout de son nez à l’approche des fêtes de fin d’année, c’est avec une certaine crainte que je me suis rendu dans mon cinéma grenoblois pour découvrir si, une fois de plus, cette série de mon enfance allait être écorchée. Mais, magie de Noël (ou talent des réalisateurs), cela ne s’est pas produit, bien au contraire.

Je suis donc très heureux de le dire haut et fort : Astérix – Le Domaine des Dieux est à la fois une bonne adaptation de la BD, mais également un très bon film d’animation. Il est en effet très agréable de voir un film français en image de synthèse de cette qualité. Les personnages sont très bien modélisés, l’animation est top, il y a une utilisation intelligente de la caméra… Bref, belle fierté que de voir que même par chez nous, on peut proposer des productions au même niveau que ce qui se fait outre-atlantique. J’en viendrais presque à souhaiter que les producteurs oublient les films en prise de vues réelles (non… en fait je le souhaite vraiment!). Même la 3D est utilisée à bon escient, c’est dire!

Mais là où ce film brille le plus, c’est par la qualité de son scénario et de ses textes. Signée par Louis CLICHY (qui a bossé sur Là-Haut et Wall-E, quand même) et Alexandre ASTIER, cette adaptation du Domaine des Dieux garde la saveur de la BD d’origine (bien que mes souvenirs sur cette dernière sont assez lointains…) tout en s’imprégnant du ton et de l’humour à la Kaamelott. Le film est très verbeux et l’humour se trouve majoritairement dans les dialogues plutôt que dans les situations. Mais on sent une vraie maîtrise à ce niveau, ce qui n’est pas pour déplaire entant que spectateur trentenaire. Voir un héros de mon enfance traité avec autant de modernité sans dénaturé le matériau d’origine est réellement délectable, le tout au service d’un scénario plus profond qu’on ne pourrait le croire, soulevant des thématiques et des problématiques encore d’actualité.
Après, cette qualité pourra peut être desservir le film auprès du jeune public. Je me demande en effet si un enfant de moins de 8 ans comprendra toutes les subtilités des dialogues, ainsi que le message véhiculé. Certes, il rira sans doute face aux pitreries d’Obélix ou les scènes de bagarres, mais cette production me donne l’impression de s’adresser plus à un public ayant grandi avec les BD d’origine plutôt à la jeune génération actuelle. Mais je ne lui en tiendrai personnellement pas rigueur. Je trouve justement agréable de voir que certains réalisateurs ont compris qu’un film d’animation ne s’adresse pas prioritairement aux enfants. Rien que pour ça, j’ai envie de remercier Louis CLICHY et Alexandre ASTIER pour ce film!

Alors certes, le traitement n’est pas parfait et on regrettera peut être que certains sujets soient tout juste survolés (il faut dire qu’il y a beaucoup). De plus, je ne sais pas si c’est un problème de mon cinéma, mais j’ai trouvé le mixage son assez inégal, la musique passant souvent au dessus des dialogues. Mais honnêtement, cela ne m’a pas empêché d’apprécier le film, de rire face à la qualité des dialogues, et de saluer le scénario maîtrisé et bien dans son temps. Astérix – Le Domaine des Dieux est donc un très bon film de fin d’année, qui je pense plaira autant aux fans de la BD qu’aux spectateurs friands de bons films d’animation. C’est en tout cas un bien beau cadeau de Noël offert au petit gaulois, celui-ci n’ayant pas été gâté ces dernières années…

AngelAsterixD


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Interstellar : Le quart d’année de politesse

Les sorties cinéma n’étaient sont pas très nombreuses ni très intéressantes en ce début Novembre (bien que cela m’arrange, vu le travail que j’ai à côté…). Après avoir reposé mon cerveau en allant voir John Wick (headshot!), j’ai profité d’une séance pas trop tardive en VO pour aller découvrir le dernier bébé de Christopher NOLAN : Interstellar. J’aime bien les films de M. NOLAN. Ils sont bien faits, très agréable à suivre et souvent accompagnés par les musiques de Hans ZIMMER, aka « je mets tellement de basse dans mes morceaux que tout ton siège tremble ». Je n’avais pas d’attente particulière concernant cette nouvelle production (à la différence du reste du monde visiblement…), mais je savais que j’avais peu de chance d’être déçu. Alors? Verdict?

