L'Atelier d'AngelMJ


3 Commentaires

Blanche Neige et le Chasseur : la saison des pommes?

Délesté de mon concours Blue Art, je suis retourné dans les salles obscures après 1 semaine d’abstinence (oui pour moi c’est beaucoup!). Mon choix s’est porté sur Blanche Neige et le Chasseur, deuxième adaptation du célèbre conte auquel nous avons droit cette année. Je ne vous cacherais pas que ce film faisait parti de mes grosses attentes de 2012. Il faut dire que la bande annonce en jette bien et Charlize THERON semblait sublime dedans (et elle l’est, mais on en parlera plus tard). Malheureusement, la dernière production de Rupert SANDERS n’a pas réussi à me convaincre… Ou si peu.

S’il fallait résumer le film en un mot : décousu. Décousu dans le sens où le film souffre d’énormes (mais énormes) problèmes de rythme. Le film est long (2 heures), enchaînant les scènes, les décors, les dialogues… Mais rien ne décolle à aucun moment, faute d’une mise en scène convaincante. C’est tellement poussif que l’on se demande où va l’histoire et surtout ce qu’elle cherche à nous raconter.
De plus, l’univers présenté est riche… mais trop! On a l’impression que le réalisateur a pioché des idées un peu partout dans les différentes productions du genre fantasy. On croise donc des animaux intelligents (…), des trolls, des fées, un cerf blanc et majestueux (qui a dit Mononoké?), des nains (ha non… ça c’est logique), une forêt hantée, une forêt enchantée… Bref, je n’avais pas vu un tel méli-mélo de références depuis 07-GHOST… Et même celles du conte d’origine (le miroir, la pomme…) semblent un peu hors-sujet par moment!

On a pourtant envie d’y croire car tout n’est pas non plus à jeter. Le film est esthétiquement très beau avec des décors variés, la musique joue bien son rôle et les costumes sont tout simplement sublimes, rien que pour le Reine, interprétée par une Charlize THERON magnifiée. On sent vraiment que le réalisateur a tout misé sur la jolie blonde car toutes ses apparitions sont les plus réussies, les plus esthétiques… les plus travaillées finalement.
Du coup, les autres acteurs en pâtissent un peu. Chris HEMSWORTH troque ici son marteau de Thor contre une hache de chasseur et n’y perd pas trop au change (par contre mesdames, il ne fait pas tomber le haut, désolé…). Je suis par contre très sceptique vis-à-vis de la prestation de Kristen « Mono-faciale » STEWART qui interprête un Blanche-Neige beaucoup trop lisse et sans aucun charisme, grosse erreur vu l’importance du personnage dans l’histoire (!!). Mais bon les acteurs ne sont malheureusement pas gâtés car les dialogues sont vraiment très mauvais (ou alors c’est la traduction VF qui l’est, va savoir…) et n’aident pas vraiment à faire oublier les autres défauts du film.

Pour résumer, grosse déception me concernant pour Blanche-Neige et le Chasseur. Pas dans le sens où le film est mauvais (je pense qu’il peut trouver son public…), mais dans le sens où il y avait vraiment matière à faire mieux lorsque l’on voit l’univers général et le soin apporté à certains personnages comme la Reine. Le film a vraiment un rythme très mauvais, avec certaines scènes longues et inutiles par moment, alors que d’autres semblent manquantes et indispensables pour la compréhension de l’histoire. J’espère qu’il y aurait une version Director’s Cut qui rendra le film un peu plus prenant…


Poster un commentaire

Young Adult : Grandir pour avancer

J’ignore ce qui m’a conduit à aller voir Young Adult. La bande annonce n’était pas transcendante et les thèmes abordés semblaient annoncés un film tire-larme et moralisateur. Pourtant, c’est sans la moindre hésitation, ni la moindre attente, que je me suis retrouvé assis à regarder la dernière production Jason Reitman. Et pour sûr, je suis content de ne pas avoir trop perdu mon temps.

Le film possède une aura toute particulière. Alors que l’action semble se dérouler à notre époque, l’histoire baigne dans une atmosphère nostalgique. Les vêtements que porte Mavis Gary (le personnage principal joué par Charlize  Theron), sa voiture, le fait qu’elle écoute des cassettes audio (qui vous rappelle gentiment que vous commencez à prendre de l’âge ^^ »)… Tous ces détails habilement utilisés sont des éléments révélateurs de l’état psychique de Mavis : une femme magnifique et carriériste, dont la mentalité et les sentiments sont restés bloqués à la fin de son adolescence.

La dépression et le déni sont les 2 thèmes principaux du film. Ces deux sentiments vont pousser notre héroïne a commettre des actes et à prendre des décisions à la fois tristes et choquantes. En effet, Mavis va tenter durant tout le film de reconquérir son premier amour de lycée, alors que ce dernier est marié et avec un jeune enfant fraîchement arrivé.
Les situations pourraient rapidement tournées en défaveur du personnage, magistralement interprété par Charlize Theron. Pourtant, le fait de suivre exclusivement cette dernière nous présente un personnage torturé et perdu, qui se cache à chaque occasion derrière des vêtements luxueux et un maquillage parfait, alors que lorsqu’elle est seule, on la voit engloutir des litres de Coca et d’alcool, se gaver de nourriture fast-food, et de s’arracher méticuleusement les cheveux à l’arrière du crâne.

Notre héroïne d’infortune est par ailleurs convaincue que son amour de jeunesse est encore sous son charme. Le spectateur, tout comme les autres personnages de l’histoire, assiste alors à un combat qu’il sait perdu d’avance. En découle finalement, bien plus que du mépris, une véritable empathie pour cette femme complètement brisée dont chaque action, aussi injustifiable soit-elle, l’entraîne toujours plus profond dans sa torpeur et son fantasme mental.
Le film ne cherche d’ailleurs ni à expliquer pourquoi elle en est arrivé là, ni à proposer la moindre morale, le film se terminant de manière assez naturel, nous évitant des discours finaux trop moralisateurs et des scènes larmoyantes qui auraient ôter au film une partie de son identité.

Young Adult est donc un road-strip au côté d’une femme complexe, que l’on n’arrive ni à aimer ni à détester, et qui laisse un sentiment étrange une fois la dernière séquence achevée. L’ensemble m’a vraiment dérouté mais me laisse, au final, un impression plutôt positive.
A noter au passage la véritable performance de Charlize Theron, qui parvient à donner à son personnage une authenticité incroyable.