L'Atelier d'AngelMJ


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Lucy : T’en as trop pris Scarlett!

En faisant une critique de Lucy, dernier film en date du mal aimé Luc BESSON, j’ai littéralement l’impression de marcher sur des oeufs. J’ai lu et entendu tellement de critiques réellement haineuses à l’encontre de ce film depuis sa sortie que ma naïveté et ma candeur en restent encore perplexes. Personnellement, je n’ai pas d’affection particulière pour le travail de M. BESSON, bien que je constate avoir vu plus du trois quart de sa filmographie et apprécié la grande majorité.
Pourtant, j’attendais Lucy. J’attendais vraiment ce film. Je ne sais pas si c’est le fait de voir Scarlett JOHNSON utiliser des pseudo pouvoirs psychiques qui m’émoustillait (oui, je suis un homme parfois primaire…), mais les bandes-annonces ont suscité en moi une vraie attente (à défaut de créer un bashing anticipé chez certains…). Et avec désormais 3 séances au compteur (oui, oui, j’ai vu ce film 3 fois en moins d’une semaine), je pense être apte à vous proposer mon avis, et vous expliquer pourquoi c’est actuellement mon film préféré de 2014. Et plutôt que chercher à le défendre contre ses différents détracteurs, je vais tout simplement me contenter de vous dire pourquoi j’ai eu un coup de coeur pour cette production.

Pourquoi j’aime Lucy? Plusieurs raisons à cela. La première, c’est que c’est un film fun et décomplexé. Je suis du genre très bon public, et du moment que je ne regarde pas ma montre toutes les dix minutes, il y a de grandes chances qu’un film parvienne à me séduire. Ici, ce fut clairement le cas, haut la main. Cela faisait longtemps que je n’avais pas regardé une production cinématographique en ayant le sourire jusqu’aux oreilles pendant quasiment toute la projection. Le film ne se veut pas particulièrement drôle (bien que les quelques vannes fonctionnent très bien), mais il s’en dégage tellement d’ingéniosité et de cocasserie que mon imagination était véritablement en ébullition.
Au diable la science et les raisonnements logiques, on sent que le réalisateur n’a pas cherché à faire dans le réaliste mais plutôt de proposer sa vision d’une théorie toute simple : que se passerait-il si nous utilisions la totalité de notre cerveau? C’est sans doute sur ce point que votre appréciation du film risque de se jouer : soit vous entrez dans le délire, soit vous y restez complètement hermétique. Me concernant, j’ai plongé tête la première. Ce qui est proposé est à la fois incongru et bien pensé, à la fois complètement fou et proposant quelques pistes de réflexions intéressantes. Bref, un mélange qui selon moi marche sacrément bien.

Autre point ayant attiré ma sympathie pour Lucy, c’est sa narration et ses personnages. Bizarrement, plus je le vois et plus je trouve que l’histoire pourrait être tirée d’une BD ou d’un Comics que ça ne me surprendrait pas. On a en effet ici tous les ingrédients habituelles des séries de super héros : une héroïne qui obtient des pouvoirs, des flics, des scientifiques, des méchants mafieux… D’ailleurs, je me demande si l’histoire ne serait pas regardée avec un autre regard si elle venait justement de l’univers de la bande dessinée. Car en tant que grand fan de ce média, j’y ai retrouvé de nombreuses similitudes, et force est d’admettre que cela doit influencer mon jugement sur le film.
De plus, si le propos peut sembler très superficiel au premier abord (le scénario ne brille pas pas son originalité, il faut l’admettre), quelques pistes de réflexions sont décimées ici et là au travers des personnages. Le côté faussement simpliste de l’histoire permet de se focaliser sur leur psychique et leur comportement, principalement celui de Lucy. Alors que je la trouvais assez lisse au début, j’ai constaté au fur et mesure de mes séances combien notre héroïne est intéressante dans son comportement. Devenant de plus en plus inhumaine au fur et à mesure que son cerveau se développe, on la sent constamment entrain de s’accrocher à cette humanité par des gestes et des paroles qui peuvent paraître anodines au premier abord mais qui peuvent donner lieu à de nombreuses interprétations.

Enfin, si je devais toucher un mot sur la technique, je dirais qu’elle est loin d’être transcendante mais fait très bien son office. Le montage est propre et sans bavure (à quelques faux raccords près), les dialogues fonctionnent (préférez la VO, sérieusement…) et quelques scènes font leur petit effet (la scène de la contamination, de l’avion, et la scène finale que personnellement j’ai adoré). Quant à la musique, j’avais vraiment accroché lors de ma première projection, mais en les multipliant, je l’ai finalement trouvé assez quelconque. Disons qu’elle est bien utilisée (la scène de la contamination, encore une fois…) mais je doute qu’elle puisse fonctionner hors contexte.

Pour conclure, je dirais que je peux comprendre que tout le monde ne trouve pas son bonheur dans la dernière production de BESSON. C’est particulier, certes, mais selon moi pas dénué d’intérêt ni de bonnes idées. Ce film est un trip, une sorte de folie passagère où vous seuls décidez ou non de participer. Je vous invite donc vivement à vous rendre dans les salles obscures pour vous forger votre propre avis (pitié! Ne vous fiez pas aux critiques presses…) mais me concernant, le verdict est sans appel : Lucy est mon coup de coeur de 2014, parce malgré ses défauts, il m’a diverti, m’a amusé, m’a émerveillé, et m’a donné foi en un cinéma moins conventionnel (parce 2014 c’est pas Byzance pour l’instant…).

Lucy40

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