Pour ce coup ci, je ne vais pas faire trainer le suspense : Interstellar est un très bon film. « Bon » dans le sens où tout est mis en oeuvre pour que le spectateur passe un agréable moment de cinéma. Les acteurs sont très bons (même les plus jeunes) et incarnent très bien leurs personnages, c’est clairement pas dégueulasse à regarder (une version 3D aurait sans doute valu le coup), la musique est plutôt cool et le scénario tient merveilleusement la route. Je vais d’ailleurs m’attarder sur ce point car il est moi pour très significatif du travail de NOLAN. J’avais beaucoup aimé Inception car je trouvais le film très abordable malgré la relative complexité du sujet qu’il abordait. Et dans le cas d’Interstellar, c’est un peu le même constat : vous ne serez jamais vraiment perdu face aux différentes notions typiques de ce genre de récit SF et des théories autour de l’espace et de l’infini (toutes les notions autour du temps m’ont fasciné dans ce film). Certes, tout est sujet à interprétation et la dernière demi-heure fera sans doute lever quelques sourcils au plus sceptiques, mais me concernant j’ai adhéré aux idées véhiculées et à la manière dont le réalisateur propose de nous les présenter. Et que ce soit scientifiquement possible ou non ne rentre pas en ligne de compte pour moi, faut arrêter de chercher des problèmes là où il n’y en a pas.

Interstellar est également un film qui possède une ambiance toute particulière. Entre les scènes dans l’espace, le côté apocalyptique pas trop lourdingue des passages sur terre (gros point fort du film selon moi), ainsi que la découverte des nouvelles planètes… Tout est crédible et vraiment immersif. Ce qui s’en dégage est finalement très cohérent avec le message que le film cherche à faire passer. De plus, l’univers présenté m’a beaucoup plu. L’histoire se déroulant dans un futur proche (bien qu’aucun indice temporel ne nous soit donné), nous sommes face à une « modernité » relative. Cela se voit particulièrement dans le design des robots (que j’ai adoré) ou la manière dont sont équipés les différents vaisseaux (les capsules d’hyper-sommeils ressemblent à des baignoires entourées de faïences). Mais cela permet aussi une immersion plus rapide et plus simple, nous permettant de croire à l’histoire qui nous est proposée, pour y entrer rapidement.

Je ne peux donc que vous conseiller de vous attarder sur ce film, surtout si comme moi, l’espace vous fascine autant qu’il vous effraie. Le film ne possède pas de défaut majeur, si ce n’est sa relative longueur ainsi que son message final un peu trop positif à mon goût, voir un tantinet « niais ». Mais là je suis en mode gros chipoteur. J’ai personnellement passé un très bon moment devant, beaucoup de petits détails m’ont plu et l’histoire m’a captivé tout comme elle m’a même ému par moment. Donc pas d’excuses pour passer à côté, surtout que je pense que le film va rester longtemps à l’affiche. Après, si vous êtes en mission spatiale et que vous avez un peu de route à faire, on excusera les quelques années de retard… XD

AngelEspace


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Cinéma : Bilan de la 3e semaine d’Octobre

Depuis que j’ai déménagé sur Grenoble le temps de ma formation, et étant à deux minutes à pied du cinéma, j’ai eu tendance à aller voir des films comme un boulimique (genre tous les soirs… ne me jugez pas!). Du coup, difficile de faire un article pour chaque film que j’ai vu, donc je ressors la carte de la compilation de critiques (je préfère ça que de sortir des critiques alors que les films ne sont plus à l’affiche…).

CaseGoneGirl

Gone Girl : Bon, là je crois que je tiens un des meilleurs films de l’année 2014. Gone Girl est un thriller à tiroirs haletant, avec un excellent scénario, une mise en scène maîtrisée de bout en bout et des acteurs vraiment convaincants (Rosamound PIKE, performance de folie!). J’ai été vraiment surpris par la manière dont se déroule le film, ainsi que la profondeur de la psychologie des différents personnages. Les dernières minutes sont juste excellentes et la conclusion corrosive à souhait. Bref, tout ce que j’aime. Faut vraiment le voir les gens, surtout si vous aimez le genre et le travail de David FINCHER.

