L'Atelier d'AngelMJ


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Project Diva X : Nouvelle formule à l’essai

On prend les mêmes et on recommence. Ou pas. Hatsune Miku : Project Diva X est le dernier opus en date de la série de jeu de rythme Hatsune Miku. Sorti ce mois d’Août sur le Playstation Store Européen (il est d’ailleurs intéressant de noter que les jeux sortent de plus en plus vite chez nous), j’étais bien sûr aux premières loges pour télécharger le logiciel, mon amour pour cette licence n’ayant pas pris une ride ces 3 dernières années. Et alors que je m’attendais à une énième suite, SEGA a décidé de sortir un peu des sentiers battus avec cette version 2016.

Il y a beaucoup de choses à dire (surtout pour un habitué comme moi) donc on va y aller par étape. Pour commencer, on note un gros bouleversement dans la progression du jeu. Si le gameplay reste toujours le même (en même temps, pourquoi changer un système de jeu qui a largement fait ses preuves…), la manière d’appréhender le titre change complètement par rapport à tous les précédents opus (PSP compris).
Ce coup ci, on ne se contente pas d’une playlist en mode « Free play » car les développeurs ont inclus une sorte de mode histoire. Dans ce dernier, vous serez amené à alimenter en énergie différents Cloud (correspondant à des styles musicaux) en clôturant les différentes chansons sous diverses conditions. Si les habitués seront un peu déboussolés au début, ce nouveau système se révèle très intéressant sur le long terme.

En effet, le système des requêtes présent dans ce nouveau mode incite le joueur à faire chaque morceau de manière très différente à chaque fois. Si au début seule la difficulté augmente, le jeu ajoute peu à peu des Challenges Items qui viendront corser les parties : notes plus rapides, plus petites ou qui font n’importe quoi à l’écran… N’espérez pas remplir certaines requêtes sans connaître les partitions à la note près.
Ainsi, ce mode offre un vrai intérêt, autant pour le néophyte que pour le joueur vétéran. Les nouveaux venus pourront ainsi apprécier une courbe de difficulté parfaitement maîtrisée et les habitués pourront mettre leur talent et dextérité à l’épreuve, surtout s’ils souhaitent débloqués l’ensembles des costumes et objets du jeu.

Après, ce nouveau mode a quelques défauts. Pour commencer, même si on sent beaucoup de bonne volonté pour insérer un semblant de narration au jeu, c’est globalement mal écrit et désespérément niais. On se retrouve rapidement à zapper tous les dialogues des personnages tellement le tout ne présente aucun intérêt.
De plus, la difficulté générale du jeu a été clairement revue à la baisse. On sent que ce Project Diva X tente de conquérir un nouveau public, quitte à ne pas trop le brusquer. Cependant, si comme moi vous avez retourné l’ensemble des titres de la licence, je ferai un peu la tronche à l’idée de devoir jouer systématiquement en Extrême pour avoir un minimum de challenge.

Parlons maintenant du point qui va sans doute faire encore plus débat que le nouveau mode : la playlist. 30 titres. Seulement 30 titres dont 6 medleys. C’est ultra chiche. Alors certes il s’agit d’une des meilleures playlists de la série en termes de qualité et de variété. Et fort heureusement me direz-vous, vu que vous allez devoir les refaire inlassablement afin de débloquer l’ensemble des costumes, la manière de les obtenir ne se faisant désormais que via les requêtes (en fait la boutique a complètement disparu dans cet opus).
Mais il est certain que ce choix ne fera pas l’unanimité. Et bien que j’apprécie (à titre personnel) la globalité des pistes, il y a des chances pour que nombreux soient ceux qui s’en lasseront très vite. À noter toutefois que les morceaux proposent des partitions vraiment intéressantes, surtout dans les difficultés élevés (sans doute pour palier au risque de lassitude). On sent une volonté de varier les styles et les manières de jouer, si bien que l’on se retrouve parfois à jouer des morceaux que l’on apprécie pas forcément mais qui sont ultra fun manette en main.

Je terminerais en parlant de l’aspect technique. Le changement de console (PS3 à PS4) n’est pas hyper flagrant, si ce n’est quelques effets de lumière sympathiques et un jeu qui tourne à 60fps sans jamais montrer signe de faiblesse. Les costumes des différents personnages sont toujours aussi impressionnants et les décors dans lesquels ils évoluent fourmillent de petits détails. Dommage cependant que l’ensemble des clips soient uniquement des chorégraphies en mode idol japonaise. Si le choix paraît évident quand on sait que le jeu propose de faire des concerts où s’enchainent les différentes prestations, les mise en scène des épisode F m’ont fortement manqué.

