L'Atelier d'AngelMJ


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Money Monster : Pas touche à mes sous

On ne va pas se mentir : cette moitié d’année 2016 en termes de cinéma n’a pas été des plus fofolles. Bien qu’il y ait eu quelques fulgurances grâce aux sorties rapprochées de Batman v Superman et du dernier Captain America, on ne peut pas dire que je me sois beaucoup aventuré dans mon cinéma ces dernières semaines.
Du coup, j’avoue qu’il s’agit d’une des rares années où l’ouverture du festival de Cannes m’a un tant soit peu intéressé, car les films présentés en compétition se révèlent assez variés et potentiellement intéressants. Je vais donc tenter de voir toutes les productions qui voudront bien être projetées dans ma ville, et on commence avec Money Monster, film réalisé par Jodie FOSTER avec George CLOONEY et Julia ROBERTS (coucou, ça faisait longtemps que je ne t’avais vue toi…) en tête d’affiche.

Je suis surtout allé voir le film car le casting avait de la gueule, j’avoue (la bande annonce était pas très engageante). Le thème ne m’intéressait pas plus que ça, surtout que ma dernière expérience avec un film du genre boursier, à savoir The Big Short, ne s’était pas révélée très euphorisante (en gros, je m’étais ennuyé). Mais Money Monster n’a vraiment rien à voir et son speech de départ n’est qu’un prétexte pour brasser des thématiques bien plus nombreuses qu’il n’y parait, tout en restant accessible.

Et je dirais que c’est l’un des points qui fait la force du film : n’importe qui peut le voir et l’apprécier. Si l’univers de Wall Street n’est pas toujours des plus abordables, le fait que le sujet soit traité par le biais d’un présentateur télé rend le tout beaucoup plus simple et cela fait d’ailleurs partie intégrante des problématiques soulevés par le film. J’entends par là qu’au delà de la critique faite envers le système boursier, Money Monster se révèle surtout être une critique des médias, de le banalisation de l’information, ainsi que de la passivité de ses spectateurs.
Du coup, certaines scènes ont un vrai impact et j’ai été surpris par le cynisme général qui se dégage du film. Difficile de trop en dire sans spoiler car mon but est de vous encourager à aller voir cette production (oui je spoile un peu la conclusion de l’article), mais disons qu’il y a des passages vraiment bien fichus qui nous rappellent à quel point les médias (autant la télé qu’Internet) nous ont rendu insensibles à certaines situations.

En ça, le film se révèle être une vraie bonne surprise. D’autant plus qu’au niveau de la forme, il n’y a vraiment rien à lui reprocher. La manière dont filme Jodie FOSTER est plutôt efficace, le rythme de montage est très bon et j’ai particulièrement aimé la manière dont elle retranscrit les interactions entre les deux personnages principaux (alors qu’ils sont rarement réunis au même endroit).
En parlant d’eux d’ailleurs, George CLOONEY et Julia ROBERTS font très bien leur boulot (en même temps, qui cela pourrait surprendre ?). Ce ne sera sans doute pas LE film de leur carrière, mais j’ai apprécié l’alchimie palpable qu’il y avait entre eux et qui fonctionne très bien.

J’ignore l’accueil qui sera fait au film lors du festival de Cannes, mais à vrai dire je m’en fous un peu. Personnellement j’ai passé un très bon moment devant Money Monster et je vous encourage à aller le voir. C’est un film bien fichu, bien monté et bien joué, qui traite de thématiques d’actualité tout en restant accessible et qui a le mérite d’aller droit au but (le film fait 1h39, ce qui est devenu rare). Bref, niveau démarrage pour mon marathon, ça commence relativement bien.

AngelMM


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De Rouille et d’Os : Émotions distantes

Pont de l’Ascension oblige, je me suis réfugié dans mon cinéma le temps d’une soirée. Au programme trois films : Je Te Promets (The Vow), Moonrise Kingdom et De Rouille et d’Os, dont il va être question ici.

Je me méfie des films dont les affiches abordes l’écusson du Festival de Cannes. Je me suis avoir l’année dernière avec The Tree of Life (qui est sans doute pour moi le pire film que je suis allé voir au cinéma), mais j’ai pourtant donné sa chance à la dernière production de Jacques AUDIARD.

J’avoue que mon avis sur le film est plutôt partagé, surtout avec 3 jours de recul. Disons le d’office : je me suis globalement ennuyé et est regardé ma montre mon portable plusieurs fois, passée la première heure de projection. Mon principal soucis est que je ne suis absolument pas rentré dans l’histoire. J’ignore pourquoi et c’est difficile à exprimer, mais j’ai senti comme une sorte de distance entre le film et moi, j’ai vraiment été spectateur au sens propre du terme et ne me suis senti un peu blasé par ce qui se déroulait devant mes yeux.

De mon point de vue, le gros défaut de la dernière production de Monsieur AUDIARD est qu’elle nous raconte une histoire qui se veut « réaliste », mais devient tellement pessimiste au fur et mesure des minutes que l’on finit par ne plus vraiment y croire. D’ailleurs, de trop nombreux évènements venant appuyer ce pessimisme assumé arrivent de toute part et ne font que rendre le film plus lourd et plus indigeste.

J’aurais personnellement préféré que l’on se concentre sur la reconstruction de Stéphanie (interprétée par Marion COTTILARD) au travers de sa relation avec Ali (Matthias SCHOENAERTS), plutôt que sur le quotidien finalement peu intéressant de ce dernier.
Le film souffre ainsi de gros problèmes rythmes et on en vient à prier chaque rencontre entre les 2 personnages, histoire que les choses avancent. Je veux bien la vie d’Ali ne se limite pas à sa relation avec Stéphanie, mais entre les bastons de rue et les scènes de saillies, je n’y pas vraiment trouvé mon compte…

Que dire donc de De Rouille et d’Os? On sent une volonté de faire dans le réaliste. Seulement pour cela, il faut arriver à donner l’illusion au spectateur d’une proximité avec les personnages et ce qui leurs arrive. Mais à aucun moment on ne sent vraiment impliqué et le se retrouve à suivre le quotidien de nos deux personnages sans le moindre intérêt, ni la moindre émotion. En témoigne mon air stoïque lors de la dernière scène du film, qui se veut pourtant la plus poignante de l’histoire.
Saluons toutefois la performance des acteurs qui remplissent quand même bien leur rôle (même si je trouvais Matthias SCHOENAERTS très en dessous de Marion COTTILARD, mais je pense que c’est plus un problème de personnage que d’acteur…) et les « effets spéciaux » pour donner l’illusion que Stéphanie a perdu ses deux jambes (franchement là, chapeau!).

Difficile de trouver que quoi illustrer mon propos car le film n’est pas sujet à boutades et il ne sait rien passer durant la projection. Mais bon c’est la règle du blog donc exécution!