CasePapa

Papa was not a Rolling Stone : Je suis allé voir ça entre deux séances, sans trop savoir de quoi ça parlait, et je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. Et franchement, je l’ai trouvé assez mauvais. Il s’agit d’un biopic et pourtant, je n’ai pas cru une seule seconde à ce qui se déroulait devant mes yeux. Je ne sais pas si c’est un problème d’acteurs ou de personnages, mais les différents protagonistes ne sont pas du tout crédibles et cela dessert vraiment une histoire qui peine à trouver un fil conducteur et un intérêt. Plus d’une heure trente à remuer dans mon siège et attendant que mon calvaire finisse. A noter que pour la première fois depuis très longtemps, j’étais tout seul dans la salle. Ca veut bien dire ce que ça veut dire. A éviter.CaseMommy

Mommy : En règle générale, je suis très méfiant avec les films palmés à Cannes, car ce sont souvent des productions prétentieuses et me plongeant, pour la plupart, dans un profond ennui. Mommy est clairement l’exception à la règle. Au delà d’être un bon film, c’est avant tout un beau film. Il y a pas un poil qui dépasse, c’est filmé de manière quasi-parfaite, que ce soit au niveau des cadres, des jeux de lumières, de la mise en scène… A ce niveau, c’est un modèle à suivre. La bande originale est tout simplement divine et les acteurs sont bluffants, particulièrement les rôles féminins. L’histoire sera peut être le seul obstacle à votre appréciation car plutôt dramatique et relativement défaitiste. Mais il y a une vraie justesse dans le traitement, ainsi qu’un équilibre rigoureux entre les instants légers et ceux un peu plus durs. Clairement la belle surprise de cette fin d’année et un vrai bijou dans sa catégorie. A voir au moins une fois.CaseLaby

Le Labyrinthe : Voici le dernier né des adaptations de littérature adolescente. Si j’aime énormément Hunger Games et ait plutôt apprécié Divergente, je ne savais pas trop à quoi m’attendre avec ce film. Dans l’ensemble, il y a ce qu’il faut de matière pour alimenter une nouvelle trilogie et assez de questions laissées sans réponses pour donner envie de voir la suite. La direction artistique est plutôt réussie et l’univers dépeint assez crédible. Par contre, il y a un vrai problème avec la direction des jeunes acteurs qui, pour la grosse majorité, jouent extrêmement mal (ou alors c’est un problème de dialogues car les échanges manquent vraiment de crédibilité). De plus, on pourra lui reprocher sa désagréable tendance à créer un faux suspense, genre cacher des informations au héros (et accessoirement à nous) alors que tout le monde semble au courant dans l’histoire… C’est un peu la technique du pauvre pour le genre et ça donne souvent lieu à des scènes ridicules. Mais bon, on va dire que ça fait son office et que si vous aimez ce type de récit, vous n’avez aucune raison de vous priver.CaseLou

Lou! : Alors là… J’ai un gros, gros cas de conscience. Lou! est un film dont j’aimerais dire beaucoup de bien. La direction artistique est absolument merveilleuse, on sent que c’est une adaptation de BD et que c’est fait par des personnes qui aiment vraiment ce média (et l’aimant aussi, j’y suis forcément sensible). Décors oniriques, passages en animation japonaise (oui madame! Et ça pête!), une mise en scène qui fourmille de bonnes idées (les faux épisodes des Feux de l’Amour, adorables) des personnages loufoques et attachants ainsi que des dialogues bien trouvés, Lou! avait tout pour devenir un de mes coups de coeur de l’année 2014. Seulement voilà, le film est beaucoup trop long par rapport à ce qu’il a à raconter et on sent que tout s’essouffle passé la moitié du récit. Alors que j’étais comme un gosse durant la première heure, j’ai vu mon attention périr au fur et à mesure que le scénario essayait désespérément d’arriver à une conclusion qui se fait attendre. Du coup, je suis très partagé concernant mon avis général. J’ai envie de défendre le film pour son audace artistique, ainsi que la naïveté assumée qui s’en dégage. Malheureusement, le scénario en demi-teinte ne permet pas d’être à 100% derrière cette production. A mon grand regret, vraiment.
CaseNinjaNinja Turtles : Dans la catégorie « je me fais casser par toutes la presse spécialisée, ainsi que les fans hardcores », Ninja Turtles est sans doute le meilleur candidat de cette année. Qu’en est-il vraiment? Etant moi-même assez fan de l’univers des tortues (j’adorerais découvrir les Comics), je m’attendais vraiment à une immonde bouse, aux vues des images et autres trailers que j’avais pu voir avant sa sortie. Finalement, ce pauvre film ne mérite pas tout le tapage que l’on fait autour, vu qu’il s’agit purement et simplement d’un divertissement tout public et qui ne prétend pas à plus. Le scénario tient sur une feuille de papier-cul, l’humour est primaire (des blagues avec des pets… super…), les personnages sont lisses et interchangeables (Michelangelo toujours aussi chiant)… Mais bon ça se regarde, surtout grâce aux scènes d’actions qui sont relativement bonnes (le combat de Splinter et la descente de la montagne valent le coup d’oeil)… Du divertissement hollywoodien de base que l’on regarde avec un certain plaisir coupable pour l’oublier immédiatement après être sorti de la salle. Pas de quoi en faire tout un foin…