Vous l’aurez compris, Project Diva X souffle le chaud et le froid. On sent la volonté de SEGA d’essayer de faire évoluer la série, en tentant de convertir un nouveau public, tout en proposant des nouveautés aux habitués. L’arrivée du mode Cloud apporte ainsi son lot de bonnes idées, mais cela se fait au détriment de la difficulté et rend même le jeu parfois répétitif. Ainsi malgré une très bonne playlist, il faudra vraiment être un gros fan de la saga pour passer de nombreuses heures à répondre aux différentes requêtes, et ainsi débloquer l’ensemble des costumes et autres accessoires.
Quant à mon ressenti personnel, si je peux regretter certains choix de la part du studio japonais, je ne boude pas pour autant mon plaisir. Je trouve le jeu toujours aussi addictif et je m’amuse toujours autant à tenter d’obtenir les meilleurs résultats, quelque soit le mode. Bref malgré ses défauts, je trouve le titre réussi et j’espère que les prochaines épisodes arriveront à trouver un juste équilibre entre nouveautés et accessibilité.

mikush

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Sound Shapes : Promenade des sons

Sound Shapes est une production arrivée tout récemment sur le PSN. Il s’agit d’un jeu de plate-forme plutôt original dans sa forme : en effet, vous êtes une petite boule devant traverser différents tableaux en récupérant des pastilles éparpillées un peu partout. Le truc qui fait la différence ici, est que chaque pastille est en réalité une note de musique qui, une fois ramassée, s’ajoute à la partition de la musique du niveau. Vous démarrez donc souvent dans le silence le plus total, et complétez la musique au fur et à mesure de votre progression.
Vous l’aurez compris, Sound Shapes vous propose une expérience de jeu un peu à part, vu que le but ici n’est pas vraiment de faire un bon score ou un bon temps (même si cela reste envisageable), mais plutôt de parcourir des niveaux atypiques graphiquement, le tout en découvrant la musique au fur et à mesure. En sachant qu’en plus des notes que vous ramassez, chaque élément du niveau (décor, plate forme, ennemis, etc.) émet lui aussi un son, complétant ainsi le morceau qui se déroule au fil de votre progression.

J’avoue que je suis assez friand de ce genre de production qui cherche à proposer une approche du jeu vidéo un peu différente. Et Sound Shapes m’a plutôt plu dans l’ensemble de part cette expérience à la fois visuelle et sonore. Certes, les musiques sont souvent composées de seulement 8 temps, les rendant parfois assourdissantes. Mais les changements entre les différentes parties du niveau permettent de briser ce sentiment de répétition. Quant aux graphismes, on nous propose de découvrir 5 univers aux directions artistiques très différentes et à l’ambiance soignée.

Mais le soucis que j’ai avec Sound Shapes, c’est que son potentiel est beaucoup trop sous-exploité. En effet, la campagne principale, bien que très poétique (surtout les derniers niveaux), ne se compose que d’une vingtaine de niveaux que l’on traverse sans la moindre difficulté. Alors certes, cela débloque un mode démence qui mettra vos nerfs à vif. Mais le problème est que ce mode va totalement à l’encontre de l’esprit de la campagne, en proposant des challenges ardus mais très classiques, et où l’interaction avec les sons et le décor deviennent complètement obsolètes!
Reste alors le mode Ecole du Rythme, qui nous propose de reconstruire un morceau à l’oreille. J’ai adoré mais il y avait seulement 12 pistes. Et enfin un éditeur de niveaux très simple d’accès mais assez difficile à maîtriser si l’on veut proposer à la communauté autre chose que des niveaux cacophoniques!!

En résumé, je pense que Sound Shapes n’est pas un jeu dénué d’intérêt, mais qu’il aurait mérité d’être un peu plus approfondi, en proposant par exemple plus de niveaux et une difficulté plus élevé. Le principe autour de l’interaction avec les sons est agréable, et tout personne un peu sensible à l’art multimédia devrait trouver facilement chaussure à son pied avec l’éditeur de niveaux. Dommage cependant que l’expérience soit si courte et qu’elle mène à un mode en opposition total avec le concept global du jeu.

Je vous propose pour clôturer cette critique une illustration autour du dernier niveau du jeu : Spirale Staircase. J’ai vraiment été sous le charme de cet univers, tant au niveau de la musique que du visuel.  Je vous propose aussi un lien vers une vidéo YouTube du niveau, histoire de vous faire une idée de l’ambiance et du concept du jeu (c’est toujours plus parlant avec l’animation et le son!).

A noter que j’ai fait ce dessin sous Illustrator, chose assez rare venant de moi (je suis plus Photoshop…). Mais je trouvais que la charte graphique du niveau s’y prêtait bien. Par contre j’ai un peu galéré, ce sont vraiment 2 logiciels très différents et il faut un temps d’adaptation… Mais je pense que je retenterai l’expérience ^^