 


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Horns : Radcliffe cocu?

Si vous me suivez depuis un moment, vous savez que je suis du genre bon public. Pour moi, il y a très peu de raisons de ne pas aimer un film : soit je le trouve chiant (coucou les biopics…), soit je trouve qu’il ne fait rien de son propos et est donc décevant (le cas Sex Tape récemment…). Horns, dernière production d’Alexandre AJA (dont je ne connais aucun autre film, l’horreur n’étant pas mon registre de prédilection), n’entre pas dans la première catégorie. Par contre, il saut à pieds joints dans la deuxième avec tellement d’insolence qu’il m’est difficile d’en parler en gardant toute mon objectivité. Mais on va faire ce que l’on peut.
Si j’ai tenté Horns, c’est principalement parce que je trouvais le synopsis intéressant et disposant d’un certain potentiel : un jeune homme en deuil se retrouve doter de mystérieuses cornes qui obligent les gens qu’ils croisent à dire leurs plus sombres vérités. Il décide donc de se servir de ce pouvoir pour élucider le mystérieux et sanglant meurtre de sa petite amie. Si les motivations semblent classiques, le principe de l’élément fantastique pouvant amener une critique de la société et du puritanisme de façade m’a beaucoup interpellé et je me demandais ce que le réalisateur allait en faire. Et là est ma première grosse déception : il n’en fait rien.

Le problème que j’ai avec Horns, c’est que je le considère, à juste titre ou non, comme un teenage movie. C’est-à-dire que l’on sent un film destiné avant tout à un public adolescent. Et là où le bât blesse, c’est que le pouvoir des cornes va donner lieu à des confessions souvent puériles et relativement primaires, à savoir que dans 80% des cas, les gens diront qu’ils ont envie de baiser avec un tel ou un tel. C’est drôle au début, mais n’y avait-il pas moyen de retirer quelque chose de plus… intelligent? Ainsi, hormis les confessions des parents à notre héros (qui elles, pour le coup, sont vraiment intéressantes), le pouvoir de ce dernier sera toujours utilisé bien en dessous de son potentiel. Et pourtant, aux vues des situations, il y avait quand même matière (la scène dans la salle d’attente…).
Du coup, j’ai eu beaucoup de mal à prendre le film au sérieux, surtout que les à-cotés n’aident vraiment pas. Entre l’enquête sans intérêt dont on devine rapidement le coupable (en même temps, la liste de suspects est assez restreinte…), la romance cul-cul la praline qui s’étale sur des minutes interminables de flashback et l’aspect fantastique et mystique traité à l’arrache, la projection s’est déroulée en brisant à chaque seconde tout espoir de sauvetage.

Le pire c’est que le film n’est pas pénible à voir, c’est juste qu’il fait tellement d’erreurs à tous les niveaux qu’il m’a été impossible de rentrer dans le délire du réalisateur. Déjà pour le pouvoir des cornes que je trouve sous exploité, mais surtout par la présence du fantastique qui est, selon moi, très mal utilisée. Je ne sais pas si vous connaissez le principe de Suspension consentie de l’incrédulité, mais dans le cas présent c’est un échec total. Si je pouvais accepter l’existence des cornes sans trop chercher la petite bête, la suite des évènements est si aléatoire et si grossière que j’ai fini par ne plus y croire du tout, arrivé au dernier quart du film (voir même bien avant). A l’image de la scène finale complètement ridicule (j’ai lâché des « non mais sérieux? » presque à voix haute tellement c’est mauvais) et assez hors de propos par rapport au reste du récit (et bourrée d’incohérences en plus), le réalisateur n’arrive pas donner une crédibilité à son univers et utilise l’imagerie religieuse et ésotérique n’importe comment, quitte à ce que l’on arrive plus à en comprendre la signification dans le contexte. Le résultat est que cela donne quelque chose de très disgracieux et de relativement puéril… à l’image du scénario quoi.

Pourtant tout n’était pas à jeter. Daniel RADCLIFFE offre une performance tout à fait honorable (il est quand même bien classe par moment, sauf à la fin bien sûr!) et j’ai trouvé Juno TEMPLE véritablement rayonnante. Il y a aussi la scène de badtrip plutôt bien faite mais qui ne rattrape pas la catastrophe visuelle qu’est la scène finale. La musique non plus n’est pas mal, mais elle aussi très mal utilisée tout au long du film.

Je n’avais pas d’attentes particulières sur Horns, mais je me dis qu’il y avait vraiment matière à faire beaucoup mieux. Objectivement, ce n’est pas une bouse et je pense que le public visé y trouvera largement son compte. Mais me concernant, c’est un très mauvais film qui accumulent les erreurs et a surtout le gros défaut de ne pas avoir réussi à me faire rentrer dans son univers et à le prendre au sérieux.

AngelVSRadcliffe


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Sex Tape : C’est la faute au Cloud!

Alors que le mois d’Août nous a abreuvé de films grand spectacle, histoire de voir qui avait la plus grosse, le mois de Septembre commence timidement avec des sorties sporadiques. Et comme j’ai profité des vacances pour quasiment voir tout ce qui était à l’affiche (ouais, même des trucs tout naze comme Hercule ou tout chelou comme Enemy…), on peut dire que je me suis contenté de ce qu’il y avait de nouveau la semaine dernière pour égayer mon week-end de rentrée. Mon choix s’est donc porté sur Les Recettes du Bonheur et Sex Tape. Et comme j’ai vraiment rien à dire sur le premier, il ne me reste qu’à vous parler de la dernière comédie dont nous gratifie nos chers américains.
J’aime bien les comédies américaines. Vraiment. Mais depuis quelques temps, elles souffrent des mêmes symptômes que j’ai déjà dénoncé dans les films de super-héros : si le postulat de départ varie d’un film à l’autre, la trame, elle, suit un schéma invariable. J’ai été au regret de le constater il y a quelques mois avec Triple Alliance, et Sex Tape ne fait que confirmer ma théorie. Mais bon… allons-y.

Qui n’a jamais eu peur que son intimité soit dévoilée à la face du monde (n’est-ce pas Jennifer LAWRENCE… :p), ou pire à celle de son entourage? Annie et Jay, respectivement interprétés par Cameron DIAZ et Jason SEGEL, vont en faire la triste expérience en diffusant par inadvertance une vidéo épique de leurs ébats (3 heures la vidéo quand même!). Notre couple, s’étant laissé rattraper par la routine de la vie, voulaient marquer le coup… Et on peut dire qu’ils ont réussi! Le film va donc se focaliser sur leur course folle pour retirer la vidéo des périphériques de leurs amis (tous reliés au même compte ICloud car Jay a la fâcheuse tendance à distribuer les Ipad comme un Japonais ses paquets de mouchoirs dans les rues de Tokyo…), voir même d’Internet! Si l’histoire se veut donc assez osée et parfaitement encrée dans notre actualité, on ne peut pas dire que les scénaristes en font grand chose.

Pour commencer, le film souffre d’un gros problème de rythme. Le prologue est beaucoup trop long et il faut bien attendre 20-25 minutes pour que nos deux tourtereaux soulèvent l’idée de faire la fameuse vidéo. Ce passage est clairement le plus drôle du film, avec des scènes et des dialogues d’une sacrée cocasserie. Et ce sera bien le seul moment de grâce du film, qui va ensuite s’enliser dans une course contre-la-montre mollassonne et, il faut l’admettre, pas toujours très amusante. Le problème majeur est que les « actes » sont trop longs (la visite chez le patron d’Annie, le cambriolage des bureaux de YouPorn) et les situations pas assez variées. Ainsi le film se traine péniblement (alors qu’il faut tout juste 1h35!) et le tout débouche sur une fin convenue et bien trop sage pour le sujet soulevé.
Et c’est là que je trouve que les réalisateurs ont complètement raté le coche. Alors que l’histoire pourrait amener sur des réflexions intelligentes sur le sexe ou les nouvelles technologies, on patauge dans des réflexions convenues sur la famille et sur le vraie sens de l’amour. On a l’impression que le film n’assume pas son délire et on en arrive presque à oublier le pourquoi du comment, passé la moitié de la projection. Alors que bizarrement le film est assez cru au niveau des dialogues (certains les trouveront même vulgaires, mais pour moi la limite n’est jamais dépassée) et dans certaines situations, on oscille entre le trash et le politiquement correct sans trouver un équilibre. A la fois trop sale et trop sage, Sex Tape se prend les pieds dans le tapis et n’arrive donc pas à faire adhérer à son histoire.

Et c’est d’autant plus dommage que les acteurs principaux sont loin d’être mauvais. Le couple formé par Cameron DIAZ et Jason SEGEL est très crédible et on se prend vraiment d’affection pour ces personnages qui enchaînent les problèmes et les occasions manquées. En plus, nos deux interprètes y mettent vraiment du leur en se montrant à de nombreuses occasions dans leur plus simple appareil (enfin… pas l’ombre d’un nichon en vue, désolé messieurs…) et dans des situations pour le moins incongrues. Malheureusement, à eux seuls, ils ne peuvent pas sauver le film de la noyade, surtout que le reste du casting n’est vraiment pas convaincant, voir pas du tout crédible (je pense notamment aux enfants qui ont des réactions très étranges par moment…).

Ainsi, Sex Tape aurait pu être une comédie un peu provocatrice et soulevant des sujets qui pourraient aboutir à des réflexions intéressantes. Mais encore une fois, on se retrouve face à une production convenue, à la trame classique, et dont la conclusion se veut trop sage, voir limite puritaine. De ce fait, le film aura clairement du mal à se trouver un public. Certains le trouveront trop vulgaire, les autres pas assez vu le thème… Bref, encore une comédie qui rate lamentablement son objectif : celui de faire rire en amenant une critique intelligente sur des sujets d’actualités.

AngelSTIpad


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Les Gardiens de la Galaxie : Héros décomplexés

Les blockbusters s’enchaînent à vitesse folle cet été et il est parfois difficile de suivre le rythme (surtout avec une formation et un fanmade au milieu!). Après Transformers 4 et La Planète des Singes, c’est au tour de Marvel de sortir le grand jeu avec sa dernière adaptation de Comics : Les Gardiens de la Galaxie.
Commençant à particulièrement me lasser des aventures de la bande des Avengers, j’avoue que ce film nourrissait en moi certains espoirs, dont celui principalement de découvrir un peu de sang neuf et espérer voir le genre « Super Héros » proposer autre chose que les éternelles trames scénaristiques toutes faites, auxquels les précédentes productions m’ont malheureusement habituées. Et mes espoirs sont en partie comblés, mais qu’en partie…

Bien que rattaché à l’univers des Avengers, Les Gardiens de la Galaxie n’y fait que très peu référence (à quelques détails près…) et nous proposent de découvrir des personnages et un univers totalement inédits. Il va sans dire que cela est plus que salutaire, d’autant que le film dispose de nombreux atouts pour sortir du lot. La première est clairement le ton général. Il s’agit d’une histoire simple mais bien rythmée, avec des personnages décomplexés, voir assez cabotins. Le tout baigne dans une ambiance plutôt cool et même si l’histoire possède sa part de drame (surtout au début), la globalité du film se veut bon enfant.
Autre atout pour nos gardiens et dont je parlais un peu plus haut : l’univers où se déroule l »histoire. Adieu la Terre, bienvenue au fin fond de la Galaxie! Cela fait toujours plaisir de découvrir des environnements nouveaux, des planètes, des races, des véhicules… Bref quelque chose de complet et cohérent, qui change un peu des grandes villes américaines! A mi-chemin entre Star Wars et Star Strek, Les Gardiens de la Galaxie n’a pas à rougir face aux monstres de la SF, car bien que relativement plus « simpliste », les environnements se veulent riches, voir ingénieux (j’ai adoré le coup des avions qui s’assemblent pour faire un filet!).

Maintenant, quelques mots sur les personnages. Ils contribuent, par leurs caractères et attitudes, à appuyer le côté décomplexé de l’histoire. Star-Lord, notre héros quelque peu tête à claques avec sa grande gueule et sa démarche nonchalante, y est bien sûr pour beaucoup mais les autres personnages ne sont pas en reste. Si vous aurez peut être du mal à supporter Rocket Raccoon qui fait clairement office de comic relief, le reste de la troupe se veut tout aussi drôle, avec Groot l’arbre vivant, Drax tout en muscles mais pas très malin… Même Gamora la tueuse, qui se veut sérieuse, n’échappe pas à quelques blagues et situations comiques (faut dire, vu la bande qui l’entoure…). Ils sont la vraie plus-value du film, le petit bonus qui fait plaisir. On s’attache très rapidement à cette bande de bras cassés et on se prend à suivre avec intérêt leurs mésaventures.

Vraiment, ce nouveau Marvel avait toutes les cartes en main pour me donner foi en une vraie renaissance du genre. Mais cela est malheureusement avorté par la trame scénaristique, qui suit au pied de la lettre le déroulement de n’importe quel film de super héros. A ce stade, cela en devient vraiment navrant tellement on arrive à deviner l’intégralité du déroulement au fur et à mesure que les scènes s’enchaînent. Je n’irai pas jusqu’à dire que l’histoire est mauvaise car ce n’est clairement pas le cas. Mais bon sang messieurs les réalisateurs! Sortez un peu de vos carcans! Arrêtez de nous sortir les éternelles scènes de remises en question, de réconciliations, et, par pitié, arrêtez de nous prendre pour des jambons en nous faisant croire à la mort de certains personnages principaux! Plus personne n’y croit depuis belle lurette et on sait tous que vous n’avez pas le culot d’aller jusqu’au bout.
De plus, il serait peut être temps de mettre un peu plus de corps dans les antagonistes. Ronan a beau être très classe dès son apparition, son caractère est aussi caricatural que n’importe quel méchant de Comics. Nous sommes en 2014, les méchants qui veulent conquérir le monde (ou la galaxie… tant qu’à faire…), qu’importe la raison, c’est sérieusement périmé. Du coup, la menace qui plane sur nos héros n’en est pas vraiment une, vu que l’on sait très bien comment tout cela va se terminer (même si, j’avoue, il y a une scène très incongrue dans ce film lors du face-à-face final).

Alors que penser de cette dernière production Marvel? Si j’en ferai les louanges pour ce qui est des personnages et de l’univers, je ne peux être qu’attrister, voir presque fâché, de devoir supporter encore une fois un film de super héros avec une trame si convenue. Pour moi le film a bien 5 ou 6 ans de retard en terme de script, et il n’est plus tolérable de devoir se farcir pour la énième fois la quête d’un objet pouvant détruire l’univers (ils vont avoir une sacrée collection dans Avengers 3!) face à des adversaires dénués du moindre intérêt (j’en serais presque à aimer Loki pour ça!).
Pourtant, je ne vous déconseille pas le film, bien au contraire. Malgré tout ce que je peux dire sur le scénario, le reste de cette production est vraiment de qualité et je pense que chacun peut passer un excellent moment devant les aventures de Star-Lord et sa bande (car ce fut mon cas malgré tout). C’est juste qu’au bout du dixième film du projet Avengers, il serait peut être temps de changer un peu de disque. D’ailleurs en parlant de disque, vous ai-je préciser que la bande originale déchire?

 

RocketGroot


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Lucy : T’en as trop pris Scarlett!

En faisant une critique de Lucy, dernier film en date du mal aimé Luc BESSON, j’ai littéralement l’impression de marcher sur des oeufs. J’ai lu et entendu tellement de critiques réellement haineuses à l’encontre de ce film depuis sa sortie que ma naïveté et ma candeur en restent encore perplexes. Personnellement, je n’ai pas d’affection particulière pour le travail de M. BESSON, bien que je constate avoir vu plus du trois quart de sa filmographie et apprécié la grande majorité.
Pourtant, j’attendais Lucy. J’attendais vraiment ce film. Je ne sais pas si c’est le fait de voir Scarlett JOHNSON utiliser des pseudo pouvoirs psychiques qui m’émoustillait (oui, je suis un homme parfois primaire…), mais les bandes-annonces ont suscité en moi une vraie attente (à défaut de créer un bashing anticipé chez certains…). Et avec désormais 3 séances au compteur (oui, oui, j’ai vu ce film 3 fois en moins d’une semaine), je pense être apte à vous proposer mon avis, et vous expliquer pourquoi c’est actuellement mon film préféré de 2014. Et plutôt que chercher à le défendre contre ses différents détracteurs, je vais tout simplement me contenter de vous dire pourquoi j’ai eu un coup de coeur pour cette production.

Pourquoi j’aime Lucy? Plusieurs raisons à cela. La première, c’est que c’est un film fun et décomplexé. Je suis du genre très bon public, et du moment que je ne regarde pas ma montre toutes les dix minutes, il y a de grandes chances qu’un film parvienne à me séduire. Ici, ce fut clairement le cas, haut la main. Cela faisait longtemps que je n’avais pas regardé une production cinématographique en ayant le sourire jusqu’aux oreilles pendant quasiment toute la projection. Le film ne se veut pas particulièrement drôle (bien que les quelques vannes fonctionnent très bien), mais il s’en dégage tellement d’ingéniosité et de cocasserie que mon imagination était véritablement en ébullition.
Au diable la science et les raisonnements logiques, on sent que le réalisateur n’a pas cherché à faire dans le réaliste mais plutôt de proposer sa vision d’une théorie toute simple : que se passerait-il si nous utilisions la totalité de notre cerveau? C’est sans doute sur ce point que votre appréciation du film risque de se jouer : soit vous entrez dans le délire, soit vous y restez complètement hermétique. Me concernant, j’ai plongé tête la première. Ce qui est proposé est à la fois incongru et bien pensé, à la fois complètement fou et proposant quelques pistes de réflexions intéressantes. Bref, un mélange qui selon moi marche sacrément bien.

Autre point ayant attiré ma sympathie pour Lucy, c’est sa narration et ses personnages. Bizarrement, plus je le vois et plus je trouve que l’histoire pourrait être tirée d’une BD ou d’un Comics que ça ne me surprendrait pas. On a en effet ici tous les ingrédients habituelles des séries de super héros : une héroïne qui obtient des pouvoirs, des flics, des scientifiques, des méchants mafieux… D’ailleurs, je me demande si l’histoire ne serait pas regardée avec un autre regard si elle venait justement de l’univers de la bande dessinée. Car en tant que grand fan de ce média, j’y ai retrouvé de nombreuses similitudes, et force est d’admettre que cela doit influencer mon jugement sur le film.
De plus, si le propos peut sembler très superficiel au premier abord (le scénario ne brille pas pas son originalité, il faut l’admettre), quelques pistes de réflexions sont décimées ici et là au travers des personnages. Le côté faussement simpliste de l’histoire permet de se focaliser sur leur psychique et leur comportement, principalement celui de Lucy. Alors que je la trouvais assez lisse au début, j’ai constaté au fur et mesure de mes séances combien notre héroïne est intéressante dans son comportement. Devenant de plus en plus inhumaine au fur et à mesure que son cerveau se développe, on la sent constamment entrain de s’accrocher à cette humanité par des gestes et des paroles qui peuvent paraître anodines au premier abord mais qui peuvent donner lieu à de nombreuses interprétations.

Enfin, si je devais toucher un mot sur la technique, je dirais qu’elle est loin d’être transcendante mais fait très bien son office. Le montage est propre et sans bavure (à quelques faux raccords près), les dialogues fonctionnent (préférez la VO, sérieusement…) et quelques scènes font leur petit effet (la scène de la contamination, de l’avion, et la scène finale que personnellement j’ai adoré). Quant à la musique, j’avais vraiment accroché lors de ma première projection, mais en les multipliant, je l’ai finalement trouvé assez quelconque. Disons qu’elle est bien utilisée (la scène de la contamination, encore une fois…) mais je doute qu’elle puisse fonctionner hors contexte.

Pour conclure, je dirais que je peux comprendre que tout le monde ne trouve pas son bonheur dans la dernière production de BESSON. C’est particulier, certes, mais selon moi pas dénué d’intérêt ni de bonnes idées. Ce film est un trip, une sorte de folie passagère où vous seuls décidez ou non de participer. Je vous invite donc vivement à vous rendre dans les salles obscures pour vous forger votre propre avis (pitié! Ne vous fiez pas aux critiques presses…) mais me concernant, le verdict est sans appel : Lucy est mon coup de coeur de 2014, parce malgré ses défauts, il m’a diverti, m’a amusé, m’a émerveillé, et m’a donné foi en un cinéma moins conventionnel (parce 2014 c’est pas Byzance pour l’instant…).

Lucy40